BIOGRAPHY




LA VIE ET L'OEUVRE D'HERMANN EBBINGHAUS


Hermann EBBINGHAUS : LIFE AND WORK


Pr Serge NICOLAS 

Paris Descartes University

&

Pr Vinzenz MORGER

Zürich University



Vie et œuvre d’un grand psychologue expérimentaliste[1]

 Life and oeuvre of a great experimental psychologist [1]


 "Ebbinghaus is dead. But his oeuvre is alive"

E. Dürr (1910) 

"Ebbinghaus est mort. Mais ses œuvres vivent"

E. Dürr (1910)

 

                Si Hermann Ebbinghaus (1850-1909) n'a pas publié beaucoup d’articles et d’ouvrages de son vivant[2] (près de 30 références contre par exemple près de 300 pour Alfred Binet) et s'il a formé peu d'élèves connus à part William Stern (1867-1947) (on dit d'ailleurs qu'il ne les recherchait pas), on doit admettre, d'une part, que ce n'est qu'un pauvre indice de son activité scientifique pour un homme de cette stature et de cette réputation[3] et, d'autre part, que l'influence exercée n'en a pas moins été considérable. Ses écrits ont en effet eu un grand retentissement sur ses contemporains et bien au-delà sur les psychologues expérimentalistes tout au long du XXe siècle[4].

            If Hermann Ebbinghaus (1850-1909) did not publish many articles and books during his life [2] (around 30 references compared to almost 300 by Alfred Binet) and if he had only few well known students apart from William Stern (1867-1947) (it seems that he did not actively seek them), it has to be admitted, on the one hand, that these might be rather poor indicators of the scientific activities for a man of such kind of stature and reputation [3] and, on the other hand, that his influence in the field was indeed quite substantial. His writings had a considerable effect on and attracted broad attention by his contemporaries, and even more by the experimental psychologists of the 20 th century [4]

                Son indépendance et son originalité de pensée se retrouvent lorsqu'on constate par exemple qu'il n'a pas créé d'école de psychologie et qu'il peut difficilement être rattaché à un courant psychologique de l'époque[5]. Pourtant, comme nous le verrons, Ebbinghaus va être influencé tout au long de sa carrière scientifique par les écrits de l'un de ses compatriotes : Gustav Th. Fechner (1801-1887)[6].

              The fact that he did not establish a school of psychology and that it is difficult to associate him with a psychological stream of his time may be considered as a sign of his independence and the uniqueness of his ideas [5]. However, as we shall see, Ebbinghaus had been affected all the long of his scientific career by the writings of one of his compatriots: Gustav Th. Fechner (1801-1887) [6].

                La meilleure manière d'exposer la vie et l'œuvre de ce psychologue est certainement de prendre pour fil conducteur les différentes étapes de sa formation et de sa carrière scientifique. L'avantage de ce type de présentation est qu'il nous permettra de souligner dans une perspective diachronique ses contributions essentielles dans le domaine de la mémoire humaine (et dans celui d'autres fonctions psychologiques) ainsi que son apport au niveau de la diffusion du savoir scientifique.

               The best way to depict the life and work of this psychologist is certainly to take the different stages of his formation and his scientific career as guidelines. The advantage of this way of exposition is supported by the opportunity to underline his essential contributions in the domain of the human memory (and to other fields of psychological functions) as well as his influence on the diffusion of scientific knowledge in a diachronic perspective.

 

Premiers pas dans la formation d’un psychologue expérimentaliste

 

                Hermann Ebbinghaus est né en Prusse, à Barmen aujourd'hui un quartier de Wuppertal près de Bonn, en Rhénanie, le 23 janvier 1850 de Carl Ebbinghaus (1815-1866), négociant en papier et textile, et de Juliane Ebbinghaus, née Klewitz (1815-1880). De confession luthérienne, il fit ses études primaires et secondaires dans sa ville natale[7].

                Hermann Ebbinghaus was born on January 23, 1850 in Barmen, Prussia, today a quartier of Wuppertal near Bonn, Rhineland, from Carl Ebbinghaus (1815-1866), a trader of paper and textile, and Juliane Ebbinghaus, born Klewitz (1815-1880). He was raised in the spirit of Lutheranism and he visited the primary as well as the secondary school in his hometown [7].

                Il entreprend ses études universitaires à Bonn à l'automne 1867 et, plus tard, selon la mode du temps qui est de se rendre de ville universitaire en ville universitaire, il se rend à Berlin et à Halle pour étudier les langues classiques, l'histoire et la philologie. En 1870, il sert pendant un an dans l'armée prussienne durant la guerre contre la France (1870-1871). C'est au printemps 1871 qu'il décide de se consacrer entièrement à la philosophie. Il reçoit son grade de Docteur à Bonn le 16 août 1873 en ayant brillamment soutenu, selon Karl Marbe (1869-1953), une thèse dont le sujet était à la mode et qui avait pour titre : « Über die Hartmannsche Philosophie des Unbewussten » ("sur la Philosophie de l'Inconscient de Hartmann"). L'ouvrage philosophique d'Eduard von Hartmann sur l'inconscient[8] était un best-seller à l'époque. La première édition allemande de cette œuvre date de 1869 et fut à maintes fois rééditée durant la décennie suivante (une traduction française a même été publiée chez Félix Alcan en 1877[9]). Dans sa thèse, Ebbinghaus se montra très critique envers l'auteur qui niait toute continuité et transition entre la conscience et l'inconscient en soutenant l'existence d'un inconscient absolu et métaphysique. Influencé par les positions de Leibniz, il devint partisan de la loi de continuité. Mais il avait bien conscience que sa prise de position ne s'appuyait pas sur des preuves objectives solides mais sur un raisonnement subjectif. Cette constatation l'amena, d'une part, à affirmer que la psychologie devrait être séparée de la philosophie et, d'autre part, que la nouvelle psychologie devrait s'appuyer sur les méthodes objectives utilisées par les sciences naturelles[10]. Comment mettre en place une psychologie scientifique ? Ebbinghaus n'en savait encore rien à l'époque. Il lui fallut attendre quelques années pour que son projet prenne forme.

            He started his university studies in the fall of 1867 in Bonn; later - according to the fashion of the time which meant to visit several universities - he went to Berlin and Halle to study classical languages, history and philology. In the year 1870, he served in the Prussien army during the war against France (1870-1871) for one year. Then, in the spring of 1871 he decided to concentrate his studies completely on the subject of philosophy. On August 16, 1873 he received his doctoral degree from the University of Bonn after a brilliant defense of his thesis, as reported by Karl Marbe (1869-1953); the topic of his thesis was very trendy in those times and had the following title: « Über die Hartmannsche Philosophie des Unbewussten » ("On the philosophy of the unconscious according to Hartmann"). The philosophical work by Eduard von Hartmann on the unconscious [8] was a bestselling book of the time. The first edition of this book (in German) was published in the year 1869 and during the following decade there were several re-editions (a French translation was published already in 1877 by Félix Alcan; an English translation by William Chatterton Coupland was published in 1884 by Macmillan, New York [9]). In his thesis, Ebbinghaus took a quite critical position towards Hartmann who denied any continuity or transition of the conscious and the unconscious and emphasized the existence of an absolute and metaphysical unconscious. Guided by the position of Leibniz, he became an advocate of the law of continuity. However, he was aware that his position was not sustained by any objective and solid arguments but rather by subjective reasons. From this ascertainment he concluded that the discipline of psychology should be separated from philosophy that the new science of psychology should make use of objective methods, namely those used in in the natural sciences [10]. How to establish a scientific psychology? At this time, Ebbinghaus didn’t have a clue. He had to wait a couple of years before his project did take shape.


Original edition (1873)
Collection Serge NICOLAS


                D'après Boring[11], Ebbinghaus passa les deux années suivantes à Berlin, mais Shakow[12] nous dit qu'on sait seulement qu'il projetait d'aller dans cette ville. Durant les années 1875-1878 il étudia en auditeur libre et voyagea en Angleterre et en France où il fut précepteur et enseignant[13]. C'est à cette époque qu'il se procura les "Elemente der Psychophysik" (1860) de Gustav Theodor Fechner qui devaient lui démontrer que la psychologie peut utiliser avec profit les méthodes des sciences naturelles. On a cru pendant longtemps que c'était à Paris qu'il acheta d'occasion les deux tomes de cet ouvrage[14], mais cette localisation a plus récemment été remise en question[15] puisqu'on admet aujourd'hui qu'il les a acquis entre avril et décembre 1875 à Londres. Cette dernière hypothèse est d'ailleurs admise maintenant[16].

                    According to Boring [11], Ebbinghaus spent his next two years in Berlin, but Shakow [12] mentions that he only intended to go to this town. During the years 1875 to 1878 he studied as a guest student and travelled around in England and in France, where he worked as a tutor and a teacher [13]. It was during this period of time that he purchased the book "Elemente der Psychophysik" (1860) by Gustav Theodor Fechner, a book which convincingly demonstrated him the benefits of natural science methods for psychology. For a long time it was assumed that it was in Paris where he bought the two volumes of this opus (second hand) [14], however more recently there were doubts about that [15]; currently there is a broad consent that he bought them in London between April and December 1875 [16].

