Norvège

1986 - 1989

 

auf Deutsch

Au mois de juillet 1986, nous quittons donc Prague et, via Munich (courte visite et achat du mobilier) et la Suisse, traversons l'Allemagne et le Danemark où nous embarquerons à Skagen, point extrême de l'Europe occidentale continentale, dans le ferry à destination d'Oslo. Je n'avais jamais beaucoup aimé naviguer, le tangage et les roulis du Kattegat (ou du Skagerrak, duquel de ces détroits s'agit-il ?), pourtant calme, me confortent dans mon jugement. Puis c'est l'entrée dans le fjord d'Oslo et, quelques heures plus tard, la première vision du tremplin de Holmenkollen, au-dessus de la ville. Nous nous installons quelques semaines dans un hôtel de (très) moyenne catégorie et cherchons, ça va devenir une habitude, un logement convenable. Nous le trouverons, pas très loin du centre et du bureau, dans un charmant quartier constitué d'innombrables de ces maisons en bois, typiques du pays. 

A l'exception du vieux port, de son hôtel de ville et du parc Vigeland, la ville n'a, à notre avis, pas beaucoup à offrir et nous en avons vite fait le tour. Au bureau, l'ambiance est glaciale et on veut d'abord me considérer comme mon prédécesseur, stagiaire que l'on envoyait acheter les pizzas du repas de midi. Le travail ne manque pas, je suis seul à la chancellerie et me dédie à une communauté de près de 1'500 Suisses. Les passeports, les actes d'état civil, la taxe militaire et le calcul des cotisations de sécurité sociale, entre autres, me font passer moult heures supplémentaires. Ici et là une petite affaire consulaire (j'en avais fait l'expérience à Bangkok et j'en ferai l'expérience par la suite) sans grande importance vient pimenter quelque peu la routine. Fort heureusement, après quelques mois, un stagiaire sera envoyé en renfort. Pauvre stagiaire qui s'est littéralement fait happer par la cheffe de chancellerie, laquelle veut lui inculquer "ses" bases du métier. Le stagiaire et moi nous entendrons très bien et, avec une nouvelle secrétaire, arriverons à nous faire respecter de l'Ambassadeur, qui jouissait d'une réputation affreuse – et avait d'ailleurs un comportement affreux à l'encontre de tous ses collaborateurs.

Bref, les trois années de Norvège seront dures, heureusement embellies d'une part par les rencontres régulières avec les Suisses francophones d'Oslo et des environs puis, bien sûr, par la naissance de Janne-Nicolas, notre premier enfant - dès ce moment, et pour plusieurs années, la vie deviendra plus routinière, entre couches et courses - agrémentées aussi par de nombreuses visites, ainsi ma sœur et ses enfants, arrivés en même temps que le frère de Merja et ses enfants; nous étions une douzaine à nous partager les 80 m2 de l'appartement, avec des gosses entre 1 et 10 ans !

Mais nous ne nous sentions pas à l'aise dans ce pays et l'avons très peu visité. Nous n'avions donc pas non plus de grands buts d'excursions pour nos hôtes occasionnels. Il aurait pourtant fallu voir Bergen, Tromsø, les Lofoten, le Cap Nord et bien d'autres lieux encore. Honnêtement aussi, avec la naissance, le compte en banque n'était plus aussi fourni qu'il l'avait eu été et, lorsque le moteur de ma voiture a rendu l'âme sur une autoroute d'Allemagne, il a fallu trouver un véhicule économique aussi bien à l'achat qu'à l'entretien. C'est ainsi que j'ai dû troquer ma rutilante Capri contre une grosse (et vieille) Volvo à moteur diesel. Increvable, mais pas aussi rapide et nerveuse que l'antérieure, cependant beaucoup plus spacieuse et permettant de voyager avec la famille et … les bagages.

Et, lorsque nous avions mis le deuxième enfant en route, arriva le nouvel avis de transfert. Direction l'Afrique du Nord, Tunis. Nous regretterons de quitter de nombreux amis, mais ni le pays, ni l'Ambassade où, pourtant, l'ambiance s'était nettement améliorée avec le changement d'Ambassadeur, quelques mois avant notre départ.