LAMARE Emilie épse LEFRANC

Emilie LAMARE épouse Georges LEFRANC

 

Professeur de Philosophie – Syndicaliste – Ecrivain  1903-1970
 

 

    Emilie Maria Adeline Aurélie Lamare est née le 3 mars 1903 au 57 quai Saint Maurice à Amiens (Département de la Somme en Région Picardie).
 
Elle est issue d’une modeste famille dont le père exerce la profession de plombier zingueur.
 
Chronologie des évènements :
 

De 1909 à 1915 elle est élève de l’école primaire de filles du quartier.

En octobre 1915 elle entre à l’école primaire supérieure d’Amiens. Interrompues par l’évacuation de la ville devant la menace allemande la famille se retire vers Abbeville puis gagne Paris (18°) et la Charité-sur-Loire (Nièvre).
 

A l’automne 1918 retour dans la maison Amiénoise qui est restée intacte.

Juillet 1919 Emilie rentre à l’Ecole Normale d’Instituteurs d’Amiens en tête de sa promotion.
 
De 1919 à 1922  elle poursuit ses études et laisse passer la date d’inscription pour le concours de la quatrième année d’Ecole Normale. Elle poursuit donc ses études au Lycée de Versailles en devenant interne dans une petite pension privée.
 
 Ecole normale d'Amiens
Octobre 1922 marque son départ du milieu provincial, ainsi que le souligne Georges Lefranc, pour aller poursuivre ses études dans la capitale. Elle hésite entre la science et les lettres et son choix pour les lettres modernes s’impose par sa méconnaissance du latin.
 
Juillet 1923, après une seule année de préparation Emilie Lamare est reçue 4° à Fontenay. Elle se retrouve en section littéraire. Parmi ses cours préférés se trouvent ceux de Philosophie dont le professeur Drouin se trouve être le beau-frère d’André Gide. Elle se passionne aussi pour la grammaire (Professeur Radouant) et bien sûr pour la littérature (professeurs Dimoff et Chamard).
 
En Novembre 1924 les Normaliens prennent l’initiative de créer « un groupe d’Etudes socialistes des Ecoles Normales Supérieures ». C’est à cette occasion qu’elle rencontre celui qui va devenir son mari, Georges Lefranc, qui en est le Secrétaire Général. Emilie Lefranc devient Secrétaire du Groupe de Fontenay.
 
En Juillet 1925 elle est reçue au professorat et en Octobre de la même année elle est nommée professeur à l’Ecole Normale d’Instituteurs de Douai dans laquelle certains élèves sont aussi âgés qu’elle. C’est durant ce mois d’octobre 1925 qu’Emilie et Georges envisagent d’unir leur destin, ce qu’ils feront en se mariant le 30 juin 1927.
 

Afin de suivre Georges Lefranc qui prépare son Agrégation Emilie quitte Douai pour un poste au cours complémentaire Paul Bert d’Aubervilliers où elle restera 2 ans.

En 1929 Claude Lévi-Strauss demande à Emilie Lefranc de lui succéder au Secrétariat des Etudiants Socialistes.

En Octobre 1929 Georges Lefranc est nommé professeur à l’Ecole Internationale de Genève. Il obtient de Fernand Maurette (sous directeur du B.I.T.) qu’un poste soit attribué à son épouse.
 
 
Brochure écrite par un Comité d'édition
1929 – 1931. Durant ces deux années passées à Genève ils adhèrent à la Section SFIO d’Annemasse et sympathisent avec les socialistes d’Evian et bien sur avec le Foyer socialiste International de Genève (avec entre autre Georges Fauquet, Henri Fuss, Libman Hersch, Edgard Milhaud, André Oltramare…).
 
Ils en profitent aussi pour s’initier au ski à Saint-Cergue, aux Gets, aux Rochers-de-Naye, aux Diablerets et surtout à La Clusaz.
 
Emilie Lefranc abandonne le secrétariat des E.S. qui ne peut-être assuré depuis Genève. En 1930, après le Congrès de Strasbourg, elle est chargée de préparer le rapport prévu sur le thème : »le Problème de la Culture » pour le Congrès de Toulouse (1931). Elle rédige alors l’essentiel de la brochure qu’édite la Fédération des E.S. après le Congrès.
 
Déçu par certains aspects de l’internationalisme genevois le couple quitte la Suisse et demande un poste double qu’il ne trouve qu’à Béziers.
 
1931 – 1932 -  Intermède Languedocien.
 