                Quoi qu'il en soit, profondément impressionné par l'utilisation de la méthode expérimentale pour l'étude de la sensation après la lecture de l'ouvrage de Fechner[17], Ebbinghaus eut l'idée de l'appliquer à l'étude de la mémoire, peut être parce qu'en tant que jeune philosophe voyageant en Angleterre il s'était intéressé tout naturellement à la psychologie associationniste britannique. Ses premières recherches commencèrent avec des enfants dont il avait la charge en Angleterre[18] et surtout en France entre les années 1877 et 1878[19]. Les premières recherches expérimentales d'Ebbinghaus sur la mémoire semblent avoir débuté en France au cours de l'hiver 1877-78 alors qu'il venait juste de quitter son emploi de précepteur chez la marquise Armande de Seguier d'Avaray (1835-1912) et de s'installer à Paris au quartier Montmartre en exerçant le métier de professeur d'allemand. L'étude expérimentale qu'il a menée fut néanmoins une tentative avortée d'améliorer par la pratique l'empan des nombres en mémoire immédiate[20]. Les autres travaux, qui ont été entrepris en employant des matériels d'apprentissage aussi divers que des sons et des poèmes, lui montrèrent cependant la difficulté de travailler avec les enfants, ce qui l'incita ultérieurement à se prendre lui-même comme sujet d'expérience. Il quitte Paris le 20 juillet 1878 pour Postdam, après avoir appris sa nomination à la cours impériale de Berlin en tant que tuteur de français du Prince Waldemar von Hohenzollern (1868-1879) qui devait malheureusement disparaître prématurément. Ses fameuses recherches sur la mémoire ont débuté au cours de l'hiver 1878-1879 avec la construction de son matériel expérimental. Ses premières recherches expérimentales formèrent le corps de sa thèse d'habilitation (Ebbinghaus, 1880) soutenue le 23 avril 1880 à l'Université de Berlin[21] puis furent complétées dans son ouvrage sur la mémoire de 1885[22].

                In any case, after having read the work by Fechner, Ebbinghaus was deeply impressed by the application of experimental methods in the study of sensation [17]. He had the idea to apply it for the study of memory, possibly because of his rising interest in the British psychology of associationism while travelling in England. He carried out his first research steps with children for whom he was in charge of when he was in England [18] and then in France during the years of 1877 and 1878 [19]. Ebbinghaus’ experimental studies on the topic of memory seemed to have started in France during the winter of 1877-1878; he had just resigned from his job as a tutor employed by the Marquise Armande de Seguier d'Avaray (1835-1912) and resided then in the Montmartre quarter in Paris earning his living as a teacher of German. He conducted an experimental study which was however an unsuccessful attempt to increase the immediate memory span for numbers [20]. Further studies he carried out with very diverse materials like sounds and poems, and they showed him how difficult it was to do experiments with children; ultimately, it was this experience that brought him to the point, to be his own experimental subject. He left Paris on July 20, 1878 for Postdam, after having been appointed by the imperial court of Berlin as a teacher of the French language for Prince Waldemar von Hohenzollern (1868-1879), who however passed away very shortly. He started his famous research on memory during the winter 1878-1879 with the construction of the experimental materials. His first experimental studies were the central part of his habilitation thesis (Ebbinghaus, 1880), which he defended on April 23, 1880 at the University of Berlin [21]; these studies were later completed and published in 1885 as his legendary book on memory [22].

From Ebbinghaus, H. (1880/1983).  Urmanuskript  Über  das  Gedächtnis (W. Traxel, Ed.).  
Passavia-Universitätsverlag : Passau.

               

L’étude expérimentale de la mémoire (1879-1885)

Experimental studies on memory (1879-1885)


                Depuis la rédaction de sa thèse sur von Hartmann, Ebbinghaus ne considérait plus la psychologie seulement comme la science de la conscience mais aussi celle de l'inconscient. Cette position n'allait pas réellement à contre courant des idées de l'époque puisque l'existence de l'inconscient était généralement admise dans les milieux philosophiques et scientifiques durant les dernières décennies du XIXe siècle. Il fut, on le sait, profondément influencé durant ses années de formation par les écrits d'un autre philosophe, Johann Friedrich Herbart (1776-1841)[23], qui considérait que les représentations mnésiques inconscientes pouvaient agir sur la pensée et le comportement conscient. Contrairement à Herbart et aux psychologues expérimentalistes de son époque, comme le fameux Wilhelm Wundt (1832-1920), Ebbinghaus pensait pourtant qu'une science expérimentale des processus mentaux supérieurs était possible. Ainsi, il fut non seulement, d'une part, historiquement l'un des premiers à prendre en compte l'expression inconsciente des phénomènes psychiques mais aussi et surtout, d'autre part, celui qui a montré que la méthode expérimentale pouvait être utilisée pour aborder l'étude des fonctions psychologiques supérieures. Comme il soutenait depuis 1873 l'hypothèse de continuité déjà avancée par Leibniz et Herbart, on pouvait tout naturellement s'attendre à ce qu'il étudie la mémoire dans son acception globale à la fois consciente et inconsciente[24]. Il adopta ainsi les méthodes psychophysiques utilisées par Fechner dans le domaine de la sensation et les adapta à l'étude de cette nouvelle entité psychologique.[25]

                From the writing of his thesis on the topic of von Hartmann onwards, Ebbinghaus didn’t consider psychology as being solely the science of conscious, but as well of unconscious behavior. This position wasn’t completely in opposition to the ideas of the epoch as the existence of the unconscious was generally accepted in philosophical and scientific circles of the last decades of the 19th century. During the years of his formation he had been profoundly influenced by the writings of another philosopher, Johann Friedrich Herbart (1776-1841) [23], who postulated that unconscious mental representations were able to operate on conscious thoughts and behavior. However, contrary to Herbart and to the experimental psychologists of his time, like for instance the famous Wilhelm Wundt (1832-1920), Ebbinghaus was nevertheless convinced that an experimental scientific approach towards higher mental processes was possible. Therefore, from a historic perspective, he was not only among the first scientists to consider unconscious expressions of psychological experiences, but as well, and in particular, the one who has demonstrated that the experimental method was very suitable to study higher psychological functions. As he adhered to the hypothesis of continuity (already since 1873), which had already been advanced by Leibniz and Herbart, it was to be expected that he would study memory in a wide-ranging way and take into account conscious as well as unconscious aspects [24]. Therefore he adopted the methods of psychophysics which Fechner had been using in the domain of sensation and he adapted them in order to study new psychological entities [25].


                La thèse d’habilitation (1880)

                 Habilitation thesis (1880)

                S'appliquant surtout à ne pas réduire la mémoire au souvenir conscient, il décida ainsi de développer un indicateur basé sur l'économie en temps ou en nombre d'essais réalisée lors d'un second apprentissage : La méthode utilisée fut celle communément appelée l'économie au réapprentissage (pour une présentation : Nicolas, 1992). Cette méthode avait l'avantage de pouvoir aborder l'étude de cette fonction psychologique sans pour autant la réduire à son expression consciente. De plus, afin de favoriser l'étude objective de la mémoire, Ebbinghaus décida d'introduire un matériel nouveau[26] (des séries sans signification de syllabes) qui réduise autant que possible l'influence de la signification (c'est Müller et Schumann[27] en 1893-1894 qui utilisèrent pour la première fois non pas des séries mais des syllabes sans signification) et des méthodes quantitatives susceptibles d'appuyer ses conclusions. Sans aide et sans laboratoire, il développa ainsi pendant plus d'une année, au cours d'un effort solitaire monumental (étant lui-même le sujet de toutes les expériences), une longue série d'investigations expérimentales dans ce domaine[28]. Il lisait chaque série de syllabes à haute voix au rythme rapide d'environ 150 unités à la minute. Après une pause de quinze secondes, une deuxième lecture commençait. Les lectures successives se poursuivaient jusqu'à ce qu'il soit certain de sa capacité à prédire les syllabes suivantes. Les lectures s'arrêtaient dès qu'il parvenait à réciter à vitesse rapide la série complète correctement deux fois consécutivement dans l'ordre de présentation. La phase de test n'était pas différente de la phase d'étude puisque Ebbinghaus répétait l'activité d'apprentissage précédente (méthode de réapprentissage) jusqu'au critère de maîtrise parfait (il n'entreprenait aucun effort de souvenir sur les séries préalablement étudiées). L'économie réalisée en durée d'apprentissage ou en nombre d'essais constituait un indicateur du taux de rétention de l'information depuis sa première présentation. C'est l'utilisation de cette ingénieuse variable dépendante qui constitue la traduction expérimentale de ses réflexions théoriques sur le problème mnésique. Il étudia ainsi : 1) le nombre de répétitions nécessaires à l'apprentissage d'une série ; 2) l'économie en fonction du nombre de répétitions initiales ; 3) les effets de l'apprentissage répété sur l'économie au réapprentissage ; 4) mais ce sont surtout ses expériences sur l'oubli en fonction du temps qui sont au centre de son travail initial sur la mémoire[29].

                Because he did not want to reduce memory on conscious recall, he decided to develop an indicator which was based on the measurement of the time or the number of trials necessary for a second learning episode: This measure or indicator is usually termed savings for relearning (see Nicolas, 1992). This method has the advantage that it allows to assess mental indicators without the restriction to conscious manifestations. Furthermore, in order to study memory in an objective way, Ebbinghaus introduced a new type of learning material [26], namely lists of nonsense syllables, which eliminated almost completely the influence of connotations and associations on learning (Müller and Schumann [27] were the first to use not series but just syllables without meaning in 1893-1894) and, in addition, he used quantitative methods to draw his conclusions. Without help and without a laboratory he collected for more than one year in a solitary and monumental effort (being his own and only experimental subject in all his experiments) a long series of experimental explorations in this domain [28]. He used to read aloud every list of syllables in a rather rapid rhythm of 150 units (syllables) per minute. After reaching the end of a list, he would reread from the beginning and continue doing so till he felt capable to recall the whole list without error. If he did not succeed in recalling the list, he just continued rereading it. If he was successful in his attempt to recall the complete list in the correct order two times successively, he made a break of 15 seconds in which he noted the result (the time elapsed for learning the list) and prepared for learning a new list. In his experiments on relearning, the procedure did not differ from the previous study procedure, since Ebbinghaus repeated the same activity to learn the list until he was able to recall the list according to the same criterion, namely, recalling it two times successively in the correct order. It should be noted, that he did not try to recognize or find out, whether a list he was actually studying had already appeared during a previous study phase. The savings that he achieved in terms of learning time or number of learning trials denoted an indicator of the amount of information preserved from the earlier study phase. It was the use of this ingenious dependent variable that represented the experimental transformation of his theoretic considerations on the issue of rote learning. In this way he investigated: (1) the number of repetitions necessary to learn a list; (2) the savings as a function of the number of repetitions during prior learning; (3) the effects of repeated learning on the savings of relearning; (4) but it is in particular his experiments on forgetting as a function of time which were in the center of his initial work on memory. [29].

