Marion Kalter All Around Ted Joans (BOOKMACHINE 2015)

Carton d’invitation de la librairie Shakespeare & Co pour le lancement en

France d’All Around Ted Joans, Paris 23 juin 2016 © Marion Kalter

TOUT AUTOUR DE TED JOANS

et même, au-delà…

Quand mon article sur Ted Joans fut publié par Improjazz dans le numéro 217 (juillet-août 2015), j’en achetais plusieurs exemplaires pour mes amis. L’un d’eux dirige la galerie d’art africain et océanien où j’achète la plupart de mes fétiches africains depuis plus de vingt ans. Le jour où je lui apportais son exemplaire, un de ses célèbres clients était présent dans la galerie, Edwy Plenel. A la demande de Stéphane Mangin, le directeur de la galerie Kanaga [1], il commença à lire mon papier. Il s’arrêta à l’affiche du festival d’Alger organisé en 1969 pour célébrer la formation de l’O.U.A. : Edwy Plenel me raconta alors qu’il avait passé son enfance en Algérie et qu’il y avait donc vu Archie Shepp jouer avec des musiciens nord-africains. Je lui dis qu’alors il avait dû également voir Ted Joans déclamer son poème « We are still back ». Il ne s’en rappelait plus, mais, plutôt intéressé par une éventuelle publication dans Mediapart, il me laissa son email.

Rentré chez moi, je lui envoyais aussitôt la version en couleurs de l’article sur Ted Joans. Une semaine plus tard, Edwy Plenel me donnait son accord pour une publication. Je l’avais donc légèrement remaniée et celle-ci est toujours visible à l’adresse suivante :

https://blogs.mediapart.fr/olivier-ledure/blog/111015/ted-joans-jazz-was-his-religion

Fin provisoire de l’épisode Edwy Plenel.

Le 7 octobre 2015, je rencontrais Gary May accompagné de Steve Dalachinsky et de Yuko Otomo à l’occasion d’un formidable concert de Peter Brötzmann en duo avec le batteur anglais Steve Noble au Théâtre municipal Berthelot de Montreuil-sous-Bois. Je ne rappelle plus si c’est Gary qui m’a fourni le lien présent ci-après ou bien si c’est Yuko elle-même qui m’indiqua la publication d’un texte sur Ted Joans dans la web-revue américaine, Arteidolia :

http://www.arteidolia.com/teducated-yuko-otomo/#sthash.BcN4Yh35.dpbs

Toujours est-il qu’intitulé Let’s get TEDeducated, cet article présente Ted Joans sous un aspect « plus américain » que le mien : les deux articles se complétaient donc plutôt bien alors qu’ils avaient été écrits à peu près au même moment, sans nous le sachions. Première marque d’un « hasard objectif », notion inventée par André Breton, le « pape du surréalisme », mouvement dont se réclamera toujours Ted Joans ! Vous verrez qu’il y en eut de nombreux autres…

De mon côté, je continuais à collecter les écrits de Ted Joans, notamment les deux ouvrages présentés ci-après.

Nous arrivons au printemps 2016 : à cette période, je reçus le premier (et le seul, jusqu’à présent) écho de cette publication sur Mediapart par un email de la responsable des blogs. Elle me disait avoir reçu une demande d’une dénommée Marion Kalter qui souhaitait entrer en contact avec moi, suite à la lecture de Ted Joans: Jazz Was His Religion. Je lui donnais bien évidemment mon accord. Dès nos premiers échanges, il apparut que nous avions en commun l’amour de la poésie deTed Joans et, sans doute, un peu plus pour ce qui concerne Marion Kalter.

Notre première rencontre eut lieu le lundi 6 juin 2016 devant le musée du Jeu de Paume à la fin d’un vernissage d’exposition. Elle m’apportait les exemplaires d’All Around Ted Joans que je lui avais commandés et une invitation à la librairie anglophone Shakespeare & Co pour le 23 juin (voir les illustrations mises en tête de cet article). Marion Kalter me raconta rapidement les circonstances de sa rencontre avec Ted Joans : à la fin d’une adolescence passée aux USA où elle était née d’un père allemand et d’une mère autrichienne (ils avaient fui la montée du nazisme là-bas avant-guerre), elle était venue à Paris où, en quelques mois, elle avait rencontré Ted Joans. 

