Lettre M

LETTRE « M »

 

·   Main : La main est le premier outil de l’homme. Une main « fermée » comme le poing présente un aspect redouté et redoutable, un aspect négatif. Par contre, une main « ouverte » se présente comme signe d’accueil, signe de paix. En Aikido, la main est évidemment un élément majeur. Dans le prolongement du bras, elle symbolise la pointe de la lame du sabre. Le bras et la main, dans leur position semi courbée, symbolisent la lame du sabre, la « main-épée », le « te-katana ». En gardant les doigts de la main ouverts et tendus (sans raideur), on permet à l’énergie de s’écouler plus librement, on décuple la force énergétique qui s’écoule du bras par la main, comme l’eau jaillit d’un tuyau de pompier. La main ouverte mais avec les doigts collés peut aussi servir à donner un atémi au visage (comme si l’on coupait avec le sabre) pour « casser le mental » de l’adversaire (partenaire), c’est-à-dire pour le « distraire » dans son action.

·   Maintenant : L’instant même. Le moment présent. Il importe d’en prendre conscience dans chacune de nos actions. Le « Maintenant » rejoint le « Ici ».

·   Maintien : L’attitude, le port, la prestance. Là aussi, un juste milieu s’impose : ni trop fier, ni trop timoré. Savoir « être à sa place » et avoir une attitude digne. Le maintien est important. Un maintien parfait dénote une stabilité mentale parfaite. C’est le « Shisei ». Un bon « shisei » est dissuasif.

·   Maître : Morihei Ueshiba, le fondateur de l’Aikido était un tout grand « Maître », non point uniquement parce qu’il connaissait les techniques, mais parce qu’il les avait  parfaitement intégrées et parce qu’il était parvenu à une connaissance approfondie de lui-même. En général, l’appellation de « Maître » vise une personne élevée au moins au grade de 6ème Dan. Nous avons tout à apprendre des maîtres. Pourtant, les vrais Maîtres disent qu’il « n’y a pas de maître ». Nous sommes chacun notre propre « maître ». Nous possédons déjà en nous le potentiel pour parvenir à la réalisation de nous-même. Les « Maîtres » avec qui nous pratiquons ne nous imposent rien : ils nous guident seulement en fonction de nos propres dispositions, afin que nous réalisions par nous-même ce qui peut l’être.

·   Maîtrise : La « Maîtrise » ne s’acquiert un beau jour que par une pratique constante et sincère. Si elle est atteinte, elle doit aussi se conserver. C’est pourquoi, la remise en question permanente, la recherche, le travail acharné pour se parfaire, se polir, encore et encore, doivent continuer incessamment.

·   Mal : Qu’est-ce qui est bien, qu’est-ce qui est mal ? Le « mal » est la partie cachée du « bien », le revers de la médaille. Rien ni personne n’est uniquement « bon » ou « mauvais ». Il faut prendre conscience du mal, du mauvais, mais l’accepter au même titre que le bien. Le mal en tant que « douleur » existe dans la pratique de l’Aikido. On peut ressentir le « mal » si une technique de luxation est appliquée de façon un peu trop prononcée, ou bien se faire « mal » lors d’une mauvaise chute, etc. Il faut au maximum éviter de se faire mal ou de faire mal au partenaire. Le « mal », la douleur, n’est pas un but en soi dans la pratique de l’Aikido.

·   Manche : Comme il n’y a pas de compétition en Aikido, il n’y a pas de « 1ère manche » ou « 2ème manche », etc. Si l’on parle de « manche » en Aikido, cela peut concerner deux choses : soit la partie du vêtement que l’on saisira lors d’une attaque, soit la partie du sabre en bois (le bokken) par lequel on le saisit pour frapper. On parlera alors plutôt de « poignée » (tsuka). Le manche du sabre peut servir à donner un atémi.

·   Manque : Si, pour l’une ou l’autre raison, on est obligé d’arrêter momentanément l’Aikido, on est vite « en manque ». L’Aikido pratiqué avec régularité devient vite « indispensable ».

·   Manuel : Adjectif venant de « main ». Par opposition à intellectuel, on peut dire que l’Aikido qui se pratique à mains nues aussi bien qu’avec armes est un art « manuel ». Mais, il serait préférable de le considérer comme simplement « corporel », car non seulement les mains, mais tout le corps, dans son unité, participe à l’élaboration du mouvement. Sur un autre plan, on peut dire qu’il existe de nombreux livres, de nombreux « manuels » qui abordent les aspects techniques et intellectuels de l’Aikido. A nous de les découvrir et de les lire.