                Les résultats de ses expériences lui ont fourni le corps de sa thèse d'habilitation qui fut soutenue le 29 avril 1880 à la faculté de philosophie de l'Université Friedrich-Wilhelms à Berlin [cette thèse a été publiée par Traxel (1983)][30]. Même si les rapports du philosophe Eduard Zeller (1814-1908) et du célèbre physicien Hermann von Helmholtz (1821-1894) furent favorables, ils ont révélé l'attitude ambivalente envers le nouveau type de psychologie qui se développait à l'époque et qui se fondait sur l'expérience et les mathématiques[31]. Non seulement Ebbinghaus rompt avec les méthodes introspectives mais il ouvre aussi un nouveau champ de recherche en apportant la preuve de la possibilité d'atteindre les niveaux supérieurs de comportement humain comme la mémoire et l'apprentissage par le biais de la méthode expérimentale.

                 The results of his experiments provided him with the data base for his habilitation thesis, which he defended on April 29, 1880 in front of the faculty of philosophy at the Friedrich-Wilhelm University in Berlin [this version of the thesis has been published by Traxel in 1983] [30]. Even though the reports of the philosopher Eduard Zeller (1814-1908) and the famous physicist Hermann von Helmholtz (1821-1894) were very much in favor, they nevertheless revealed that there was an ambiguous attitude towards this new type of psychology which started to be established in that epoch and which was based on experimental methods and on mathematics [31]. Ebbinghaus did not only break with the method of introspection but he opened as well a new research field by demonstrating that it is possible to investigate higher levels of human behavior like memory and learning by the means of the experimental method.


Ebbinghaus, H. (1880/1983).  Urmanuskript  Über  das  Gedächtnis (W. Traxel, Ed.).  Passavia-Universitätsverlag : Passau.


                La qualité de sa thèse et sa bonne prestation au cours de l'audition lui permirent de donner des cours à partir du semestre d’hiver 1880-1881 en tant que conférencier non salarié (privatdozent) à l'université Friedrich-Wilhelms de Berlin à des étudiants qui devaient payer pour y participer. Cette université, qui fut organisée par Wilhelm von Humboldt (1767-1835) en 1809-1810, était, après Leipzig, où enseignait Wundt, la plus grande institution académique en Allemagne à la fin du XIXe siècle[32]. La Faculté à laquelle appartenait Ebbinghaus était la branche la plus hétérogène de l'université de Berlin. Elle regroupait la philosophie, les sciences naturelles, l'éducation et la pharmacie. La psychologie, spécialement la psychologie expérimentale, était seulement une sous discipline de la philosophie. Durant les quatorze années où il resta à Berlin, il prit en charge divers types d'enseignements, certains de psychologie expérimentale mais d'autres aussi qui étaient loin de ses préoccupations expérimentales (l'histoire de la philosophie et la philosophie de Schopenhauer) mais qui témoignaient de sa culture intellectuelle et de ses divers centres d'intérêt.

                Thanks to the quality of his thesis and the accomplished presentation of its defense in front of the faculty he was admitted to teach at the Friedrich-Wilhelm University in Berlin with the beginning of the winter term of 1880-1881. However, because he was a lecturer without salary (Privatdozent), students had to pay to attend his lectures. This university, which had been established by Wilhelm von Humboldt (1767-1835) in 1809-1810 (and was actually renamed into “Humboldt University” in 1946), was the second largest academic institution in Germany by the end of the 19th century, behind Leipzig (where Wundt had been teaching) [32]. The faculty, to which Ebbinghaus was affiliated, was the most heterogeneous unit of the university. It embraced the disciplines of philosophy, natural sciences, education and pharmacy. Psychology, in particular experimental psychology, was only considered as a sub-discipline of philosophy. During the fourteen years Ebbinghaus remained in Berlin, he was in charge to lecture on different subjects: some were on the topic of experimental psychology, but others were rather distant from his preoccupations (e.g. history of philosophy or the philosophy of Schopenhauer); however, they reveal the breath of his intellectual culture and his various interests.


                Publication d’un ouvrage sur la mémoire (1885)[33]

                 Publication of his book on memory (1885) [33]

                Ces activités d'enseignement ne l'éloignèrent pourtant jamais de ses préoccupations expérimentales. C'est entre 1883-1884 qu'il continua ses recherches en reproduisant et en étendant ses expériences sur la mémoire de 1879-1880. Après son mariage en 1884 avec Adele Görlitz (1857-1949) qui lui donna deux filles et deux fils, il publia en 1885 les résultats de ses travaux dans un ouvrage aujourd'hui célèbre, présenté ici en traduction française pour la première fois, et ayant pour titre : "Über das Gedächtnis : Untersuchungen zur Experimentellen Psychologie" (Sur la mémoire : une contribution à la psychologie expérimentale). C'est cet ouvrage[34], dont il envoya un exemplaire dédicacé à Fechner, qui fera connaître Hermann Ebbinghaus et qui devint immédiatement le détonateur des travaux sur la mémoire et l'apprentissage entrepris en Allemagne, en France et aux Etats-unis[35]. Il est intéressant de souligner que sa monographie sur la mémoire fut traduite en 1913 par deux pédagogues américains A. Ruger et Clara E. Bussenius du "Teachers College" de New York.

                Nevertheless, these activities in lecturing did never depart too far from his experimental preoccupations. During the years of 1883-1884 he resumed his studies by replicating and extending his experiments on memory of 1879-1880. After his marriage to Adele Görlitz (1857-1949) in 1884 (who gave birth to two daughters and two sons) he published in 1885 the results of his investigations in his celebrated book "Über das Gedächtnis: Untersuchungen zur Experimentellen Psychologie" (translated into English in the year 1913 as “Memory. A Contribution to Experimental Psychology”). It was this work [34] (of which he sent a dedicated copy to Fechner), through which Hermann Ebbinghaus became known immediately as the proponent of research on memory and learning in Germany and his fame spread soon to the United States and France [35]. It is noteworthy, that the translation of his monograph into English in 1913 was accomplished by two American education scientists, A. Ruger and Clara E. Bussenius from the "Teachers College" in New York.


Original edition (1885)
Collection Serge NICOLAS


                Dans son ouvrage de 1885, Ebbinghaus complète son travail de 1880 sur bien des points. D’abord, on trouve dès les premières pages de sa monographie une réflexion très approfondie sur le concept de mémoire. Ce chapitre justifie ici pleinement la méthode expérimentale qu’il va utiliser pour mesurer la mémoire (méthode d’économie au réapprentissage). Ensuite, dans toute une série de chapitres, il prend beaucoup de temps et d’espace pour justifier, d’une part, l’utilisation des statistiques (moyennes et indices de variation) en psychologie de la mémoire et, d’autre part, pour informer le lecteur de la méthode de construction de son matériel et des procédures utilisées. Enfin, il complète ses expériences originales de 1880 sur l’apprentissage (effet du nombre de répétitions, de l’espacement des répétitions, etc.) et entreprend d’aborder un sujet d'étude tout à fait original qui n'avait pas du tout été traité dans sa thèse de 1880 : l'étude des lois d'association, en employant la méthode des séries dérivées. En fait, Ebbinghaus tente délibérément ici de tester pour la première fois l'hypothèse de Herbart selon laquelle lorsqu'une série d'items est mémorisée, l'union entre la première représentation et la seconde représentation sera plus fusionnelle qu'entre la première représentation et la troisième.Il montre ainsi qu'il existe une association, non seulement d'un terme au suivant, mais même au-delà de plusieurs termes intermédiaires. La force des connexions augmente aussi en fonction du nombre de répétitions. Si Ebbinghaus n'a jamais tenté de suivre rigoureusement la psychologie de Herbart, ses travaux expérimentaux s'inspirent directement de cette philosophie[36].

                   In his book of 1885, Ebbinghaus completed his work of 1880 on many aspects. First of all the introduction of his monograph covers a very profound reflection about the concept of memory. This chapter endorses in a downright way the experimental method he has been using to measure memory performance (savings and relearning). Then, in a series of chapters he uses time and space to justify the usage of statistical indicators (means and indices of dispersion) for the investigation of memory, to explain the way to construct his learning materials as well as the complete procedure of his experiments. Finally, he completes his series of the original experiments of 1880 on learning (effect of the number of repetitions, spacing effects, etc.) and he introduces a new and original study topic (which he did not cover in his thesis of 1880): The study of the laws of association, using the method of derived series. As a matter of fact Ebbinghaus tried to test for the first time the hypothesis advanced by Herbart, namely that in the course of memorizing a series of items, the unification between the first and the second representation is stronger than the unification between the first and the third representation. Thus, he was able to show, that associations are built not only between directly neighboring items in a list but beyond intermediate items of a list. The strength of connections increases furthermore as a function of the number of repetitions. Even though Ebbinghaus did never adhere strictly to the psychology of Herbart, his experimental endeavors display a direct inspiration by this philosophy [36]


French translation (2010) of Ebbinghaus' book (1885) on memory


                L’ouvrage d’Ebbinghaus fut très bien accueilli par les critiques[37]. Ebbinghaus a très certainement exercé une puissante influence sur les recherches psychologiques dans le domaine de la mémoire dans les années qui ont suivi la publication de sa monographie[38] et bien au-delà[39] même si ses continuateurs ont délibérément préféré aborder l'étude de la mémoire avec des méthodes classiques (rappel et reconnaissance) qui ne mesurent que l'aspect conscient de l'expression mnésique[40]. Parmi tous les sujets qu'il a traités, les résultats obtenus sur l'apprentissage et l'oubli contribuèrent de manière décisive à encourager de nouvelles recherches dans le domaine de la mémoire. Cependant, si ses travaux ont été le point de départ de nombreuses investigations expérimentales, sa contribution scientifique à l'étude de ce concept fut inexistante par la suite, si l'on excepte celle de 1902 publiée dans son Traité de Psychologie sur les gains au réapprentissage de strophes, et concernèrent principalement d'autres aspects de la vie mentale.

