Habiter la ville

Introduction

Aujourd’hui, un homme sur 2 vit dans une agglomération..

En 2000, 380 villes dans le monde sont millionnaires et 45 dépassent les 5 millions d’habitants.

280 millions d’individus vivent dans des agglomérations de plus de 10 millions d’habitants.

 

ATTENTION, le poids de chaque agglomération doit être apprécié par rapport à la population du pays, au degré d’urbanisation…(Exemple : La Chine compte 50 villes millionnaires mais ces agglomérations ne regroupent que 16% de la population totale).

 

On observe un lien entre les taux d’urbanisation et le niveau de richesse. Quand la richesse est supérieure à la moyenne mondiale (PIB = 6 100 $ / hab. /an), le taux d’urbanisation est élevé.

Dans les pays de l’hémisphère nord, l’urbanisation a accompagné le développement de la richesse.

C’est différent dans les pays sud où les villes connaissent une croissance très forte mais restent pauvres.

 


I. Une métropole nord-américaine : Chicago

Chicago est la troisième plus grande ville des Etats-Unis. Elle est située dans la région des Grands Lacs. Chicago se distingue par sa place de 2ème centre industriel du pays, mais aussi parce qu’elle l’une despremières places financières du monde au travers de sa bourse aux céréales, qui fixe les prix, entre autre, du blé et du soja aux Etats-Unis.

Le poids économique de l'agglomération de Chicago est considérable : si Chicago comptait comme un pays, il serait la 18e puissance économique du monde

 

 

Les villes nord-américaines ont été construites sur un plan précis : rues rectilignes qui se coupent à angle droit, figurant un plan en damier sur le modèle antique. Exemple : Alexandrie d’Egypte) 
la CBD (Central Business District). C’est un quartier d’affaire qui est reconnaissable à ses gratte-ciel. Les gratte-ciel qui symbolisent la ville nord-américaine abritent des sièges sociaux d’entreprises. On y trouve aussi des immeubles résidentiels, des activités commerciales…La construction en hauteur reflète le coût élevé des terrains. Le Loop, est le deuxième plus important quartier d’affaires des Etats-Unis après Manhattan à New York. Le Loop (c'est-à-dire « la Boucle ») doit son nom au métro surélevé qui tourne en boucle tout autour du centre historique de Chicago. 
-Autour de la CBD, on trouve des usines et entrepôts abandonnés, des terrains vagues…Des ghettos qui abritent les populations les plus pauvres. Ces quartiers sont le lieu de résidence des minorités ethniques. Le ghetto « bronzeville »est exclusivement habité par des noirs. On y constate un fort chômage, un net retrait des institutions et de l'État, un taux de mortalité infantile en forte hausse, une espérance de vie en baisse, etc 
-Longtemps terre d'immigration, Chicago compte parmi ses habitants de nombreuses communautés d'origine étrangère, irlandaise, italienne, roumaine, juive, allemande, espagnole, chinoise, polonaise. Chicago est la plus grande ville polonaise en dehors de la Pologne. Chicago compte environ 228 quartiers à travers les soixante-dix-sept secteurs communautaires de la ville. Il s'agit souvent de quartiers « ethniques » qui maintiennent chacun une forte identité : Little Italy, Chinatown, Greek Town, Little Vietnam, Indian Village…

-Autour, la Banlieue incarne le rêve américain. Ce sont des quartiers résidentiels entourés de jardins. Cette banlieue s'étend très loin car l’aspiration des américains tend vers l’accès à la propriété individuelle. Les banlieues sont reliées entre elles et au centre par des autoroutes. Les banlieues s’étalent sur de grandes distances : quadrillage régulier, l’apparence extérieure semblable des maisons donnent une impression de monotonie. L’habitat typique est celui des maisons individuelles. L’élite de la société se replie sur la maison individuelle, éloignée des dangers de la ville, dans un cadre verdoyant. Les activités tertiaires ont suivi la population dans les banlieues.

 

 

On constate donc une ségrégation sociale et socio-spatiale.

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II. Une métropole d’un pays pauvre : Le Caire

Aujourd’hui, Le Caire est peuplé de 16 millions d’habitants.

 

-Le centre ville du Caire est constitué du quartier historique. A côté, comme dans toutes les Très Grandes Villes, s’est construit la CBD.

-La forte croissance démographique du Caire (250 000 nouveaux habitants chaque année) entraîne la formation de quartiers ou de logements dits « informels », c’est à dire non reconnus par l’Etat. Les quartiers sont des bidonvilles. Quant aux logements informels, il s’agit plus de surélévation d’immeubles ou de maisons sans autorisation. Il faut aussi préciser qu’1 cairote sur 8 vit dans des cimetières.

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-L’Etat a donc décidé d’organiser dès 1970, l’urbanisation en créant cinq villes nouvelles. Ces villes nouvelles sont construites dans le désert à l’est et à l’ouest du Nil, distantes d’environ 30 Km du Caire, sur le modèle parisien. Mais depuis 2 décennies, une partie de la croissance démographique s’est reportée au delà du Caire, sur des villes grandes, moyennes et petites et leurs périphéries.