Son livre All Around Ted Joans aborde principalement les thèmes chers à Ted Joans : les voyages, au Maroc essentiellement, les rencontres parisiennes et new-yorkaises avec des intellectuels (poètes, peintres, écrivains) et celles antiboises, entre autres, avec des musiciens de jazz. Le tout illustré de lettres-poèmes ! Concentrons-nous sur le jazz : elle m’a très aimablement dédicacée la photographie suivante [2] :

Laurent GoddetTed JoansAnthony BraxtonAbdullah Ibrahim

Festival d’Antibes-Juan-les-Pins, 1975 © Marion Kalter

Sathima Bea BenjaminBetty CarterDon Cherry portant son fils Eagle EyeDizzy Gillespie et Joe Pass figurent également parmi les portraits de Marion Kalter. La plupart de ces photographies de jazzmen avaient été prises quand Ted Joansfut nommé MC du festival de Juan les Pins en 1975.

Et, le 23 juin arriva. Le choix du lieu était une évidence : la librairie anglophone Shakespeare & Co avait accueilli de nombreuses prestations de Ted Joans. Quelques personnalités avaient d’ailleurs répondu présent : Nidra PollerSylvia Whitman [3], actuelle propriétaire de la librairie, Yves Buin, auteur du poème Ted Forever qui ouvre All Around Ted JoansJim Haynes, poète et éditeur de plusieurs écrits du Jazz Poet chez Handshake et Thierry Trombert, photographe de jazz que vous connaissez tous.


 


Les interventions de Marion Kalter, de Sylvia Whitman et d’Yves Buin nous replongèrent avec nostalgie et, surtout, avec humour dans l’univers de Ted Joans. Et, en cette fin d’après-midi ensoleillée se conclut par un verre pris dans un café proche de la librairie.

Mais, l’histoire ne se termine pas là ! En effet, Yuko et Steve ne lisant pas le français, je souhaitais disposer d’une traduction en anglais de mon texte sur Ted JoansLynn Maillardet me la fit. Puis, je revis le trio Yuko, Steve et Gary à l’occasion des deux soirées Musiques (Re)belles organisées les 19 et 20 octobre 2017 par le Souffle Continu et Radio Campus sur le free jazz français avec le Cohelmec Ensemble, le Workshop de LyonFutura ExpérienceFrançois TusquesDharma…  Je profite de cet article pour vous dire que le concert du Futura Expérience fut splendide, avis majoritairement partagé par l’ensemble de l’assistance. 

Sophia DomancichMichel EdelinDominique LemerleRasul SiddikFrank Assemat

Leïla Martial, Sylvain Kassap masquant Christian Lété, Morgane Canet, Jean-François Pauvros

FUTURA EXPERIENCE, Montreuil-sous-Bois, 20 octobre 2017 © Olivier Ledure

Dans le même temps, j’achetais à Steve Dalachinsky ce magnifique double collage représentant Ted Joans (photographié par Marion Kalter) illustré, sur une première face, de tableaux de Jean-Michel Basquiat, d’une sculpture Lega (République Démocratique du Congo), des masques d’art premier et des effigies de femmes de style Moyen-âge ou Renaissance. 

En mars 2017, Yuko Otomo avait publié la seconde partie de son texte consacré à Ted JoansLet’s get TEDucated!, A Follow Up toujours sur Arteidolia :

http://www.arteidolia.com/a-tribute-to-ted-joans-yuko-otomo/

Elle y mentionne l’exposition Beat Generation organisée par Jean-Jacques Lebel au centre Pompidou en 2016, la soirée Shakespeare and Co pour le lancement du livre de Marion Kalter (catalogue fourni par Gary May) et mon article sur leJazz Poet illustré par Thierry Trombert. 

L’histoire touche à sa fin : je donnai à Yuko la traduction de mon texte sur Ted Joans. Par email, Yuko me dit tout le plaisir qu’elle avait pris à le lire et me proposa de le donner à l’équipe d’Arteidolia. Quelques semaines plus tard, Randee Silv, rédactrice en chef, m’envoya un mail pour me dire que le plaisir de Yuko avait été partagé. Il en résulta en janvier 2018 la publication du texte Ted Joans: Jazz Was His Religion en anglais par Arteidolia.

http://www.arteidolia.com/ted-joans-jazz-was-his-religion/

En commençant à écrire sur Ted Joans en début d’année 2016, j’étais loin d’imaginer que la renommée du Jazz Poet allait m’embarquer des deux côtés de l’Atlantique et en Afrique pendant quasiment trois ans.

En tout premier lieu, je souhaite remercier Marion Kalter et Yves BuinLaura CorsigliaSteve DalachinskyJim HaynesGary MayYuko OtomoRandee Silv et Thierry Trombert, pour l’autorisation de publier leurs photographies et, surtout, d’avoir partager avec moi ce voyage dans le tout-monde de Ted Joans, pour reprendre l’expression d’Edouard Glissant.

Olivier LEDURE – dimanche 3 juin 2018.