Emilie Lefranc est nommée à l’Ecole Primaire Supérieure de filles de Béziers pour préparer les élèves au Brevet supérieur. Elle en profite pour participer à des réunions de propagande socialiste dans les villages du biterrois ainsi qu’à Montpellier.

 

En Janvier 1932 Georges Lefranc prend la direction de l’Institut Supérieur Ouvrier qu’ouvre la C.G.T. (qui n’est pas encore sous la coupe des communistes – sic Georges Lefranc) et obtient qu’un poste y soit créé pour Emilie Lefranc.
 

En juillet 1932, avec le concours d’élus socialistes, Emilie organise un voyage à Genève pour offrir aux élèves lauréates du Brevet supérieur la visite les institutions internationales.

Il semble que ce soit en 1932 qu’Emilie et Georges Lefranc rencontre Emile Josse 1.

1933 – 1939 – Emilie Lefranc organise un cours de français au sein de l’ISO ainsi qu’une initiation à la culture. Elle participe parallèlement à divers rapports, conférences ou journées d’études à Zurich, Nice en Belgique etc…
 
A partir de l’automne 1936 elle donne des causeries radiophoniques à la radio de la Tour Eiffel dans le cadre du temps attribué à l’Institut Supérieur Ouvrier. Parallèlement elle milite dans diverses organisations pacifistes et particulièrement au Centre Syndical d’Action contre la Guerre.
 
Octobre 1939 – Octobre 1941 – L’intermède Nantais.
 
Emilie Lefranc se voit assigner un poste à l’Ecole Primaire Supérieure de Nantes où elle se rend en compagnie de son fils Pierre, laissant Georges Lefranc à Paris où il assume depuis 1937 un poste dans un Lycée parisien.
 
Le 19 décembre 1940, l’hebdomadaire « La Gerbe » s’en prend aux écrits d’Emilie Lefranc : « l’évolution de l’art dramatique » et  « conformisme et pensée libre » en dénonçant « l’enseignement judéo-marxiste ».
 

Sa candidature pour obtenir une mutation à Paris est écartée. On lui refuse un poste dans l’Oise et on l’envoie à Sens.

Elle accepte alors une offre faite par René Belin, Secrétaire d’Etat au Travail, de venir travailler dans son cabinet.
 
De Novembre 1941 à Août 1943 elle travaille dans ce cabinet  où elle est chargée de la revue de Presse et des questions éducatives. Lagardelle succède à Belin en avril 1942. Elle profite de son poste pour sauver du Service du Travail Obligatoire des militants qui avaient été désignés. Mais les corporatistes à Vichy, dénoncent son influence et demandent son départ.
 
 
René Belin Secrétaire d'Etat au Travail avant avril 1942
L’entourage du Maréchal Pétain la juge finalement moins nocive dans une chaire d’enseignement à Paris qu’au Ministère. Elle est donc nommée à Pantin, puis au collège moderne Edgar-Quinet en septembre 1943 où elle a la charge d’enseigner la Philosophie.
Le 20 août 1944 la famille est arrêtée au Lycée Henri IV où se donnaient les Cours de Vacances de l’Académie de Paris.
 

Accusée devant une Commission d’épuration pour sa participation à deux cabinets ministériels elle est finalement acquittée le 7 janvier 1947 par la Chambre civique.

Après avoir donné des cours dans l’enseignement privé elle est réintégrée le 28/2/1952 par le Ministère de l’Education Nationale. En octobre 1952 elle est nommée au Lycée d’Amiens puis mutée en octobre 1953 à Pantin.
 
C’est en octobre 1955 qu’Emilie, réintégré dans tous ses droits, rejoint Paris au Lycée Octave Gréard.
 

Elle est admise à la retraite à l’automne 1968 (après avoir fustigé et condamné les évènements de mai 68 dans une lettre écrite à une lycéenne) et accepte la Présidence des Amis du Théâtre du Soleil. Elle participe ensuite au colloque organisé par l’Institut d’Etudes Politiques sur les « Gouvernements de Vichy ».

 

Au matin du 9 juin 1970, on la relève inanimée sur la plage du Touquet, frappée de congestion. Elle décède au cours de son transfert à l’hôpital de Berck.
 
D'après la plaquette souvenir écrite par un collectif dirigé par son époux Georges Lefranc.
 