Le problème des logements au Caire

Les cimetières du Caire abritent deux millions d’habitants. A plusieurs reprises les autorités ont tenté de déplacer ces zones hors de la ville. La dernière décision date de février 2001. Le gouverneur du Caire a lancé le transfert de 110000 tombes vers les villes nouvelles pour créer des espaces verts, construire des routes et des logements. La cité Bab Al-Nasr est la première visée.

Moustafa, 75 ans : « Je préférerais mourir plutôt que de quitter ce caveau. Je suis trop âgé pour tout recommencer. S’il n’y avait que moi, je pourrais le supporter. Ma femme est vieille. J’ai trois enfants, dont deux sont mariés. Et, j’ai quatre petits-enfants. Nous sommes onze dans ce caveau. Mes enfants n’ont pas fait d’études car cela coûtait trop cher. Aujourd’hui, ils sont de simples employés, sans salaire fixe. Ils ne pourront jamais acheter un appartement. Les autorités refusent de nous reloger, car on habite ici illégalement. Et maintenant, on va être à la rue dès que les travaux vont commencer. Dans la rue d’à côté, des bulldozers détruisent déjà des tombeaux. On a peur du bruit. Heureusement que les propriétaires des caveaux où on habite n’ont pas encore déplacé leurs morts. Je le dis à haute voix : les morts ont droit à plus de respect que les vivants ! Au moins, ils vont avoir des nouveaux abris ».

Omar, 26 ans, marié, père de quatre enfants: «Les appartements proposés par le ministère du Logement dans la ville de Quinze-Mai sont sans eau et sans électricité. En plus, ce logement me coûtera 1500 LE et je n’ai pas d’argent pour payer une telle somme. Même si je trouvais un travail régulier, je ne gagnerais jamais plus de 150 LE par mois. Ici, je donne 18 LE par mois au chef des gardiens du cimetière pour habiter le caveau. Vivre avec les morts est la seule solution ».

Texte issu d’un reportage par Nahla Aboul-Ela

Lien : http://www.larevuedegypte.com/article.aspx?ArticleID=5515

 

 

 

Le Caire est une ville à la croissance rapide, ce qui a soulevé un certain nombre de problèmes environnementaux. La pollution atmosphérique au Caire est un sujet préoccupant. Des tests concernant la qualité de l'air au Caire ont également enregistré des niveaux dangereux de plomb, de dioxyde de carbone, de dioxyde de carbone et de particules en suspension ; ceci est du à plusieurs décennies d'absence totale de régulation concernant les émissions polluantes des véhicules, les industries urbaines, et les déchets. On compte actuellement plus de deux millions de voitures au Caire, dont 60% ont plus de dix ans et sont par conséquent dépourvus d'équipements modernes, comme les pots catalytiques. Un nuage noir apparaît au-dessus de la ville chaque automne, causant chez les habitants des maladies respiratoires.

Il y a également de nombreuses fonderies de plomb et de fer qui sont non déclarées, et polluent fortement la ville. En conséquence, on peut voir en permanence un brouillard flotter au-dessus du Caire. Selon des estimations, entre dix mille et vingt-cinq mille Cairotes décèdent chaque année à cause de la pollution atmosphérique du Caire. En 1995, les premières lois environnementales ont été votées, et la situation a depuis été améliorée.

La ville souffre également d'un niveau élevé de pollution au sol. Chaque année, Le Caire émet dix mille tonnes de déchets, dont quatre mille ne sont ni collectées ni prises en charge. Cela constitue un risque majeur pour la santé, et le gouvernement égyptien recherche donc des moyens pour le combattre.

Enfin, la pollution de l’eau est un problème très important au Caire ; en effet, les égouts sont souvent défaillants et se déversent dans les rues. Un nouveau système de tout-à-l'égout, développé par l’Union Européenne, est censé répondre à ce risque. L'eau municipale est également contaminée par du mercure, ce qui entraîne des risques sanitaires importants.

 


III. Les problèmes des très grandes villes

A. Alimentation en eau

Les besoins actuels s’élèvent à 600 litres par jour et par habitant pour l’eau potable et à 300 litres par jour et par habitant pour les eaux usées. Le traitement des déchets solides est réalisé dans de vastes usines d’incinération. Les pénuries sont aiguës en de nombreux endroits. L’absence de garantie d’alimentation en eau peut pousser les ménages à creuser leur propre puit. Face à la croissance rapide des villes, la plupart des mégalopoles n’ont pas eu le temps et les moyens de prolonger leur réseau jusqu’aux quartiers en extension rapide qui se trouvent dans les périphéries. Un des principaux problèmes qui affectent les systèmes de distribution provient des pertes d’eau immenses tout au long des canalisations. La proportion d’eau dont on perd ainsi la trace atteint habituellement 30% de la production, voire plus de 50% dans la plupart des mégalopoles du Tiers Monde.


