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Arts martiaux

L'entraînement des arts martiaux varie énormément d'une discipline à l'autre. Mais en étudiant les besoins physiologiques et les mouvements propres à chaque spécialité et en analysant les combattants d'élite, on peut concevoir un programme de préparation physique adapté à un art martial donné.

Bien sûr, tous les exercices et les modes d'entraînement ne sont pas aussi utiles à tous les pratiquants d'arts martiaux. Une simple comparaison de deux disciplines parmi les plus populaires (olympiques, de surcroît) démontre pourquoi :

 Taekwondo
Art martial le plus populaire dans le monde, le taekwondo se caractérise par les poomsés, une série de mouvements impliquant coups de poing, coups de pied, blocages, sauts et retournements à haute intensité (1). Au niveau olympique, les séquences d'effort du taekwondo consistent en 3-5 secondes à intensité élevée entrecoupées de périodes de moindre intensité. Au cours de chaque round de 2 minutes, le rythme cardiaque peut atteindre 100% de la FC maximale et la réponse lactique être assez élevée.
  • La puissance et l'endurance anaérobies doivent donc être excellentes pour permettre aux combattants de répéter des épisodes d'activité à forte intensité avec des périodes de repos réduites (2,3).
  • L'endurance aérobie, pour la plupart des athlètes de taekwondo, est moins importante que l'endurance anaérobie. Des études ont montré que la pratique du taekwondo a un effet minimal sur la santé cardiovasculaire (1,2,4).
  • Bien qu'il puisse être utile de la développer préalablement à un niveau intéressant avant de la retravailler spécifiquement, la force maximale est moins importante que la puissance explosive.
  • La souplesse (flexibilité) fonctionnelle est essentielle dans tous les arts martiaux. Dans ce contexte, le terme "fonctionnel" signifie simplement la mobilité articulaire est utilisée directement pour la performance en compétition. Par exemple, un combattant capable de faire le grand écart au sol peut manquer de force et de puissance dans les fléchisseurs de la hanche pour lever la jambe au-dessus de 90 degrés en position spécifique de combat, c'est-à-dire manquer de souplesse active, debout face à son adversaire.
En résumé, la préparation physique du "taekwondoiste" doit développer en priorité sa puissance explosive, sa vitesse gestuelle et son endurance anaérobie. Il convient également de travailler la mobilité articulaire fonctionnelle et de maintenir un pourcentage de masse grasse assez faible (1,2), c'est-à-dire encourager une alimentation contrôlée.

 Judo
Le judo est caractérisé par des efforts de courte durée et de forte intensité sous forme intermittente pendant un peu plus de 7 minutes (5 minutes au niveau olympique) par match (5). Par conséquent :
  • L'élévation de la lactatémie (taux de lactate sanguin) et de la réponse cardiaque est similaire à celle du Taekwondo (6), ce qui révèle un besoin significatif de puissance anaérobie (6).
  • Cependant, à la différence de taekwondo, la durée des combats étant plus longue, la demande est plus importante sur la filière énergétique aérobie, ce qui rend plus important l'entraînement en endurance (6). D'ailleurs, les profils physiologiques des judokas d'élite montrent bien qu'ils possèdent un niveau élevé de puissance aérobie (7).
  • Par ailleurs, la nature lutteuse du judo donne une priorité accrue au développement de la force maximale par rapport aux autres arts martiaux. En particulier, le judoka a besoin d'un niveau élevé de force isométrique (résistance statique) (8).
  • Bien que la vitesse gestuelle soit peut-être moins cruciale par rapport à taekwondo (encore que !), la puissance et la capacité anaérobies des membres supérieurs et inférieurs doivent toujours être un objectif majeur du programme de conditionnement physique.
Les articles ci-dessous portent sur divers aspects des arts martiaux et de préparation physique. Certaines méthodes sont communes à de nombreuses disciplines sportives (même hors arts martiaux), tandis que d'autres sont plus spécifiques. Même au sein de l'entraînement de la puissance explosive ou de la souplesse active, par exemple, vous aurez parfois à préférer certains exercices selon votre discipline.


 
  L'entraînement en ARTS MARTIAUX