Nicolas Formé (1567-1638) (1903)

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LA REVUE MUSICALE 1903

N° 8 (troisième année) 15 Juillet 1903.  pages 362 à 366

Un chanteur compositeur de musique sous Louis XIII. 

Nicolas Formé (1567-1638) 

Pour avoir été placé très haut dans l'estime de ses contemporains, plus haut encore, à ce qu'il paraît bien, dans la sienne propre, le musicien dont on va essayer de dire la vie et de définir le rôle n'a pas été des mieux traités par l'oublieuse postérité. Sa renommée ou du moins son œuvre, même de son vivant, n'avait guère franchi les limites de la cour. Ses compositions, demeurées presque toutes inédites et, après sa mort, jalousement gardées pour le seul plaisir du royal mélomane que fut Louis XIII, se perdirent d'assez bonne heure. Et si son épitaphe, en l'église Saint-Germain-l'Auxerrois, consacra assez longtemps le souvenir de son nom et de la faveur singulière du monarque, elle disparut trop tôt pour en instruire les biographes du dernier siècle. Fétis n'a rien trouvé sur Formé dans ses prédécesseurs immédiats. Il l'a donc complètement passé sous silence. Ceux qui vinrent après lui, jusqu'à notre temps, l'ont imité (1). 

Nicolas Formé était Parisien. Sauval le déclare (2), et lui-même, en la conclusion de l'épitaphe latine qu'il avait composée en mémoire d'Eustache Du Caurroy, son prédécesseur à la Chapelle royale, revendique la même qualité (3). Quant à la date de sa naissance, il est facile de la déterminer avec exactitude. « Il a rendu son âme à Dieu le 27ème de May 1638 en la 71ème année, un mois et un jour de son âge », disait l'inscription funéraire, qui se lisait contre un pilier de la chapelle Saint-Jean, en l'église Saint-Germain-l'Auxerrois (4). Nous en pouvons conclure qu'il était né le 26 avril 1567. 

Le cabinet généalogique de Rozier mentionne une famille de Formé, seigneurs de Framicourt en Picardie, dont une fille, en 1703, put faire ses preuves pour être admise à Saint-Cyr. Cette famille ne comptait alors guère plus de deux siècles de noblesse. Or le même dossier renferme des pièces où est cité, entre autres, le propre neveu du compositeur, Jean Formé, abbé de Reclus comme son oncle et immédiatement après lui (4). Nicolas Formé descendait certainement d'une branche collatérale, demeurée de bonne bourgeoisie et sans doute fort aisée : car il laissa une fortune considérable que ne peuvent expliquer ni les faveurs royales ni sa notoire avarice. Il n'est pas rare à cette époque de voir la musique pratiquée par des hommes occupant dans la société un certain rang, tandis que, par la suite, l'exercice en sera réservé, presque toujours, à des gens de naissance plus obscure. Remarque qui peut servir à l'histoire des mœurs : ceci soit dit en passant. 

De l'éducation musicale de Formé nous n'avons rien à dire. Qu'il ait jamais été attaché, comme enfant de chœur, à la maîtrise d'une paroisse, cela n'est guère probable. Ces écoles d'où tant de maîtres sont sortis ne sont fréquentées que par des fils d'assez humbles familles. Je le verrais plutôt admis, comme page de musique, dans la domesticité — au sens alors attribué à ce mot — de quelque grande maison. Beaucoup de nobles personnages entretiennent encore une chapelle privée et une musique à leur solde. C'est ainsi que, vers le même temps, le futur surintendant de la musique de Louis XIII, Pierre Guesdron, un des meilleurs compositeur d'airs de cour de l'époque, appartenait, en cette qualité, au cardinal de Guise. Et bien d'autres, sans parler des enfants de la musique du roi, n'apprirent pas ailleurs les arcanes de leur art. 