                This book by Ebbinghaus was very well recognized by the reviewers [37]. Ebbinghaus has certainly had a very strong impact on the psychological investigation of memory not only in the years following the publication of his monograph [38] but as well beyond [39] despite the fact that later researchers have preferred to approach the study of memory with classical methods (recall and recognition) which however covered only conscious aspects of memory functions [40]. Among all the issues that he has investigated, his results on learning and forgetting have contributed in a conclusive way to encourage new studies in the domain of memory. Yet, despite the stimulating power of his book to trigger numerous experimental studies later on, he himself did not make further scientific contributions to the concept of memory, with the exception of one published 1902 in his “Grundzüge der Psychologie” (could be translated as “Elementary Outline of Psychology”) on the savings of relearning of verses, and other principal aspects of mental functions.


An American Edition (Dover Publications, Inc., 1964)


L'étude expérimentale des sensations, des perceptions et de l’intelligence (1886-1887) et la création du journal de psychologie et de physiologie des organes des sens (1890)

 Experimental studies on sensation, perception and intelligence (1886-1887) and the foundation of the Journal of Psychology and the Physiology of the Sensory System (Zeitschrift für Psychologie und Physiologie der Sinnesorgane, 1890)


                C'est durant l'année 1886 qu'il fut promu Professeur extraordinaire à l'Université de Berlin avec enfin un salaire régulier et avec l'obligation de donner des cours en psychologie ainsi que des exercices de laboratoire en psychologie expérimentale. Il fonda ainsi à Berlin en 1886, un laboratoire de psychologie expérimentale (celui de Leipzig fut crée par Wundt en 1879[41]). Toujours aussi influencé par les travaux de Fechner, Ebbinghaus s'intéressa aux questions psychophysiques. A partir de cette période il entreprit des recherches sur les lois des contrastes de brillance (1887), la loi de Weber (1889), les images consécutives en vision binoculaire (1890), les sentiments de sensation négative (1890) et la perception des couleurs (1893). Ces deux derniers travaux furent d'ailleurs publiés dans la nouvelle revue qu'il venait de fonder en 1890 en collaboration avec Arthur König (1856-1901) : le "Zeitschrift für Psychologie und Physiologie der Sinnesorgane" (Journal de Psychologie et de Physiologie des Organes des Sens" qu'il édita pendant presque 20 ans et que l'on connaît aujourd'hui sous le nom de "Zeitschrift für Psychologie").

                 In the Year 1886 Ebbinghaus was promoted to the position of an Extraordinary Professor at the Friedrich Wilhelm University in Berlin, and was at last earning a regular salary and given the responsibility to lecture on psychology as well as instructing laboratory exercises in experimental psychology. In the same year he established in Berlin a laboratory of experimental psychology (in Leipzig such a laboratory has been founded by Wundt in 1879 [41]). Strongly influenced by the work of Fechner, Ebbinghaus was still interested in psychophysical issues. Starting in those times he undertook investigations on the law of (visual) contrasts (1887), on Weber’s law (1889), on consecutive images in binocular vision (1890), on negative values of sensations (Über negative Empfindungswerte, 1890) and on the perception of colors (1893). The latter two articles were actually published in the new journal that he founded in 1890 in collaboration with Arthur König (1856-1901): "Zeitschrift für Psychologie und Physiologie der Sinnesorgane" (“Journal of Psychology and Physiology of the Sensory System"), which he edited for almost 20 years; today this journal appears under the name "Zeitschrift für Psychologie".


                Cette revue se voulait un organe indépendant qui acceptait des travaux en histoire de la psychologie, en psychologie expérimentale et en méthodologie. Il sut s'entourer de chercheurs de renom comme le toujours influent Helmholtz mais aussi Exner (1846-1926), Hering (1834-1918), Preyer (1842-1897), Müller (1850-1934) et Stumpf (1848-1936) qui avaient en commun le fait d'être des éminents spécialistes sur les questions de psychophysique. Ebbinghaus écrivit dans le premier volume que Fechner pouvait être considéré comme le co-fondateur de cette revue. En fait, le "Journal" rassemblait une coalition de personnalités venant de divers horizons qui voulaient sortir de ou ne pas adhérer à la psychologie de Wilhelm Wundt qui neuf ans auparavant (1881) avait créé sa propre revue, les "Philosophische Studien" (Etudes Philosophiques), dans laquelle il publiait les travaux de ses élèves (en philosophie et en psychologie) ainsi que les résultats expérimentaux obtenus dans son laboratoire de Leipzig.

        The purpose of this journal was to be an independent forum for articles in history of psychology, experimental psychology and methodology. Ebbinghaus was able to gather distinguished researchers like the always prominent Helmholtz, but furthermore Exner (1846-1926), Hering (1834-1918), Preyer (1842-1897), Müller (1850-1934) and Stumpf (1848-1936) all of which had in common to be eminent experts on diverse questions of psychophysics. In the editorial of the first volume Ebbinghaus wrote that Fechner could be considered a co-founder of that revue. As a matter of fact, the journal congregated a coalition of personalities with very different point of views, but which did want to depart from or not join the circle of Wilhelm Wundt, who had established his own journal nine years earlier (1881), the "Philosophische Studien" (Philosophical Studies), in which he published the work of his students (in philosophy and in psychology) as well as experimental results obtained in his own laboratory in Leipzig.

                C'est certainement l'originalité et la diversité de ses travaux qui inclina Jacob G. Schurman (1854-1942) à proposer à Ebbinghaus de s'établir outre-atlantique dans l'Etat de New York en 1890. Ce philosophe nord-américain, qui semblait connaître personnellement Ebbinghaus pour avoir passé quelques mois à Berlin au début des années 1880, lui demanda en effet de fonder à l'Université Cornell un Institut de psychologie expérimentale. Si la position et le salaire étaient attrayants, des considérations d'ordre personnel influencèrent sa décision de rester à Berlin[42]. D'autres chercheurs allemands à la même époque ont pourtant tenté l'aventure américaine tels Hugo Münsterberg (1863-1916) et Max Meyer (1873-1962).

                It was certainly the originality and the diversity of Ebbinghaus’ work which prompted Jacob G. Schurman (1854-1942) to advise him in 1890 to transfer to the New World, specifically to the state of New York. This North-American philosopher seemed to know Ebbinghaus personally because he had been staying in Berlin for a few months at the beginning of the eighteen-eighties. As a matter of fact Schurman asked Ebbinghaus to join Cornell University and to found an institute of experimental psychology there. Even so the position and the salary were appealing, personal matters were accountable for his decision to remain in Berlin [42]. On the other hand, a number of German researchers of the same epoch did try out the American adventure, like Hugo Münsterberg (1863-1916) and Max Meyer (1873-1962).

                A partir de cette date (1890), malgré son activité scientifique soutenue et le succès de son enseignement, ses relations avec quelques-uns de ses collègues dont le philosophe Wilhelm Dilthey (1833-1911) et les instances universitaires de la Faculté de Berlin commencèrent à notablement se détériorer. Cette dégradation était surtout liée au fait qu'Ebbinghaus voulait fonder une nouvelle psychologie à laquelle certains de ses contemporains n'étaient pas encore préparés et qui consistait à employer les méthodes expérimentales et les instruments mathématiques déjà utilisés dans les sciences naturelles. N'ayant pas obtenu en été 1893 le poste vacant de professeur ordinaire en philosophie qu'il escomptait (lequel fut par ailleurs attribué à Carl Stumpf qui venait de Munich), il décida de quitter Berlin en acceptant un poste équivalent à Breslau, une université plus petite dans la province prussienne de Silésie, dans la Pologne d'aujourd'hui. Les années passées à Breslau (1894-1905) ont cependant été bénéfiques puisqu'elles lui ont permis d'aborder l'étude d'autres aspects de la vie mentale avec, entre autres, l'étude de l'intelligence : un sujet à la mode à cette époque[43].

                    Despite of his ongoing scientific activities and his success as a teacher, from this date (1890) onwards, his relations with some of his colleagues, among them the philosopher Wilhelm Dilthey (1833-1911), but likewise with the academic administration of the Faculty in Berlin started to worsen in a remarkable way. This decline was certainly linked to the fact that Ebbinghaus sought to establish a new approach to psychology for which some of his contemporaries were not yet ready and which consisted in the application of experimental methods and mathematical instruments already used in the natural sciences. When he did not obtain the vacant position as an Ordinary Professor of philosophy in the summer of 1893 as he had envisioned (this position was in fact granted to Carl Stumpf, who had been in Munich before), he decided to leave Berlin by accepting an equivalent position in Breslau, a smaller University in the Prussian county of Silesia, which belongs today to Poland. The years he spent in Breslau (1894-1905) have been very fruitful as they allowed him to start investigating other aspects of mental functions, among them, the study of intelligence, which was at that time a very trendy subject [43].

