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Règle de la Fraternité

I. l’Esprit de la Fraternité des Veilleurs

 

1. Les Veilleurs sont une fraternité spirituelle protestante fondée en 1923 sous l’impulsion du pasteur Wilfred Monod, et maintenant en lien avec la Fédération Protestante de France. La Fraternité regroupe des chrétiens de tous âges et de toutes conditions, hommes et femmes, ecclésiastiques ou laïcs, qui veulent se soutenir mutuellement pour suivre plus fidèlement Jésus-Christ dans l’esprit des Béatitudes :

 

Joie - Simplicité - Miséricorde

 

Cet esprit est inséparable de l’amour de Dieu et de l’amour des hommes. Il est l’essence même du christianisme.

 

2. Mais le Veilleur est solidaire de toute l’Eglise et du monde lui-même. Il ne s’en détache pas. Membre du corps du Christ, il assiste au culte de sa paroisse. Il le fait sauf empêchement vrai, se souvenant qu’il n’y a pas de communauté parfaite. Il y apporte un esprit de prière dans la charité et le pardon. Il veut être - discrètement et humblement -  l’âme priante et agissante de l’Eglise et l’être avec d’autres (communautés et personnes). Il contribue ainsi à l’édifier sur le plan local et à l’unir sur le plan œcuménique.

Il s’efforcera à toujours plus de fidélité – dans l’amour qui est le lien de la perfection – aux exigences de la vie nouvelle du « Royaume » (Sermon sur la Montagne, Hymne à la Charité).

 

3. En toute chose, le Veilleur s’exercera à maintenir le silence intérieur pour entendre avec son Maître la voix du Père au milieu des bruits du monde. Car il se souvient qu’il est le « temple de Dieu », que « l’Esprit de Dieu habite en lui » et que Jésus a dit « soyez parfaits comme votre Père est parfait ». Il s’engage donc avec confiance. Il le fait dans la joie de sa vocation profonde, sachant que « Dieu donne ce qu’Il ordonne » et qu’Il rend possible l’impossible.

 

4. En un mot, le Veilleur croit à la vie chrétienne pour l’homme ici-bas. Il prend l’Evangile au sérieux. Il veut « mettre en pratique la Parole » comme le lui demande Jésus. Pour parvenir à cela, il se libère – c’est un aspect de la croix acceptée – des fausses ambitions et des faux besoins du monde. Il le fait dans la joie, simplement, naturellement, sans esprit de jugement à l’égard d’autrui. Il s’en remet pour toutes choses à la conscience individuelle éclairée par l’Esprit de Dieu. Mais quand il le faut, il sait retrancher (Mt 5.29-30).

Pour permettre au Christ de régner sur sa vie de chaque jour, le Veilleur unit prière et travail, contemplation et action, toujours dans l’esprit des Béatitudes.

 

Joie - Simplicité - Miséricorde

 

 

II.  Les engagements

 

A. Trois moments pour l’essentiel

 

1. Le matin : au lever de préférence : Lecture méditée de la Bible, louange et prière.

 

2. Au milieu du jour : Elévation, en communion avec les Veilleurs et les membres des autres communautés, dans la récitation - à haute voix si possible - des Béatitudes qui sont le Credo de vie que nous a donné Jésus. On peut le faire intérieurement aussi, n’importe où ; ou en famille, au repas de midi par exemple.

 

3. Le soir : Regards sur la journée, pardon demandé et reçu, actions de grâce, louange. On peut placer la lecture biblique le soir.

 

La communauté des Veilleurs est composée de chrétiens protestants de toutes nuances. Il y a aussi des membres catholiques ou orthodoxes. Aucun office particulier ni aucune liturgie ne sont donc imposés. A chacun de se servir des manuels, publications ou listes de lectures quotidiennes en usage dans son Eglise.

 

B. Hommage du vendredi

 

En hommage au Crucifié-Ressuscité, les Veilleurs évoquent, chaque vendredi, dans le recueillement, la Croix du Calvaire, don par excellence de Dieu à l’humanité pour son salut. Pour cela, le bulletin offre un verset ou un passage à méditer. On peut aussi donner à cet hommage un tour pratique : aide matérielle ou spirituelle, intercessions spéciales, lettre, visite, etc. Certains Veilleurs observeront même un jeûne partiel ou total. (Pour en savoir plus, cliquer sur le lien : Textes pour l'hommage du vendredi

 

C. Joie du dimanche

 

Le Veilleur se réjouit le dimanche, car c’est le « jour du Seigneur », le jour de la résurrection et celui où l’Esprit descendit sur les disciples pour en faire les témoins du Ressuscité-Glorifié.

