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les fonctions de base du Nom

 

LE SUJET

Le sujet forme avec le verbe un groupe indissociable ; c'est lui qui détermine la "personne" du verbe. A eux deux ils forment une "phrase minimale" et le noyau de la proposition.
  • En français, le sujet d'un verbe est toujours exprimé, sauf à l'impératif. Quand il ne s'agit pas d'un nom, il est remplacé par un pronom. Ce n'est pas le cas du grec ni du latin, où la désinence du verbe suffit à indiquer le sujet.
  • En grec et en latin, pour les verbes conjugués, le sujet est généralement au nominatif - c'est à dire que sa forme contribue à indiquer sa fonction : ὁ ἄνθρωπος τρέχει, uir currit, l'homme court. La terminaison de ἄνθρωπος et de uir indiquent que ces mots sont au nominatif singulier.
  • Rien de tel en français : il faut donc déduire du sens même du verbe, et de sa forme (3ème pers. du singulier) quel est le sujet. La place des mots peut y contribuer, mais elle n'est pas un critère absolu : le sujet est généralement placé devant le verbe ("l'homme court") sauf dans les interrogatives (où court le chat ?), et parfois ailleurs, comme dans ce vers d'Apollinaire :
                          "Vienne la nuit, sonne l'heure..."
  • Quand vous avez à analyser une phrase, commencez toujours par souligner les verbes et déterminer quel est leur sujet. Le bon vieux truc du primaire, "qui agit ? qui fait ?" peut vous être utile...
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LE COMPLÉMENT D'OBJET

Le complément d'objet désigne ce sur quoi porte l'action. En latin et en grec, comme en allemand, il s'exprime au moyen de l'accusatif (sauf exceptions). Pour le trouver, on peut utiliser le vieux truc de la question "quoi" (qui fait quoi ?).
  • Un verbe qui nécessite un COD est dit transitif ; il peut être mis au passif, lorsque le COD devient sujet, et le sujet complément d'agent. Cette substitution est aussi un moyen de repérer le COD  : le chat mange la souris ==> la souris est mangée par le chat ;
  • La fonction COD peut être occupée par un groupe nominal (ex. ci-dessus), un  pronom (je prends une pomme et je la mange), un infinitif (J'aime travailler), une proposition subordonnée conjonctive (je vois que je suis attendu), une infinitive (j'entends les enfants jouer) [et l'on comprend pourquoi, dans l'infinitive latine et grecque, le sujet est à l'accusatif : tout le groupe sujet + infinitif est en réalité COD du verbe principal]
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LE COMPLÉMENT D'AGENT

Lorsqu'un verbe est au passif (la souris est mangée par le chat), le sujet du verbe n'est pas le sujet de l'action : il subit l'action. Celle-ci est prise en charge par une autre fonction, le complément d'agent.
  • Le complément d'agent (CA) est le plus souvent introduit par la préposition "par" ; mais il peut l'être aussi par la préposition "de" : "il est aimé de ses parents".
  • La préposition "par" n'introduit pas toujours un complément d'agent, même lorsque le verbe est au passif  !
  • Soit la phrase (baroque, on en conviendra) suivante : "il a été tué par son amante, par passion, et par un poison violent".
    • par son amante est bien CA : c'est l'amante qui a tué notre victime.
    • par passion, en revanche, est un complément circonstanciel de cause, et relève des  "fonctions circonstancielles du nom". En latin on le traduirait par un ablatif seul, ou une expression telle que "amoris causa" ; en grec, par le datif seul, ou ἕνεκα + datif, ou διὰ + accusatif.
    • par un poison violent est un complément circonstanciel de moyen : en grec comme en latin, on le traduirait par un instrumental, ablatif en latin, datif en grec.
    • Notons enfin qu'une telle phrase, quelque peu incorrecte, constituerait la figure du zeugma.
  • Comment repérer le CA ?
    • Le verbe est au passif ;
    • Le verbe suppose un agent qui effectue l'action, que le sujet subit; le repérage est donc, ici, d'ordre sémantique ;
    • Le CA est toujours prépositionnel ;
    • On a le plus souvent (mais pas toujours) la séquence S + V + CA
    • On peut "retourner" la séquence en mettant le verbe à la voie active : le CA devient alors sujet, et le sujet COD :
      • la souris est mangée par le chat ==> le chat mange la souris
      • Il a été tué par son amante ==> son amante l'a tué. (dans ce cas, les autres compléments deviennent, respectivement : "par passion", "avec un poison violent".
 

LE  COMPLÉMENT D'OBJET INDIRECT

Autrefois appelé "complément d'attribution", il désigne la personne ou l'objet à qui est destinée l'action. En latin et en grec, il s'exprime au moyen du datif. En français, il s'exprime au moyen d'une prépositon, à ou pour accompagnant un nom. Seul résidu de l'ancien datif, lorsqu'il s'agit d'un pronom, celui-ci est construit directement ; seule la sémantique permet alors, parfois de distinguer le COD du COI :
  • il me donne un livre (me = COI ; équivalent : il donne un livre à Pierre)
  • Il me conduit (me = COD ; équivalent : il conduit Pierre)
Attention ! Les prépositions "à " et "pour" n'introduisent pas nécessairement un COI !
  •  Je vais à Paris : complément de lieu
  • Je le prends pour époux : attribut du COD...

L'ATTRIBUT DU SUJET

L'attribut du sujet exprime une qualité attribuée au sujet, par l'intermédiaire d'un verbe d'état, intransitif, ou passif.
  1. Verbe d'état : être, paraître, sembler, devenir et leurs synonymes : Ce chat est un angora, mon fils sera professeur...
  2. Verbe intransitif : naître, vivre, mourir, partir, revenir... "il est né fatigué", "il est parti soldat, il reviendra officier"
  3. Verbe passif : être nommé, être élu, être déclaré... "L'accusé a été déclaré coupable ; le candidat a été élu député"
  4. Un verbe de comparaison (avec préposition : pour, de, à, comme...) : il passe pour un génie ; il est pris à témoin ; elle est considérée comme une amie"
 
  • On notera que dans les exemples 3 et 4, l'attribut du sujet deviendra attribut de l'objet quand le verbe sera mis à la voix active : "je déclare l'accusé coupable, je prends Untel à témoin, je la considère comme une amie" (voir ci-dessous l'attribut de l'objet)
  • La fonction attribut du sujet peut être remplie par un nom (cet animal est un chat), un adjectif (ce chat est joueur), un pronom (c'est moi).
 Une erreur souvent rencontrée : la confusion de l'attribut du sujet et du COD. Comment l'éviter ?
  • Les verbes d'état, en particulier le verbe être, n'ont JAMAIS de COD.
  • Quand le verbe est au passif, il ne saurait avoir de COD.
  • Les verbes intransitifs n'ont, par définition, pas de COD. Pour s'en assurer, vérifier que la substitution passive n'est pas possible.
  • Pour les verbes de comparaison, ou bien la substitution est impossible ("il passe pour un génie" ne peut être mis au passif), ou bien le verbe est déjà au passif (être pris, être considéré comme...) ; dans ce cas, en passant à l'actif, on constate que le sujet devient COD, et l'attribut du sujet attribut du COD : "il est considéré comme un ami ==> on le considère comme un ami". 

L'ATTRIBUT DE L'OBJET

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