Superstition


La SUPERSTITION


Dans le Coran, la parabole du pont de Shira dit que pour atteindre l'illumination, il faut d'abord traverser le pont de Shira large comme le fil d'un rasoir et bordé de deux précipices insondables, l'un, celui de l'intellect raisonneur, et l'autre, celui de la superstition.

La superstition nous dit le dictionnaire, est une croyance. Déviation du sentiment religieux, fondée sur la crainte ou l'ignorance, et qui prête un caractère sacré à certaines pratiques, obligations, etc... Cette définition pour académique qu'elle est, ne me semble pas être la meilleure pour définir la superstition. La meilleure définition de cette superstition, je la dois et je l'emprunte à ce génial occultiste pourtant si méconnu du pays qui l'a vu naître, je veux parler de Fabre d'Olivet, voilà ce qu'il en disait :

La superstition c'est donner de la valeur à ce qui n'en a pas.

Lorsqu'une formule est simple et aussi élégante, elle ne peut pas être autre chose qu'efficace, pour ne pas dire la plus efficace. Comme il était dans ses habitudes, Fabre d'Olivet nous donne ici un exemple de la parfaite justesse de sa pensée, justesse qui n'est pas que l'exception d'une règle, mais, chez lui, qui était la Règle. Je donne cette petite indication à ceux qui voudraient lire ou relire les oeuvres de cet Esprit providentiel.

La superstition, chacun pense ou croit savoir ce que c'est... Probablement un personnage entouré de ses gris-gris ; un adepte de la voyance ; un individu qui fait ou ne fait pas certaines choses sans respecter un certain rituel comme ne pas passer sous une échelle, jouer ou ne pas jouer au Loto un vendredi 13, ne pas utiliser la couleur verte, avoir une patte de lapin à portée de la main, toucher du bois pour conjurer le mauvais sort, verser du sel sur le seuil de sa porte, ne pas poser un pain sur le dos, ou encore faire une croix symbolique avec le couteau avant de couper ce pain. Les formes de superstition sont presque infinies et chaque peuple, chaque nation, chaque village, chaque tribu, chaque famille, et chaque personne pratiquent consciemment ou inconsciemment une forme de superstition. Consciemment c'est là une manifestation de la faculté volitive peu éclairée ; inconsciemment c'est lorsque l'on s'est fait refiler, par les traditions familiales, culturelles, cultuelles ou sociales, des superstitions comme étant des éléments d'une certaine normalité, et que par paresse, routinière et ignorance on perpétue.

La superstition nous dit le dictionnaire, est une croyance, mais ce qu'il oublie de préciser c'est que c'est nécessairement une croyance aveugle puisqu'elle est basée sur l'ignorance la plus manifeste. Car ceux qui s'en remettent à la superstition sont en général ceux qui sont incapables de comprendre les mystères qui les entourent et qui plus est, qu'ils redoutent. (sentiment de peur qui nous renvoie aux précédents articles dans le Grand Œuvre d'Hermès Trismégiste).

À ceux qui n'ont pas encore fait le moindre effort pour épurer la justesse de leurs pensées, il serait difficile de pouvoir prétendre qu'ils ne sont pas plus ou moins superstitieux. Et ceux qui sont superstitieux, même à un faible degré, par voie de conséquence, renvoient à l'ignorance, à l'aveuglement et aux émotions de basses intensités qu'ils hébergent en leur sein.

Celui qui épure sa pensée pour la rendre Juste en Vertu, peut-il concevoir de donner asile à la moindre superstition... Assurément non ! nous dit la parabole du pont de Shira. Assurément non ! nous dit la définition de Fabre d'Olivet car comment avoir une pensée Juste en Vertu, si cette pensée peut contenir de fausses valeurs... Vouloir accéder à une pensée Juste en Vertu est nécessairement une rédemption, et il n'y a pas de rédemption sans repentir sincère ; encore faut-il le vouloir (désir de rédemption) et faire l'effort nécessaire pour l'obtenir (le repentir sincère). Prendre conscience des superstitions qui encombrent les pensées que nous avons accepté de recevoir, nécessite un certain niveau de connaissance ; tout passe par là comme j'ai déjà eu l'occasion de le signaler, ainsi que d'avoir la volonté de s'en débarrasser, ce qui est beaucoup plus difficile qu'il n'y paraît de prime abord. Car s'il peut paraître accessible à la volonté qui s'active de dominer les asservissements que tente de nous imposer le Destin, - par la ruse de ses petits rituels anodins et familiers que sont les superstitions d'une normalité comportementale -, il est autrement plus difficile de s'affranchir des superstitions collectives, qui ont su habilement se travestir pour se faire oublier en tant que superstition.

