Jacko Vassilev

Biographie succincte

Né en Bulgarie le 27 juillet 1951 à Stara Zagora, où il réside. Photographe professionnel depuis 1983. De 1983 à 1989, employé dans une usine de fournitures élec­triques comme photographe industriel.

Depuis 1989, photographe "free-lance". En 1990, Jacko Vassilev est recon­nu comme Photographe d'Art par le Ministère de la Culture de son pays et la Société Photographique de Bulgarie couronne cette nomination par un Diplôme.

Pour la plupart des photographes de l'Est, avant la chute du rideau de fer, les concours internationaux étaient la seule façon de se faire connaître hors de leur pays. Pour cette raison, depuis 1983, Jacko Vassilev a concouru à la plupart des manifestations internationales de la FIAP (Fédération Internationale de l'Art Photographique).

 

Jacko Vassilev, Madame Vassilev et leur fils David, lors de leur première rencontre avec Jean Dieuzaide au Château d'Eau en août 1995. Photographie de Michel Paradinas.


Expositions personnelles

Depuis 1987, nombreuses expositions en Bulgarie, Hongrie, Italie, Grèce, Chypre, en Grande Bretagne et aux U.S.A. 1994 - Série d'expositions en France sponsorisées par Touristra. 1996 - Santa Fe Picture Gallery, Californie, U.S.A. - Galerie du Château d'Eau, Toulouse.

Collections

Harry Ranson Humanities Research Center, University of Texas. The Muséum of Fine Arts, Houston, Texas. International Center of Photography, New York. Maison Européenne de la Photographie Galerie du Château d'Eau, Toulouse.

Publications

A publié dans de nombreux magazines en Europe et aux U.S.A.

A noter la parution en 1994 d'un livre monographique : "Bulgares" aux Editions Contrejour.


LA PREUVE PAR VASSILEV

Le fait d'avoir une culture photographique a beaucoup d'avantages mais aussi quelques inconvénients parmi les­quels la manie de l'étiquetage. Vassilev sera donc catalogué : "photographe humaniste" et à classer trop vite (peut-être pour se dispenser d'aimer trop facilement) on aura oublié une chose, capitale : c'est qu'il est bien plus difficile de définir les genres photographiques que les genres littéraires ou picturaux.

On peut ainsi très facilement, pour peu qu'on soit doué d'un peu d'imagination, écrire avec beaucoup de talent une œuvre humaniste douillettement installé dans un pavillon de banlieue.

Pour le photographe réaliste, la réalité a non seulement valeur de loi, mais elle peut avoir - d'une certaine façon - valeur de foi, car la photographie, qu'elle soit exercée comme un viol ou comme un acte d'amitié, naît de toutes les façons d'une relation.

C'est une des raisons pour laquelle la critique, à l'égard du genre "humaniste" pèche souvent par excès : soit de sensualisme tendant à idolâtrer sans réflexion toute forme de reportage, soit d'intellectualisme, voyant dans l'œuvre de Doisneau un optimisme béat et dans celle de Salgado un voyeurisme malsain. Nous renverrons les uns et les autres dos à dos.

Car s'il est parfois malaisé de dessiner la ligne séparant photographie créative et illustrative, on pourra sans trop de risques la situer avec HCB à la fois du côté de l'œil, du cœur et de l'esprit, où le photographe sait disparaître au point que, comme l'a dit André Bazin, "nous jouissons de son absence".

Bien sûr, la réalité photographiée par Vassilev comporte une dimension sociale, politique, économique, cultu­relle, mais toutes ces réalités, son regard les a traversées allègrement pour atteindre une réalité d'une richesse infinie, qui transcende toutes les autres et les englobe : celle des êtres, des âmes, des personnes qui crient leur amour de la vie, cette réalité ne pouvait être approchée qu'avec un amour équivalent, désintéressé, avec le res­pect et la compassion d'un homme ayant partagé les mêmes souffrances.

Une des évidences de ces photographies (qui en comporte beaucoup) échappe peut-être au contrôle raisonné, discursif, de leur auteur : c'est la récurrence du thème de l'amour paternel. Des images reviennent très souvent : scènes de tendresse, d'embrassades et de douceur entre un père ou un grand-père et un fils ou un petit-fils, images étonnantes pour nos sociétés devenue matriarcales et qui essaient maladroitement de retrouver une rela­tion au père.

La photographie de Vassilev n'est pas humaniste mais tout simplement humaine car elle ne procède ni de cal­culs mesquins ni de concepts abscons mais de la simplicité du cœur. Elle est créatrice par le regard que Vassilev pose sur ces exclus du système alors en vigueur à l'est : paysans, tziganes, turcs, malades mentaux, vieillards. Un regard créateur parce que chaque personne photographiée en sort anoblie.

Fonction ennoblissante que la photographie - voilà qui nous change des images avilissantes, signes d'un autre système en vigueur à l'ouest.

La haine n'est pas une force créatrice, disait Maximilien Kolbe, seul l'amour est créateur. La preuve par Vassilev.

Frédéric Ripoll.

 
 
 
 
Sofratilke, Albanie, 1993
 
 
 Cet homme dans un village bulgare met en scène sa vision
du gouvernement en place.
 
 
Comments