 

B. La pollution de l’eau

Dans les pays développés, la fourniture d’eau et l’assainissement peuvent s’effectuer au prix d’énormes travaux d’infrastructure très coûteux, surtout dans les régions sèches : Los Angeles reçoit l’eau du bassin du Colorado à plus de 700 Km.

Dans les pays en voie de développement, les moyens et infrastructures sont plus restreints. Il en résulte une pénurie d’eau plus ou moins chronique et des réseaux d’assainissement insuffisants et surtout des problèmes d’hygiène et de santé publique. La majorité des cours d’eau qui traversent les mégalopoles du Tiers Monde ne sont guère plus que des égouts à ciel ouvert : déversement de déchets industriels non traités dans les rivières, ruissellement de liquides provenant des décharges industriels les et municipales, traitement inadéquat des eaux usées des municipalités… C’est néanmoins la contamination fécale des ressources aquatiques qui pose le problème le plus crucial concernant la qualité de l’eau dans les mégalopoles.

 


C. La pollution atmosphérique

Depuis la révolution industrielle, les très grandes villes sont marquées par les atteintes de la pollution : le « smog », contraction entre « Smoke », fumée et « Fog », brouillard. Paris, Milan, Berlin, Tokyo, New York entre autres sont concernées.

Les villes du Tiers Monde ne sont pas épargnées, bien qu’elles renferment en général moins d’industries et surtout moins de véhicules automobiles. La pollution atmosphérique constitue sans doute l’atteinte la plus générale et la plus grave à la santé des populations urbaines. Ces polluants aggravent la santé des personnes les plus fragiles : enfants, personnes âgées, malades…

Beaucoup des mégalopoles des pays en voie de développement subissent une pollution particulièrement intense de la part des véhicules à moteur à cause de l’âge avancée de leur parc automobile, de la production de modèles dépassés et de la qualité médiocre du carburant. De plus, le grand nombre de motocyclettes, de véhicules à trois roues aggrave le problème : les émissions d’hydrocarbure en provenance des moteurs à 2 temps des motos sont généralement plus de 10 fois supérieures à celles des voitures.

Les gouvernements et municipalités disposent d’une série de moyens pour contrer cette pollution :

 

-Fixation de normes de qualité de l’air ambiant

-Contrôles de zonage

-Réduction de l’utilisation des véhicules à moteur grâce aux transports publics,

-Planification du zonage des espaces

-Taxes, péages, action sur les prix des transports et énergies

-Planification et gestion de la circulation

-Covoiturage

-Réglementation des systèmes d’échappement

 


D. Les problèmes fonciers et les logements

L’agglomération urbaine croît alors que les terrains disponibles pour la construction deviennent rares, notamment au centre. Il en résulte une augmentation des coûts. C’est dans les villes les plus peuplées que se posent les problèmes les plus aiguës.

L’un des moyens de faire face à l’augmentation des coûts fonciers est de construire en hauteur : c’est la solution des métropoles américaines du nord comme du sud. New York et Chicago sont des précurseurs dans ce domaine ; En Europe, le quartier de La Défense à Paris et la City de Londres… Dans les grandes métropoles des pays développés, les coûts fonciers atteignent des sommets : Tokyo est un record avec 40 000 francs du mètre carré / 20 000 Francs à Paris. Ces coûts élevés ont pour conséquence un facteur d’inégalité qui tend vers l’apartheid : Les activités tertiaire ou de service sont les seuls à pouvoir se payer les loyers en vigueur dans le centre de la ville. Il en résulte donc le déménagement des industries polluantes, des entreprises du secteur secondaire (moins prestigieux que le tertiaire) ainsi que des foyers d’habitation du centre vers les périphéries. Ainsi une différenciation socio-spatial a lieu . Les quartiers résidentiels se situent en bordure de l’hypercentre. Les populations les plus fragiles économiquement sont rejetées hors des villes vers la périphérie, proche des industries. Pour aller travailler, ces populations font la plupart du temps ce qu’on appelle une migration pendulaire. Leur lieu de vie devient rapidement une cité dortoir. A paris, le contraste Est-Ouest existe ainsi qu’un contraste Centre-Périphérie.

Dans les pays en voie de développement, les prix du sol sont moins élevés, mais l’on retrouve la même ségrégation socio-spatiale : d’autant plus que l’absence d’une classe moyenne ne procure pas de zones tampons entre la très grande richesse et la misère la plus criante..

La volonté de réhabiliter les quartiers anciens ou délabrés participe à ce mouvement d’exportation des populations pauvres : le temps de réhabiliter les populations sont relogées ailleurs ; la rénovation de quartiers entiers fait augmenter le prix du loyer, ce qui influence l’installation de populations aisées (Yuppies New Yorkais = gentrification).