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Recherches familiales: 3 fois "au Théâtre ce soir"?

publié le 18 sept. 2019 à 21:11 par sylvain oerlemans   [ mis à jour : 27 sept. 2019 à 08:20 ]


Cette rentrée théâtrale nous offre 3 pièces sur les errements et les succès d'une recherche familiale sortant de l'ordinaire :  

1ère= sam 19 octobre 15:30, au Centre culturel des Lilas   
2ème= jeu 7 novembre 20:30, au théâtre du TGC aux Lilas   
3ème= les lun-mar-dim oct-déc, au théâtre de Belleville Paris 11°    
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La VOLEUSE de SOUVENIRS
Mathilde Morin s'attaque à 3 siècles d'ancêtres, découvrant un à un les médaillons de l'arbre qui l'attire  
Seul-en-scène au Centre culturel, 35 pl Ch.de Gaulle, les Lilas, M° Mairie des Lilas 
Sam 19 octobre 15:30, gratuit sur réservation 
inscription en ligne: 5°Journéalogique (conf 10:00-17:00)

https://sites.google.com/site/genealilas/conferences/conferences2019-2020-1

la critique de  "Chroniques d’Antan"  de Br. Snejkovsky-Billard

Mathilde dégage une énergie très sympathique et communicative. De tableau en tableau, rythmés par la musique et la danse, elle remonte les branches de son arbre et partage avec nous cette grand-mère qui passait ses examens universitaires pendant que la Normandie était libérée, cette arrière-grand-mère qui a refusé 17 prétendants, ou l’histoire de la tueuse de loups, à la génération 9. Avoir conservé le souvenir de cette femme du début du 19ème siècle, née sous la Révolution, au delà de son nom, et de son portrait, ne me dites pas que vous n’êtes pas jaloux ? 

Le spectacle est délicieux, chargé d’énergie positive, et peut-être vous donnera-t’il envie, comme à moi, d’enfin écrire les souvenirs que mon mari et moi avons de notre famille. « Ma grand mère racontait que… » Nous l’avons tous dit un jour, mais si nous ne transmettons pas ce souvenir à nos petits enfants, comment le raconteront-ils eux mêmes à leurs descendants. Voici un spectacle sur la généalogie, et plus précisément sur les souvenirs de famille, ces souvenirs que nous allons perdre si nous ne les transmettons pas de génération en génération.

Un souvenir familial met moins de quatre générations à être perdu. Savez vous comment vos grands parents se sont rencontrés ? Savez vous si vos arrières grands parents savaient nager ? Et qui dans votre famille a été le premier à obtenir son permis de conduire ? Tout cela, vous ne le découvrirez pas dans les archives officielles. Si vous avez de la chance, un de vos ancêtres aura laissé un journal intime, mais seulement si vous avez de la chance; et un ancêtre sur combien ? Mais si vous collectez les souvenirs de votre famille et que vous les transmettez, peut-être dans six générations un de vos descendants racontera-t’il ces souvenirs devenus précieux, comme Mathilde le fait sur scène.


VIES de PAPIER
la Cie La bande passante enquête, en partant d'un album-photos chiné sur une brocante
Théâtre du Garde-Chasse, 181bis rue de Paris, les Lilas, M°Mairie des Lilas 
Jeudi 7 nov 2019  20:30, 15€ & 10€ groupe/abonnés,  Info/Résa au 01 43 60 41 89
https://sites.google.com/site/genealilas/infos/les-infos/20190919

la présentation de Télérama - TTT
Créer un spectacle à partir d'un album de famille trouvé dans un vide-greniers : tel est le pari insensé, et brillamment réussi, de Benoît Faivre et Tommy Laszlo. Les clichés racontent l'histoire de Christa, née à Berlin en décembre 1933. Les deux compères décident de mener l'enquête sur cette fille d'aviateur nazi, mariée à un officier, puis exilée à Bruxelles en 1958. Au fil de leur périple à travers l'Europe, la grande histoire s'invite dans la petite et croise celle de leurs propres grands-mères, immigrées d'Allemagne et de Hongrie. La vérité s'entrechoque avec le mensonge et le silence. Grâce à une scénographie astucieuse, le spectacle mêle les photos de la vie de leur héroïne au film tourné au cours de l'enquête (et qui montre sans détour les craintes et les doutes de nos deux détectives), ainsi qu'au récit à deux voix sur le plateau, où notre propre histoire familiale trouve un écho inattendu. Bouleversant !

