FREE! MUSIC

 

HAUS DER KULTUREN DER WELT (HKW) - BERLIN

 

7 – 8 – 9 avril 2017

 

 

 

Vendredi 7 avril 2017Haus der Kulturen der WeltBerlin

 

16h30   Vortragssaal     Blue Notes and Exiled VoicesFilm réalisé par Imruh Bakari. 1992. 2 mn

 

18h00   Vortragssaal     Conlon Nancarrow’s Player Piano

 

19h00   Auditorium       Thabang Tabane

 

20h30   Auditorium       The Blue Notes Tribute Orkestra

 

Samedi 8 avril 2017. Haus der Kulturen der Welt. Berlin

 

15h00   Vortragssaal     South Africa: Music and Liberation

           

Participants :

Hazel MillerGavin SteingoThabang TabaneMarcus Wyatt,

Andile Yenana

Modérateur :

Eric van Grasdorff

 

Dimanche 9 avril 2017. Haus der Kulturen der Welt. Berlin

 

15h00   Vortragssaal     Freedom of Expression – Expression of Freedom

           

Participants :

Magnus AgJohn CorbettPedro OjedaMette Rasmussen

Modérateur :

Björn Gottstein

 

21h00   Auditorium       Louis Moholo-Moholo: 4 Blokes

 

            J’ai bien failli rater mon avion pour Berlin pour cause d’embouteillages. Mais, l’avion avait une heure de retard et j’ai donc pu embarquer. Parti sous le soleil parisien, j’arrivai à Berlin sous une pluie fine, moins d’une heure et demie plus tard.

 


Carte postale du HKW du 7 avril (Baloji)

 

Un programme alléchant m’attendait le premier soir : un film jamais vu, mais au titre explicite, Blue Notes and Exiled Voices, suivi d’un programme dont j’ignorais tout, Conlon Nancarrow’s Player Piano, un concert de Thabang Tabane, le fils du légendaire Dr Philip Tabane, vus tout deux à Cape Town en 2014 et, last but not least, le Blue Notes Tribute Orkestra dans une configuration entièrement sud-africaine, mais différente de celle vue toujours à Cape Town, toujours la même année. Que le rappeur congolais Baloji me pardonne, mais j’avais décidé que cela devait me suffire pour une première journée !

 

Les Berlinois savent recevoir : arrivé en taxi devant mon hôtel, j’eus la mauvaise surprise de trouver une annonce en anglais demandant de téléphoner pour que la porte s’ouvrît. Je n’ai qu’un portable qui, certes, ne sert qu’à téléphoner, mais uniquement en France. Aïe, aïe, aïe ! J’étais dans une rue déserte en grande banlieue au nord de Berlin, anciennement Berlin-Est. Je n’eus pas de chance avec les premiers passants, des Turcs ne parlant pas l’anglais. Enfin, je tombais sur un Allemand qui comprenait la langue de Shakespeare et me conseilla de m’adresser au centre social de la porte voisine… J’étais sauvé !

 

Je pourrais réitérer cette phrase initiale (Les Berlinois savent recevoir) pour les organisateurs de ce festival Free! Music se tenant à laMaison des Cultures du Monde (Haus der Kulturen der Welt, en vo). Celle-ci se situe en plein cœur de Berlin au bord de la Spree, le fleuve qui sillonne la capitale allemande. En effet, ils se sont montrés extrêmement attentifs au confort des musiciens, mais ils ne savaient que très peu les artistes qu’ils avaient invités : par exemple, Louis Moholo-Moholo et Marcus Wyatt leur étaient pratiquement inconnus, et je ne parle pas de Thabang Tabane. Incroyable, mais vrai ! Une des nombreuses preuves de ce que j’avance : la plupart des groupes musicaux n’étaient pas annoncés dans les programmes journaliers.

 

Je retrouvai Hazel Miller à la fin de la séance du film Blue Notes and Exiled Voices. Ce fut extrêmement décevant (le film, pas Hazel) ! Pourtant, il avait bien commencé. Le spectateur pouvait découvrir Saul Pinise (non immédiatement créditée) interrogée sur les motivations de son exil à Londres : elle raconte qu’elle avait profité d’une tournée de la comédie musicale IPI-TOMBI dans la capitale anglaise. En effet, il était devenu impossible de chanter en Afrique du Sud pour cause de méfiance générale de la part des autorités, gouvernementales comme locales, et de choix musicaux imposés : n’avaient le droit de chanter que des groupes de même ethnie, et encore, des paroles pas trop subversives !

 


IPI-TOMBI LP (SATBEL. BELL23002. 1975)

Et puis, le film dérailla, mélangeant allégrement les époques et ne présentant que des musiciens de moindre notoriété (comme Mervyn Afrika ou Bheki Mseleku au saxophone ténor, non crédité lui aussi) ou bien des images volées à l’insu de musiciens plus célèbres. Hazel Miller m’affirma par exemple que Louis Moholo-Moholo interrogé peu après la disparition des derniers Blue Notes, n’était pas au courant de son apparition dans ce film. Immense gâchis ! Mais bon, je n’avais pas fait ces quelque mille km en avion uniquement pour voir ce film !

 

Puis, une demi-heure plus tard, le premier concert auquel j’ai assisté commença : un piano mécanique mis au point par Conlon Nancarrow jouait les compositions écrites par Dominic Murcott avec une projection vidéo dirigée par José Wolffer. Ceci se déroulait toujours dans la Vortragssaal, la salle des conférences en vo.


 

Dominic Murcott présentant son piano mécanique (Conlon Nancarrow’s Player Piano) et

José Wolffer dirigeant la projection vidéo avec son ordinateur © Olivier Ledure

 

Musique moderne et plutôt intéressante, mais totalement incongrue dans une soirée africaine ! Hazel Miller posa même la question qui tue au pianiste anglais, Dominic Murcott mais pourquoi donc ne jouez-vous pas vous-même du piano ? Celui-ci ne formula pas de réponse réellement satisfaisante.

 

Passons aux choses sérieuses : les raisons de ma venue à Berlin ! Et tout d’abord, le groupe de Thabang Tabane. Comme je vous le disais plus haut, le programme du festival ne donnait pas le nom des musiciens qui l’accompagnaient, ni leur nombre ! Si je connaissais le guitariste pour l’avoir vu dans une vidéo[1] tournée au Cap dans les locaux de Chimurenga[2] où il accompagnait le poète Lefifi Tladi et le batteur Tumi Mogorosi, je ne souvenais plus de son nom. Quant au percussionniste et au bassiste électrique, je ne les connaissais tout simplement pas. Et, ce n’est qu’en les croisant le lendemain que j’ai pu connaître leur nom.


 

Le groupe de Thabang Tabane © Olivier Ledure

 

Les deux plus fortes personnalités du groupe, à savoir Thabang Tabane et Sibusile Xaba, dominaient cet ensemble, tout en laissant suffisamment de place aux ponctuations de Sakhile Twala et de Magagula Moaganei. Les deux premiers cités se mirent donc en évidence, notamment du fait de leurs chants, en particulier le guitariste. Sa voix extrêmement originale m’envoûta de même que son accompagnement à la guitare me dérouta : je n’avais jamais vu ni entendu quelqu’un en jouer de la sorte. C’était fascinant !


A suivre dans le magazine...


Olivier LEDURE. 25 avril 2017.