Gaz de France et Suez
 

Fusion des groupes français Gaz de France et Suez

 

 

Il n'aura pas fallu plus de cinq jours au gouvernement pour décider la fusion des groupes français Gaz de France et Suez afin de conjurer la menace d'une offre publique d'achat (OPA) hostile de l'italien Enel sur l'entreprise d'énergie et d'environnement. C'est finalement Gaz de France qui, juridiquement du moins, absorbera Suez pour donner naissance, au cours du second semestre 2006, au deuxième opérateur européen dans le secteur de l'énergie par sa capitalisation boursière (environ 70 milliards d'euros), juste derrière EDF et devant l'allemand E. ON.

 

Le gouvernement italien a très mal réagi à ce que la presse dominicale a qualifié de "gifle française à l'Italie". Le ministre de l'industrie, Claudio Scajola, a aussitôt décommandé le voyage qu'il devait effectuer, lundi 27 février, à Paris, pour y rencontrer son homologue, François Loos.

 

La Ligue du Nord, parti de gouvernement très anti-européen, s'est bruyamment félicitée du "courage" de M. de Villepin : "Le gouvernement français a bien agi, s'est réjoui Roberto Maroni, ministre du travail. Que Berlusconi prenne exemple sur lui et fasse pareil."

 

 

SUEZ.

Le groupe a réalisé un chiffre d'affaires de 41,5 milliards d'euros en 2005. Son bénéfice net était de 1,8 milliard d'euros en 2004 (dernier chiffre disponible). Il emploie 160 700 personnes. Son capital est morcelé : le groupe Bruxelles Lambert en détient 7,2 %, les salariés 4,2 %, le Crédit agricole 3,7 %, la Caisse des dépôts 3,1 % et Cogema 2,2 %.

GAZ DE FRANCE.

Le groupe a réalisé un chiffre d'affaires de 22,4 milliards d'euros en 2005. Il a dégagé un bénéfice net de 1,05 milliard d'euros en 2004 (dernier chiffre disponible). Il emploie plus de 38 000 salariés. L'Etat détient 80,2 % du capital, les salariés 2,3 %, le reste étant dans le public. Sa capitalisation boursière est de 29,3 milliards d'euros, contre 43 milliards pour Suez.

 

 

source : Le Monde 27 fevrier 2006