Style cloisonné

Le style cloisonné est une technique d'orfèvrerie qui consiste à couvrir la surface d'un objet de grenats ou de verroteries séparés par de fines cloisons.
   Ce style est un héritage des huns et des alains qui envahirent l'Europe au IV-V ème s. Le style fut repris et maîtrisé par les artisans mérovingiens.
 

   Des études ont montré que beaucoup de grenats utilisés pour les pièces cloisonnées provenaient du Sri Lanka. La rupture des routes commerciales, en particulier de la route de la soie, par les troubles dans la région persique entraîna une pénurie de pierre, et ainsi le déclin de ce style.

 

 Fibule franque discoïdale à décor dit "cloisonné" de type "rosette".
   Le boitier en argent abrite huit grenats disposés en pétales autour d'une pierre centrale aujourd'hui manquante.

   Sous les grenats, une feuille d'or dite "gaufrette" destinée à maintenir les pierres et refléter la lumière est visible.

   Typique du sixième siècle, ce type de fibule était portée par paires par les femmes.

 

 


 

 

 

 

 

 

  Le cimetière mérovingien de Mézières
 

 Proche du quartier de Saint-Julien, au lieu-dit le " Gué des Gendarmes ", un important cimetière de la fin du V° siècle et du VI° siècle fut fouillé à l'occasion de travaux dans l'enceinte de l'hôpital de Manchester à la périphérie de Charleville-Mézières.
125 tombes furent ainsi fouillées qui livrèrent un important mobilier du début de l'époque mérovingienne. Parmi celles-ci se remarquent particulièrement les sépultures d'une aristocratie locale contemporaine de Clovis et de ses fils : trois tombes de chef (T66, T68, T74) et deux tombes féminines (T89, T115). Le rituel funéraire (inhumation habillée), selon un schéma par ailleurs déjà bien observé dans d'autres nécropoles mérovingiennes, indique clairement l'organisation sociale de cette communauté.


 

 

 

 

  Le cimetière mérovingien de l'avenue Charles-de-Gaulle

 
Une belle fibule mérovingienne (voir  à droite Fig.3) à motifs cloisonnés soulignés de filigranes a été fortuitement retrouvée vers 1885 lors de travaux de jardinage effectués dans une propriété aujourd'hui disparue mais dont l'emplacement actuel est occupé par le lycée technique François Bazin .
D'autres objets accompagnaient cette fibule provenant semble-t-il, d'un sarcophage. Une nécropole avait sans doute été établie sur ce terrain qui occupe le sommet et la pente de la butte de Montjoli dominant la Meuse.
L'étude typologique donne une datation de la première moitié du VII° siècle, époque de transition dans la mesure où cette fibule montre des techniques ornementales en usage au siècle précédent. Enfin une observation minutieuse permet de voir dans cet objet une imitation des pièces de grande qualité à cette époque. Même si l'orfèvre a utilisé l'or et le grenat, la technique du filigrane est de qualité plutôt médiocre et l'organisation du décor peu élaborée. On peut comparer cette fibule de Charleville à d'autres exemplaires retrouvés dans le nord-est de la France, en Belgique et dans la région de Trèves mais de bien meilleure facture. La fibule de Charleville est probablement l'œuvre d'un " artisan " local.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Textes et photos tirés des Sites :

 http://mosa.ouvaton.org/mero.html 

http://home.nordnet.fr

http://clionide.free.fr

 

 

 Fibule mérovingienne "rosette" cloisonnée de grenats

 

 

 

 

 Fibules en or et grenat en forme d'abeilles.

 

 

 

 

(Fig. 1)Plaque-boucle réniforme à grenats cloisonnés du cimetière
du quartier de Manchester à Charleville-Mézières (vers 500).
Musée de l'Ardenne, Charleville-Mézières.
Photo Musée de l'Ardenne.

 

 

(Fig. 2)Paire de fibules discoïdales décorées de verre rouge cloisonné
du cimetière du quartier de Manchester à Charleville-Mézières
(VI° siècle).
Musée de l'Ardenne, Charleville-Mézières.
Photo Musée de l'Ardenne.
 









(Fig. 3) Fibule discoïdale du VII° siècle,
trouvée sous l'actuel Lycée Bazin à Charleville.

La fibule est une superbe pièce d'orfèvrerie de forme discoïdale (diamètre 5,3 cm) avec un umbo central surmonté d'un boîtier cylindrique à décor cloisonné. On compte six motifs cloisonnés placés en alternance (3 rosaces, 3 triangles). Le reste de la surface est orné d'un remplissage de filigranes en S et en 8.






(Fig. 4) Bijoux, outils et céramique de la tombe n° 115 du cimetière
du quartier de Manchester à Charleville-Mézières (vers 500).
Musée de l'Ardenne, Charleville-Mézières.
Photo Carl Gustin.

 

 

(Fig. 5)  Manchester.
Triens (tiers d'aureus) de l'empereur Zénon (V° siècle).

 

 Plaque-boucle, or, plaque cloisonnée de grenats taillés en table.provenant de la nécropole princière d'Apahida (Transsylvanie), Musée national de Bucarest.

 

 Une partie de la tombe d Childéric, découverte en 1653 à Tournai (Belgique). D'après Chiflet