la présentation du TGC

Un jour de brocante, à Bruxelles, Benoît Faivre et Tommy Laszlo tombent sur un album de photos de famille exceptionnel. Les clichés reflètent les souvenirs d’une femme née en 1933 en Allemagne, de son enfance jusqu’à son mariage en Belgique. Qui est cette personne prénommée Christa ? Pourquoi nos deux artistes se sentent-ils aussitôt liés intimement à l’album ? En quoi le destin de cette immigrée leur rappelle-t-il la trajectoire de leur grand-mère à chacun ? C’est le début d’une vaste enquête.

Avec : Benoît Faivre, Tommy Laszlo ; Écriture : Benoît Faivre, Kathleen Fortin, Pauline Jardel, Tommy Laszlo ; Direction Artistique : Benoît Faivre, Tommy Laszlo ; Regard extérieur : Kathleen Fortin ; Prise de vues : Pauline Jardel ; Musique : Gabriel Fabing ; Lumières : Marie-Jeanne Assayag-Lion ; Costumes : Daniel Trento ; Construction : Marie Jeanne Assayag-Lion, Olivier Gaille, David Gallaire, Thierry Mathieu, Daniel Trento


An IRISH STORY (une histoire irlandaise) 
Kelly Rivière remonte sur les traces de son grand-père
Théâtre de Belleville, 94 rue du fbg du temple, Paris11°, M°Belleville
lun-mar 19:00 & dim 20:30,  proch 13/10/19,   Résa: théâtre online19.00€ (+65ans) & 29.50€   ou theatredebelleville
https://sites.google.com/site/genealilas/infos/les-infos/20190919

la présentation de Télérama - TTT
Kelly Rivière, auteure et interprète de ce fabuleux monologue, s’est renommée, pour les besoins de sa fiction (autobiographique), Kelly Ruisseau. C’est à ce genre de transposition qu’on repère son humour. Humour que l’actrice (qui en a à revendre) distille par touches légères. En deux temps, trois mouvements, Kelly ferre son public et l’entraîne à sa suite dans sa quête. Elle veut savoir ce qui est arrivé à Peter, son grand-père irlandais. Alors, elle déplace les montagnes, prend l’avion, engage un détective, assassine quasiment sa grand-mère, harcèle sa mère, houspille son frère. Elle est à la fois elle-même et tous ces personnages qui entrent et sortent de son texte. Un prodige accompli sans tambour ni trompette par une actrice qui passe, avec une fluidité aquatique, d’un état à un autre : femme, homme, jeune, vieux, Anglais, Français, Irlandais. Ce spectacle est une merveille, le miracle qu’on espère voir apparaître chaque soir en allant au théâtre. Ni plus ni moins.

la présentation de "théâtre on line"
  • Sur les traces de son grand-père

Peter O’Farrel, né en Irlande, disparaît à Londres dans les années 70. Qu’est-il devenu ? Kelly Ruisseau part à sa recherche. En cherchant avec obstination cet éternel absent, Kelly fait revivre avec humour et émotion toute une famille marquée par l’exil et la disparition.

En 1949, à l’âge de dix-neuf ans, Peter O’Farrel quitte Knockcarron, minuscule village de l’Irlande du Sud, pour venir chercher du travail à Londres. Quelques mois auparavant, il a rencontré Margaret. Ils s’aiment. Lorsqu’il quitte son île, il ne sait pas encore qu’elle porte leur premier enfant. Puis ils se marient à Londres. Et Peter ne sait pas encore qu’il ne reviendra jamais en Irlande. Il ne sait pas non plus qu’il aura cinq autres enfants avec Margaret, nés en l’espace de dix ans.

