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2010

L'année commence bien. Nous rentrons de Suisse avec Mari-Caroline et pensons pouvoir passer quelques vacances avec elle et donc de pouvoir diminuer un peu le solde de Jean-Didier. Tiens donc. A peine sommes arrivés, Jean-Didier apprend que, durant la dernière semaine de janvier, un architecte de Berne sera à Abidjan. Comme c'est sa partie, il devra interrompre un congé déjà diminué en raison de l'absence d'un collaborateur. Nous pourrons quand même partir quelques jours au Ghana, profiter de plages bien entretenues et visiter quelques uns de ces forts qui ont servi à faire partir moult esclaves vers les Amériques. Puis nous ramenons Mari-Caroline à son avion de retour pour l'Europe et accueillons Janne-Nicolas, qui ne pouvait se déplacer plus tôt, examens obligent.

Avec lui, nous déciderons assez spontanément de prendre le train pour Ouagadougou. Au moment d'acheter les billets, on apprend que "LE" wagon climatisé ne sera pas dans la rame qui part le lendemain; tant pis, nous irons quand même. Les quelque 1'200 km seront parcourus en un peu moins de 48 heures. Agréable de voyager en train, même non climatisé, aucun de nous ne passe des heures au volant et chacun peut observer aussi bien la vie le long des voies que les changements de paysages, passant de la forêt tropicale à l'aridité sahélienne. Ouagadougou est une petite ville sympa mais très poussiéreuse, où les deux-roues sont rois. Petite excursion sur le site des tailleurs de pierres et repas dans un maquis où les vautours attendent pratiquement sous les tables qu'en tombent des déchets. Autre excursion dans un village qui fut autrefois sauvé par un crocodile et où ceux-ci sont désormais sacrés. Le marigot en pullule et les habitants en ont fait une "attraction touristique" ! Nous trouvons un vol pour le retour à Abidjan mais, arrivés à l'aéroport, nous apprenons après de nombreuses heures d'attente que l'avion qui attend sur le tarmac n'a pas obtenu sa licence au Burkina Faso. Il repartira donc à vide et les passagers partiront avec un autre vol, le lendemain.

De retour à Abidjan, le Chef de l'État vient de dissoudre le Gouvernement et la Commission électorale indépendante (quelle est son indépendance ?). De violentes manifestations s'ensuivent et, après la reconstitution du cabinet ministériel (avec les mêmes acteurs qu'auparavant) et un changement à la tête de la Commission électorale, les choses se calment. Puis, on apprend que l'une des génératrices d'une des centrales électriques est défaillante et doit être envoyée à l'étranger pour réparation. La conséquence en est un délestage d'énergie rarement vu en Côte d'Ivoire. Certains quartiers sont privés d'électricité durant des jours entiers. Là-dessus vient se greffer la quasi faillite de la raffinerie de pétrole locale, que les fournisseurs ne veulent plus livrer que contre espèces sonnantes et trébuchantes. On a pu voir un pétrolier tourner au large durant plusieurs jours avant que, enfin, il puisse déposer sa cargaison. La Côte d'Ivoire est certes producteur de pétrole, sa raffinerie ne peut cependant pas traiter ce pétrole-là, qui est vendu sur le marché international et elle doit acheter un pétrole apte à être raffiné dans le pays.

Pour couronner le tout de ce début d'année, les prix du carburant à la pompe explosent et les transporteurs se mettent en grève, exigeant du Gouvernement une baisse conséquente du prix du gasoil. La grève est, exceptionnellement, suivie par tous les acteurs des transports en commun, de telle sorte que le pays est pratiquement paralysé. Bien entendu, dans les quartiers défavorisés, cela provoque manifestations qui sont violemment réprimées.

Au début de février, Jean-Didier aura enfin la confirmation de son transfert à Taipei, prévu pour début juin. Donc, on se remet aux listes, devis de déménagement, etc. et Jean-Didier doit négocier âprement avec son chef, qui ne veut le laisser partir qu'au tout dernier moment.

Finalement nous quitterons Abidjan après que Jean-Didier aura été confronté à un cas consulaire extrêmement difficile et l'avion n'aura que quatre heures de retard en raison du nuage de poussières et de cendres crachées par un volcan islandais et malgré l'absence d'un passager à Monrovia, passager que l'équipage aura cherché pendant près d'une demi-heure.

