Chili

2003 - 2008

auf Deutsch

Après Haïti nous résiderons donc au Chili. Nous quitterons Port-au-Prince par une chaleur accablante et rejoindrons Santiago par un froid mordant, au milieu de l'hiver austral.
 
 
Santiago, métropole d'environ 6 millions d'habitants, est installée là où Pedro de Valdivia avait décidé de construire une forteresse. Au pied de la cordilière des Andes, surplombée de sommets s'élevant à près de 5'500 m d'altitude, la ville se trouve dans une vallée parallèle à la côte, bordée par une autre chaîne beaucoup moins élevée, très mal ventilée. La pollution est donc un problème récurrent. Malgré des mesures assez draconiennes mais peu appliquées, les Santiagais vivent dans un air des plus malsains. On dit même qu'une journée passée au centre de la ville correspond à fumer deux paquets de cigarettes. Le trafic est affreux, particulièrement maltraité par les bus, qui se doublent et s'arrêtent dès qu'un passager potentiel lève le bras. Trois lignes de métro traversent la ville. Peu avant notre départ, une quatrième ligne sera ouverte et un nouveau concept de transports publics sera mis en vigueur, qui retirera plus de 6'000 bus du trafic et créera le chaos, ces bus étant indispensables au bon fonctionnement du transport de masse.
 
L'année scolaire est décalée en fonction des saisons et les enfants devront répéter le dernier trimestre de l'année qu'ils viennent de terminer. Le grand est furieux, la petite s'adaptera et survolera le programme. Après quelques semaines d'hôtel, nous emménagerons dans une villa toute proche de l'école, sur un seul niveau; nous n'aimons pas trop les secousses telluriques, et plus on est haut... (joie, il y a de l'énergie 24/24 et 7/7 et l'internet est en ADSL haute vitesse).
 
Nous visiterons rapidement les musts absolus de ce pays, Portillo (station d'entraînement des équipes de ski d'Europe), proche de l'Aconcagua, plus haut sommet des Andes, Valparaiso (le "dernier port") et Viña del Mar (LA station à la mode) et acquerrons un Chevrolet Trail Blazer, gros 4x4 américain, rouge - un vieux rêve de Merja.
 
Jean-Didier doit rapidement se mettre au travail et, avec une colonie de plus de 4'000 Suisses répartis sur les près de 5'000 km du Chili, il y a à faire. On trouve à Santiago un Club Suisse et une Ecole Suisse. Voisins, ils sont à couteaux tirés au moment de notre arrivée. En outre, l'Ecole connaît des problèmes de gestion et comme Jean-Didier est le "représentant de la Confédération" auprès du Conseil d'administration, il peut suivre de près les tribulations de l'établissement. Qui s'en remettra d'ailleurs, après quelques changements aussi bien à la direction qu'au sein de la "junta directiva" et les relations entre les deux entités s'arrangeront également. Après un an environ, le chef de mission est transféré et son remplaçant applique les principes du "new public management".
 
Un corps consulaire très actif et ouvert permettra à Jean-Didier de nouer nombre de contacts professionnels. Lors du départ du premier chef de mission, son épouse introduira Merja, seule autre épouse de diplomate, dans le groupe des Dames diplomatiques, qui se dédie à la bienfaisance et à l'aide à la formation des femmes, domaines très négligés dans ce pays. De par sa fonction de trésorière, elle nouera de nombreux contacts sociaux très utiles.
 
Nous tentons aussi de diminuer un peu les soldes de vacances impressionnants qu'a accumulés Jean-Didier. En effet, le voyage de transfert depuis Haïti fut "direct", soit sans passer par la Suisse et y prendre quelques congés. Nous irons en Suisse pour quelques semaines chaque année au début des grandes vacances, soit en janvier et, dans la mesure du possible, voyagerons aussi dans ce Chili où les distances se comptent en jours de route.
 
Nous y accomplirons un premier périple en direction du sud, suivant la côte du Pacifique jusqu'à Temuco, d'où nous nous rendrons au pied du volcan Llaima, régulièrement en éruption, mais en faible activité lors de notre visite, puis vers le volcan Antuco. Nous verrons là un improbable téléski remontant les pentes complètement dénudées, couvertes de cendres et de lave.
 
