Portugal - 15° semaine

 
 

15 °  semaine

 

 

 

Samedi  1° mars 2008 – Porto Covo – Parking au bord de mer

 

Nous sommes dans l’Alentejo, il y a des collines verdoyantes, des vaches, des eucalyptus, des chênes lièges ( la plus grosse production mondiale de liège ), de petits villages épars.

C’est très différent du sud, de l’Algarve très touristique et donc très bétonné, où la route nationale est une succession de villages et où les villages de bord de mer ont été envahis par les immeubles.

 

                       
 
               
 
                                
 
 

Nous Robinson Cruso-ons sur les plages du Portugal, remontant tranquillement du sud vers le nord. Ce soir, nous élisons domicile sur le parking de Porto Covo, petit village tranquille en bord de mer, fait de petites maisons blanches sans immeuble.

 

                        
                                                                                     
 

Les rues sont toujours pavées et les trottoirs habillés de petits cubes de calcaire blancs ou de basalte gris comme dans tout le pays : c’est la  «  calçada portuguesa «  tradition qui remonte au XVIII° siècle, toute faite à la main, exigeant des heures de pose, à l’origine le travail était réalisé par les forçats.

Il fait beau. La côte est toujours découpée avec des falaises, de petites criques en contre bas, et des falaises noires en ardoise délicatement festonnées. Cà ressemble à La Ciotat  et aux Calanques de Cassis.

C’est très joli. Au nord, la ville industrielle de Sines.

Nous nous promenons en bord de mer, sous le soleil, l’océan est calme pour une fois, c’est presque la Méditerranée…

 

 

 

Dimanche 2 mars 2008 – Evora – Camping Orbitur ( Alentejo )

 

Direction l’est vers Evora, patrimoine mondial de l’Unesco.

La nature est toute verte, des forêts de pins, de chênes lièges, des troupeaux de vaches, c’est le printemps.

 

                              
 
 

Nous nous arrêtons auparavant au Cromlech des Almendres : 92 mégalithes dans une plantation de chênes lièges, certains sont gravés. C’est l’un des plus importants de la péninsule ibérique mais aussi l’un des plus ancien du monde, puisque son érection aurait duré du Néolithique ancien  ( V° millénaire av. JC ) jusqu’au III° millénaire av. JC. Les mégalithes sont disposés selon les équinoxes. Il servait d’observatoire astronomique et avait aussi une fonction religieuse.

 

A Evora, il fait très chaud, nous nous sommes éloignés du littoral et n’avons plus l’influence de l’océan.

 

 

 

Lundi 3 mars 2008 – Evora – Camping Orbitur ( Alentejo )

 

 

 
 

Visite de la vieille ville d’Evora avec son curieux plan en forme de toile d’araignée,

 

              

 

les remparts romains puis arabes,

 les quelques colonnes du temple romain de Diane ( II° siècle ),

 

 
                           
 

la cathédrale romane de la fin du XII°, son cloître gothique du XIV°,

l’ancienne université jésuite (  fondée en 1547 quand les jésuites purent s’installer au Portugal sous Jean III ),

 

                
 
 

l’église Sao Francisco avec ses arcs de style mudéjar, ses chapelles baroques, et sa chapelle des ossements décorée à l’aide de crânes et de tibias provenant de plus de 5000 personnes au XVI° siècle. A l’entrée de la chapelle, on est accueillis par cette phrase : nos ossements qui sont ici attendent vos ossements.

 

Repas dans un petit resto. Les portions sont toujours très généreuses, les viandes et les poissons sont assez gras ( souvent frits ou baignant dans l’huile ) et toujours accompagnés de riz et de frites, au cas où l’on ne serait pas rassasié. Ils ne mangent pas beaucoup de légumes, ce n’est pas très diététique, il paraît que les maladies cardio vasculaires sont la première cause de décès. Les desserts sont toujours bien pleins de crème. Cà change de la nourriture marocaine à base de légumes et viandes ou poissons grillés.

 

              
 

 

 

 

Mardi 4 mars 2008 – Lisbonne – Camping Municipal de Monsanto :

 

 

Lisbonne - Aveiro - Braga

 

Nous nous arrêtons pour refaire le parallélisme et l’équilibrage des pneus, parce que le réglage fait à  Tanger n’est pas au point.