Début juin, nous débarquons donc à Taipei. Les relations officielles de la Suisse avec Taiwan n'existent pas et Jean-Didier sera donc Directeur suppléant du Bureau Commercial de l'Industrie Suisse, en charge de ses habituelles tâches consulaires. Les premières semaines passeront à établir des visas, période de vacances oblige et les Taiwanais disposent d'un pouvoir d'achat très élevé pour la région. Ils visitent donc en masse l'Europe et la Suisse. Contrairement à l'Afrique, le domaine est facile. Aucune pression migratoire, aucune envie de séjourner illégalement dans nos pays et les visas peuvent être traités de manière (peut-être trop) routinière.

On attend l'arrivée des containers, l'un arrivant d'Afrique et l'autre de Berne, où la plupart de nos meubles étaient en dépôt. On cherche logement, qu'on trouve assez facilement, non loin du bureau (on n'est plus obligés de tenir compte de l'école). Durant cette période de séjour en hôtel, en plus de chercher un logement, on tente de découvrir un peu la ville, on profite de faire des excursions dans les environs de la capitale de manière à sentir un peu ce nouveau pays.

Taipei est une ville moderne, propre (ça change de l'Afrique), bien organisée, disposant de transports publics utilisables, d'un métro moderne et la criminalité y est pratiquement inexistante. Et il y a des ponts pour passer les rivières qui traversent la ville. Quant à l'exotisme, on est servi, tout le monde parle chinois.

On finira par trouver un appartement assez spacieux non loin du bureau, très clair, au treizième étage d'un immeuble récent. Ave
c vue sur le "101" qui fut, avec ses 508 mètres et 101 étages, la tour la plus haute du monde avant l'achèvement de celle de Dubaï. Bien sûr, il faudra essayer d'y emménager tout le mobilier, et surtout les petites décorations, qu'on a accumulé durant ces près de 30 années autour du monde ce qui, a priori, ne sera pas très facile.

Il faudra finalement déposer une quinzaine de mètres cubes de nos effets en garde-meubles. Les murs de l'appartement sont recouverts de papiers peints et la propriétaire a souhaité qu'on n'y perce pas de trous pour suspendre les tableaux.

Comme déjà dit, Jean-Didier établit des visas. Et encore des visas, beaucoup de visas, énormément de visas. En 5 mois, autant que sont censés, selon les canons de Berne, en établir deux collaborateurs en une année !

Merja pour sa part se dédie à l'apprentissage de la langue; le mandarin n'est pas très aisé à apprendre, d'autant que les débutants travaillent en pinyi (transcription en alphabet latin) et que cette transcription n'est pas correctement codifiée à Taiwan. On peut ainsi trouver trois orthographes différentes pour le même mot; ce qui est particulièrement irritant.

Durant les premiers mois, nous aurons l'occasion de rencontrer plusieurs artistes suisses. Le pianiste de jazz Claude Diallo (que Jean-Didier a d'abord pris pour un Guinéen, comme son nom l'indique) a donné un concert au Festival de Jazz de Taipei. Ensuite, ce fut l'exposition des "designers suisses à Hollywood" (savait-on qu'autant d'artistes suisses ont participé à des films comme Alien, Bee Movie, Ratatouille... ?) . Peu après les plasticiens Florine Leoni et Sylvain Baumann inauguraient, avec d'autres artistes en résidence, leur montage à l'Université des Arts de Guandu, alors que nous arrivait un groupe de musiciens de Suisse centrale et orientale au Festival des musiques folkloriques de Hengchun. Les Suisses ont honteusement profité de ces derniers, les menant, lors de leur passage à Taipei, à l'unique station de radio émettant en anglais (avez-vous déjà vu un cor des alpes dans un studio de radio ?) et l'un de nos compatriotes organisant à court terme une "soirée suisse" dans son restaurant. Peu après encore nous avions droit à un superbe spectacle de danse moderne, "Ausgang als Ausweg" présenté par Philippe Egli et Kuan-Ling Tsai.

Les grandes découvertes, balades sur l'île sont reportées à la période de Noël, début d'année 2011, moment où les enfants nous rendront visite, ainsi que les sœurs de Merja et leurs maris.

Nous sommes sur Facebook (merjajavet et jdjavet) et nos photos sont, bien entendu, toujours visibles sur http://picasaweb.google.com/jdjavet; les mises à jour sont irrégulières, dépendant des balades et photos considérées comme susceptibles de vous intéresser (vous pouvez vous "abonner au flux rss" pour être informés des modifications et ajouts).
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