Le deuxième voyage nous verra partir en direction du nord, toutefois proche de la capitale. Nous visiterons La Serena et la vallée de l'Elqui, berceau du pisco chilien. Vieille rivalité entre le Pérou et le Chili, le pisco est un alcool jeune de vin de muscat. Les vignes poussent au fond d'une vallée sinon complètement aride, le paysage des pentes dénudées des Andes est toujours spectaculaire. Dans cette région, nous visiterons l'observatoire austral européen de la Silla, où un astronome suisse nous fera les honneurs de SON téléscope, qui a permis de découvrir les premières exoplanètes.
 
En juillet, les enfants jouissent de deux semaines de vacances. Nous tenterons donc de nous éloigner du temps désagréable régnant en hiver dans la capitale chilienne et nous rendrons une fois au Mexique, profitant d'un voyage organisé enrichissant combinant ruines et quelques jours de plage. Occasion unique de retrouver Jean-Yves et Jolanda, expatriés au Yucatan.
 
Bien sûr, on ne peut pas résider au Chili sans visiter l'île de Pâques. Ce caillou perdu au milieu de l'Océan Pacifique (5 heures de vol de Santiago) est spectaculaire, mais si l'on n'est pas archéologue ou ethnologue passionné, les cinq jours du voyage "ordinaire" sont suffisants pour se faire une idée de la civilisation qui a vécu dans cet endroit complètement isolé et très mal accessible.
 
Nous retournerons faire un périple dans le sud du pays, ayant même en tête d'aller jusqu'au bout de la carretera austral. Arrivés à Hornopiren, nous commençons à calculer le temps qui nous faudrait pour le faire ... et en revenir ! Et, sagement, rebroussons chemin. Nous nous rendrons alors en Argentine, jusqu'à Bariloche et rentrerons à Santiago par le chemin des écoliers.
 
L'excursion vers le "grand sud" aura lieu ultérieurement, sera quand même un peu mieux préparée, fait l'objet du journal de voyage publié sur une autre page de ce site et connaîtra une fin plutôt dramatique.
 
(Très bon) bac en poche, Janne-Nicolas quittera le nid familial pour effectuer son service militaire en Finlande. La vie ne sera plus la même. Il nous reste quand même Mari-Caroline qui se donne beaucoup de peine dans ses dernières années de lycée en filière littéraire. Aussi occupée en sorties avec ses copines que son frère l'était en sorties avec ses copains. Service militaire terminé, fils s'inscrira en faculté de sciences politiques à l'Université de Lausanne.
 
Nous n'accomplirons, à part le séjour habituel en Suisse, durant cette année où fils nous aura quitté, qu'un court périple à Buenos Aires, où la vie est quand même plus spontanée qu'au Chili.
 
Autres temps, autres moeurs; en février déjà, Jean-Didier apprend qu'il sera transféré en octobre à Abidjan. Montée aux barricades, en effet le transfert devrait avoir lieu un mois avant les examens de bac de Mari-Caroline. Un accord sera trouvé et, à nouveau, la famille sera séparée durant deux mois: Jean-Didier partira seul à Abidjan en octobre et reviendra en décembre pour la fête de remise des baccalauréats.
 
Janne-Nicolas nous rejoindra d'ailleurs pour cette occasion après laquelle nous emballerons nos petites affaires en trois volumes: une partie pour la Côte d'Ivoire où nous aurons une maison meublée par la Confédération, une partie pour le garde-meubles et une partie pour Mari-Caroline, qui envisage de nous quitter en 2008 pour poursuivre ses études en Europe. Avec son bac brillant, elle espère pouvoir continuer les lettres à la Sorbonne.
 
A la fin ultime de notre séjour au Chili, nous aurons l'occasion, tous ensemble, de visiter l'Atacama, désert qui a la réputation d'être le plus aride de la terre. Après que nous aurons emballé et chargé notre déménagement, nous nous rendrons à San Pedro de Atacama, d'où nous participerons à quelques excursions sur les haut-plateaux des Andes, voyageant à des altitudes dépassant 4'500 mètres au milieu d'un impressionnant décor de volcans. Merja avait déjà eu l'occasion de se rendre dans cette région avec quelques amies finlandaises de même que, avec les Dames diplomatiques, elle avait visité Mendoza en Argentine.
 
Et à la fin du mois de décembre, nous nous envolerons en direction de la Suisse pour rejoindre ensuite la Côte d'Ivoire.