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Article paru dans le Figaro

publié le 14 juin 2015 à 06:08 par Hervé Segalen

Hémochromatose: un diagnostic trop souvent tardif

Par figaro iconMartine Lochouarnfigaro iconService infographie du Figaro - le 08/06/2015
INFOGRAPHIE - Il faut en moyenne 5 ans pour rattacher des symptômes banals à cette maladie qui engendre un excès de fer dans l'organisme.

C'est un diagnostic auquel les médecins ne pensent pas assez. Parce que les symptômes de la maladie, banals, peuvent avoir bien d'autres causes, et parce qu'elle reste encore mal connue. Pourtant, les personnes atteintes d'hémochromatose ont tout à gagner au diagnostic précoce de leur maladie, responsable d'une surcharge en fer de l'organisme aux conséquences potentielles graves. Dans plus de 95 % des cas, l'hémochromatose génétique classique, ou de type 1, est due à une mutation du gène HFE, sur le chromosome 6, qui provoque un déficit en hepcidine, véritable «hormone du fer», d'où l'accumulation nocive de fer dans les tissus. Apparue voici 4000 ans chez les Celtes, elle ne touche que des sujets de type européen.

» TÉMOIGNAGE - «Les médecins ne connaissent pas ma maladie»

Les premiers signes de l'hémochromatose surviennent le plus souvent après 40 ans. La maladie se manifeste d'abord par une fatigue persistante et des douleurs chroniques touchant diverses articulations, dont souvent celles des doigts: c'est le signe de la poignée de main douloureuse. «Il peut s'agir d'arthrose, souvent aux mains et aux chevilles, mais aussi beaucoup aux genoux et aux hanches, de chondrocalcinose - des dépôts de cristaux dans les articulations, surtout des mains et des genoux - ou d'ostéoporose», précise le Pr Pascal Richette, rhumatologue (CHU Lariboisière, Paris).

Fibrose progressive du foie

«Il faut souvent plus de cinq ans pour que ces premiers symptômes soient rattachés à leur vraie cause, l'hémochromatose», regrette le Pr Pierre Brissot, hépatologue (CHU Rennes), spécialiste de la maladie. «Or plus ce diagnostic est tardif plus le risque augmente d'atteintes du foie, du pancréas, plus rarement du cœur, qui peuvent potentiellement compromettre le pronostic vital, même si les formes graves sont plus rares qu'auparavant.» Non traitée, la surcharge en fer provoque notamment une fibrose progressive du foie, qui fait le lit de la cirrhose et du cancer.


Pourquoi surtout ces organes? Le fer absorbé ou recyclé est transporté dans l'organisme par une protéine, la transferrine, jusqu'à la moelle osseuse où sont produits les nouveaux globules rouges. «L'hémochromatose, en abaissant l'hepcidine, accroît l'absorption du fer au point que les capacités de la transferrine sont débordées et qu'une partie du fer reste dans les tissus», précise le médecin. C'est ce fer non lié qui endommage ces organes au fil du temps.

Encore faut-il diagnostiquer la maladie. Outre la fatigue et les douleurs articulaires, certains signes devraient attirer l'attention du médecin, comme une hausse sans raison des enzymes hépatiques, les transaminases, ou un diabète inexpliqué. L'hémochromatose est parfois découverte par hasard: la fatigue fait soupçonner une anémie, mais le bilan sanguin montre au contraire une ferritine très élevée, reflétant la surcharge en fer des tissus. Le taux sanguin de cette protéine de stockage du fer peut exploser en cas d'hémochromatose. Une fois écartées d'autres causes d'élévation (syndrome métabolique, inflammation, alcool, hépatite…), si la ferritine et le fer plasmatique restent hauts, un test génétique, indolore, est réalisé pour rechercher la mutation.

Trouver le moyen de mimer l'hepcidine

«Ce diagnostic ne demande donc plus aujourd'hui de geste invasif. Pour quantifier la surcharge en fer, outre la ferritine, un examen, l'IRM-fer, peut être réalisé: un logiciel libre permet désormais de corréler très précisément le signal de l'IRM, assombri par le fer, à la quantité de fer présente dans le foie», indique le Pr Brissot.

Une fois le diagnostic d'hémochromatose établi, le traitement est simple. «Il repose sur des saignées périodiques, d'une efficacité remarquable. Au début, ces saignées sont hebdomadaires, pour réduire au plus vite la surcharge en fer. Le traitement d'entretien peut être ensuite un peu espacé, mais doit rester très régulier.» Certaines atteintes de la maladie sont en partie réversibles: la fibrose du foie si elle n'a pas encore atteint le stade de cirrhose, le diabète tant qu'il n'est pas insulino-dépendant, parfois les atteintes cardiaques… Quant aux complications articulaires, «sous l'effet des saignées, un tiers régresse, un tiers se stabilise, mais un tiers continue à évoluer», précise le Pr Richette. Un dépistage de l'hémochromatose doit aussi être proposé aux proches.