À vingt-six ans, Margaret a déjà six enfants. Sans argent, sans logement fixe, Irlandais dans l’Angleterre des années 1950-60, leur vie n’est pas aisée. Peter noie son chagrin dans l’alcool. Il disparaît régulièrement sans donner de nouvelles. Nul ne sait ce qu’il fait lors de ces absences prolongées. Un jour, il disparaît définitivement.

Depuis, aucune nouvelle. Plus personne ne parle de lui dans la famille. Margaret n’a plus jamais voulu en parler. Sa petite-fille, Kelly Ruisseau, va se mettre en quête de ce personnage disparu. C’est cette enquête au plateau que nous allons suivre, en traversant les époques - des années 1930 en Irlande aux années 2000 en France - les frontières, géographiques et linguistiques. C’est un voyage au coeur d’une famille, avec ses secrets et ses non-dits. C’est aussi un voyage au coeur d’une histoire, si intime qu’elle en devient universelle, de toute une famille marquée par l’exil.

  • La presse

« Ce spectacle est une merveille, le miracle qu’on espère voir apparaître chaque soir en allant au théâtre. Ni plus ni moins. » Joëlle Gayot, Télérama sortir TTT

« Elle est étourdissante. Elle raconte, en prenant l’identité d’une foule de personnages. Des femmes, des adolescentes et des hommes, des aïeules ridées et de toniques jeunes gens. Elle est époustouflante car elle est vraie à chaque moment. » Armelle Héliot, Le Figaro

« Kelly Rivière joue son rôle, une certaine Kelly Ruisseau, à la recherche de ses origines. Avec fraîcheur. Avec humour. [...] L’occasion pour la comédienne d’offrir une galerie de personnages touchants et pittoresques. » L’Humanité

« Un seul en scène réjouissant, interprété par une sacrée porteuse d’histoire : Kelly Rivière, une comédienne tornade. [...] C’est à la fois l’histoire d’un peuple sans cesse poussé à l’exil par la misère et la violence politique et celle d’une famille. On dirait même une histoire de femmes. [...] Un spectacle fort et joyeux. » Les trois coups

« Kelly Rivière réussit à faire théâtre d’une autofiction brillante et hilarante, enquête au long cours à la recherche d’un grand-père irlandais disparu. Don’t miss it ! » La Terrasse

« Kelly Rivière, virevoltante, en équilibre sur un fil ténu où elle désamorce la moindre émotion qui affleure par une pirouette, est absolument fantastique et offre de vrais morceaux de bravoure. [...] une des grandes révélations du festival d’Avignon. » Froggy's delight

« En comédienne acrobate, Kelly Rivière rebondit avec virtuosité d’un personnage à l’autre, d’une langue à l’autre, d’un accent à l’autre, d’une voix à l’autre, d’une gestuelle à l’autre, tout en restant elle-même. [...] Tour de force d’autant plus réussi qu’il se fait le plus naturellement du monde avec un économie de moyens dans le jeu qui marque un talent d’actrice accomplie. [...] Outre le brio du jeu et de la mise en scène, l’autre clé de cette réussite est un savant dosage entre un humour pince sans rire à la sauce britannique (euh pardon irlandaise !) et une émotion distillée avec soin. » Le bruit du off

« Beaucoup d’humour et d’accents irlandais. […] En un peu plus d’1h20, le spectacle de qualité captive le public. » La Provence

« Kelly Rivière interprète avec brio plus de 25 personnages, plus vrais que nature ! » Vaucluse matin

  • Note d’intention

Ce récit, je le porte en moi depuis plus de quinze ans. C’est l’histoire de mon grand-père irlandais, disparu il y a plus de trente ans. C’est l’histoire de sa petite-fille qui part à sa recherche. Longtemps je me suis demandé ce que Peter O’Farrel était devenu, ce qui l’avait poussé à partir, s’il était encore vivant, et où il était. Lorsqu’une personne disparaît, elle n’est pas morte, elle est « comme » morte.