Au surplus, Formé, qui fut un chanteur habile, avait-il sérieusement étudié, dans sa jeunesse, la théorie musicale et la composition ? Rien n'oblige à l'admettre, d'autant que l'examen de ce qui demeure de ses œuvres le fait voir assez loin des maîtres antérieurs pour la science et l'ingéniosité de l'écriture. Le style adopté par lui n'est peut-être pas celui où de tels mérites se pouvaient le mieux faire valoir. Quoi qu'il en soit, il est croyable qu'il négligea passablement ces fortes études, ou du moins qu'il ne s'y appliqua que sur le tard. D'ailleurs la musique, telle qu'on la conçoit alors, ne nécessite pas aussi impérieusement que la nôtre une pratique à laquelle il soit indispensable de se rompre dès les années de jeunesse. Infiniment moins riche d'effets que l'art moderne, beaucoup moins ambitieuse aussi et, en théorie du moins, plus curieuse d'intéresser la pure raison par les problèmes qu'elle pose et résoud simultanément que de parler au cœur ou à l'imagination, elle demeure pour beaucoup une science « faisant partie des mathématiques, démonstrative et très certaine (5) qu'il est possible d'apprendre à tout âge « par la lecture des bons autheurs et pratique des anciens » (6). II se peut que Formé, réservant pour plus tard ces doctes spéculations, s'en soit tenu d'abord à la seule pratique. Chantre excellent, c'est par ce talent d'exécution qu'il acquit sa première réputation. 

En effet, il est à peine âgé de vingt ans que la Sainte-Chapelle lui ouvre ses portes. Son nom figure sur les registres parmi ceux des musiciens de l'église le samedi 4 juillet 1587 pour la première fois : « Ledit jour, M. le Chantre a présenté à M. le Thrésaurier ung nommé Nicolas Formé pour estre clerc soubz sa prébende, lequel après que led. S. Chantre a faict son rapport de sa cappacité tant de musique que de lettres, a esté receu par le Thrésaurier soubz la prébende dud. S. Chantre,(7) ». 

Agrégé à cet illustre corps, il semble peu soucieux de contribuer, par son zèle, à en soutenir l'antique renommée. La vérité nous oblige à dire que, lorsque son nom apparaît de nouveau sur les Registres capitulaires, ces inscriptions ne sont point à son honneur. Sa conduite excita des plaintes réitérées, sans qu'elle fût exceptionnelle en une compagnie où la bonne musique semble plus cultivée que les bonnes mœurs. Le 15 avril 1589, le chapitre cite Formé à sa barre avec un de ses collègues, Saint-Estienne, pour les réprimander solennellement. Il leur est enjoint « de se comporter doresenavant plus revérement au Cœur de la Sainte-Chapelle » ; d'avoir à psalmodier « plus distinctement et dévotement… sans faire actes qui retournent à scandalle ». Enfin chacun d'eux, averti « qu'il ne lui advienne plus estre subiect au vin », est requis « de vivre doresenavant paisiblement et honnestement avec toute modestie, qu'il n'y a cy-devant faict ». 

Ce n'était pas la première fois que Formé s'attirait de tels reproches. Ce ne fut pas la dernière, puisque, le 16 mai de l'année suivante, on le reprend encore « des fautes qu'il est coustumier de faire au service divin et peu de debvoir qu'il y a tousiours faict depuis qu'il est receu en l'églize » : avec menace, s'il ne s'amende incontinent, « d'estre chassé, mys hors et effacé du livre des distributions de la dicte églize » (8). 

Sauval nous a laissé du caractère et des mœurs de Formé une peinture telle qu'on conçoit facilement les causes de la réprobation des chanoines (9). Pour être dès lors engagé dans les ordres, ainsi qu'il est probable (10), notre musicien ne se piquait guère de vertus évangéliques. Le cas n'est pas rare alors : il s'explique assez par les désordres de ces temps de guerre civile. Aussi cette conduite, si peu édifiante qu'elle fût, ne nuisit en rien à sa fortune. 

Formé ne se plaisait pas plus à la Sainte-Chapelle que le chapitre ne se félicitait de le compter parmi ses clercs. Il n'y demeura que peu de temps et, dès 1592, nous le trouvons mentionné dans les comptes de la Chapelle royale. Lui-même d'ailleurs, en la dédicace à Louis XIII de la seule de ses Messes qui subsiste, confirme cette date, en s'honorant d'avoir été « dix-huict ans au service du feu Roy Henry le Grand ». 