 

Nous passons par la Sierra d’Arrabida à côté de Setubal.

L’époque n’est toujours pas au farniente sur la plage, il y a beaucoup de vent. Dommage, l’endroit est joli avec sa mer bleue, sa plage de sable, ses falaises et son maquis.  Cela ressemble au Var. Nous mangeons dans le camping car sur la plage.

 

 

Direction Lisbonne, nous traversons le pont du 25 avril, orgueil du régime salazariste terminé en 1966.

Le GPS nous emmène tout droit au camping par le dédale de voies rapides et de rocades de cette grande capitale. Ca sert le GPS dans les villes.

 

Le camping, bien aménagé, est perdu dans le parc de Monsanto. Heureusement, un bus nous emmène directement au centre ville moyennant un trajet de ¾ d’heures ! Il fait des tours et des détours, nous promène d’immeubles en quais au bord du Tage, nous ne savons plus où nous sommes.

Lisbonne est très étendue, elle comprend de nombreux quartiers différents et il est un peu difficile de se repérer – qu’appelle t’on le centre ville ? où est le centre des quartiers ? Où sommes nous ? On fait déjà un grand pas quand on voit le pont du 25 avril !

 

Le bus nous emmène place du Commerce au bord du Tage dans le quartier de la Baixa qui a été détruit par le raz de marée lors du tremblement de terre de 1755. Il a été reconstruit par le marquis de Pombal selon des normes et des matériaux anti sismiques et en suivant un plan à damier. Puis le Rossio, ou place de Dom Pedro IV avec ses fontaines et le théâtre, la gare avec deux portes en forme de fer à cheval, pastiche du style manuélien. Puis la place des Restaurateurs continuée par l’avenue de la Liberté, les Champs Elysées de Lisbonne.

Nous sommes frappés par l’importance de la population noire et métissée : elle vient des anciennes colonies : Angola, Mozambique, Cap Vert, Brésil…

Il fait nuit, nous rentrons sagement au camping.

Le soir, il fait bien frais au camping qui, perché sur sa colline.

 

 

 

Mercredi 5 mars 2008 – Lisbonne – camping muncipal de Monsanto :

 

Belle découverte de Lisbonne avec le Lisboa Pass, mais un peu exténuant en une journée !

3 jours auraient étés nécessaires pour se laisser emporter et charmer par cette belle ville, aux trésors architecturaux inouïs, à l’histoire extraordinaire et romanesque des grandes découvertes et des grands navigateurs mais aussi de son tremblement de terre de 1755, à l’atmosphère si particulière de ses ports ouverts sur le Tage, de ses anciens quartiers et de ses ruelles étroites, de son modernisme éclatant !

 

                            
 
 

Après notre petite heure de trajet, le bus nous laisse au Monastère des Jeronimos, classé Patrimoine Mondial par l’Unesco. Son nom provient de l’ordre monastique de Saint Jérôme, dont l’une des missions était de veiller au bien être des marins. Sa construction a débuté en 1501 sur l’initiative du roi Manuel 1er et a été dopée par le retour de Vasco de Gama des Indes et des prodigieuses richesses qu’il a rapportées. Les travaux ont duré près d’un siècle. L’église est un chef d’œuvre de l’art manuélin avec son audacieuse voûte nervurée, la décoration des piliers et les nervures en palmier. Le monastère a été épargné par le tremblement de terre de 1755 – heureusement !

 

                              
 
 

Halte au Monument des Découvertes, élevé en 1960 par Salazar pour le 500° anniversaire de la mort d’Henri le Navigateur, héros parmi les héros. Il avance, telle une proue de navire sur le Tage. Derrière Henri le Navigateur, sont représentés tous les personnages de l’histoire portugaise. Sur l’esplanade, une belle marqueterie de marbre représente une Rose des Vents ainsi qu’un planisphère où sont tracées toutes les routes maritimes découvertes par les Portugais.

 

 

La Tour de Belem à côté, encore un joyau de l’art manuélin ! classée au Patrimoine Mondial de l’Unesco, c’est vraiment obligé. Bâtie entre 1514 et 1520 par le roi Manuel 1er, elle servit de tour de contrôle maritime pendant des siècles, surveillant les navires à l’embouchure du Tage. Elle trônait initialement au milieu du fleuve, mais depuis le séisme de 1755, elle a bougé dans le lit du Tage sans jamais être détruite. Evoquant par sa forme les donjons traditionnels des châteaux du Moyen Age, c’est une élégante construction de pierres blanches merveilleusement ajourée et sculptée, avec des ornementations d’inspiration mauresques couronnant les tours d’angles.