Ce « comme » fait toute la différence, car il nourrit l’espoir. L’espoir que cette personne soit encore vivante. Je n’ai pas connu ce grand-père, mais j’ai vu l’empreinte qu’il a laissée sur ma famille. Il existe davantage par son absence que par sa présence. Dès lors, comment donner vie à un disparu ? Comment recoller les morceaux ? Ici, point de héros, point de faits historiques, mais du silence et des tabous.

Puisque dans la vie réelle, mes recherches n’ont pas abouti, le théâtre s’est imposé comme le seul médium possible pour raconter cette histoire, combler les trous, imaginer une vie, un parcours à ce Peter O’Farrel mystérieux. C’est sans doute, aussi, pour le réhabiliter, lui rendre hommage que j’ai souhaité faire théâtre de cette histoire.

Kelly Rivière

  • Une histoire… d’exil et de pauvreté

L’Irlande a connu une forte émigration. Depuis la grande famine de 1845 jusque dans les années 1960, la population n’a cessé de décroître. En effet, de nombreux Irlandais quittaient l’Irlande pour venir s’installer aux Etats-Unis, en Angleterre, en Australie, des pays lointains, parce qu’il n’y avait pas de travail en Irlande. Cette histoire parle aussi d’un exil forcé et définitif, celui de Peter, qui poussé par le manque de travail en Irlande part vivre en Angleterre. Il ne reviendra plus jamais dans son pays natal.

Être Irlandais du Sud dans les années 1950 en Angleterre n’était pas chose facile. Les Irlandais n’étaient pas les bienvenus. Ils étaient accueillis par des pancartes «No Blacks, No Irish, No Dogs». Catholiques dans un pays protestant et capitaliste, ils avaient la réputation de faire beaucoup d’enfants, de boire, de vouloir l’indépendance de l’Irlande... Et ils étaient pauvres. Longtemps écrasée par le catholicisme, l’Irlande souffrait d’une grande pauvreté. C’est le parcours de cet exil, marqué par la pauvreté que je raconte.

  • Une histoire… multilingue

J’ai toujours grandi dans une double culture, au milieu d’accents, de fautes de français, d’une langue détournée, distordue. Lorsque Peter arrive à Londres, certes il parle la même langue que tous ceux qui l’entourent : l’anglais. Mais son roulement de « r » le trahit. Il est irlandais.

En passant d’une langue à l’autre, du français à l’anglais, en incarnant des personnages ayant différents accents, c’est aussi un voyage à travers les langues que je propose. Ce que la langue dit de nous, ce qu’un accent révèle de nos origines. La langue comme marqueur social.

  • Entretien avec Kelly Rivière

Quelle est la place de la langue dans votre spectacle ?
K.R. : An Irish Story navigue entre trois pays, la France, l’Angleterre et l’Irlande, et entre deux langues, le français et l’anglais. La langue y a donc une place centrale. Et puis, il y a les accents : du midi de la France, l’anglais de Londres, l’accent irlandais du Sud… À chaque fois, ce sont des habitudes, des codes, des cultures qui vont avec. Et cette pièce parle de personnages qui s’exilent et se confrontent à d’autres moeurs, d’autres façons de voir le monde.

Gainsbourg / Gainsbarre : Kelly Ruisseau / Kelly Rivière ?
K.R. : Un peu des deux of course. Disons qu’avoir un alter ego, ça donne de la liberté au plateau. Ça permet de faire des choses qu’on n’oserait pas ou qu’on n’a pas osé faire dans la vie réelle. De rendre hommage aussi… D’ailleurs, c’est quand est né le personnage de Kelly Ruisseau et que nous avons décidé avec mes collaborateurs·rices artistiques de changer les noms réels des personnages que la fiction a vraiment décollé. Propos recueillis par Mathilde Bariller

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