Il est difficile cependant d'admettre que sa nomination ait été effective à cette date. En 1592, Henri IV est encore huguenot. Il n'a que faire d'une chapelle catholique et se soucie plus de conquérir son royaume et sa capitale que de combler les vides qui peuvent se produire dans le corps passablement désorganisé des chantres royaux. Tout au plus l'année suivante Formé put-il faire acte de présence lors de l'abjuration du roi à Saint-Denis, le 25 juillet 1593. Il put y assister parmi ces musiciens recrutés pour la cérémonie, lesquels, dit Pierre de l'Estoille, chantèrent le Te Deum tandis que l'archevêque de Bourges entendait la confession du prince. S'il n'y parut point, la faute en fut au duc de Mayenne, qui, ce jour-là, « fit publier rigoureuses deffenses d'aller à Saint-Denis et de sortir de Paris sans sa permission ». Car, sans lui faire injure, on peut tenir son zèle catholique pour médiocre. 

En 1594, le Béarnais entre à Paris. Bientôt la Chapelle royale reprend son organisation régulière, sous la direction des deux maîtres, Garnier et Eustache Du Caurroy. Formé, qui chantait la haute-contre « avec une justesse admirable », dit Sauval, y brille au premier rang. C'est alors qu'il commence aussi, sans doute, à s'exercer à la composition. L'enthousiasme dont déborde l'épitaphe qu'il se fît honneur de consacrer à Du Caurroy, quand il fut appelé à prendre sa succession, aussi bien que la réputation incontestée de ce maître, donnerait à penser que c'est auprès de lui qu'il s'en alla chercher des modèles et des exemples. La chose est possible. Théoricien docte et disert aussi bien que compositeur excellent, Du Caurroy avait déjà, dix ans auparavant, écrit « plusieurs œuvres touchant la théorique et pratique de la musique » Œuvres demeurées toujours inédites, il est vrai, mais dont l'influence fut grande puisque Mersenne y fait des allusions fréquentes et, de son propre aveu, en tire presque tout ce qu'il dit du contrepoint et de la composition figurée. 

Dans l'œuvre de Formé cependant, rien qui rappelle le style du « Prince des Musiciens ». Bien loin de se rapprocher de cette musique « grandement observée, toute pleine d'industrie et doctrine », la sienne ferait plutôt songer à cette manière « approchant de l'air... où les parties vont le plus souvent ensemble de mesme pied sur un mesme sujet bien qu'on y puisse mesler quelque peu d'industrie. » Le P. Parran, en nous donnant ces définitions, ajoute que, quoique encore en vogue de son temps, ce genre ne l'était plus autant qu'autrefois, « tesmoin, dit-il, la musique Gaillarde de Granier et d'Intermet jadis (11) ». Intermet n'est pas en cause ici ; mais ce Granier n'est-il pas le Garnier de la Chapelle royale ? C'est plus que probable. Il ne nous manque plus que de posséder quelques-unes de ses compositions pour décider dans quelle mesure Formé se serait en tel cas inspiré de lui. 

Mieux que l'art sévère de Du Caurroy, ce style séduisant devait emporter les suffrages d'une cour peu faite pour sentir le prix des savantes recherches. Par ce qu'elles retenaient de la musique mondaine alors en faveur, ces compositions l'emportaient sans peine sur le contrepoint strict, lequel « ne plaist guère qu'aux Maistres qui jugent et goustent ce qui est d'artifice en la disposition et meslange d'accords bien observés et pressés ».  Aussi le succès de Formé s'affirma-t-il rapide. Le jour même de la mort de Du Caurroy, le 7 août 1609, sans aucun concours, il est retenu par le roi pour remplir la charge vacante. Louis XIII lui assure sa bienveillance et lui témoigne une admiration qui ne se démentit jamais. La reine l'affectionne à ce point qu'on lui passe à la Cour les excentricités les plus risquées. « Il se laissoit tellement transporter à la juste cadence de ses compositions, écrit Sauval, que quelquefois il se pâmoit en les faisant chanter. » Il se peut qu'il y ait eu beaucoup de pose dans cet étalage de sensibilité qui n'allait pas toujours sans inconvénient. Un jour, à Saint-Germain, il tombe à la renverse en dirigeant ses chantres devant le roi et se blesse si fort qu'il faut le reconduire à Paris. Et la reine lui prête sa propre litière pour qu'il fasse le voyage plus à l'aise. Le cardinal de Richelieu s'intéresse aussi aux compositions de Formé. Le roi envoie exprès sa musique, de Saint-Germain à Paris, pour lui faire entendre un nouveau motet du maître (12). Toute la cour partage cet engouement, et les beaux esprits qui font son anagramme s'accordent à y voir le pressentiment de sa maîtrise en son art. Ils trouvèrent dans son nom, Nicolaus Formé, les notes de la gamme, mi, ré, mi, fa, sol. « Quoique cette anagramme fût un peu licencieuse elle ne laissa pas d'être très bien reçue », dit le biographe. 