 

Ebbinghaus' famous paper on intelligence (1897)


                C'est en 1895, à la demande des échevins de Breslau qui se préoccupaient de mieux distribuer les heures de travail des enfants, qu'Ebbinghaus fut sollicité par les membres de la commission chargée d'étudier la fatigue chez les écoliers dont les cours étaient regroupés le matin de 8h à 13h. Une tentative avait déjà été faite de mesurer la fatigue mentale, en utilisant la méthode psychophysique de discrimination de points, mais Ebbinghaus sentait bien que ce test n'était pas une mesure appropriée. C'est dans ce contexte qu'il inventa la méthode de complètement de phrases (qu'il avait lui-même appelée "méthode des combinaisons") présentée pour la première fois au Congrès International de Psychologie de Berlin en 1896. Selon Woodworth[44], la méthode de complètement, destinée à apprécier les capacités intellectuelles des écoliers, était probablement le meilleur test d'intelligence disponible à cette époque. Cette épreuve fut d'ailleurs adoptée quelques années plus tard par Binet et Simon (1905)[45] dans leur échelle métrique originale. Si cette très intéressante étude fut à l'origine publiée dans sa propre revue en 1897, la même année une version française abrégée[46] fut éditée par la Revue Scientifique. Ce dernier fait souligne, si besoin en est, la place importante que tenait encore la France dans cette discipline comme en témoignait l'une des premières revues de psychologie expérimentale publiées dans le monde, L'Année Psychologique[47] (1895) et dirigée à l'époque par Alfred Binet (1857-1911). Outre ses études sur l'intelligence, on sait qu'Ebbinghaus travailla aussi à l'Université de Breslau dans le champ de la psychophysique et des illusions d'optique ainsi qu'en témoignent ses communications dans les congrès de psychologie[48]. Pourtant sa véritable activité scientifique lors des années passées dans cette ville fut la rédaction d'ouvrages généraux de psychologie qui eurent à l'époque un succès pour le moins retentissant.

             In 1895 on the request of the magistrates of Breslau, who were concerned about how to improve the distribution of lesson hours in schools, Ebbinghaus was approached by members of the committee in charge; they pursued to study the fatigue of school children after lesson hours had been re-distributed  from 8 am to 1 pm. A first attempt to measure mental fatigue had already been attained, using the psychophysical method of discriminating points. However, Ebbinghaus suspected that this test provided by no means an appropriate measure. In the context of this mandate he invented the method of sentence completion (he himself labeled it "method of combination") which he presented the first time at the International Conference on Psychology at Berlin in 1896. According to Woodworth [44], the method of completion, which was designed to measure the intellectual capacities of schoolchildren, was probably the best available test of intelligence at that time. Actually, a few years later Binet and Simon (1905) [45] adopted this task in their original metric scale. This very interesting study had been first published in 1897 in his own journal, and in the same year a shortened French version was published in the Revue Scientifique [46]. As this fact underscores, in that epoch, France was a very central and significant location to publish psychological studies, as is furthermore evidenced by the fact that one of the first journals on experimental psychology, L'Année Psychologique [47] appeared there starting in the year 1895 under the direction of Alfred Binet (1857-1911). In addition to his studies on intelligence, while Ebbinghaus was at the University of Breslau, he furthermore working in the field of psychophysics and optical illusions, as is known from his presentations at psychological conferences [48]. However, his bulk of work in the years he spent in this town, were dedicated to the writing of textbooks about general topics of psychology, which were in those times very successful and reputed.


La rédaction d’ouvrages généraux de psychologie (1897-1909)

 Authoring General Textbooks on Psychology (1897-1909)

                

        Peu de psychologues savent actuellement qu'Hermann Ebbinghaus a contribué à la diffusion du savoir psychologique en écrivant des ouvrages généraux de psychologie.

               Probably only few psychologists know, that Hermann Ebbinghaus did also contribute to the dissemination of psychological knowledge through the writing of general textbooks on psychology. 


                C'est en 1897 qu'Ebbinghaus commença à publier la première partie du volume I de ses "Grundzüge der Psychologie" (Traité de Psychologie). Dans le premier chapitre (87 p.), l'auteur détermine le point de vue auquel il se place, il discute le but de la psychologie, ses méthodes et ses moyens. Le second chapitre (72 p.) est relatif aux fonctions des centres nerveux. Le troisième chapitre (161 p.) traite des sensations visuelles et auditives. Victor Henri[49] (1872-1940), collaborateur de Binet, soulignait déjà dans une critique de l'ouvrage parue dans L'Année Psychologique (1897, p. 691) que la psychologie développée par Ebbinghaus promettait de devenir d'un volume et d'une qualité égale à la grande psychologie de Wundt. Il fallut attendre 1902 pour que ce volume soit complété[50]. En 1908, Ebbinghaus publia une partie du volume II de son Traité mais sa mort prématurée n'a pas permis qu'il le complète. Leur réimpression a été poursuivie par Ernst Dürr (1878-1913) (troisième éd. du vol. I et seconde éd. du vol. II)  et à la mort de ce dernier par Karl Bühler (1879-1963) (quatrième éd. du vol. I) qui ont étendu et complété ses écrits. Il faut savoir que ce traité était considéré à l'époque comme un excellent ouvrage à recommander aux étudiants de langue allemande en psychologie et en philosophie[51]. Titchener[52] jugeait même que ce traité deviendrait à terme beaucoup plus important que les textes de psychologie générale écrits par Wundt ou Brentano. Ebbinghaus devait largement le succès de ce travail à son style clair et attrayant ainsi qu'à sa rigueur d'exposition, qualités qu'on lui reconnaissait aussi dans son enseignement. Quand il eut achevé la première révision de son ouvrage en 1905, il accepta la proposition de l'Université de Halle où il enseigna aussi comme professeur ordinaire.

               In 1897 Ebbinghaus started to publish the first part of volume I of his "Grundzüge der Psychologie" (“Elementary Outline of Psychology”). In the first chapter (87 p.), the author exposes his point of view by discussing the purpose of psychology, its methods and its means. The second chapter (72 p.) relates to the functions of the nervous system. The third chapter (161 p.) embraces the sensory system with a primary focus on vision and audition. In a review of this volume appearing in L'Année Psychologique (1897, p. 691), Victor Henri [49] (1872-1940), a collaborator of Binet, emphasized, that the outline of psychology advanced by Ebbinghaus promised to become an equally voluminous and respectable work as the one by Wundt. It lasted however till 1902 that the second part of this volume was completed [50]. In 1908, Ebbinghaus published the first part of volume II of his textbook on Psychology but his premature death did unfortunately inhibit him from completing it. The re-editions of these textbooks had been taken over by Ernst Dürr (1878-1913) (third edition of vol.I and second edition of vol. II) and later by Karl Bühler (1879-1963) (fourth edition of vol. I), who have extended and completed these volumes. In those times, the textbooks were considered as excellent publications which were highly recommended to the German speaking students of psychology and philosophy [51]. Titchener [52] speculated that the textbooks by Ebbinghaus might become even more influential than the texts on general psychology written by Wundt or Brentano. The success of the textbooks was largely due to the clear and attractive writing style of Ebbinghaus and his strictness of exposition, qualities which were attributed to his teaching as well. After having finished the first revision of his work in 1905, he accepted the appointment by the University of Halle, where he was offered an ordinary professorship. 

                Suite à la rédaction d'un article en 1907 dans la "Kultur der Gegenwart", une revue pluridisciplinaire sur le savoir contemporain dans divers domaines de la connaissance, Ebbinghaus en fit paraître une version plus étoffée sous le titre : "Abriss der Psychologie" (Précis de psychologie)[53]. Après une courte introduction historique et un exposé de la structure du système nerveux, on trouve dans l'ouvrage les questions générales que la psychologie à l'époque ne pouvait se dispenser de poser : rapport de l'âme et du corps, nature de l'âme, et ainsi de suite. Les formations élémentaires (sensations, représentations, sentiments, instinct et volonté) sont ensuite examinées, puis les lois fondamentales de l'activité de l'esprit (attention, mémoire, habitude, fatigue). Les formes complexes (perception, abstraction, langage, pensée, croyance, sentiments) sont enfin abordées et l'ouvrage se termine par le développement des manifestations supérieures de l'esprit dans les faits sociaux, l'art et la religion. Ce manuel de psychologie eut un succès considérable comme en témoignent ses nombreuses rééditions successives corrigées et complétées par Dürr et plus tard par Bühler (1909, 1910, 1911, 1912, 1914, 1919, 1920, 1922, 1932) ainsi que ses traductions américaine (1908) et française (1910) plusieurs fois rééditées. La traduction américaine fut l'œuvre de Max Meyer (1873-1967), professeur de psychologie à l'Université du Missouri, qui souligna dans la préface que la valeur de cet ouvrage résidait surtout dans son côté synthétique et objectif. La traduction française à partir de la seconde édition allemande de 1909 fut l'œuvre de G. Raphael, professeur agrégé d'allemand, et celle de la troisième édition allemande de G. Revault D'Allonnes, directeur adjoint du laboratoire de psychologie pathologique à la clinique des maladies mentales de la Faculté de médecine de Paris et secrétaire de rédaction au Journal de Psychologie Normale et Pathologique fondé en 1904 par Pierre Janet (1859-1947) et Georges Dumas (1866-1946). Le psychologue suisse Jean Larguier des Bancels[54] (1876-1961) résume parfaitement l'impression que l'on peut avoir après la lecture de l'ouvrage lorsqu'il écrit dans L'Année Psychologique en 1910 (p. 494) : "L'abrégé de psychologie présente, au plus haut degré, les qualités d'ordre et de clarté qui appartiennent à l'auteur. Il représente certainement un des meilleurs manuels que nous possédions". Ce manuel d'introduction est en effet aujourd'hui considéré comme un classique à succès de l'époque et contient une locution restée célèbre : "La psychologie a un long passé mais une courte histoire".

