Les paroisses bordelaises de l'ancien régime

Depuis la fin du IIIe siècle et jusqu'au milieu du XVIIIe, Bordeaux était une ville forte, fermée de murs.

Après des agrandissements successifs, dont les derniers furent réalisés à la fin de la guerre de 100 ans, l'enceinte fortifiée s'inscrivait dans un périmètre borné par l'actuelle place Tourny, le cours Georges Clémenceau, la rue Nancel-Pénard, le cours d'Albret, les cours Aristide Briand et de la Marne, la rue Peyronnet et les quais.

Au nord, la ville était fermée par l'énorme forteresse du Château Trompette dont les glacis s'étendaient vers l'extérieur de la ville jusqu'au cours Xavier Arnozan et de Verdun et vers l'intérieur aux Allées de Tourny et cours de Chapeau Rouge.

A l'extérieur de cette enceinte s'étaient développés des faubourgs:
- au nord du Château Trompette, sur le bourrelet littoral de la Garonne, le faubourg des Chartrons
- au nord-ouest séparé des Chartrons et des faubourgs du sud-ouest par les marécages, le faubourg Saint-Seurin autour de son antique basilique,
- au sud-ouest et au sud, les faubourgs Sainte-Croix, Saint-Julien et Sainte-Eulalie qui au milieu du XVIIIe siècle avait rejoint l'ancien village des lépreux, les Gahets, autour de l'église paroissiale rurale Saint-Nicolas des Graves.

La ville et ses faubourgs comptaient en 1600, 16 paroisses, 14 églises paroissiales étaient à l'intérieur des murs et deux à l'extérieur.

Églises à l'intérieur des murs:
  1. Notre Dame de Puy-Paulin, située à l'ouest de la place Puy-Paulin, il n'en reste rien aujourd'hui. Elle était petite, entièrement urbaine et très aristocratique. Les registres consultables sont:
    1. M de 1668 à 1791
    2. S de 1668 à 1791
  2. Saint-Remi, désaffectée depuis la révolution, entre la rue Saint-Remi et la rue du Pont de la Mousque. Cette paroisse couvrait quelques riches maisons en ville, tout le faubourg des Chartrons et s'étendait jusqu'à la jalle de Blanquefort. Les registres consultables sont:
    1. M de 1668 à 1791
    2. S de 1668 à 1791
  3. Saint-Mexant, dont il ne reste rien aujourd'hui de cette église à l'angle de la rue Sainte-Catherine et de la rue du Parlement. Les registres consultables sont:
    1. M de 1618 à 1792
    2. S de 1618 à 1792
  4. Saint-Paul, située rue du Ruat, anciennement rue Saint-Paul, a cessé dès 1610 d'être paroissiale pour être affectée au séminaire fondé par le cardinal François de Sourdis. Il n'en reste pratiquement plus rien aujourd'hui et on ne trouve aucun registre. Ne pas confondre avec la paroisse Saint-Paul actuelle crée en 1791.
  5. Saint-Christoly, située sur le côté nord de la petite place Saint-Christoly, fut entièrement détruite au XXe siècle lors de la construction de l'immeuble du Gaz de Bordeaux. Était fréquentée par une population bourgeoise. Les registres consultables sont:
    1. M de 1634 à 1791
    2. S de 1634 à 1791
  6. Saint-Siméon, désaffectée en 1791 et située place Camille-Julian actuellement le cinéma Utopia. Elle était très petite et regroupait des bourgeois dont de nombreux hommes de loi. Les registres consultables sont:
    1. M de 1667 à 1791
    2. S de 1667 à 1791
  7. Saint-Pierre, toujours en service, place Saint-Pierre. Elle était une des plus peuplée de la ville de tous milieux sociaux. Les registres consultables sont:
    1. B de 1791 à 1792
    2. M de 1635 à 1792
    3. S de 1606 à 1792, lacunes 1620-1633
  8. Saint-Projet, dont on peut voir encore le clocher, désaffectée en 1791, située au sud de la place Saint-Projet.  Elle était petite et fréquentée majoritairement de bourgeois, marchands, artisans aisés et hommes de loi. Les registres consultables sont:
    1. M de 1659 à 1791
    2. S de 1659 à 1791
  9. Saint-André, la Cathédrale était église paroissiale et n'abritait que le personnel de l'archevêché et du chapitre de chanoines. Les registres consultables sont:
    1. B de 1561 à 1792, lacunes 1565-1568
    2. M de 1677 à 1792
    3. S de 1677 à 1792
  10. Sainte-Colombe, désaffectée en 1791 et entièrement démolie, était située rue Buhan. Les registres consultables sont:
    1. M de 1611 à 1791
    2. S de 1611 à 1791, lacunes 1637-1738
  11. Saint-Eloi, située sous les tours de la Grosse Cloche, église de la Jurade, désaffectée en 1791 et remise en service sous l'Empire et fermée actuellement au culte. Elle était fréquentée par un fort pourcentage de familles riches et notables. Les registres consultables sont:
    1. M de 1668 à 1791
    2. S de 1668 à 1791
  12. Sainte-Eulalie, en face de l'Hôpital Saint-André, toujours en service. Pour sa partie intra-muros, elle était une des plus vastes de Bordeaux mais comprenait, aussi hors les murs, les faubourgs de Sainte-Eulalie et Saint-Julien et s'étendait à l'ouest sur les vignobles des quartiers du Tondu, Charles Perrens et Pellegrin, au sud jusqu'à la route de Toulouse, le quartier de Cauderès. Elle était fréquentée par une population très variée. Les registres consultables sont:
    1. B de 1791 à 1792
    2. M de 1618 à 1792
    3. S de 1618 à 1792
  13. Saint-Michel, toujours en service, elle était la plus peuplée de la ville et comportait deux parties de population différentes: au nord des fossés des Salinières avec de riches négociants et au sud un quartier populaire d'artisans, de marins, de charpentiers de navire etc. Les registres consultables sont:
    1. B de 1791 à 1792
    2. M de 1648 à 1792, lacunes 1692-1699
    3. S de 1652 à 1792, lacunes 1692-1699
  14. Sainte-Croix, toujours en service, elle avait un quartier intra-muros de même population que le sud de Saint-Michel. Les registres consultables sont:
    1. B de 1541 à 1792
    2. M de 1630 à 1792
    3. S de 1651 à 1792
Églises à l'extérieur des murs:
  1. Saint-Seurin, toujours en service, était une collégiale dont le chapitre de chanoines revendiquaient certains des privilèges d'une église cathédrale dont celui de pouvoir baptiser les enfants de tout le diocèse. Elle s'étendait sur le faubourg de Saint-Seurin et sur un très vaste et très peuplé territoire rural limité au sud par le chemin d'Arès, à l'ouest et au nord par les paroisses de Mérignac, Eysines et Bruges et au nord-ouest par deux quartiers qui formeront à la révolution des communes séparées, Caudéran et Le Bouscat. Les registres consultables sont:
    1. B de 1564 à 1792
    2. M de 1620 à 1792
    3. S de 1620 à 1792
  2. Saint-Nicolas, a été démolie au XIXe siècle et reconstruite 100 m plus à l'est dans la rue Saint-Nicolas, était sur le côté nord-ouest de la route de Bayonne, aujourd'hui cours de l'Argonne, dans le faubourg des Gahets qui avait été, au moyen-âge, celui des lépreux. Elle se limitait à ce petit faubourg et à un territoire rural peu étendu, coincé entre celui de Saint-Genés de Talence et celui de Sainte-Eulalie. Les registres consultables sont:
    1. B de 1621 à 1791
    2. M de 1621 à 1791
    3. S de 1621 à 1791
De toutes ces églises paroissiales, seulement 4 avaient des fonts baptismaux: Saint-André, Saint-Seurin, Sainte-Croix et Saint-Nicolas. Ces privilèges des baptêmes, qui avait des raisons historiques, étaient une source de revenus pour les bénéficiaires.