Imaginons qu'à partir d'aujourd'hui, activant tout à plein votre faculté volitive, votre attention de tous les instants, et affûtant autant-que-possible votre faculté de discernement, vous décidiez de ne plus donner asile à la moindre superstition croyez-vous pouvoir y parvenir aisément ?

Pour les plus visibles et les plus conventionnelles, je pense que oui, même si, à l'image du fumeur qui souhaite arrêter de fumer, il vous faudra faire preuve d'endurance dans la vigilance, car, à la moindre occasion, la tentation de rechute sera forte, et les occasions ne manqueront jamais. Pour les moins visibles, c'est une toute autre histoire... Prenons, à l'aune de la belle définition de Fabre d'Olivet, la plus grande, la plus puissante et la plus universelle des toutes les superstitions, et qui est probablement la plus méconnue...

Je veux parler de la monnaie (communément dénommée l'argent), car cette monnaie qui est le dénominateur commun entre tous les individus vivant sur cette planète est bel et bien une superstition, puisqu'elle consiste à donner de la valeur à ce qui n'en a pas, (un vulgaire carré de papier imprimé), et de générer une croyance aveugle en cette valeur que le Destin, si habile à la manoeuvre, désigne sous le vocable de CONFIANCE... Vous avez d'ailleurs comme exemple pour illustrer la justesse de mon propos, le passage à l'Euro, monnaie qui avant son avènement ne valait rien, et qui littéralement du jour au lendemain c'est retrouvée parée d'une valeur commune, alors que, dans le même temps, ce qui avait depuis des siècles acquis une certaine valeur, plus ou moins fluctuante d'ailleurs, je veux parler du Franc Français pour ce qui concerne ce pays, c'est retrouvé, pour cause de croyance commune et tout aussi aveugle, totalement sans valeur.

Combien d'adeptes de cette superstition se sont, dans l'histoire, fait berner par elle, que ce soit à l'époque de Law, du franc-or, de l'ancien ou du nouveau Franc ; ou encore comme, il en était précédemment pour les monnaies métalliques, par chaque escroc, dont les gouvernements n'étaient pas parmi les derniers, qui passait son temps et son talent (pas la monnaie, mais l'aptitude) à les rogner. Aujourd'hui où la planche à billets des États-Unis tourne jour et nuit de façon effrénée pour inonder la mondialisation de ses papiers, qui n'avaient pas grande valeur à l'époque où ce pays était vertueux, aujourd'hui où c'est le vice qui a pris le contrôle de cette machine complètement folle, que vaut cette superstition qu’est le dollar?... Probablement, si la montagne de dollars accumulés dans les grandes banques de la planète était mise en circulation, cette monnaie révélerait qu'elle vaut encore moins que le papier qui lui sert de support... Mais, pour l'instant, et cela pourrait ne pas durer éternellement, tout est fait pour maintenir la CONFIANCE, qui n'est ici pas autre chose que la plus grosse et la plus vulgaire des fois aveugles. Même ceux qui sont au fait de cette réalité, et connaissant parfaitement l'état de dégradation de cette monnaie, font semblant d'y croire, mais juste semblant...

Je ne m'étendrai pas sur les redoutables conséquences qui attendent patiemment le moment le plus favorable pour s'abattre sur notre civilisation "moderne", pseudo "éclairée", faussement "démocratique", les temps qui les verront venir ne sont peut-être pas si loin qu'il y paraît. Je voudrais, par cet article attirer l'attention des chercheurs sincères des lumières de la Divine Providence, sur la nécessité de pratiquer une pensée Juste en Vertus, et aussi sur l'étendue de l'ouvrage à réaliser pour y parvenir.

Une pensée Juste en Vertu, ne supporte pas le mensonge, et la superstition n'est pas autre chose qu'un mensonge!

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