Affiches d'un film musical d’Aryan Kaganof :

Blue Notes for Bra’ Geoff 

 

DASHIKI – AFRICAN NOISE FOUNDATION

 

GEOFF MPHAKATI – LEFIFI TLADI – MOTLHABANE MASHIANGWAKO

ARYAN KAGANOF – ZIM NGQAWANA – TETE MBAMBISA ...

 

Artists like Lefifi and myself, we would not have survived to the years of apartheid without the nutrition that was afrocentric, which is the arts (…) The music and the arts kept us alive.

Entretien de Geoff Mphakati avec The Booktrader in Mbizo. A Book About Johnny Dyani (Copenhagen. 2003)

 

 

Dashiki et African Noise Foundation sont deux des nombreux collectifs artistiques et pluridisciplinaires qui sont nés en Afrique du Sud, respectivement à la fin des années 60 et 90. Un de leurs équivalents français fut le groupe Octobre, né en 1932 et dissous en 1936 lors de l’arrivée au pouvoir du Front Populaire, avec notamment l’acteur Raymond Bussières et les frères PrévertPierre le cinéaste et Jacquesle poète.

 

L’origine de cet article est un échange de mails avec Aryan Kaganof qui a suivi ma venue à York pour voir le concert donné par le pianisteTete Mbambisa en septembre 2015. Il se désolait du faible écho rencontré par ces deux groupes artistiques dans la presse nationale et, plus encore, internationale. Mes différents articles parus dans Improjazz ont dessiné le profil, certes incomplet, de la totalité de leurs membres les plus connus[1], à l’exception de Geoff Mphakati. Le temps est donc venu pour moi de participer à une meilleure reconnaissance de ces deux collectifs en France. Si cet article vient si tard, environ deux ans après la promesse faite à Aryan, c’est en raison d’autres articles prévus bien avant, notamment, Ted Joans ou mon dernier voyage sud-africain ainsi que d’autres articles non alors prévus, comme celui sur Marco Eneidi. Et la recherche d’un angle d’écriture ne fut pas si simple : je me suis décidé pour un pitch de films musicaux d’Aryan Kaganof !

 

  

Le dessinateur de cette pochette : Motlhabane Mashiangwako. Lefifi Tladi © Olivier Ledure

 

Le personnage central de ces deux mouvements s’appelle Lefifi Tladi et son mentorGeoff Mphakati. J’avais rencontré le premier lors de mon voyage le plus récent à Johannesburg, à The Orbit. Au Cap, il m’avait donné le nom du dessinateur, de la pochette du duo Johnny Dyani-Mal Waldron sorti en 2001 sur le label de Gérard TerronèsJazz Unité : Motlhabane Mashiangwako.

 

  

Motlhabane Mashiangwako © Aryan Kaganof

 

 

J’ai donc retenu cinq films d’Aryan Kaganof qui illustrent les activités des deux mouvements Dashiki[2] et African Noise Foundation.

 

 

 Un aparté sur Mantombi Matotiyana[3] : j’avais vu cette femme Xhosa lors d’une soirée consacrée à six compositeurs sud-africains. Cela se déroulait Nogent sur Marne en septembre 2013 pendant la saison de l’Afrique du Sud en France. En partie sur une composition deMichael Blake, elle avait terminé le spectacle en jouant des morceaux traditionnels, toujours à l’arc musical umrhubhe (corde frottée). Ce fut formidable. Et quelle bonne surprise de la voir faire partie de l’African Noise Foundation !

 


Affiche Compositeurs sud-africains : Michael Blake et Mantombi Matotiyana

 

 

Le film Unyazi of the Bushveld[4] rend compte du 4ème festival éponyme. Il fut tourné en septembre 2005 à l’université Wits de Johannesburg et sortit en mars 2007 en étant dédié à György Ligeti, compositeur roumain, naturalisé autrichien et mort en juin 2006 Son propos est le mélange d’instruments acoustiques (voix, instruments à vent et batterie et autres percussions pour l’essentiel) avec des sonorités électroniques en faisant appel à des compositeurs du monde entier issus de tous les domaines : folklore, jazz et musique contemporaine. Il est possible d’y reconnaitre Zim Ngqawana (présent sur l’affiche ci-dessus), Louis Moholo-MoholoCarlo Mombelli etPops Mohamed pour les sons sud-africains ainsi que George Lewis et Pauline Oliveros pour la musique américaine. Notons également la présence de Lukas Ligeti, le fils de György.

 

A proprement parler, ce film ne présente pas l’un ou l’autre des deux collectifs. Mais il insiste sur les échanges - fructueux apports - entre tous les artistes présentés, qu’ils soient sud-africains, américains ou européens. Le travail et/ou la représentation sont deux constantes bien plus marquées dans l’art sud-africain que dans l’art occidental.


A suivre dans le magazine...


Olivier LEDURE

14 février 2017