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Synthèse des définitions de la permaculture

publié le 15 déc. 2013 à 14:54 par Goulven BAZIRE

Permaculture :

vers la survie heureuse, pérenne et diverse

de la planète et de tou(te)s ses habitant(e)s.

 Source : http://permaculture-sans-frontieres.org/synthese-definitions-permaculture

Cette synthèse est régulièrement complétée.

Elle est réalisée par Éric EscoffierSylvaine Anani et Philippe Caillaud,

des associations Les Mains Sage- Permaculture et Permaculture sans frontières.

 

"Alors que les problèmes du monde deviennent de plus en plus complexes,

les solutions demeurent honteusement simples..."

Bill Mollison

 

 

Le mot permaculture a été inventé dans les années 70 par les Australiens Bill Mollison et David Holmgren. C'est une contraction depermanent et culture, initialement de permanent et agriculture.

La permaculture prétend être la solution la plus rapide, la plus facile et la plus efficace face aux problèmes de l'humanité et de la planète.

 

Permaculture = efficacité + éthique

Dans le monde d'aujourd'hui, on a parfois tendance à croire que productivité et justice/écologie sont intrinsèquement contradictoires, et qu'une société réaliste et efficace est inéluctablement destructrice. Rien n'est plus faux, il s'agit en réalité d'un choix de société, et la permaculture offre justement une solution basée à la fois sur des critères d'éthique et d'efficacité/productivité (1).

Précisément, la permaculture est en même temps une éthique, une philosophie, une science et une méthode de conception/aménagement/planification/organisation (2) de systèmes (et d'écosystèmes), dont l'obsession est l'efficacité (3), lasoutenabilité/régénérativité (4) et la résilience (5).

Elle constitue une vision et un cadre (6) pour un usage pertinent de la terre, de la planète et des groupes sociaux, qui permettent de construire une infinité de solutions réalistes, créatives et adaptées à toute situation particulière, toujours dans le but de porter des sociétés d'abondance pour toutes et tous, qui soient également soutenables, écologiques et heureuses.

 

Trois éthiques

La permaculture se donne explicitement des éthiques. On peut les résumer ainsi :

  1. prendre soin de la Terre et de toutes ses formes de vie;
  2. prendre soin des personnes et bâtir la communauté;
  3. redistribuer les surplus (à la Terre et aux personnes) (7).

 

Trois modèles

S'inspirant de l'écologie scientifique, la permaculture prend modèle sur la façon dont fonctionnent les écosystèmes sauvages (8) pour établir et maintenir des systèmes (et des sociétés) conceptuellement, matériellement, énergétiquement, économiquement et socialement efficaces, peu technologiques, localement et globalement auto-suffisants, pérennes, régénératifs, résilients, non polluants, nondangereux, non destructeurs (ni pour la Terre, ni pour les personnes), et d'une étonnante diversité et adéquation aux conditions locales, tant physiques qu'humaines.

Elle prend aussi modèle sur les savoirs et pratiques des peuples premiers et des sociétés soutenables(9)

Enfin, elle utilise les dernières avancées en sciences naturelles (10).

 

Une vingtaine de principes

Pour mettre en oeuvre les éthiques, la permaculture s'appuie aussi sur un petit nombre de principes universels et puissants (11).

Elle exploite systématiquement et de manière bénéfique la non-linéarité (12) des systèmes naturels.

Elle remplace le travail par l'intelligence ("faire travailler" le système et la nature de la manière la plus efficace et éthique).

Elle ne s'oppose pas au vivant, mais utilise son incommensurable puissance et son incroyable diversité.

 

Une infinité d'applications

Appliquée à la production de la nourriture et des autres ressources vitales de l'humanité (climat, oxygène, eau douce, médicaments, vêtements et habitat, énergie, lien social), la permaculture donne une diversité d'écosystèmes et de systèmes économiques et sociaux très productifs (1), résilients, pérennes et régénératifs, tout en restaurant la pluviométrie, les aquifères, les sols, la fertilité, les forêts et les écosystèmes sauvages (et laissant libre à ces derniers un maximum d'espace).

Plus généralement, la permaculture s'applique à tous les champs d'activité de l'humanité : c'est laconception/aménagement/organisation de systèmes quels qu'ils soient, depuis les plus petits jusqu'aux plus gros : la gouttière, le balcon, la terrasse, le mur couvert de vigne ou de kiwi, la serre, le bassin, la maison solaire passive, la cage d'escalier, le toit, la cour, l'immeuble, le potager partagé, le jardin-forêt, l'école, l'atelier, la laverie-crèche collective, le magasin, le SEL, la fabrique, l'entreprise, la banque, la place, le parc, le quartier, le village, l'éco-village, la gestion des eaux domestiques, le compost, les toilettes, la production et la distribution de la nourriture, l'eau potable, la ville, les systèmes de gestion de l'eau dans le paysage, la forêt, le territoire, le bassin hydrologique, le massif, la vallée, la ripisylve, la forte pente, le sommet, la bio-région, le bassin d'emploi, les transports, les infrastructures, la gouvernance, la région, le pays, le continent...