Mais si le traitement est interrompu, l'hémochromatose et son cortège de complications reprennent leur cours. Or, les patients font de plus en plus face à des difficultés pour continuer à faire pratiquer ces saignées dans les services hospitaliers et les centres de l'Établissement français du sang. L'avenir est donc à un traitement qui agirait sur la cause de l'hémochromatose, pas seulement la surcharge en fer, qui en est le symptôme. C'est tout l'enjeu des recherches actuelles: trouver le moyen de mimer l'hepcidine ou de stimuler sa production…


MIEUX COMPRENDRE L'HÉMOCHROMATOSE

Malgré la découverte de la mutation HFE en 1996, et du rôle de l'hepcidine en 2001, bien des aspects de l'hémochromatose restent obscurs. «HFE est un petit peptide exprimé à la surface des cellules hépatiques qui fabriquent l'hepcidine.  Il interagit avec le récepteur de la transferrine dans ce qui serait une voie de signalisation mesurant la saturation en fer de la transferrine et ajustant la production d'hepcidine à ce niveau», explique le chercheur Olivier Loréal (Inserm UMR 991, Rennes). «Quand HFE est mutée, un signal aberrant indiquerait à tort à l'hépatocyte qu'il y a peu de fer, alors qu'il est élevé. L'hepcidine serait donc peu produite, quand au contraire  sa production devrait augmenter pour bloquer la sortie du fer  vers le plasma où il est déjà abondant.»

Pour le Pr Brissot, «le grand défi, c'est aussi de mieux comprendre pourquoi certains patients auront une surcharge élevée chez certains et pas chez d'autres, avec différentes conséquences organiques». Pour Olivier Loréal, la gravité variable de l'hémochromatose pourrait peut-être s'expliquer par l'action de gènes «associés». En recherche thérapeutique, des chercheurs aux États-Unis travaillent à la mise au point de mini-hepcidines.  Et un essai international chez l'homme est envisagé avec un agoniste mimant l'hepcidine.

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Tests génétiques : faut-il connaître son ADN ?

publié le 5 mai 2015 à 23:05 par Hervé Segalen

1 Une

Tests génétiques : faut-il connaître son ADN ?

Science & médecine

Le Monde. 6 mai 2015. 

Pour moins de 100 dollars, on peut désormais avoir un aperçu de son propre patrimoine génétique. Des analyses ADN partielles sont proposées en ligne par des sociétés commerciales, notamment américaines, à des fins " récréatives " - pour en savoir plus sur sa généalogie, par exemple -, mais aussi pour évaluer les risques de développer certaines maladies. Ces tests " pour convenance personnelle ",différents de ceux pratiqués dans un cadre hospitalier, sont interdits en France. Ces nouvelles données génétiques, dont la qualité et l'interprétation sont sujettes à caution, font l'objet d'un débat : Patrick Gaudray, membre du Comité national consultatif d'éthique, dénonce les risques de dérive consumériste liés à ces tests, alors que le généticien Jean-Louis Mandel (Collège de France), qui a bravé l'interdit en faisant analyser son propre génome, plaide pour la liberté de connaître son ADN.

Message sans titre

publié le 10 mai 2012 à 01:20 par Hervé Segalen

"Hémochromatoses"
No 442 de la revue Francophone des Laboratoires. 1er mai 2012.

Hémochromatoses avec un "s".
Comme les 3 mousquetaires, les types d'hémochromatoses sont aujourd'hui au nombre de 4. La recherche progresse.
Pour plus d'information, lire l'article complet contenu dans le fichier PDF ci-joint

EFS 2012

publié le 12 avr. 2012 à 08:04 par Hervé Segalen   [ mis à jour : 12 avr. 2012 à 08:12 ]

 l’EFS organise une 

   Journée Médicale et Scientifique consacrée à l’Hémochromatose, 

   le 31 mai 2012.

Bernard GASSER, un des orateurs, exposera les résultats de son enquête : Hémochromatoses de type 1: circonstances de découverte et délais diagnostiques. 

Vous pourrez également suivre les exposés des Pr Pierre BRISSOT, Pr DEUGNIER, Pr GALACTEROS.


