Biographie


Mulhem Marilyn-Mondrian holopeinture 2012-25x20cmSpécialiste de l'art numérique, Dominique Mulhem est un peintre français né à Neuilly-sur-Seine en 1952. Après des études à l'École nationale des Beaux-arts de Paris, il enseigne les techniques de peinture à l'aérographe, il initie une pratique plastique tirée du mouvement de l'hyperréalisme. Apparu aux États-Unis dans les années 1950-1960, ce courant s'inspire essentiellement du Pop Art et se caractérise par un réalisme quasiment photographique.

 

Il expose ses œuvres à partir de 1970 en France et ensuite en Amérique du sud et du Nord où il voyage pendant plusieurs années. Son utilisation des nouvelles technologies, notamment pour la création de ses holopeintures, l'érige en pionniers de l'art numérique, mais surtout, en tant qu'un des premiers artistes réellement multi-médias. Aujourd'hui encore, il participe aux grandes Foires Internationales et ses œuvres sont présentées dans de nombreux musées internationaux.

mulhemSes œuvres sont parsemées de chaussures à talons, en souvenir de son arrière grand-père bottier, elles sont mises en valeur par ses peintures, sur inspiration de toiles de grands maîtres de l'art moderne (Picasso, Mondrian...) ou du pop art (Warhol, Wesselmann...) qu'il revisite à sa manière.


Dominique MULHEM
LE REGARD DU DEDANS
"J'ai remplacé mon carnet de croquis par la documentation photographique, mes pinceaux par l'aérographe et mon burin par le rayon laser...". Dominique MULHEM expose clairement son programme. Il demande à la technologie d'apporter à sa peinture le supplément d'âme qui est la marque de son désir et de son ambition. La vérité de son art réside dans le dualisme de sa vision: voyant et voyeur, lorsque MULHEM voit l'art, l'art des autres, le grand art du présent et du passé, il éprouve en même temps la sensation aiguë de participer au grand regard collectif qu'une époque porte aussi bien sur sa condition actuelle que sur l'histoire de son passé. S'il a recours à l'holographie, c'est pour restituer à sa peinture l'épaisseur, la profondeur tangible de la mémoire.
J'avais vu à la Galerie Eterso l'an dernier une exposition dédiée aux "Nouveaux Réalistes" et j'avais remarqué ce "regard du dedans" qu'évoquaient les holopeintures de Mulhem. J'ai eu envie de revoir l'artiste et je suis allé il y a deux mois lui rendre visite en compagnie de Jacques Lambert. Je me suis trouvé dans un atelier de la banlieue parisienne, surchargé de ses oeuvres, d'un laser bricolé ad hoc, de sa présence.
Voilà son laboratoire mental, l'usine de ses songes, l'atelier où se condense en images dualistes l'intensité intérieure du regard, je m'attendais à ne voir que des holopeintures, c'est de la peinture à la puissance 2 qui m'a été montrée. J'ai assisté à une véritable visite de musée, à la parfaite reproduction d'oeuvres de grands maîtres, devant lesquelles de jolies filles agréablement dévêtues prenaient une pose avantageuse. Des créatures de rêve devant une peinture de rêve ! devant ! c'est plutôt "Dans" que je devrais dire, car mon oeil s'est avéré incapable de faire la part des choses, d'effacer cette vision simultanée, d'en séparer les deux éléments.
C'est sans doute ainsi que fonctionne le cerveau de MULHEM, et c'est ainsi que fonctionne notre mémoire visuelle dans les galeries ou les musées. Cet homme discret et secret sait ce qu'il veut, ce bricoleur génial est plein de son sujet, qui est de nous donner à voir la peinture qu'il aime et la peinture qu'il fait sous le même angle optique de la simultanéité. Si MULHEM nous prend au piège. c'est pour nous aider à mieux voir au dedans, et du dedans. Voilà ce que j'appellerais une leçon de peinture, et qui nous est donnée en douceur, sans abusive prétention. Une leçon dont je tire profit, si le regard de MULHEM semble parfois distrait, c'es qu'il est au-delà des apparences superficielles, un peu plus loin d'elles et un peu plus près de la vérité de l'art.
Regardez ces oeuvres à deux fois, elles en valent la peine, et attention, cette hygiène de l'oeil dans le "regard du dedans" risque de nous mener loin, dans la profondeur du rêve éveillé.
Pierre RESTANY
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