Biographie

Biographie français



Maurice Douard né en France en 1951


Nancy, 1965, place Maginot, Maurice a 14 ans. Il vient de vendre son premier dessin 5 francs. Le billet est bleu, Victor Hugo y est imprimé.

« Je me précipite pour acheter des couleurs ».

Vilain petit canard, issu d’une famille bourgeoise, il est mis à la porte très tôt.

En 1971, il est aux Beaux-Arts de Toulouse. Il ne prendra pas ses aises dans l’institution, on le dit "professeur des professeurs" alors c’est seul qu’il continue son chemin. Il est attiré par les recherches de l’école de Varsovie, en chromatologie et psycho-chromatologie. Il travaille sur la lumière, les rythmes et dynamiques de la couleur, les effets d’optique. Il trouve l’appui de psychiatres et psychologues. C’est en aplat qu’il choisira d’exploiter ces théories. Il cherche la déstructuration de l’image mais de façon aléatoire préférant s’attacher à la manière dont le sujet est fracturé par l’humain. Il fuit tout automatisme lié à la machine.

1973 – 1974, la mathématique informatique renforce son pouvoir de synthèse, mais il continue à préférer le sensible de l’humain au mécanisme de l’ordinateur

Ces recherches, rigoureuses, lui permettent de s’éduquer, de trouver un cadre pour évoluer. Elles le stabilisent.

Il fait moins un choix esthétique que vital.

En 1973, c’est la première exposition à La Rochelle avec des oeuvres abstraites, de recherche. Se sentant proche des peintres comme Cruz Diez, Soto, Vasarely son style n’est pas encore clairement défini, mais l’abstraction lui apparaît, déjà, comme une impasse.

Il compare son entrée dans la peinture à celle dans un laboratoire. Il essaie, cherche. Plus précis qu’une image c’est un personnage qu’il va déstructurer. Le sujet va alors s’éclater sur toute la toile.

Cet éclatement passe par divers stades jusqu’à procurer au spectateur un phénomène vibratoire. Il reconnaît s’accrocher à ses travaux pour éviter l’errance.

Lors de ses voyages en Allemagne, Autriche, Espagne… il trouve un soutien aussi bien matériel que psychologique auprès des intellectuels, mais la maladie va l'interrompre dans son parcours et ses recherches.

Dans les années 1980, sa convalescence terminée, il collabore pour le cinéma, ballet, l’opéra et met en lumière la musique.

En 1990 la maladie le touche à nouveau, et pendant 10 ans la lutte contre celle-ci va l’éloigner un peu du monde et il s’investira davantage dans ceux qui l’entourent et son atelier.

De cette expérience douloureuse, naîtra une vision et une application de sa réflexion que l’on peut voir actuellement. L’épure de la surface et la dynamique des personnages atteint une sensibilité plus puissante, un propos plus ample.

L’invitation a présenter son travail dans différents pays, tente à croire que le langage que Douard a mis en place, touche tous les hommes quelque soit leur culture.

Depuis 35 ans, il travaille et expose régulièrement. Outre sa peinture, il réalise des décors, des mises en lumière de musiciens, et de grandes fresques.

« Depuis plusieurs années, Douard, passionné par la lumière, travaille sur les effets d’optique et aboutit à une déstructuration graphique. Les volumes sont éclatés et recomposés donnant au sujet dynamisme et vibrations.

Ainsi, ce n’est plus seulement l’enveloppe charnelle qu’il présente mais, l’aura de ses personnages, leur rayonnement et leur déplacement dans l’espace. Il voit au travers et au-delà des formes matérielles.»


Anne-Marie Bergeret, Conservatrice du Musée E. Boudin à Honfleur
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