·   Marche : Lors des déplacements en Aikido, on s’efforce de retrouver le réflexe naturel de la marche. Il y a plusieurs façons de marcher : en levant le pied, en le glissant, en posant d’abord la pointe, en posant d’abord le talon, etc. Ces différentes sortes de marches sont d’une grande utilité lors de l’application des mouvements. Pendant la marche, il est bon de veiller à garder le tronc bien droit, les genoux souples.

·   Maturation : Le fait de mûrir, de s’améliorer, de bonifier. Il n’y a que le temps qui œuvre à la maturation, à condition que le travail soit permanent, continu, sincère.

·   Maturité : C’est l’aboutissement de la maturation. C’est le fait d’être mûr. La maturité dépend bien sûr en partie de l’âge, mais aussi du vécu, des expériences de vie ; sur le plan technique de l’Aikido, la maturité s’acquiert en travaillant très régulièrement avec un maximum de partenaires différents, en participant à de nombreux stages, en voyant beaucoup de professeurs ou de grands maîtres différents.

·   Mécanique : Il est important de bien comprendre la « mécanique » du mouvement. Surtout, pour ne pas aller à l’encontre des directions naturelles des articulations. A force de répétition, les gestes et mouvements que l’on s’efforce de reproduire finissent par devenir « mécaniques », c'est-à-dire spontanés et indépendants de toute volonté. Même dans ce cas, il est bon que l’esprit soit conscient de ce que le corps fait spontanément.

·   Médaille : Il n’y a pas de médaille en Aikido car pas de compétition.

·   Méditation : La méditation est une méthode, un moyen pour nous aider à vider l’esprit. Il y a plusieurs méthodes ou façons de méditer. On peut fixer son attention sur un objet extérieur : les flammes d’un feu, une bougie, une fleur ; essayer d’aller au cœur des choses, de les pénétrer au plus profond. On peut se concentrer sur l’intérieur de soi-même : écouter les battements de son cœur, percevoir les mouvements des poumons ou du ventre qui se gonfle et se dégonfle, compter le nombre d’inspirations et d’expirations, etc. Le but est de ne pas s’attacher aux idées qui passent par la tête. Ne pas vouloir les arrêter, ne pas s’y attacher. La méditation permet de faire le lien entre le corps et l’esprit. Elle peut se pratiquer en position agenouillée (seiza) ou assise (zazen).

·   Mémoire : La première mémoire, en Aikido, est la mémoire du corps qui subit ou agit grâce au partenaire. Le corps emmagasine les sensations, les poussées, les pressions, bref toutes les actions auxquelles il est soumis. A force d’habitude, il finit par restituer ce qu’il a perçu. Les mouvements refont soudain surface spontanément, un peu comme les feuilles mortes remontent à la surface d’un étang. Toutefois, il est intéressant d’exercer sa mémoire « cérébrale » afin de retenir la terminologie des mouvements propres à l’Aikido et qui sont exprimés en langue japonaise. La rétention mémorielle des noms des techniques peut constituer un support, une aide permettant au corps de mieux reproduire le mouvement car celui-ci sera mieux « visualisé ».

·   Menace : Lorsqu’on se met en position de garde, notre mental doit déjà s’étendre en direction de celui qui nous fait face. Il faut que le partenaire (l’adversaire) sente notre esprit de décision. Cette attitude se ressent particulièrement dans le travail au sabre où, lorsqu’on fait face au partenaire, on dirige la pointe de notre propre sabre vers sa gorge, en y mettant toute notre énergie. Ce principe se traduit en japonais par le terme « Seme » (Prononcez : « sémé »).

·   Mental : Le mental permet de « faire des miracles ». Il est étroitement lié à l’énergie interne, au « Ki ». On connaît le cas d’alpinistes qui ont survécu à des températures extrêmement basses, malgré un équipement défaillant, grâce uniquement à la force de leur mental et de leur envie de vivre. En Aikido, le mental exerce également une grande influence sur le physique. Et il est lui-même façonné par la répétition incessante des mouvements du corps. Le mental permet le processus de visualisation dont on parlera plus loin. Avoir « un bon mental », en Aikido, c’est faire preuve de sincérité, de respect, de patience, de fidélité.

·   Mépris : Ce qui est méprisable, c’est de mépriser les autres, de ne pas les prendre en considération à leur juste mesure, de les dénigrer gratuitement et inutilement. Il ne faut jamais avoir du mépris pour des pratiquants de grade « inférieur ».

·   Merci : Nous remercions le fondateur de l’Aikido, O Sensei Morihei Ueshiba, pour cet Art magnifique qu’il nous a légué. Nous remercions nos professeurs pour le dévouement qu’ils démontrent à notre égard. Nous remercions nos partenaires pour leur investissement personnel, leur patience envers nous.

·   Mérite : Le pratiquant assidu, régulier, sincère et désintéressé a du mérite. Il mérite qu’on l’apprécie à sa juste valeur.

·   Message : Le message que le fondateur de l’Aikido, O Sensei Morihei Ueshiba, a voulu nous apporter en créant l’Aikido est un message d’Amour universel, de paix, de respect de l’autre. Il nous fait comprendre que, quelles que soient notre origine et notre race, notre nationalité, notre appartenance à une religion ou à un groupement politique, nous sommes tous des êtres humains mortels et que l’idéal du Budo n’est pas de nous combattre les uns les autres mais de nous soutenir mutuellement et nous préserver pour mener ensemble une vie meilleure. Il nous demande de créer une chaîne universelle d’amitié par le biais de notre pratique.

·   Mesure : En toute chose, il est bon d’avoir une « juste mesure ». La valeur d’un pratiquant d’Aikido ne se mesure pas uniquement sur ses performances techniques. Le dessinateur ou le peintre qui a « le compas dans l’œil », comme on dit, peut évaluer les choses à leur juste mesure. En Aikido, aussi, il faut apprendre à évaluer les choses convenablement. En matière de distance par rapport au partenaire, notamment. Dans la vie de tous les jours, savoir apprécier les choses à leur juste mesure : ne pas faire un drame du moindre incident, pas de « tempête dans un verre d’eau » !

·   Méthode : Il est bon, quand on veut enseigner convenablement, de suivre une certaine méthode. Connaître la pédagogie, la didactique. Connaître les différentes méthodes existantes et savoir les utiliser à bon escient. En matière d’entraînement, il existe plusieurs méthodes : en force, en souplesse, seul, par deux, contre plusieurs attaques similaires qui se suivent, contre plusieurs attaques différentes, à mains nues, avec armes, etc. Il est conseillé de prévoir des paliers de progression, des révisions, etc. Certains professeurs persistent à prétendre qu’il n’est pas nécessaire de suivre une méthode, que la méthode entrave la liberté. C’est leur point de vue. Ils préfèrent enseigner tout et n’importe quoi. Comment leurs élèves peuvent-ils un jour « créer » quelque chose de bien s’ils n’ont pas reçu les bases ? Je vous laisse le soin de répondre à la question.

·   Métier : Cent fois sur le « métier » remettez votre ouvrage. Cela veut dire qu’il faut pratiquer encore et encore, avec autant de partenaires que possible. Rares sont toutefois ceux qui peuvent faire de l’Aikido leur « métier » à part entière. Il n’y a que les tout grands maîtres, anciens élèves du fondateur et quelques autres qui s’y sont consacrés pleinement et uniquement. Avoir « du métier », cela signifie s’être exercé quotidiennement, pleinement à l’activité que représente l’Aikido.

·   Mimétisme : Bien sûr, quand on apprend, on s’efforce de reproduire ce que l’on voit ou entend. Toutefois, la question n’est pas de vouloir « copier » à tout prix ce que nous montrent les autres. En Aikido, chacun doit faire son propre chemin menant à sa propre « réalisation ». Après de nombreuses années de pratique, ce qui pouvait sembler un « mimétisme » vide de sens va progressivement et finalement se changer en un mode d’expression personnel, prenant en compte le vécu du pratiquant.

·   Miracle : Il n’y a pas de « miracle » en Aikido. Même si, parfois, on peut avoir des expériences de « prise de conscience » proches du « satori ». Ces expériences ne sont que le fruit d’une pratique très intense et régulière.

·   Mobilité : L’Aikido c’est la mobilité. Rien n’est jamais purement statique dans l’Aikido véritable. Bien sûr, certains exercices de base peuvent d’abord s’apprendre de façon statique, mais ils évoluent rapidement vers une application tout à fait cinétique. Les grands maîtres japonais répètent souvent « fure, fure », ce qui veut dire « bougez, bougez ». Il est bon d’apprendre à bouger comme l’eau de la rivière qui ne s’arrête pas, comme le tourbillon, comme le vent de la tornade.

·   Modèle : Notre premier modèle, en Aikido, c’est bien sûr O Sensei, Morihei Ueshiba, le fondateur. Il y a ensuite tous ses anciens et premiers élèves qui sont tous des « Shihan », ce qui, en japonais, signifie justement « modèle ». Viennent ensuite nos professeurs attitrés qui se remettent régulièrement en question. Nous-mêmes, devons nous efforcer d’être des « modèles » pour nos amis pratiquants. Dans la vie sociale, efforçons-nous aussi d’être des modèles en appliquant les principes de l’Aikido.

·   Modération : Comme toute chose, l’Aikido est à consommer « avec modération ». Il ne faut pas en attraper une « indigestion ». Certains, trop pressés d’arriver à la « ceinture noire » et n’ayant que cela comme objectif, font de l’Aikido tous les jours de la semaine à raison de deux heures en moyenne (parfois quatre avec le temps de midi). Cela dure quelques mois, quelques années au plus et puis, tout à coup, c’est la « saturation ». Ils abandonnent et on ne les voit plus pendant plusieurs mois ou plusieurs années ou bien…plus du tout !

·   Modestie : Ce sentiment rejoint celui de l’humilité. L’Aikido étant l’apprentissage de la « mise en veilleuse » du « petit moi », la modestie est le premier pas à effectuer dans ce sens.

·   Moi : Il y a le vrai « Moi », profond, mystérieux que l’on doit s’efforcer de découvrir et il y a le « petit moi » superficiel, vaniteux, égoïste qui tend à se mettre en avant à toutes les occasions. Ce dernier « moi » est notre pire ennemi, notre vrai adversaire, celui que nous devons combattre au jour  le jour pour laisser la place au vrai « Moi ».

·   Moment : L’Aikido c’est le geste juste au moment juste. Ce moment juste est fait de spontanéité, d’intuition. Il faut vivre intensément chaque « moment », chaque seconde de notre existence dans chaque action.

·   Monde : Bien que l’Aikido soit destiné à être pratiqué de par le monde entier dans le respect et la compréhension mutuels, il constitue un « monde » à part qui n’est pas très différent des autres « mondes » terrestres. L’Aikido est une activité « humaine » pratiquée par des « hommes » qui ont leurs bons et mauvais côtés. C’est donc un « monde » où, comme partout ailleurs, règne encore la jalousie, l’envie, les disputes, les rivalités d’écoles, les luttes entre fédérations, les luttes de prestige, etc. Il ne faut se faire aucune illusion à ce sujet. Mais le monde de l’Aikido est en recherche permanente en vue d’une harmonisation de ses composantes. Et cela est bien.

·   Monopole : Nul ne peut prétendre posséder le « monopole » de la détention de la « Vérité », en Aikido. Depuis la création de l’Aikido par Morihei Ueshiba, il y a eu tant de « distorsions » liées à la compréhension individuelle des élèves (les premiers disciples) qui les ont transmises à leurs propres élèves (seconde génération) et ainsi de suite que, forcément, il existe des différences notoires entre les différentes écoles, styles ou approches. Chaque maître, chaque école, détient une petite partie de la grande « Vérité ». Mais personne, vraiment n’en a le monopole.

·   Montagne : Les arts martiaux et, parmi eux, l’Aikido, sont autant de « chemins », de voies, de sentiers menant au sommet de la montagne. Le sommet de la montagne étant le symbole de l’accomplissement, de la réalisation personnelle, de la véritable connaissance de Soi. Certains sentiers sont plus abrupts, d’autres plus longs et progressifs, d’autres plus clairsemés, d’autres plus touffus, etc. Même pour arriver au sommet de la montagne, le sentier ne monte pas toujours sans arrêt : parfois il descend un peu pour remonter un peu plus fort. La progression vers le sommet se fait « en dents de scie ».

·   Moral : Le « moral » est lié à la bonne condition physique et à la puissance du mental. En toute circonstance, essayons de « garder le moral ». Les tracas de la vie ne nous y aident pas toujours. L’Aikido nous y aide car il nous aide à « relativiser » les choses.