... avec leurs interactions et les réseaux qu'ils forment...

... et ce dans leurs aspects écologiques, physiques, matériels, énergétiques, économiques, fonciers, légaux, sociaux, pédagogiques...

La permaculture urbaine, la permaculture sociale et humaine, la planification bio-régionale et socio-territoriale, les villes en transition (et aujourd'hui le mouvement de transition) en donnent des exemples.

 

Une descente inéluctable : crash ou en douceur ?

Chateaubriand disait : "La forêt précède les peuples, le désert les suit." Aujourd'hui, l'humanité est au pic du pétrole (13) et des énergies fossiles, mais aussi, au sens étendu, aux pics du climat, de l'eau douce, du sol, de la fertilité, des forêts, de la biomasse et de la matière organique, de la nourriture, de la santé, des métaux et des matières premières, du risque industriel et technologique... Alors, commentREDESCENDRE ? Comment notre espèce peut-elle dépasser la crise d'extinction qui la menace ?

La permaculture offre une vision holistique, heureuse et réaliste d'un avenir post-pic, une inspiration puissante et une méthode efficace pour anticiper notre DESCENTE afin de la rendre la plus harmonieuse et éthique possible.

Elle nous permet de passer de la dépendance non soutenable à la soutenabilité et la résilience locales.

Elle réconcilie enfin une très haute productivité avec l'amour et le respect des écosystèmes, de la biodiversité et du vivant.

 

La permaculture, c'est aussi la meilleure façon de...

  • Nous libérer progressivement du nucléaire et de notre dépendance aux énergies fossiles et autres technologies coûteuses etdangereuses (OGM, biologie de synthèse et autres bio-technologies, nano-technologies, gaz de schistes, pesticides et chimie de synthèse...) par une transition vers des systèmes réellement efficaces et soutenables (comme par exemple le scenario négaWatt :negawatt.org).
  • Stopper le biocide en cours (extinction massive des espèces vivantes).
  • Stopper la déforestation et le géocide en cours (effondrement des structures et systèmes vitaux fondamentaux de la Terre, incluant les océans).
  • Restaurer/conserver/sécuriser/étendre les écosystèmes sauvages et la biodiversité (notamment les forêts, les sommets et les fortes pentes, les mangroves et les littoraux, les ripisylves, les mers et les eaux de surface...).
  • Reverdir les déserts, reforester massivement la planète et augmenter rapidement et très significativement la pluviométrie des régions sèches (voir par exemple la vidéo de 3 min "How to repair the world" et la vidéo "Reverdir le désert" - pour afficher les sous-titres en français, cliquer sur le petit bouton "cc").
  • Sécuriser la quantité, la qualité et la proximité de l'eau douce et de la nourriture pour tou(te)s.
  • Inverser le phénomène d'érosion des sols (et l'accumulation des sédiments d'érosion et des polluants dans les écosystèmes aquatiques).
  • STOPPER partout le changement climatique local et séquestrer de grandes quantités de carbone.
  • Maintenir partout notre empreinte écologique inférieure aux surfaces physiques disponibles, à la fois localement et globalement.
  • Minimiser le travail, l'énergie, la technologie, les échanges matériels, la consommation ; maximiser la productivité, l'intelligence, les liens sociaux, la solidarité, le partage, le bonheur.
  • Relocaliser l'activité, la production et la consommation.
  • Reconstruire les structures sociales.
  • Et finalement porter des sociétés d'abondance (en diversité, qualité et quantité), simples, soutenables, écologiques, égalitaires, heureuses et diverses, sur une Terre régénérée.

 

Objectif : le bonheur !

La permaculture n'a pas d'autre dogme que "Il n'y a pas de dogme en permaculture". Elle intègre et utilise d'une manière particulière toutes les idées, les stratégies, les techniques, les pratiques et les savoirs de tous les peuples et de tous les temps, pourvu qu'ils soient pertinents, c'est-à-dire qu'ils fassent une grande différence en termes d'efficacité, d'éthique et de soutenabilité.

La permaculture prétend ainsi être le chemin le plus court et le plus facile vers la vie HEUREUSE, pérenne et diverse de la planète et de tou(te)s ses habitant(e)s (14).


 Source : http://permaculture-sans-frontieres.org/synthese-definitions-permaculture


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