Nous pouvons y admirer, finement ciselés dans la pierre, tous les emblèmes du Portugal :

 

                    
 

 la croix lusitanienne, la sphère armillaire ( symbolisant l’épopée maritime des Portugais )

 

                         

 

 

ainsi que les armoiries du Portugal (  les 5 blasons représentent les 5 plaies du Christ et commémorent la victoire d’Ourique en 1139 sur 5 rois Maures, les 7 châteaux furent ceux conquis par Alphonse Henriques )

 

                            
 
 

La tour blanche se découpant sur le fleuve bleu est tout simplement délicieuse avec toutes ses dentelles, le travail est parfaitement remarquable, et dire que je ne connaissais même pas ce style manuélin, entre gothique flamboyant et Renaissance, enluminé à la portugaise !

C’est un grand moment !

Des camping cars bivouaquent en toute simplicité au pied de la tour séculaire. On nous avait donné l’adresse du bivouac, mais nous avions préféré nous retirer au calme du camping, un peu trop calme justement et excentré. Tant pis.

 

                               
 
 

Après ces merveilles, nous allons déjeuner de poisson dans le vieux quartier populaire du Chiado avec ses rues escarpées et son petit funiculaire da Bica.

 

             
 
 
Montée par l’Elevador de Santa Justa reliant le Rossio à l’église du Carmo dans le Chiado, construit par un élève de Gustave Eiffel au début du XX°. Jolie vue sur la ville, mais attention au vertige du haut de ses structures métalliques !

L’église do Carmo du 14° siècle a été détruite lors du tremblement de terre de 1755 et est restée en l’état avec sa nef à ciel ouvert.

 

                     
 
 

Un petit tramway fou nous emmène ensuite au Château Saint Georges dressé sur la plus haute colline de l’ancienne ville et sur la première forteresse connue qui date de 138 av. J.C. Il domine le vieux quartier de l’Alfama telle une sentinelle aux murs crénelés. Phéniciens, Romains et Maures l’ont occupé au fil des siècles. Après la reconquête de Lisbonne et l’expulsion des Maures en 1147, les rois chrétiens le rebaptisèrent du nom de Saint Georges, martyr et guerrier de Cappadoce, vénéré par les Coisés. Ce fut l’ancien palais royal qui vit Vasco de Gama rendre compte de son voyage au roi Manuel 1°. Mais il ne reste pas grand chose pour nourrir l’imagination, à part des murs de ronde et des salles voûtées austères.

 

                             
 
 

Descente par le quartier populaire de l’Alfama, seul quartier ayant survécu au tremblement de terre et fief du fado. Nous n’aurons pas le courage d’y attendre l’ouverture des restos, nous sommes trop fourbus !

 

                          
 
 

Nous nous réfugions au musée militaire pour y admirer les beaux azulejos et la collection de canons.

 

 

Puis balade jusqu’à la Place Marquis de Pombal en métro, redescente vers Baixa, flânerie dans les rues piétonnes jusqu’à la Place du Commerce, puis à nouveau Rossio où nous goûtons la ginja, apéritif à base de griotte que l’on achète dans une minuscule ginjinha et que l’on boit debout, dehors, en compagnie de multiples amateurs.
Nous voulons manger dans une gargote dans le coin, mais finissons par rentrer au camping, exténués !

 

 

 

Jeudi 6 mars 2008 – Lisbonne – camping municipal de Monsanto :

 

 

                         
 
 

Journée consacrée à la partie moderne de la ville à l’est, le quartier du Parc des Nations, ayant accueilli  l’exposition universelle de 1998 commémorant le 1er voyage de Vasco de Gama aux Indes en 1498.

C’est un espace reconstruit de toutes pièces sur une zone qui n’était qu’un ramassis de raffineries désaffectées, d’aires de stockage de matériel militaire rapporté des colonies, d’entrepôts abandonnés, se voulant le préfiguration de ce que devrait être la ville du future avec la volonté affirmée de se placer comme précurseur en matière d’urbanisme. Priorité aux piétons et aux transports propres, importance des espaces verts et des jardins, omniprésence de l’art dans le paysage, préoccupations écologiques pour la gestion de l’eau et des déchets.