                In 1907, Ebbinghaus published an article in "Kultur der Gegenwart", a multi-disciplinary journal covering actual topics from different domains of science. Following that he extended it into a much more substantial version with the title "Abriss der Psychologie" (English translation: Psychology - an elementary text-book, 1908) [53]. After a short historical introduction and an exposition of the structure of the nervous system, that work embodies the discussion of general questions which the scientific psychology of that epoch had to embrace: the relation of soul and body, the nature of the soul and so on. Subsequently, basic functions (sensation, imagination, feeling, instinct and willing) and the fundamental laws of mental activities (attention, memory, practice, fatigue) are explicated. The book continues on more complex forms of mental functions (perception, abstraction, language, reasoning, belief, affection) and it ends by illuminating more sophisticated manifestations of the mind in the context of social events, art and religion. This handbook of psychology became a remarkable success as is evident from the numerous re-editions, which were continuously corrected and completed, first by Dürr and later on by Bühler (1909, 1910, 1911, 1912, 1914, 1919, 1920, 1922, 1932) and from the immediate translations into English (1908) and French (1910) with several re-editions. The translation into English was realized by Max Meyer (1873-1967), professor of psychology at the University of Missouri. In the preface he underlined that the value of the book was mainely based in its synthetic and objective standpoint. The French translation of the second German edition of 1909 was accomplished by G. Raphael, Associate Professor of German, and the translation of the third German edition by G. Revault D'Allonnes, who was deputy director of the laboratory for pathological psychology at the clinic for mental illness of the Faculty of medical science in Paris and Co-editor of the Journal de Psychologie Normale et Pathologique established in 1904 by Pierre Janet (1859-1947) and Georges Dumas (1866-1946). The Swiss psychologist Jean Larguier des Bancels [54] (1876-1961) summarized thoroughly the impression of the reading this work in L’Année Psychologique (1910, p. 494): "This outline of psychology displays at the utmost level of quality, the structure and the clarity of ideas by this author. It surely is one of the best handbooks that we hold right now". Today, this handbook can still be considered as a successful standard book of its epoch, in other words, a classic; besides, it contains an expression that is still wide-spread and well-known today: "Psychology has a long past but a short history".


                C'est à Halle, aussi, qu'Ebbinghaus eut l'idée de commencer une "série de monographies", à laquelle Max Dessoir (1867-1947), Oswald Külpe (1862-1915) et Ernst Meumann (1862-1915) acceptèrent de participer. Il n'eut cependant pas le temps de réaliser cette nouvelle œuvre puisqu'il décéda subitement le 26 février 1909 à la suite d'une pneumonie âgé seulement de 59 ans.

                It was also in Halle that Ebbinghaus had the idea to edit a “series of monographs” and for this project Max Dessoir (1867-1947), Oswald Külpe (1862-1915) and Ernst Meumann (1862-1915) accepted to team up. Yet, he did not have the time anymore to realize this new project because of his sudden passing away on February 26, 1909, due to pneumonia. He was aged 59 years only.

 

Conclusion

 

                Son originalité, son indépendance de pensée, sa bonne humeur, sa tolérance et son dynamisme, alliés à son style clair d'exposition, faisaient d’Ebbinghaus un orateur très apprécié et un leader dans les congrès nationaux et internationaux auxquels il participait activement (cf. par exemple les Actes du Congrès International de Psychologie qui s'est tenu à Paris en 1900) et ce malgré le nombre relativement restreint de ses publications dans le domaine psychologique. En 1909, Stanley Hall (1844-1924) et Edmund C. Stanford (1859-1924) le convièrent même au 20e anniversaire de l'Université Clark mais sa disparition prématurée l'a malheureusement empêché de prendre part à cette conférence. Le grand psychologue français Théodule Ribot[55] (1839-1916) dira de lui dans la Revue Philosophique (1909, p. 446) : "L'Allemagne vient de perdre l'un de ses plus éminents psychologues".

           His originality, his independence of thought, his humor, his tolerance and his dynamic personality, together with his clear style of exposition, made Ebbinghaus an appreciated speaker and a leader on national and international conferences where he was an active participant (for instance on the International Congress of Psychology which was hold in Paris in 1900) and all this even though the number of his publications in the domain of psychology was rather scarce. In 1909, Stanley Hall (1844-1924) and Edmund C. Stanford (1859-1924) invited him to participate on the 20 th anniversary of Clark University, however, his premature death unfortunately prevented his participation on that event. The great French psychologist Théodule Ribot [55] (1839-1916) wrote about him in the “Revue Philosophique” (1909, p. 446): "L'Allemagne vient de perdre l'un de ses plus éminents psychologues" (Germany has lost one of its most eminent psychologists).

                Si la lecture de son œuvre nous convainc qu'il ne peut en aucun cas être rattaché à une école de pensée, on peut cependant affirmer que tout au long de sa vie académique Ebbinghaus sera influencé par les idées de Fechner[56]. L'importance qu'Ebbinghaus accordait à Fechner fut clairement exprimée à maintes reprises dans ses écrits et on en trouve une belle formulation en forme de dédicace dans son Traité de Psychologie : "Je vous dois tout". Cette influence est cependant surtout prégnante dans sa monographie sur la mémoire par l'application de la méthode expérimentale à l’étude des processus supérieurs de l’esprit. Il était ainsi un original et un pionnier dans l'étude des processus mentaux supérieurs comme l'ont aussi montré ses études sur l'intelligence. Malgré le succès de ses manuels de psychologie générale, c'est sans nul doute la monographie d'Ebbinghaus sur la mémoire qui reste aujourd'hui son œuvre maîtresse.

               Even if the reading of his oeuvre leads at any rate to the conclusion that Ebbinghaus cannot be associated with any school of thought, it is nevertheless evident that through his whole academic life he has been strongly shaped by the ideas of Fechner [56]. The importance that Ebbinghaus himself attributed to Fechner’s influence has been clearly expressed frequently in his writings. Yet, most delightfully and poetically it is phrased in the dedication of his textbook “Grundzüge der Psychologie”:

Dem Andenken GUSTAV THEODOR FECHNER’S gewidmet (in memory of GUSTAV THEODOR FECHNER):

Betrachtet ich den Fleiß, den ich verwendet,

Sah ich die Züge meiner Feder an,

So konnt‘ ich sagen, dieses Buch ist mein.

Doch überdenk‘ ich’s recht, da es vollendet,

Woher mir alles kam, wohin es zielt,

 

Erkenn ich wohl, ich hab‘ es nur von Euch.

Considering the diligence, I have invested,

Or seeing the strokes of my handwriting,

I would say, this book is my creation.

Yet, reconsidering properly, after its completion,

From where everything did come, where to it is

     pointing,

I acknowledge frankly, I owe it to You.

                

            The influence of Fechner is particularly apparent in his monograph on memory by applying the experimental method to the study of the mind. Thus, he was a unique and original pioneer for the study of higher mental processes, as his studies on intelligence have additionally demonstrated.

            Despite the success of his textbooks on general psychology, his monograph on memory is nowadays with no doubt the masterpiece, he is remembered for: Every scholar of psychology knows him for his learning of countless lists of nonsense syllables! These efforts of his were not in vain but they conveyed an extremely meaningful contribution, not only to the understanding of human memory but to the launching of an experimental approach to psychological questions and thus, to open the way for psychology to become a science of its own.



[1] Ce texte est une reprise partielle, aménagée et complétée d’un article déjà publié sur le sujet : Nicolas, S. (1994). Hermann Ebbinghaus (1850-1909) : La vie et l’œuvre d’un grand psychologue expérimentaliste. Swiss Journal of Psychology, 53, 5-12. Nous remercions la Revue suisse de psychologie pour nous avoir donné l’autorisation de reproduire cet article. This text is an adapted and completed version on an earlier publication on the same subject: Nicolas, S. (1994). Hermann Ebbinghaus (1850-1909): La vie et l’œuvre d’un grand psychologue expérimentaliste. Swiss Journal of Psychology, 53, 5-12. We would like to thank the Swiss Journal of Psychology for its permission to use this article.

[2] See Traxel, W., & Gundlach, H. (1986) (Eds.). Ebbinghaus - Studien 1. Passavia-Universitätsverlag : Passau.

[3] Dallenbach, K. M. (1954). Ebbinghaus' bibliography. American Psychologist, 9, 265-266.

[4] Gorfein, D.S. &  Hoffman, R.R. (1987). Memory and Learning : The  Ebbinghaus Centenial Conference. Hillsdale, New Jersey : Lawrence Erlbaum Associates. ― Klix, F., & Hagendorf, H. (1986) (Eds.). Human Memory Cognitive Capabilities : Mechanisms and Performances (part A). Amsterdam : North-Holland. ― Roediger, H. L. (1985a).  Special  section :  Ebbinghaus  symposium.  Journal of Experimental Psychology : Learning, Memory and Cognition, 11, 413-500.

[5] Caparros, A., & Anguera, B. (1986). Ebbinghaus y la tradicion  functionalista. Revista de Historia de la Psicologia, 7, 11-27

[6] Nicolas, S. (2002). La fondation de la psychophysique de Fechner : Des présupposés métaphysiques aux écrits scientifiques de Weber. L'Année Psychologique, 102, 255-298.

