Journées Nationales 2013

Ingénieurs Sans Frontières

dans l’Actu !

Salut à tous !

Le week-end dernier, une délégation d’ISF Besançon a participé aux Journées Nationales d’Ingénieurs sans frontières qui, cette année, avait lieu sur le campus de Centrale Lille.

Ces JN rassemblent tous les groupes ISF de France autour d’une thématique. Des conférences et des ateliers sont organisés autour de ce thème. Différentes formations y sont également proposées, ainsi que des ateliers basés sur les thèmes chers à ISF (gestion de l’eau, qu’est ce qu’un ingénieur citoyen ?…).

La thématique principale de cette année était la gestion des déchets des équipements électroniques et leur impact au Sud : "Les D3E ou l'envers de ton écran !"


D3E et obsolescence programmée ?

Si, comme moi, vous ne connaissiez pas les D3E, je vais brièvement essayer de vous présenter les différentes problématiques et enjeux qui y sont liés et vous montrer que le sujet est matière à débat.

Les déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) sont au centre de nombreux enjeux économiques, sociaux et environnementaux et posent la question de la durabilité du modèle de production et de consommation qui les génèrent. En cause la société de consommation et l’accroissement des équipements électroménagers et informatiques.

Quand on essaie de comprendre l’accumulation des DEEE, on s’aperçoit que la durée de vie des appareils est fondamentale. Ainsi la durée de vie moyenne d’un ordinateur portable est de 3-4 ans (vérifiez autour de vous !) et de 18 mois pour un téléphone portable.

C’est là qu’apparait la notion d’Obsolescence Programmée, dont le sous-entendu est que les fabricants sont soupçonnés de rendre volontairement fragiles et irréparables leurs produits afin de réduire leur vie utile et donc stimuler la consommation.

Trois types d’obsolescence programmée existent. Il y a la conception de produits pour une durée de vie limitée (par exemple le choix des matériaux), et la conception technique du système prévu pour accélérer, voire créer la défaillance. C’est le cas de l’imprimante qui s’arrête à la millième impression parce qu’un microprocesseur intégré au système en déclenche l’arrêt. C’est enfin le cas d’appareils conçus pour empêcher toute réparation, à l’exemple de certains smartphones ou tablettes.

Preuve que cette thèse est prise au sérieux : un projet de loi a été présenté il y a peu au sénat qui vise les entreprises qui réduirait délibérément la durée de vie de leurs appareils. Celui- ci vise également à favoriser la réparation des produits, plutôt qu'à les racheter. Il obligerait les fabricants à garantir la disponibilité des pièces de rechange, indispensables au fonctionnement, pendant au moins 10 ans. Voilà pour la partie à charge …

Prenons à présent un point de vue différent : l’argument de l’industriel qui raccourci la durée de vie de ses produits est-il réaliste ?

L’optimisation des produits par les industriels a plutôt eu pour effet de limiter le gaspillage de matière première et d’énergie. Pourtant, ce gaspillage a bien lieu car il est dû à la baisse des prix qui facilite leur renouvellement accéléré. La durée de vie et la fiabilité des produits industriels dépendent d’abord de l’usage qui en sera fait. Ainsi, pour une ligne d’usinage automatisée, le critère principal va être sa résistance à un usage intensif, le prix viendra bien après. Les biens de consommation n’ont évidemment pas la même fiabilité ou durabilité et l’argument du prix vient en premier. Leurs performances sont calculées en fonction de leur usage et prix de revente. Cependant les productions actuelles restent beaucoup plus fiables que par le passé (Le fameux « c’était mieux avant ! »). Ainsi, l’idée d’obsolescence programmée apparait comme une insulte au travail de l’ingénieur qui s’efforce d’atteindre chaque jour le zéro défaut et le meilleur rapport qualité- prix.

Si les produits ne sont pas toujours conçus pour se détériorer rapidement de façon physique, ne le sont-ils pas néanmoins pour être, dans les faits, remplacés rapidement ? Le design, les offres commerciales, l'impossibilité de faire évoluer ces produits dont la technologie évolue, elle, continuellement et de plus en plus vite, ne contribuent-ils pas indéniablement à réduire leur durée d'utilisation ?

Quel que soit la cause de cette « obsolescence programmée », il résulte bien de ce renouvellement accéléré un énorme gâchis de ressources minières et énergétiques. Les filières actuelles de gestion des DEEE paraissent insuffisantes : le modèle de consommation n’est pas remis en question dans ses fondements, et les transferts de déchets en provenance des pays industrialisés vers les pays d’Asie ou d’Afrique demeurent élevés, impliquant de graves conséquences sociales et environnementales pour les populations receveuses. De plus, les filières de recyclage ne semblent pas, en l’état actuel, en mesure de répondre pleinement aux problématiques de consommation de ressources…

Comme vous le constatez, le sujet est vaste et fait couler beaucoup d’encre. Je me garderais donc bien de trancher. C’est à vous de vous faire un avis : l’obsolescence programmée : mythe ou réalité ?

Pour en savoir plus sur le sujet, je vous recommande :

« Made to Break » de Gille Slade

« Bon pour la casse : les déraisons de l’obsolescence programmée » de Serge Latouche

Et un article de Philippe Frémeaux parue dans « Alternative Economique » n°305.

Je vous recommande également le documentaire « Prêt à jeter » diffusé en 2010, bien qu’il soit volontairement à charge, et également sa critique (violente) disponible ici : http://econoclaste.org.free.fr


Les JN, une expérience unique !

Pour revenir rapidement sur les JN, on peut dire que ce week-end aura été très enrichissant, non seulement du point de vue des thématiques abordées et de leur variété, mais également du point de vue des rencontres avec les différents acteurs d’ISF. Ainsi, nous avons pu débattre avec d’autres étudiants mais également des ingénieurs en activité. Il est ainsi remarquable de constater que ces thèmes étaient déjà au centre des débats il y a 30 ans et qu’aujourd’hui nous arrivons à un point critique où nous, futurs ingénieurs, ne pouvons continuer à fermer les yeux….

Une expérience remarquable, des rencontres et une ambiance de folie auront été les ingrédients de ce week-end pas comme les autres. Si bien que l’année prochaine, l’ISF Besançon organisera à l’ENSMM le forum régional ISF des groupes du Nord Est (Strasbourg, Nancy, Mulhouse…). Vous êtes d’ores et déjà invités à venir y assister !


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Et il n’est jamais trop tard pour venir nous rencontrer et rejoindre le groupe Facebook ISF Besançon !

A Bientôt !

L’équipe ISF


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