Belle réussite que ce quartier moderne aéré avec ses audacieuses réalisations futuristes telles la gare do Oriente et la galerie commerciale Vasco de Gama, l’océanorium, le Pavillon atlantique ou du Portugal, enfin le Pont Vasco de Gama en point d’orgue à toute cette architecture créative… et même récréative.

 

                  
 
 

Visite à l’Oceanario, un des sites les plus visités de Lisbonne, océanorium le plus grand d’Europe, le 2ème du monde, construit en 1998, , vaste navire aquarium  à la couverture de verre ondulé posé sur l’eau. Dans le bassin central, accessible sur deux étages évoluent des poissons de haute mer, tandis que quatre autres aquariums recréent quatre régions océaniques du globe : côte rocheuse de l’Atlantique nord, côte rocheuse du Pacifique tempéré avec ses loutres marines, océan indien tropical et ses récifs coralliens animés de poissons multicolores, Antarctique et ses manchots.

 

Déjeuner dans un des nombreux restaurants branchés du quartier, nous avons choisi un restaurant brésilien avec son généreux défilé de délicieuses viandes grillées. Une voisine Portugaise entame la conversation.

 

 
                    
 

Puis promenade dans les jardins longeant le Tage, la tour Vasco de Gama, plus haute construction du Portugal avec ses 145 mètres de haut et l’altier Pont Vasco de Gama, réalisation de 13 km, dont 8 au dessus des flots, avec son admirable tablier haubané brillant au soleil. Il est conçu pour résister aux tremblements de terre, et en cas de secousse prolongée, le tablier suspendu par les haubans bougera aussi bien en longueur qu’en largeur !

 

                 
 
 

Encore beaucoup de kilomètres et de magnifiques réalisations, contrastant beaucoup avec le Lisbonne ancien d’hier, mais tout aussi superbe et palpitant !

 

 

 

Vendredi 7 mars 2008 – Ericeira – camping :

 

 

Journée consacrée à Sintra, classée au Patrimoine de l’Unesco. Petite ville blottie dans un écrin de verdure, elle abrite villas et luxueuses propriétés où l’on faisait jadis retraite. Elle est connue pour ses palais dont certains font preuve d’un grand délire architectural.

 

                       
 
 

Le délirant Palacio da Pena à l’architecture fantaisiste et son parc. Construit à partir de 1840 à l’emplacement d’un petit couvent manuélin, par Fernando Cobourg Gotha, cousin de Louis II de Bavière et époux de la reine D. Maria II. Influencé par les tendances éclectiques et romantiques de l’époque, l’architecte mélangea les inspirations de l’Antiquité à la Renaissance, avec une débauche de fausses murailles jaune canari, des tours gothiques rouge écarlate, un pont levis, quelques minarets et coupoles mauresques, un donjon, des tours de garde de différents styles.

De l’ancien couvent manuélin des frères hiéronymites du début du 16° ne persistent que le cloître et la petite chapelle.

Etonnant.

 

                       
 
 

Le surprenant palais Quinta da Regaleira n’a rien à lui envier, quoique d’inspiration plus homogène.  Construit entre 1898 et 1912 dans un style à prédominance néo gothique et néo manuéline par le millionnaire Antonio Augusto Carvalho Monteiro, riche propriétaire ayant fait fortune au Brésil. Ici, les délicates sculptures manuélines envahissent chaque espace de pierre jusqu’à le dévorer !

Trop, c’est trop !

Un des intérêt du château en est le jardin ( spirituel et romantique ), voulant représenter la quête spirituelle de l’homme dans l’univers. Le «  chemin de l’initié «  nous emmène, au gré de symboles franc maçonniques de style néomanuélin, jusqu’au fond d’un puit monumental, espèce de tour inversée de 27 mètres de profondeur, représentant les ténèbres. On en sort par un parcours de renaissance symbolique qui nous ramène à la lumière….

 

                           
 
 

Délaissant toutes ces demeures et symboliques, nous reprenons le bord de mer pour choisir un camping bien venté à Ericeira, petite station balnéaire.

 

 

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