 1 Emile Josse : Cf article du Dictionnaire du Monde Ouvrier de Jean Maitron.
 
 
Jean-Marie delli PAOLI
 Bibliographie Sommaire :
De brèves notices nécrologiques sur Emilie Lefranc ont paru dans :
- Rivarol
- La Révolution prolétarienne
- Les amis de Han Ryner
- Un article ldétaillé ui a été consacré par Claude Harmel dans Etudes soiciales et syndicales (août 1970 page 14 à 16)
- Notice du Bulletin des Anciennes élèves de Fontenay rédigé par Mauricette Jésion épouse Raymond (novembre 1970)
- Une documentation complémentaire sur " Révolution Constructive et sur le Centre Confédéral d'Education Ouvrière (Institut Supérieur Ouvrier et Collèges de Travail) pourra être trouvée dans  "Paul Strouder : Le mouvement d'éducation ouvrière entre ls deux guerres. Mémoire de maîtrise, présenté et soutenu en Sorbonne en juin 1969, sous la direction du doyen Jacques Droz".
 Georges Lefranc :
- Journal d'une expérience : l'Institut Supérieur Ouvrier (1932 - 1939) dans la evue Syndicaliste (n° 56 de janvier 1953 à n° 70 de juin 1954). La disparition de la revue a empêché l publication du Journal d'aller jusqu'à son terme.
- Histoire d'un groupe du Parti socialiste S.F.I.O. : Révolution Constructive, 1930 - 1938.
- Une expérience d'éducation ouvrière dans les "Essais sur les problèmes socialiste et syndicaux", n° 160 de la Petie Bibliothèque Payot (1970).
 
Relevé des écrits, conférences, causeries radiophoniques et interventions diverses :
La liste trop longue pour être reproduite dans cet article, sera consulté page 83 à 96 de sa biographie présentée par un collectif de 23 personnes dont les écrits et les témoignages ont été recueillis par Georges Lefranc qui a dirigé le Comité de Rédaction.  Imprimé le 20/2/1971 sur les presses de l'imprimerie Tardy-Quercy - Auvergne à Cahors - Brochure réservée aux amis et élèves d'Emilie Lefranc qui a fait l'objet d'une édition hors commerce sous le numéro 00886 - Dépôt légal : I - 1971.
 
 
 REPERE GENEALOGIQE
 
 
 
GENEALOGIE
 
 

N° Sosa/réf.

Nom

Date Naiss./Bapt.

Lieu Naiss./Bapt.

Conjoint

Date d'union

Lieu d'union

Date Décès/Inhum.

Lieu Décès/Inhum.

 

Génération 1

1

Maria Emilie Adéline Aurélie LAMARE

3.3.1903

Amiens

Georges Eugène Auguste LEFRANC

30.6.1927

Paris

9.6.1970

Berck

 

Génération 2

2

Edouard LAMARE

2.3.1859

Amiens

Léontine Emilie PERONNET

5.12.1885

Montdidier

 

 

 

3

Léontine Emilie PERONNET

15.2.1860

Montdidier

Edouard LAMARE

5.12.1885

Montdidier

 

 

 

Génération 3

4

Edouard Jean Baptiste LAMARE

1831

 

Adélaïde MENAGE

 

 

 

 

 

5

Adélaïde MENAGE

1830

 

Edouard Jean Baptiste LAMARE

 

 

 

 

 

6

Pierre Vincent Marcellin PERONNET

 

 

Pauline Aurélie ROBILLARD

24.2.1848

Montdidier

 

 

 

7

Pauline Aurélie ROBILLARD

7.4.1823

Montdidier

Pierre Vincent Marcellin PERONNET

24.2.1848

Montdidier

28.4.1876

Montdidier

 

Génération 4

14

Pierre, Luglien  dit Pépère ROBILLARD

24.8.1789

Montdidier

Marie, Anne, Restitue JORON

29.7.1816

Montdidier

21.12.1875

Montdidier

 

15

Marie, Anne, Restitue JORON

18.1.1792

Montdidier

Pierre, Luglien  dit Pépère ROBILLARD

29.7.1816

Montdidier

20.7.1871

Montdidier

 

Génération 5

28

Pierre Lucien ROBILLARD

 

 

Geneviève Paule HUBERT

 

 

< 1821

 

 

29

Geneviève Paule HUBERT

~ 1761

 

Pierre Lucien ROBILLARD

 

 

27.6.1831

Montdidier

~ 70

30

Jean Baptiste JORON

 

 

Marie Anne GAMACHE

 

 

2.1.1792

Montdidier

 

31

Marie Anne GAMACHE

 

 

Jean Baptiste JORON

 

 

 

 

 

Génération 6

58

Paul HUBERT

 

 

Geneviève BLANCHARD

 

 

 

 

 

59

Geneviève BLANCHARD

 

 

Paul HUBERT

 

 

 

 

 

 

 

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