Information et inscription

ou envoyer vos coordonnées par email à atelier.hemochromatose@efs.sante.fr


Réunion 2012 des hémochromatosiques de l'Ile de France

publié le 9 mars 2012 à 03:47 par Hervé Segalen   [ mis à jour : 9 mars 2012 à 04:02 ]

Les hémochromatosiques de l'Ile de France sont invités à la prochaine

   Réunion des hémochromatosiques de l'Ile de France
   Samedi 21 avril 2012 de 10h à 12h    
   Alliance des Maladies Rares   96 rue Didot   75014 Paris

organisée à l'initiative de l'Association Hémochromatose Paris-Ile de France

Accueil à partir de 9h30
Un repas-buffet est prévu après la réunion (renseignement : 06.60.68.16.04)

Réunion 2011 des hémochromatosiques de l'Ile de France

publié le 25 avr. 2011 à 23:04 par Hervé Segalen   [ mis à jour : 25 avr. 2011 à 23:13 ]

Les hémochromatosiques de l'Ile de France sont invités à la prochaine

   Réunion des hémochromatosiques de l'Ile de France
   Samedi 7 mai 2011   à 9h30
   Hôpital Pompidou     20 rue Leblanc   75015 Paris

organisée à l'initiative de l'Association Hémochromatose Paris-Ile de France

Diagnostic de l’hémochromatose

publié le 26 déc. 2010 à 11:17 par Hervé Segalen   [ mis à jour : 18 mars 2011 à 03:20 ]

Suite à un avis rendu par la HAS, la recherche de la mutation C282Y du gène HFE1 est prise en charge par l’Assurance maladie

L’hémochromatose HFE1 est une maladie caractérisée par une surcharge en fer liée à des mutations situées dans le gène HFE1 dont les complications peuvent compromettre le pronostic vital. La principale mutation est la mutation C282Y. La protéine HFE mutée n’est pas capable de diminuer l’absorption du fer dans l’organisme. Les mutations du gène HFE1 sont détectées par séquençage de fragments géniques amplifiés par réaction de polymérisation en chaîne. La recherche des mutations du gène HFE1 n’était pas inscrite à la nomenclature des actes de biologie médicale (NABM).

L’avis de la HAS s’appuie sur les travaux récents de l’Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé : « Evaluation clinique et économique du dépistage de l’hémochromatose HFE1 en 2004 » (avril 2004) et « Prise en charge de l’hémochromatose liée au gène HFE (hémochromatose de type 1) » (juillet 2005).

La HAS a estimé que la recherche de la mutation C282Y présente une utilité clinique, et a rendu un avis favorable quant à son inscription à la NABM, dans quatre indications. Deux d’entre elles relèvent du cadre individuel (la recherche de la mutation fait suite à la mise en évidence de signes cliniques et biologiques) ; les deux autres relèvent du cadre familial (pour certains parents au premier degré d’un porteur de la mutation C282Y à l’état homozygote). Les indications précises se trouvent dans le rapport d’évaluation (voir page 23).

L’utilité clinique de la recherche des autres mutations du gène HFE1 n’a pu être déterminée lors de cette évaluation en raison de l’absence de données identifiées montrant clairement leur implication dans la genèse d’une hémochromatose biologiquement et/ou cliniquement significative.

Au vu de l’avis de la HAS d’avril 2006 transmis à l’Assurance maladie, le test de recherche de la mutation C282Y du gène HFE1 a fait l’objet d’une décision d’inscription à la NABM par l’Assurance maladie dans les indications préconisées par la HAS (JO du 30 mars 2007, décision effective le 30 avril).


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Don du sang

publié le 26 déc. 2010 à 11:08 par Hervé Segalen   [ mis à jour : 26 déc. 2010 à 11:12 ]

L’hémochromatose génétique n’est pas une contre-indication au don de sang.

En cas d’indications de déplétions sanguines thérapeutiques, le don de sang est autorisé, sur proposition d’un médecin de l’Etablissement français du sang ou du Centre de transfusion sanguine des armées, sous réserve

d’une information éclairée du donneur et de son consentement, et dans le respect des conditions suivantes :
– le prélèvement est fait sur un site transfusionnel comprenant un centre de santé ;
– le prélèvement est fait en collaboration avec l’équipe médicale assurant le suivi du patient ;
– le don respecte les critères de sélection fixés par le présent arrêté. Le médecin peut décider de déroger aux dispositions relatives aux intervalles entre deux dons et au nombre de dons par an

DGS. Janvier 2009
Journal Officiel n°0015 du 18 janvier 2009, page 1067, texte n°23

Hémochromatose : Un nouvel espoir dans la recherche

publié le 10 mai 2010 à 01:52 par Hervé Segalen   [ mis à jour : 26 déc. 2010 à 09:48 ]

Sur YouTube, une information sur une dernière avancée de la recherche sur l'Hémochromatose à Toulouse en 2009 (Marie-Paule Roth, BMP6)

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