AVEZ-VOUS TROUVE LA VOIE ? textes de P.G Ehlinger

vivre libre
la DS noire



non mais,
 vous ne croyez quand même pas qu'un mur va arrêter la vie
une paroi de verre, un bunker
une combinaison isolante, ça se perce
un joint, ça s'use
une erreur, ça se paye
avec le recul, c'est même d'une facilité déconcertante
un centre recherche sur le retour
des virus qu'on s'ingénie à faire muter
une cascade de "hasards malencontreux"
et voilà le laborantin en goguette
innocent mais contaminé
qui va au bar se détendre
les gens du bar courent à l'aéroport
à peine atterris, les passagers filent en taxi au quatre coins de la ville
et tout le monde s'y met
les chauffeurs de bus, les conducteurs de train
de tous les pays,
avec la même bonne volonté de déplacer le problème
de rendre la chose inextricable
et "vas-y que je te" au congrès  mondial de Cardiologie
et "remets-moi ça" au mégastade de dix mille place
encore mieux au métro à l'heure de pointe
bref, après quinze jours d'épidémie,
et un mois d'émeutes et de guerres civiles en tous genres
règne enfin la paix
le silence sur les voies rapides
le silence en bout de piste
le silence à Las Vegas, dans les salles de cotation
dans les églises, dans les rues, dans les cœurs
il n'y a plus de cœurs, ni de noms de cœurs, ni de noms tout court
à part quelques rares phénomènes aberrants de survie
"par le plus grand des hasards"
rares mais suffisants pour qu'on s'y attache