Les activités‎ > ‎En cours‎ > ‎

Sur la piste de Yu Bin


« A l’origine du film. Une veille photo retrouvée dans la cave de la maison de mon père. On y voit ma famille chinoise au début du XXe siècle. Mon arrière grand père, mon arrière grand-mère, mon arrière arrière grand-mère (aux pieds bandés), deux grandes tantes et un grand oncle… »


En remontant la piste de Yu Bin, mon grand père, je redécouvre l'histoire de la Chine au
cours du siècle dernier ; entre espoirs et désespoirs. En remontant la piste de Yu Bin, je
mélange mon imaginaire d'enfant fasciné par la grande Chine révolutionnaire aux réalités moins héroïques. J'apprends le sort des jeunes étudiants chinois installés en Europe au cours des années ‘20-'30 et je brasse à nouveau ces conflits idéologiques qui écartèrent les tenants du Kuomingtang nationaliste, ceux de l'église catholique ou les militants communistes de la première heure.

Ce faisant, je mets à nu ce terreau d’antagonisme qui, au sein de la communauté chinoise, donnera naissance à ce nationalisme ou, du moins, à cette « fierté d’être chinois » dont nous voyons aujourd’hui, en bien ou en mal, les nombreuses illustrations. De l’écrivain Malraux dénonçant ces fameux « Interdits aux chiens et aux Chinois » écrits sur les panneaux à l’entré des parcs de Shanghai, aux clichés surannés dénoncés par l’ensemble des jeunes Chinois d’Europe, je jette une lumière sur un pan d’histoire peu ou mal connu en occident : la prise de conscience puis la lutte des Chinois, et des jeunes Chinois en particulier, pour leur dignité et le respect de leur pays d’origine.

Ce combat fut aussi celui de Yu Bin dont je retrouve les traces, en Belgique ou en France. Au fil des nombreuses lettres écrites par mon grand père à son fils Georges, au fil de mes enquêtes, s'élabore ainsi une histoire singulière aux prises avec les soubresauts de l’histoire des années d’avant 2e guerre mondiale puis avec celle de la Chine d’après révolution. Mêlé à la grande histoire humaine, le destin de Yu Bin s’élabore ainsi en une aventure émouvante, poétique parfois, dont je retrace le cours. Sur la piste de mon grand père, c’est aussi un peu de son fils, c’est un peu de moi, c’est un peu de nous tous, passés, présents ou à venir, Chinois ou non, dont je parle.








Sur la piste de You Bin


Ċ
Florence Gillet,
17 oct. 2012 à 13:00
Comments