Les paroisses constitutionnelles:

La loi du 6 mars 1791 réduisait à 10 le nombre des paroisses par suppression de 9 anciennes et création de 4 nouvelles:
  • Les Paroisses supprimées étaient: Puy-Paulin, Saint-Remy, Saint-Mexant, Saint-Christoly, Saint-Siméon, Saint-Projet, Sainte-Colombe, Sainte-Eloi et Saint-Nicolas.
  • Les paroisses maintenues étaient: Saint-André, Saint-Seurin, Saint-Pierre, Sainte-Eulalie, Saint-Michel et Sainte-Croix.
  • Les paroisses crées étaient:
    • Saint-Louis, qui recevait pour lieu de culte, la chapelle des carmes des Chartrons, à l'emplacement de l'actuelle église Saint-Louis, rebâtie au XiXe siècle. Les registres consultables sont: BMS de 1791 à 1792.
    • Saint-Dominique, qui recevait l'église dite du Chapelet, ancienne chapelle des dominicains, c'est l'actuelle église Notre-Dame. Les registres consultables sont: BMS de 1791 à 1792.
    • Saint-Paul, qui recevait la chapelle de l'ancienne maison professe des Jésuites, rue des Ares, toujours en service. Les registres consultables sont: BMS de 1791 à 1792.
    • Saint-Martial, à Bacalan dont l'église serait à bâtir. Les registres consultables sont: BMS de 1791 à 1792.


Sources:

- Histoire des Maires de Bordeaux édité par Les Dossiers d'Aquitaine
- CGSO Bulletin n° 45, Paroisses et Registres paroissiaux de Bordeaux de P.L. Coÿne