·   Mort : C’est la grande « inconnue ». Est-ce une fin ? Est-ce un nouveau départ ? La porte sur une nouvelle Vie ? Est-ce une « autre » vie ? C’est certainement une autre dimension. La pratique de l’Aikido nous aide à comprendre et à accepter la mort. On dit « pousser son dernier soupir ». En Aikido, chaque fois que nous expirons en chutant ou en subissant un contrôle, c’est un peu comme si nous « mourrions » l’espace de quelques secondes. Quand nous « chutons », c’est un peu comme si nous mourrions. Quand nous nous « relevons », c’est un peu comme si nous « ressuscitions », revenions à la vie. Il importe d’aborder chaque cours comme si c’était le premier et…le dernier : c'est-à-dire comme si quelques instants plus tard, nous serions peut-être mort. Alors, les choses se passent « pleinement », « intensément ».

·   Mot : Les mots peuvent éclairer les choses. En Aikido, les mots peuvent aider à « éclairer » le message colporté par le corps, par les gestes. Mais les mots ne sont qu’un pauvre support car ils peuvent aussi être mal interprétés. Jamais, ils ne remplaceront le « senti », le « vécu », l’expérience du corps. Il ne faut donc pas en abuser pendant la pratique.

·   Motivation : La « motivation » est la clé de voûte de tout apprentissage. Si la motivation est bonne, la pratique sera bonne. Au début, la première motivation des débutants est « apprendre à se défendre efficacement ». Cette motivation de départ est légitime. Toutefois, vu la complexité de l’Aikido, la désillusion et la déception risquent fort de s’installer très vite. Il est donc du devoir du professeur et des autres pratiquants avancés, de persuader le débutant qu’il y a quelque chose de plus profond à découvrir « derrière la technique ». Il est utile de réorienter la motivation de base. A chaque leçon, le professeur aura pour souci de « motiver » ses élèves.

·   Mouvement : La mobilité. L’Aikido sans le mouvement n’est pas l’Aikido. Le mouvement fluide, tout en souplesse, qui se déroule comme le fil d’une bobine, sans se casser, comme la branche de saule dans le vent, voilà le mouvement de l’Aikido.

·   Muscle : O Sensei, Morihei Ueshiba, disait que celui qui pouvait porter trois grains de riz pouvait faire de l’Aikido. Évidemment, les muscles sont présents dans le corps humain. Mais certaines personnes sont plus musclées que d’autres. Celles qui sont « trop » musclées auront certainement plus de difficultés que les autres à essayer d’oublier leurs muscles pour ne travailler qu’en souplesse. Ce n’est pas la force physique pure, mais bien l’énergie interne que l’on doit mettre en œuvre dans les mouvements d’Aikido. Avec beaucoup de patience, même ceux dotés d’une force physique naturelle arrivent à « dompter » celle-ci et à travailler en harmonie avec leur partenaire.

·   Mutation : La pratique de l’Aikido nous aide dans notre mutation profonde afin de devenir vraiment « nous-même ». Cette mutation, ce changement en profondeur, c’est un peu comme la mutation du plomb en or, dans l’alchimie des temps anciens. Le processus est long, ardu, délicat.

·   Mystère : L’Aikido peut sembler « mystérieux » aux yeux du spectateur. Il n’y a pourtant rien de vraiment mystérieux. Seule la pratique sincère, régulière, la remise en question constante permet au pratiquant de se réaliser lui-même et de s’exprimer au mieux avec ses partenaires.

·   Mystification : Certains soi-disant « professeurs d’Aikido » ou « Maîtres d’Aikido » essaieront peut-être de vous faire croire qu’ils peuvent faire chuter ou projeter un adversaire rien qu’en le regardant ! Méfiez-vous de ce genre de personnes ! Elles ressemblent plus à des escrocs qu’à des professeurs d’Aikido. S’il est vrai que, lorsque vous pratiquez avec de véritables maîtres de haut niveau, tels que Tamura Sensei, fils spirituel du fondateur de l’Aikido, il peut vous arriver de sentir comme une « puissance énergétique » formidable qui vous « coupe en deux » comme la lame du sabre, ce dernier n’a jamais prétendu faire tomber quelqu’un à distance. Il est pourtant 8ème Dan d’Aikido et a pratiqué toute sa vie ! Ne mettons donc pas de « mystère » là où il n’y en a pas !

 

 

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