Sa situation lui vaut, au reste, des avantages plus solides. En 1625, le roi lui octroie l'abbaye de Reclus au diocèse de Troyes, bénéfice que le poète Melin de Saint-Gelais, un siècle auparavant, avait le premier obtenu en commende (13). L'année suivante, le nouvel abbé est en outre pourvu, le 11 novembre 1626, d'un canonicat en la Sainte-Chapelle, qu'il avait si peu édifiée dans sa jeunesse. Cette dernière faveur n'était pas à coup sûr la récompense des services jadis rendus à lEglise. Formé n'est pas moins ingénieux à en tirer parti. Quand il doit quitter la maison canoniale qu'il habitait en la cour du Palais, maison démolie pour le percement d'un passage donnant accès en la rue neuve Saint-Louis, l'arrêt porte qu'il aura, avec un de ses collègues aussi exproprié, la jouissance d'une autre maison et le revenu des échoppes et boutiques qui seront construites au long du passage. Soucieux sans doute de s'assurer le calme nécessaire à ses méditations musicales, il fait insérer dans le dispositif que ces boutiques ne pourront être occupées « par ouvriers ou artisans travaillans avec le marteau » (14). Plus tard d'ailleurs il quitte ce logis sous prétexte d'incendie et le loue « au grand scandalle d'un chacun ». Et cet abus lui vaut, en 1636, de nouveaux et sérieux démêlés avec le chapitre (15) 

Rien de tout cela ne diminue la faveur dont il jouit. Cette faveur constante et les témoignages d'admiration qui lui sont prodigués expliquent assez la vanité qui s'affirme en ses dédicaces. Ainsi que tous les musiciens de la Chapelle royale, il est longtemps plus illustre que connu, du moins hors de l'entourage du monarque. Le P. Mersenne, assez curieux de musique pourtant, déclare vers 1636 n'avoir encore rien entendu de lui (16). Aussi, quand, vers la fin de sa vie, Formé se décide à publier ses œuvres, il ne craint pas d'écrire que ce qui l'a déterminé à ce dessein, c'est le désir qu'a toute la France « de les voir et de les ouyr ». Et l'épigraphe empruntée à Horace : 
Si quid novisti rectius isiis, 
Candidus imperii : si non, his ulcre meum, 
ne respire pas un moindre contentement de soi-même. Il n'avait pas tort d'en faire autant de cas, puisque son royal protecteur les estimait assez pour qu'après sa mort il en ait voulu demeurer l'unique possesseur. Aussitôt après le décès du compositeur, le roi, nous apprend Sauval, fit enlever ses ouvrages par un exempt des gardes « elles enferma depuis dans une armoire qu'il fit faire exprès, dont il avait toujours la clef, et en prenait plus de soin que des plus riches meubles de la couronne ». Le fait parut assez rare et assez honorable à sa mémoire pour être consigné dans l'épitaphe de Formé, à Saint-Germain-l'Auxerrois, où il fut inhumé. 
Henri Quittard. 



