Henri Ghéon (1875-1944) : critique littéraire et écrivain français

Il y a aujourd'hui  103 ans, mourait le Lieutenant de vaisseau  Pierre Dominique Dupouey (Hong Kong 12/10/1877-Nieuport 3/04/1915), dont l'influence sur la conversion d'Henri Ghéon fut décisive. Lui-même converti au catholicisme grâce à sa rencontre avec  Mireille de La Ménardière, Dupouey, durant la Première guerre mondiale, a demandé à être envoyé sur le front pour servir la France quand il occupait une position où il était peu exposé au danger.  Il succombe à ses blessures le 3 avril 1915, un vendredi saint. Son épouse Mireille affirme n'avoir jamais cessé de s'entretenir avec Pierre, entré  dans la gloire de Dieu. Le destin de l'officier  comporte des analogies avec celui du Lieutenant-Colonel Arnaud Bertrame (Etampes 18 avril 1973-Carcassonne 24 mars 2018), dont l'héroïsme n'est pas à séparer de la foi chrétienne.
 Henri Ghéon est  un écrivain prolifique. Le blog que lui consacre sa  biographe, Catherine Boschian-Campaner,  a pour visée de faire connaître son œuvre à un large public, à commencer  par la version intégrale de L'épreuve de Florence, un texte inédit en volume, paru dans La Nouvelle Revue française  de novembre 1912 à janvier 1913. 

 

Présentation

             Henri Ghéon,  nom d’élection d’Henri-Léon Vangeon, est l’auteur d’une œuvre puissante que l’on commence seulement à redécouvrir. Né le 15 mars 1875 à Bray-sur Seine, il rejoint Paris pour y faire ses études de médecine. Poète et attiré par la critique littéraire, il collabore  à des revues comme L’Ermitage ou le Mercure de France et deviendra, avec André Gide, dont il devient l’ami en 1897, l’un des co-fondateurs de La Nouvelle Revue française. Défenseur du vers libre auprès du poète Francis Vielé-Griffin, il se rattache à Nietzsche par des convictions esthétiques et philosophiques qu’il partage avec Gide jusqu’à sa conversion au catholicisme. Au cours de la Première Guerre mondiale, il s’engage comme médecin et rencontre la Grâce. Une aventure spirituelle qui l’amènera à mettre son talent au service de Dieu, ce qu’il fait sans fadeur, en écrivant des romans et des essais ainsi qu’une centaine de pièces de théâtre dont certaines s’apparentent à des mystères du moyen-âge. Il est  l’auteur d’une œuvre foisonnante, avec des chefs d’œuvre tels que  La Vieille dame des rues (réédition Flammarion 1994[1]),  Les Jeux de l’Enfer et du Ciel, Le Comédien et la Grâce, Oedipe ou encore Judith. Dans les années 20, Henri Ghéon rejoint le Tiers Ordre des dominicains où il devient  Frère Pierre-Dominique. Un engagement qui lui permet de rester dans le siècle en poursuivant son travail de dramaturge et de metteur en scène. Dénonçant, à l’instar de son ami Jacques Copeau (1879-1949), un  théâtre confisqué par la banalité, limité à la représentation  de tranches de vie, il veut promouvoir un art édifiant, revisité, qui ne voile aucune réalité. Il trouve dans la Bible et dans la vie des saints, mais aussi dans Corneille et Racine, des sources d’inspiration inépuisables. Après vingt-cinq années passées au service du théâtre, où il est présent sur tous les plans, de l'écriture à la mise en scène en passant par l'interprétation et la peinture des décors, Ghéon meurt à Paris le 13 juin 1943.

 

 (Source : Catherine Boschian-Campaner, Henri Ghéon camarade de Gide, biographie d’un homme de désirs. Presses de la Renaissance, Paris, 2008.)


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Jacques Emile BLANCHE (1861-1942), André Gide et ses amis au Café maure de l'exposition universelle de 1900. Henri Ghéon, chapeau en arrière, est assis.

Huile sur toile. Date de création : 1901. Dimensions : H. 156 cm – L. 220 cm. Lieu de conservation : Musée des Beaux-Arts, Rouen