[7] Sprung, L. & Sprung, H. (1986). Hermann Ebbinghaus : Life, work and  impact in the history of psychology. In F. Klix & H. Hagendorf (Eds.), Human Memory Cognitive Capabilities : Mechanisms and  Performances  (part A). Amsterdam : North-Holland. ― Traxel, W. (1987) (Ed.). Ebbinghaus-Studien 2. Passavia-Universitäts-verlag : Passau.

[8] Pour une étude de la réception en France et en Allemagne de cet ouvrage : Nicolas, S., & Fedi, L. (2008). Un débat sur l’inconscient avant Freud. La réception de Eduard von Hartmann chez les psychologues et philosophes français. Paris : L’Harmattan. For a survey of the reception of this work in France and Germany, see: Nicolas, S., & Fedi, L. (2008). Un débat sur l’inconscient avant Freud. La réception de Eduard von Hartmann chez les psychologues et philosophes français. Paris : L’Harmattan.

[9] For a French edition : Hartmann, E. von (2008). Philosophie de l’inconscient  (2 vol.). Paris : L’Harmattan. For the first English translation:  Hartmann, E. von (1884). Philosophy of the unconscious. New York: Macmillan.

[10] Segura,  M. C. G.,  & Caparros, A. (1987). La   recepcion de Fechner en Ebbinghaus. Revista de Historia de la Psicologia, 8, 255-271.

[11] Boring,  E. G. (1957). A History of Experimental Psychology. New York : Appleton-Century-Croft. Page 387.

[12] Shakow, D. (1930). Hermann Ebbinghaus. American Journal of Psychology, 62, 505-518. Page 510.

[13] Hoffman, R. R., Bamberg, M., Bringman, W., & Klein, R. (1987). Some historical observations on Ebbinghaus. In D. S Gorfein & R. R. Hoffman (Eds.), Memory and Learning : The Ebbinghaus Centenial Conference.   Hillsdale, New Jersey : Lawrence Erlbaum Associates. ― Traxel, W., & Gundlach, H. (1986) (Eds.). Ebbinghaus - Studien 1.  Passavia-Universitätsverlag : Passau.

[14] Jaensch, E.R. (1909). Hermann  Ebbinghaus. Zeitschrift  für Psychologie, 51, I-VII.

[15] Traxel, W. (1985). Hermann Ebbinghaus : In memoriam. History of Psychology Newsletter, 17, 37-41.

[16] Traxel, W. (1987) (Ed.). Ebbinghaus-Studien 2. Passavia-Universitäts-verlag : Passau. — Traxel, W., & Gundlach, H. (1986) (Eds.). Ebbinghaus - Studien 1.  Passavia-Universitätsverlag : Passau.

[17] Boring,  E. G. (1957). A History of Experimental Psychology. New York : Appleton-Century-Croft. ― Roediger, H. L. (1985b). Remembering Ebbinghaus. Contemporary Psychology, 30, 519-523.

[18] Hoffman, R. R., Bamberg, M., Bringman, W., & Klein, R. (1987). Some historical observations on Ebbinghaus. In D. S Gorfein & R. R. Hoffman (Eds.), Memory and Learning : The Ebbinghaus Centenial Conference.   Hillsdale, New Jersey : Lawrence Erlbaum Associates.

[19] Shakow, D. (1930). Hermann Ebbinghaus. American Journal of Psychology, 62, 505-518.

[20] Bringmann, W. G., & Bringmann, N. J. (1986b). Hermann Ebbinghaus 1875-1879 : The missing years. In W. Traxel & H. Gundlach (Eds.), Ebbinghaus-Studien 1 (pp. 59-100). Passau : Passavia Universitätsverlag.

[21] Nicolas, S. (2000). La mémoire humaine. Paris : L’Harmattan.

[22] Nicolas, S. (1992). Hermann Ebbinghaus et l'étude expérimentale de la mémoire humaine. L’Année Psychologique, 92, 527-544.

[23] Boring,  E. G. (1957). A History of Experimental Psychology. New York : Appleton-Century-Croft. ― Roediger, H. L. (1985b). Remembering Ebbinghaus. Contemporary Psychology, 30, 519-523.

[24] Cette conception de la mémoire était à l'époque défendue par Ewald Hering (1870) dont Ebbinghaus avait lu avec attention les écrits. Hering, E. (1870). Über das Gedächtnis als eine allgemeine Funktion der organisierten Materie. Almanach. Oesterreichische Akademie der Wissenschaften, 20, 253-278. This conception of memory had been advanced by Ewald Hering (1870) who’s writings Ebbinghaus had been reading with high interest. Hering, E. (1870). Über das Gedächtnis als eine allgemeine Funktion der organisierten Materie. Almanach. Oesterreichische Akademie der Wissenschaften, 20, 253-278.

[26] Heller, D. (1986). On natural memory. In F. Klix & H. Hagendorf (1986) (Eds.). Human Memory Cognitive Capabilities : Mechanisms  and Performances (part A) (pp. 161-169). Amsterdam : North-Holland.

[27] Müller, G. E., & Schumann, F. (1894). Experimentelle Beiträge zur  Untersuchung des Gedächtnisses. Zeitschrift für Psychologie  und  Physiologie  der Sinneorgane, 5, 81-190 ; 257-339.

[28] L'objectif de son premier travail fut d'étudier la mémoire autrement qu'en utilisant la méthode introspective basée sur l'examen de conscience ; Fechner et bien d'autres après lui avaient utilisé l'expérimentation dans le domaine des sensations élémentaires. Il écrit à propos de Herbart dans son travail de 1880 : "On se souvient des efforts de Herbart pour établir des lois mathématiques sur les événements psychiques. Il ne parvint ni à vérifier les hypothèses de ses expériences directement par des observations, ni à prouver par des mesures réelles la concordance des résultats obtenus avec les faits. Ainsi sa tentative est restée une pure spéculation théorique. Mais cela n'aurait même pas été pensable s'il ne s'était pas basé sur les caractéristiques des événements psychiques, pouvant être considérés comme appartenant à la catégorie des événements mesurables. (...) Tout l'intérêt de cette recherche se concentre sur la "force" des représentations par rapport à la conscience, l'énergie particulière ou la vivacité avec laquelle elles sont représentées." (1880, p. 4) (...) Je ne sais pas si, et de quelle manière, il sera un jour possible d'introduire dans le cercle des examens pratiques cette force des représentations de Herbart. La vivacité des images de souvenir me semble en revanche être moins inaccessible, et la persévérance dans une voie pourtant de longue haleine, amènera peut-être un jour à des conclusions exactes à son sujet". (1880, p. 9).

The purpose of his first work was to study memory in a different way than by the use of the introspective method which was restricted on the examination of conscious processes; Fechner and others after him have applied the experimental method in the domain of the elementary senses. In his work of 1880 he wrote with reference to Herbart: "One might remember the efforts by Herbart to establish the mathematical laws on psychic events. He did not attain, neither to verify the hypotheses in his experimentations directly by observation, nor to prove with physical measures the correspondence of the results obtained with the facts. Thus, his approach remained an entirely theoretical speculation. However, this would not even have been conceivable, if he did not base himself on characteristics of psychic events, which could be considered as measurable events. (...) The whole interest of this investigation is focused on the "strength" of the representations in relation to consciousness, the particular energy or vividness, with which they are stored" (1880, p. 4). (...) "I do not know, whether, and in which way, it might become possible one day to apply a set of practical examinations to assess this strength of the representations as depicted by Herbart. The intensity of memory representations on the other hand appears to me less inaccessible, and perseverance on an unquestionably long track may finally lead us to exact conclusions on the issue" (1880, p. 9).

[29] Plusieurs théories de l'oubli existaient à l'époque. Selon la première théorie, défendue à l'époque par Joseph Delboeuf (1831-1896), il n'y a pas évanouissement mais seulement une inaccessibilité temporaire des souvenirs (cf., Nicolas, 1995). Selon la seconde théorie, soutenue à l'époque par Hermann Lotze (1817-1881), l'oubli consiste en un fractionnement des souvenirs en composantes élémentaires. Selon la troisième théorie, soutenue par Herbart et ses continuateurs dont Theodor Waitz (1821-1864) était à l'époque le représentant le plus connu, l'oubli consiste en un obscurcissement graduel des souvenirs anciens dû à l'arrivée de nouveaux souvenirs. Il examina l'influence du temps en prenant en compte les modalités suivantes : 1/4 d'heure, 1 heure, 8 1/2 heures, 1, 2, 6 et 31 jours. Ces recherches sur l'oubli ont été réalisées par Ebbinghaus pendant l'année 1879-1880 et ont été reproduites dans le chapitre VII de son fameux ouvrage de 1885 (Ebbinghaus, 1885). La technique utilisée consistait en l'apprentissage 163 séries de 13 syllabes. L'apprentissage se poursuivait jusqu'au critère de deux récitations sans erreur des séries en question. Le réapprentissage était réalisé dans les mêmes conditions ; il se produisait à l'une des sept périodes de temps citées ci-dessus. Les résultats obtenus en termes d'économie au réapprentissage ont été simulés par Ebbinghaus lui-même en une formule mathématique de type logarithmique (oubli rapide dans les premières minutes et déclin progressif de la mémoire par la suite). La mathématisation des résultats était un pré-requis indispensable à l'élévation de la psychologie comme science naturelle ; il reproduisait ainsi la tentative de G. T. Fechner (1801-1887) qui avait donné une formule logarithmique de la sensation en rapport avec la stimulation.

Several theories about forgetting had been advanced at that time. According to the first theory fostered by Joseph Delboeuf (1831-1896), there is no vanishing but just a temporary inaccessibility of memories (cf., Nicolas, 1995). A second theory upheld by Hermann Lotze (1817-1881), postulated that forgetting was due to the segmentation of memories into its elementary components. The third theory forwarded by Herbart and his followers, among them Theodor Waitz (1821-1864) was at that time the most prominent one: forgetting entails a gradual obscuring of old memories due to the arrival of memories for new experiences. Ebbinghaus examined the influence of time by varying the time delay as follows: 20 minutes, 1 hour, 8 hours, 1, 2, 6 and 31 days. These investigations on forgetting were carried out during 1879-1880 and they are described in chapter 7 of his well-known   of 1885 (Ebbinghaus, 1885). His procedure was to learn 163 lists of 13 syllables in the first place. Learning was accomplished after two successful and errorless recalls of the lists in question.  Then, relearning was carried out under the same conditions, in one of the seven time lag conditions as described above.  The results in terms of savings for relearning were modeled by Ebbinghaus himself using a mathematical formula of logarithmic type (rapid forgetting at short time lags and continuously decreasing forgetting over the long time lags). The quantification of results was an indispensable prerequisite to endorse psychology as a natural science; in this manner he mimicked the tryouts of G. T. Fechner (1801-1887) who developed a logarithmic formula in order to model the relation between sensation and stimulation.

[30] Ebbinghaus, H. (1880/1983).  Urmanuskript  Über  das  Gedächtnis.  Passavia-Universitätsverlag : Passau.

[31] Faisant partie de son jury, le physiologiste Hermann von Helmholtz écrit dans son rapport (Bringmann & Bringmann, 1986a) : "Cette étude expérimentale a été intelligemment réalisée, sérieusement et patiemment conduite. La discussion des résultats expérimentaux montre un bon jugement et une solide connaissance des mathématiques. Les résultats ne sont pas très impressionnants, mais on ne pouvait pas le savoir avant d'avoir réalisé ce travail expérimental... Cette thèse m'a fait une bonne impression ; l'auteur m'a fait l'impression d'un esprit brillant, qui peut dire de manière brève et réfléchie ce qui est réellement important". Si Helmholtz avait été déçu par les résultats, il faut reconnaître qu'il ouvrait un nouveau champ de recherches spécifique à la psychologie et non importé d'une autre science (la perception et la psychophysique sensorielles ont d'abord été étudiées par des physiologistes et des physiciens, les temps de réaction par les astronomes). Les niveaux supérieurs de comportement pouvaient être atteints par le biais de la méthode expérimentale, ce que contestaient à l'époque le principal représentant de la psychologie : Wilhelm Wundt.

Being a member of the habilitation committee, the physiologist Hermann von Helmholtz wrote in his report (Bringmann & Bringmann, 1986a): "This experimental study has been accomplished in an intelligent way, and conducted seriously and passionately. The discussion of the experimental results uncovers an excellent capacity of judgment and fundamental knowledge of mathematics. The results are not very impressive, but this was not to be known ahead of conducting this experimental work. ... This thesis has left me with a good impression; the author has convinced me to be a brilliant mind, competent to express the essential issues in a brief and well considered way ". If Helmholtz was disappointed about the results, it has to be acknowledged that he opened a new and specified research field to psychology, which was not introduced from another science (perception and sensory psychophysics have first been studied by physiologists and physicists, reaction times by astronomers). Higher levels of behavior were now open to investigation through the application of the experimental method, a fact that had been disputed by the leading representative of psychology of the time: Wilhelm Wundt.

[32] Pour une présentation des universités allemandes de l'époque : Decaisne, G. (1876). Les universités de l'Europe en 1876 : Les Universités allemandes. Revue Scientifique, 10, 266-271. For an account of German Universities of the time: Decaisne, G. (1876). Les universités de l'Europe en 1876 : Les Universités allemandes. Revue Scientifique, 10, 266-271.

[33] Ebbinghaus, H. (1885). Über das Gedächtnis : Untersuchungen zur Experimentellen Psychologie. Leipzig : Duncker & Humblot (traduction américaine par H. A. Ruger & C. E. Bussenius (1913/1964), Memory : A contribution to Experimental Psychology. New York : Dover Publications).

[34] Nicolas, S. (1992). Hermann Ebbinghaus et l'étude expérimentale de la mémoire humaine. L’Année Psychologique, 92, 527-544.

[35] Pour une anthologie de textes fondamentaux de la fin du XIXe siècle  sur la mémoire en traduction française : Nicolas, S., & Piolino, P. (2012). La mesure de la mémoire humaine : premiers travaux scientifiques. Paris : L’Harmattan (à paraître). For a compilation of basic texts on memory at the end of the 19th century in French translation, see: Nicolas, S., & Piolino, P. (2012). La mesure de la mémoire humaine : premiers travaux scientifiques. Paris : L’Harmattan (in press).

[36] Cf. Nicolas, S. (2005). L’influence de la psychologie de Herbart sur l’étude de la mémoire par Ebbinghaus. In J. C. Dupont (Ed.), Histoires de la mémoire (pp. 173-185). Paris : Vuibert.

[37] Jacobs, J. (1885).  Review of Ebbinghaus :  Über das Gedächtnis.  Mind, 10, 454-459. — James, W. (1885). Experiments in memory. Science, 6, 198-199

[38] Schacter, D. L. (1982). Stranger behind the engram : Theories of memory  and psychology of science. Hillsdale, New Jersey : Lawrence  Erlbaum  Associates.

[39] Slamecka, N. J. (1985a). Ebbinghaus : Some associations. Journal of Experimental Psychology : Learning, Memory and Cognition, 11, 414-435. ― Slamecka, N. J. (1985b). Ebbinghaus : Some rejoinders. Journal of Experimental Psychology : Learning, Memory and Cognition, 11, 496-500.

[40] For a discussion : Nicolas, S. (1992). Hermann Ebbinghaus et l'étude expérimentale de la mémoire humaine. L’Année Psychologique, 92, 527-544.

[41] Pour une présentation du laboratoire de Wundt à cette époque : Nicolas, S., Gyselinck, V., Murray, D. J., & Bandomir, C. A. (2002). French descriptions of Wundt's laboratory in Leipzig in 1886. Psychological Research, 66, 208-214. — Nicolas, S. (2005). Wundt et la fondation en 1879 de son laboratoire. Histoire documentaire de la création et du développement de l’Institut de psychologie expérimentale de Leipzig. L’Année Psychologique, 105, 133-170. 

For a presentation of the laboratory of Wundt, see: Nicolas, S., Gyselinck, V., Murray, D. J., & Bandomir, C. A. (2002). French descriptions of Wundt's laboratory in Leipzig in 1886. Psychological Research, 66, 208-214. — Nicolas, S. (2005). Wundt et la fondation en 1879 de son laboratoire. Histoire documentaire de la création et du développement de l’Institut de psychologie expérimentale de Leipzig. L’Année Psychologique, 105, 133-170.

[42] Bringmann, W. G., & Bringmann, N. J. (1986a). Ebbinghaus and the new world. Revista de Historia de la Psicologia, 7, 71-80. — Traxel, W. (1987) (Ed.). Ebbinghaus-Studien 2. Passavia-Universitäts-verlag : Passau.

[43] Cf. Nicolas, S., & Andrieu, B. (Eds.) (2005). La mesure de l’intelligence. Paris : L’Harmattan. - Fuchs, A. H. (1997). Ebbinghaus's contributions to psychology after 1885. American Journal of Psychology, 110, 621-633.

[44] Woodworth, R. S. (1909). Hermann Ebbinghaus. Journal of Philosophy, Psychology and Scientific Methods, 6, 253-256.

[45] Binet, A., & Simon, Th. (2004). L’élaboration du premier test d’intelligence (1904-1905) (Œuvres choisies II). Paris : L’Harmattan.

[46] Ebbinghaus, H. (1897). Une nouvelle méthode d'appréciation des  capacités intellectuelles. Revue Scientifique, 8, 424-430.

[47] Nicolas, S., Segui, J., & Ferrand, L. (2000a). L'Année Psychologique : History of the founding of a centenarian journal. History of Psychology, 3,  44-61. — Nicolas, S., Segui, J., & Ferrand, L. (2000b). Les premières revues de psychologie : La place de L'Année Psychologique. L'Année Psychologique, 100, 71-110.

[48] Sprung, L. & Sprung, H. (1986). Hermann Ebbinghaus : Life, work and  impact in the history of psychology. In F. Klix & H. Hagendorf (Eds.), Human Memory Cognitive Capabilities : Mechanisms and  Performances  (part A). Amsterdam : North-Holland.

[49] Nicolas, S. (1994). Qui était Victor Henri (1872-1940) ? L'Année Psychologique, 94, 385-402.

[50] For a French critical review : Foucault, M. (1903). Revue de l'ouvrage "Grundzüge der Psychologie" par Ebbinghaus. Revue Philosophique, 55, 329-341.

[51] Cunningham, J. L. (1986). A comparison of "Psychology : An Elementary Textbook"  by   Hermann Ebbinghaus with modern  introductory   textbooks. Revista de Historia de la Psicologia, 7, 59-70.

[52] Titchener, E.B. (1910). The past decade in experimental psychology. American Journal of Psychology, 21, 404-421.

[53] Ebbinghaus, H. (1908). Abriss der Psychologie. Berlin : De Gruyter (traduction française par G. Raphel (1912), Précis de Psychologie. Paris : Alcan).

[54] Nicolas, S. (2001). Le collaborateur suisse d'Alfred Binet : Jean Larguier des Bancels. Cahiers Alfred Binet, n° 668, 95-109.

[55] Nicolas, S., & Murray, D. (1999). Théodule Ribot (1839-1916), founder of French psychology : A biographical introduction. History of Psychology, 2, 277-301. — Nicolas, S. (2005). Théodule Ribot : philosophe breton fondateur de la psychologie française. Paris : L’Harmattan.

[56] Traxel, W. (1987) (Ed.). Ebbinghaus-Studien 2. Passavia-Universitäts-verlag : Passau.

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