La Famille Rostand raconté par Jean Toche


J’ai eu la chance de rencontrer, dans les années soixante, un grand personnage, Jean Rostand, avec qui j’ai lié des liens amicaux très forts, partageant avec lui de nombreux points de vue sur la façon de voir les choses de la vie, à l’époque de ses 70 ans et de mes 30 ans.

La Famille Rostand raconté par Jean Toche

L'accent

L'Hôtel du Clair de Lune

Le Bonhomme aux oiseaux

Dernière chanson 

Hanneton vole 

Les fleurs 

Les châteaux 

Pour étonner les étoiles 

Les photographies 

Le paradis et l'enfer 

Demain 

Paris 

Bye Bye

Depuis mille ans 

Le porte bonheur 

Nature reste telle que tu es 

Contact

J'ai eu la chance de rencontrer, dans les années 60, un personnage exceptionnel, Jean Rostand, célèbre biologiste.

Souvent, il disait : "étant médiocre en français, je fais de la culture humaniste", et moi, modestement, je fais de la culture en musique... Et c'est en musique que je vais vous raconter l'histoire de cet homme et de ses parents.

Quand je demande à mes petits-enfants qui était Edmond Rostand, ils rient !
Cyrano de Bergerac, certes, ils connaissent Gérard Depardieu l'ayant incarné dans un film à succès.

Mais Edmond Rostand a aussi écrit l'Aiglon, Chantecler, et bien d'autres oeuvres. Cependant, s'il a connu la notoriété, c'est d'abord grâce à Rosemonde Gérard, qui venait de gagner le concours de l'Académie française en 1889, pour son livre de poèmes Les Pipeaux, dans lequel Edmond avait aussi présenté ses propres poésies Les Musardises. Edmond Rostand, né en Provence (donc beau parleur), lui fait la cour ; c'est le coup de foudre et il l'épouse le 8 avril 1890 à Paris. Rosemonde lui dédie son premier poème dont les deux derniers vers feront le tour du monde, beaucoup plus tard :


Car vois-tu chaque jour je t'aime davantage
Aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain.


Imaginons-nous au coin du feu, entre amis. On rêve un peu, et je vous chante : "Lorsque je serai vieux"
 
LORSQUE JE SERAI VIEUX

Lorsque je serai vieux et que tu seras vieille,
lorsque mes cheveux bruns seront des cheveux blancs,
au mois de mai dans le jardin qui s’ensoleille,
nous irons réchauffer nos vieux membres tremblants.
Comme le renouveau mettra nos cœurs en fête,
nous nous croirons encore aux heureux jours d’antan,
et je te sourirai tout en branlant la tête,
et tu me parleras d’amour en chevrotant.
Nous nous regarderons assis sous notre treille,
avec des yeux remplis de pleurs de nos 20 ans.
Lorsque je serai vieux et que tu seras vieille,
lorsque mes cheveux bruns seront des cheveux blancs.

Sur le banc familier, tout verdâtre de mousse,
sur le banc d’autrefois nous reviendrons causer,
nous aurons une joie attendrie et très douce,
la phrase finissant souvent par un baiser.
Combien de fois jadis j’ai pu dire « je t’aime »,
alors avec grand soin nous les recompterons.
Nous nous ressouviendrons de mille choses, même
de petits riens exquis dont nous radoterons.
Un rayon descendra, d’une caresse douce,
parmi nos cheveux blancs, tout rose se poser,
quand sur notre vieux banc tout verdâtre de mousse,
sur le banc d’autrefois nous reviendrons causer.

Et comme chaque jour je t’aime davantage
aujourd’hui bien plus qu’hier et bien moins que demain,
qu’importeront alors les rides du visage,
si les mêmes rosiers parfument le chemin.
Songe à tous les printemps qui dans nos cœurs s’entassent,
mes souvenirs à moi seront aussi les tiens.
Ces communs souvenirs toujours plus nous enlacent,
et sans cesse entre nous tissent d’autres liens.
C’est vrai, nous serons vieux, très vieux, faiblis par l’âge,
mais plus fort chaque jour je serrerai ta main,
car vois-tu chaque jour je t’aime davantage,
aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain.