YASNS-Yet Another Social Network Service

Facebook, Myspace : réseaux sociaux en ligne et nouvelles pratiques de communication



Thibaut THOMAS


Directeur : M. DROUOT, Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence.

Année : 2007

Mots-clés :  
Social Network Service / réseaux de communication / en ligne / hors-ligne
/ graphiques sociaux / virtuel / réel / hyperréalité  / Galaxie Internet / Web

Résumé : 
Le développement des technologies de l’Internet et du Web ont permis l’apparition de nouveaux outils de communication : les services de réseaux sociaux en ligne. Ceux-ci connaissent un large succès auprès des internautes, mais les enjeux qu’ils soulèvent sont sous-estimés. Ils pourraient permettre aux Hommes de s’affranchir des contraintes cognitives et physiques à la communication, et remettent en cause l’opposition virtuel – réel.

I A l'origine : de l'invention d'Internet au Web 2.0


Je reviens sur l'Historique d'Internet dans une première partie, en essayant de montrer qu'à chaque étape de son développement, les utilisateurs ont inventé de nouvelles manières de communiquer qui n'avaient pas été prévues par les concepteurs (apparition des mailings lists, des forums, de l'email, du Chat, des blogs...).



II Les SNS


Ensuite, passons à un essai de définition des SNS, (ou SocNets), c'est à dire Social Network Services, à ne pas confondre avec des MMORPG (Massive Multiplayer Online Role Playing Game) comme WoW ou Second Life. Je passe sur une description des principaux acteurs SNS en février 2007 (Myspace, Facebook, Hi5, Orkut, Friendster, plus des petits notables comme LinkedIn, ASmallWorld (JetSet), ZePeople (leader ouest parisien/nappy).
Les SocNets sont des services internet de profils affichant un réseau social publiquement navigable.

III SNS et Nouvelles Pratiques de Communication




A  Théories de la Communication appliquées aux SNS

j'essaye ici de mobiliser différentes théories pour mieux comprendre le phénomène SNS.
Notons entre autres : le nombre de Dunbar, une limite au nombre d’individus avec qui une personne peut maintenir une relation stable, cette limite est directement liée à la taille du néocortex, qui limite à son tour la taille du groupe (le nombre de Dunbar est 150).
Ensuite je reviens sur la théorie du Small World, et les fameux "6 liens de séparation". On retrouve partout dans le champ humain des réseaux de type Small World :ils présentent deux caractéristiques presque contradictoires : ses nœuds possèdent un très haut degré de coalition à petite échelle avec une petite fraction des nœuds du réseau, et en même temps ne sont pas éloignées de plus de quelques degrés de n’importe quel autre nœud sur le réseau.



B Cas Pratique

Dans ce cas pratique j'ai étudié un réseau Facebook, celui des Etudiants de Sciences Po Aix, tel que je pouvais le mesurer au 14 février 2007 (nous n'avons donc pas de réseau officiel, et le groupe "IEP d'Aix" n'était pas pertinent car très fréquenté par une bande d'amis).
Je décris alors plus avant les fonctionnalités de Facebook. Puis une étude expérimentale.
J'ai donc mené une étude topologique (la forme du réseau, qui semble exclu, qui semble inclus, qui rayonne..) et statistique. J'ai montré que malgré le peu de connexions entre les individus (sur 40 personnes, densité de 0,17, moyenne de moins de 7 contacts par personne), donc il reste beaucoup de connexions à établir !), le diamètre était restreint (4), donc en dessous des 6 degrés de séparation.



C Nouvelles Pratiques de communication
Ici j'ai décrit l'avènement de la communication a-synchrone, de l'inscription (s'ins-crire , c'est exister en se d-écrivant soi même), l'aspect performatif des SNS et la re-production d'une identité en ligne. Enfin, la communication devient many to many plutôt que one to many. Je reviens aussi sur les différences entre communication hors ligne et hors ligne (Persistance ( persistence ),  la possibilité d’effectuer des recherches (searchability), le caractère réplicatif (replicability), et le public invisible (invisible audience), sans sombrer dans les paniques du genre "les DRH vont savoir ce que nous faisons sur internet".



Conclusion : la fin du Cyberespace et la Galaxie Internet


Une modeste tentative d'élever un peu le débat au delà du "mais tout ça n'existe pas, c'est sur internet".
Je pense que la dichotomie réél/virtuel est à remettre en question. La notion de Cyberespace cristallisait dans les années 90 le fantasme d'un monde autre, non réel, virtuel dans lequel on pourrait se perdre. J’utilise les travaux d’Umberto Eco, Jean Baudrillard et Manuel Castells pour décrier Matrix et au contraire, affirmer que les images (au sens sémiotique) ont perdu leur capacité à être virtuelles car leur référent ne peut plus être distingué : ce qui était autrefois désigné comme virtuel est maintenant plus présent que la réalité elle-même. Les SNS sont ancrées dans le réel et permettent des interactions entre humains, des êtres réels, physiques, tangibles.
Dans la tradition de McLuhan, je rejoins la théorie de l’entrée dans une nouvelle Galaxie :  la Galaxie Internet de Manuel Castells.