b) Les alliances franco-amérindiennes

Le gouverneur général est responsable des relations avec les nations amérindiennes. Il consacre une grande part de son budget au maintien de ces alliances. Les alliances sont essentielles aux autorités françaises. Leur puissante voisine installée dans les colonies britanniques représente une menace continuelle pour la colonie française. Les Treize colonies sont beaucoup plus peuplées et puissantes que la Nouvelle-France. Les nations amérindiennes contribuent alors à la défense du vaste territoire de la Nouvelle-France.


Le gouverneur de la Nouvelle-France Frontenac en route pour Cataraqui en 1690
La forteresse de Cataraqui est fondée en Nouvelle-France en 1673 sous le nom de Cataraqui. Aujourd'hui, Cataraqui porte le nom de Kingtson. 
Il s'agit d'une ville située en Ontario.
Cette peinture date de 1897-1930. 
Source : John Henry de Rinzy / BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES Canada / C-013325
Source : Récitus

Les rituels d'échange et les discussions politiques
Les rituels d'échange et les discussions politiques se font selon les traditions amérindiennes. Ils s'étalent sur plusieurs journées. Les rituels entourant la traite des fourrures sont un bel exemple de l'éloquence des négociations selon les termes des nations amérindiennes. Le rituel d'échange est autant économique et que politique. Il commence par un échange de cadeaux qui représentent 5 à 10% du budget de la Nouvelle-France. Les rituels abondent. Il y a des cérémonies, des rites, des discours, des danses et des chants, des festins... Le rituel est aussi un rappel des rapports d'amitiés entre les négociants. Les langues autochtones sont souvent utilisées d'où l'intérêt des missionnaires français à les apprendre et à produire des dictionnaires. Les coureurs des bois sont plus retissant à partager leurs connaissances des langues afin d'éliminer la compétition dans les échanges avec leurs concurrents.

 




Alliances franco-amérindiennes de 1603 
Dès 1603, Samuel de Champlain explore déjà le fleuve Saint-Laurent dans le but d'y installer un poste de traite. À Tadoussac, il participe aux grandes rencontres estivales de plusieurs nations amérindiennes. Les Innus (Montagnais), les Algonquins et les Etchemins négocient avec Samuel de Champlain. De ces pourparlers, Samuel de Champlain intègre les Français à un réseau d'alliances et de rivalités Nord-Est américain établi depuis plus d'une centaine d'années. Les nations amérindiennes en présence négocient un pacte d'amitiés avec les Français. Leurs rivaux, les Iroquois, établissent un peu plus tard des alliances avec les Hollandais de New Amsterdam (New York aujourd'hui) et les Britanniques. Ces alliances leur donnent accès aux technologies et aux marchandises européennes. Ces alliances assurent un meilleur équilibre de force entre les nations rivales. Il demeure que Samuel de Champlain ne peut négocier des armes à feu dans les ententes mais, il les rassure en promettant de combattre à leur côté lors des conflits.  La France se trouve ainsi rivale à la très puissante Ligue des nations iroquoises en Amérique du Nord.


 
Défaite des Iroquois en 1609 (Circa, 1609) (Dessin tiré des Voyages de Champlain)



De cette alliance, les Français s'allient aussi aux Hurons/Wendat 
But des alliances
  • Approvisionnement en fourrures 
  • Besoin des Français à intégrer leurs réseaux d’échange et d’alliances
  • Intérêt des Wendat d’avoir un appui militaire contre leurs ennemis les Iroquois, d’avoir des armes à feu et de maintenir ou étendre leur propre réseau commercial. 


La Grande Paix de 1701

"Nous n'avons qu'une cabane et un feu, nous ne devons avoir qu'un même Esprit, 
lions nous, l'occasion est belle." ( Kondiaronk, Grand Sachem Huron 1701)

La Grande Paix est rassemblement exceptionnel ayant eu lieu à Montréal en 1701. Ce traité de paix et d’amitié met fin à cent ans de guerres avec les Iroquois. Le traité est négociée entre les diplomates Iroquois, les Français et une quarantaine de nations amérindiennes. La rencontre de la Grande Paix est l'aboutissement de quatre années de négociations. Plus de 1300 délégués sont venus de diverses régions de la Nouvelle-France.  La Grande Paix apporte la paix entre toutes les nations cohabitant sur le vaste territoire s'étendant de l'Acadie à l'est jusqu'au Mississippi à l'ouest, et de la baie James au nord jusqu'à la rivière Missouri au sud. 


Cérémonie de la signature du Traité de la Grande Paix de Montréal en 1701 
Source : Vidéanthrop
 
Buts 
  • Mettre fin aux guerres iroquoises
  • Garantir la neutralité des Iroquois dans les conflits entre les Français et les Britanniques

Lieu de la rencontre diplomatique : Montréal en 1701
 
Signature du Traité de Montréal

Sieur de Callière, gouverneur de Montréal et trente-neuf chefs amérindiens en sont venus à apposer leur signature sur le traité de Montréal. Chaque nation appose le symbole écrit sur le traité. Chaque représentant amérindien a, en guise de signature, dessiné l'emblème de son clan ou village. L'originalité de ce traité réside dans le respect mutuel des nations signataires. Chaque pictogramme représente une nation amérindienne et le texte respecte les traités dans les traditions européennes.

    

Cérémonie de la signature du Traité de la Grande Paix de Montréal en 1701 
Source : Vidéanthrop

Les wampums de la Grande Paix

Ce wampum de la Grande paix symbolise l'alliance entre les français et les nations amérindiennes signataires du traité. Plusieurs ceintures de wampum ont été fabriquées pour entériner les alliances. Les wampums rappellent que de tels objets avaient la même signification et la même valeur aux yeux des Amérindiens que le traité en avait pour le Chevalier de Callière et les Français de Nouvelle-France. Le collier ou ceinture en perles de coquillages façonnées en cylindre, le wampum est un support de communication chez les Amérindiens. 

Ce wampum symbolise l'enterrement de la hache de guerre dans le but d'avoir une paix entre les différentes nations cohabitant sur l'ensemble du territoire de la Nouvelle-France de Louis XIV et des nations amérindiennes. 




Effets de la Grande Paix

- Les Français s'engagent à agir comme médiateurs lors des conflits entre les nations signataires.
- Les Français s'engagent pourvoir les nations signataires des produits européens et du soutien militaire dont elles ont besoin.
- Les Iroquois (Mohawks) n'interviennent plus dans les conflits armés entre les Britanniques et les Français.
- Ils poursuivent le traite des fourrures avec les marchands britanniques.
- Les convertis au catholicisme s'installent sur la seigneurie qui leur est réservée au Lac-des-deux-montagnes (près de Montréal)
- La paix relative contribue à voir à l'expansion maximale du territoire de la France en Amérique du Nord.

 
Source : Nicholas Vincent Tsawenhohi,  1825
M20855 © Musée McCord












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