Notes : 
(1) L'érudit historien qu'est M. Michel Brenet a le premier fait revivre le souvenir de ce musicien dans un article inséré aux Archives historiques, artistiques et littéraires... (1ère année, Paris, 1889-1890, pp. 64-69). Ce travail, ainsi que quelques autres documents que l'auteur a gracieusement mis à ma disposition, m'a servi de base pour la partie biographique de cette étude. 
(2) Histoire et Antiquité de Paris, p. 327. — Sauval, qui écrit avant 1650, bien que son livre n'ait été publié que longtemps après, consacre une notice relativement assez longue à Formé, à propos de son tombeau à Saint-Germain-l'Auxerrois. 
(3) « Nicolaus Formé, Parisinus, eidem regio muneri succedens, hoc marmor fieri curavit. » — C'est Pierre de l'Estoille (Reffistre-Jounial de Henri IV, 1609) qui a donné le premier l'inscription composée par Formé pour la tombe de Du Caurroy. C'est lui qui lui en attribue assez clairement la composition. « M Formé, dit-il, très docte musicien qui lui succède, m'a montré l'épitaphe qu'il veut faire poser auprès de son tombeau. » 
(4) L'épitaphe de Formé se lit dans le Ms. fr. 8219 de la Bibliothèque nationale, p. 947. Elle 
est accompagnée des armoiries, assez grossièrement dessinées, du musicien : Ecartelé aux i et 4 
d'azur à trois poissons d'argent (?) ; aux 2 et 3 de sable à une merlette (?) d'argent, fascé d'azur 
à molettes (?) d'or. 
(5) Bibliothèque nationale (iMs. fr. 27685 : Pièces originales 1201). L'acte est de 1679. 
(6) Du Caurroy, Pieces Ecclesiasticae ad numéros Musices re.iactae, 1609 (Préface). 
(7) Archives nationales L L. 600. (Registres de la Sainte-Cliapelle : Délibérations capitulaires, 
fo 89.) 
(8) Archives nationales. 
(9) « Il étoit de si mauvoise humeur et si fantasque qu il querelloit tout le monde ; et quoiqu'il fut fort riche, son avarice étoit insatiable. Il aimoit tellement les femmes que toutes les servantes qu'il avoit chès lui étoient belles et de bonne humeur. Il a eu trois ou quatre enfants d'une femme qu'il entretenoit, avec qui il a demeuré longtemps et même demeuroit encore avec elle, quand il mourut, bien qu'il fut âgé de 71 ans. » (Histoire et Antiquité de Paris.) 
(10) C'est ce qui ressort du moins de son acte de décès cité par Jal (Dictionnaire de Biographie et d'Histoire) : « Messire Nicolas Formé, vivant prebstre et chanoine de la Sainte Chapelle... ». 
(11) Le P. Parran, Traité de la musique théorique et pratique, 1646. Le permis d'imprimer est de 
1638. «. Intermet, qui est cité ici, fut un des maîtres les plus célèbres du midi de la France. Avignonnais, successivement chanoine de Saint-Agricol et maître de musique de l'église métropolitaine, sa réputation pénétra jusqu'à Paris. Louis XIII, passant à Avignon en 1627, voulut que la musique de son entrée solennelle fût composée et dirigée par Intermet et fit emporter une copie de l'œuvre exécutée en sa présence. »
(12) Mémoires de Dubois, valet de chambre du roi Louis XIII. — Ce motet, sonne subjecta erit anima mea, était tenu pour le chef-d'œuvre du « bonhomme Formé », dit Dubois, et de la musique de ce temps. Le cardinal, paraît-il, le voulut entendre deux fois dans la chapelle du Palais-Royal. Il en fut si satisfait que, outre un repas magnifique qu'il offrit aux artistes, il leur fit distribuer 10.000 livres. L'auteur eut sans doute la meilleure part de ces largesses, faites d'ailleurs avec l'argent du roi « par ung acquit patent », remarque Dubois. Les Mémoires de Dubois sont encore inédits. Quelques extraits et une analyse se trouvent, dans la Bibliothèque de l'Ecole des Chartes. 2" série, 4 septembre 1847. 
(13) Formé ne conserva pas ce bénéfice jusqu'à sa mort. En 1654, pour des raisons que nous ignorons, il le cède à son neveu Jean Formé (Gallia christiana, IX, p. 601). 
(14) FÉLIBiEN, Histoire de la ville de Paris (V, Preuves 78-79). 
(15) Ce fut, sans doute, pour faciliter cette spéculation peu délicate qu'il était allé demeurer rue Bertin-Poirée, en une maison à lui appartenant, où son acte mortuaire nous apprend qu'il est mort. 
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