Added: June 3, 2017 – Last updated: June 3, 2017

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Speaker: Loraine Chappuis

Title: Représentations de la violence et des rapports de domination dans les relations des «paillards» à Genève au XVIIIe siècle

Subtitle: -

Conference: 4es Journées suisses d'histoire - 4. Schweizerishe Geschichtstage (June 9-11, 2016)

Session: Panel: Sexualität und Macht. Gewaltverhältnisse und Normierungsbestrebungen

Place: Université de Lausanne, Lausanne, Switzerland

Date: June 9, 2016

Language: French

Keywords: Modern History: 18th Century | European History: Swiss History



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Speaker: Loraine Chappuis, Département d'histoire générale (Department of History), Université de Genève (University of Geneva) – Academia.edu

Abstract: »Les relations sexuelles hors mariage font l’objet d’un contrôle social très étroit dans la République de Genève pendant l’Ancien Régime. Si la répression de la «paillardise» s’exerce à l’origine sur tout «commerce charnel» entre un homme et une femme non mariés, celle-ci se sécularise et, au XVIIIe siècle, ne vise plus que les couples dont l’offense morale du crime de chair est aggravée par une grossesse illégitime. Parallèlement à la sanction de comportements inconvenants, il s’agit d’attribuer judiciairement la charge de l’enfant à l’un des parents. Au cœur des préoccupations des autorités civiles, la paillardise comme gestion de l’illégitimité représente l’un des délits les plus poursuivis pendant le siècle des Lumières: près de 3000 couples sont ainsi condamnés. De longue ou de courte durée, dans le cadre de fiançailles ou s’apparentant à un viol, les relations décrites par les paillards pendant leur procès revêtent des formes très variées.
Malgré cette diversité, les récits tendent à se ressembler. Leurs réponses stéréotypées s’inscrivent dans des stratégies cherchant à minimiser leur responsabilité : nombreux sont les hommes à qualifier la paillarde de «débauchée» ou de «fille publique» ; à l’inverse, les femmes invoquent presque toujours des promesses de mariage ou affirment avoir été forcées. La violence occupe en effet un rôle central dans le discours féminin. De ces versions divergentes ressortent des représentations de la violence. «Jetée par terre» ou «poussée contre son lit» : il s’agira d’examiner le rapport, dans le prisme du genre, entre pouvoir et perception de la virilité d’un côté et légitimité de l’accusation de brutalité de l’autre. Cette contribution cherchera à étudier la façon dont la domination et la violence structurent les rapports entre les hommes et les femmes, du moins dans l’imaginaire collectif.« (Source: Website of the 4es Journées suisses d'histoire)

Wikipedia: History of Europe: History of Switzerland / Early Modern Switzerland