A moins d’empêchement réel, il s’associera donc à ses frères et sœurs pour participer avec eux au culte public. (Quand le Veilleur ne peut se rendre dans un lieu de culte, la radio et la télévision lui offrent une certaine possibilité d’adoration communautaire.)

 

D. Rencontres

 

Plusieurs fois par an, les Veilleurs qui le peuvent se réunissent pour se replacer ensemble devant l’appel que Dieu leur a adressé et reprendre ainsi conscience de leur vocation de chrétiens. En présence d’un ministre du culte, il est souhaitable que la rencontre se termine par la Cène ; temps de communion entre tous, présents et absents. En plus des rencontres locales, une rencontre générale annuelle est proposée à l’ensemble des Veilleurs.

Ces rencontres sont vivement recommandées. Elles sont annoncées dans le bulletin ou par invitation.

 

 E. Retraites

 

A côté des rencontres, des retraites de trois jours sont offertes aux Veilleurs. Le silence y tient une place importante pour que la « Parole de Dieu » y soit entendue dans la méditation et les Ecritures étudiées en commun. Ces retraites sont aussi annoncées dans le bulletin.

 

F. Renouvellement des engagements

 

Devenu observant, le Veilleur reçoit annuellement une nouvelle carte, en décembre. En la signant début janvier, il s’engage à nouveau pour l’année qui commence. La rencontre générale de mars comporte la réitération des principes de la communauté et la confirmation des engagements.

 

 

 

III L’Organisation

 

1. Direction

 

Les Veilleurs ne sont pas une association soumise à une organisation élective, mais une fraternité religieuse dont les règles sont applicables dans toute la chrétienté protestante. Le prieur assume la direction de la Fraternité. Il le fait en communion avec le Conseil composé des responsables régionaux ou responsables adjoints. A l’occasion de la rencontre générale, l’assemblée de la Fraternité, composée de tous les membres observants peut être réunie. Au Conseil, comme dans l’assemblée, le prieur s’efforcera de chercher l’unanimité, mais il n’est pas tenu par une majorité. C’est lui aussi qui, en accord avec le Conseil, adresse vocation à son successeur.

 

2. Le secrétariat

 

La communauté mère et la branche helvétique ont chacune un secrétariat et une trésorerie qui se partagent les frais.

 

3. Age d’admission et candidatures

 

On peut entrer à tout âge dans la fraternité des Veilleurs à partir de la fin du catéchuménat. Les candidatures sont individuelles. Elles doivent être adressées au prieur qui les approuve en les contresignant et les envoie au secrétariat qui tient le fichier. Le secrétariat notifie au candidat son admission et lui envoie sa carte de novice.

 

4. Noviciat

 

Le noviciat commence à l’affiliation et dure normalement jusqu’au 31 décembre de l’année suivante. Il est souhaitable que ce temps d’apprentissage puisse être vécu en relation personnelle avec un parrain ou une marraine. Il est suivi par l’observance qui est le statut définitif du Veilleur.

 

5. Départs

 

Le Veilleur peut se retirer à tout moment. Il renvoie alors sa carte d’observant au prieur avec un mot d’explication.

 

6. Esprit œcuménique

 

Les Veilleurs témoignent de leur foi dans l’unité qu’a demandée Jésus pour les siens. Ils peuvent donc recevoir des ressortissants d’autres Eglises que celles qui sont issues de la Réforme, mais il est alors souhaitable que ceux-ci en informent leur Eglise.

 

7. Vie matérielle

 

La direction et le secrétariat des Veilleurs ne sont pas rétribués. Il y a cependant des frais considérables auxquels il faut faire face : publication et envoi du bulletin, impressions diverses, frais de bureau, cartes de novices et d’observants. Par ailleurs, il y a aussi certains frais obligatoires de déplacement du prieur, et parfois des responsables de région..

 

Au moment de leur admission et ensuite en début d’année de préférence, les Veilleurs feront parvenir un don, si minime soit-il, au secrétaire trésorier. Le défaut de cotisation cependant n’entraîne pas la radiation, car les Veilleurs sont solidaires de leurs frères et sœurs défaillants à ce point de vue.

 

Les responsables pour la France, pour la Suisse et pour la Belgique sont tenus au courant de l’état de la caisse qui les intéresse par leur secrétariat.

 

8. Abonnés au bulletin

 

Le bulletin est envoyé sur demande à des membres sympathisants, non Veilleurs. Ceux-ci donnent alors ce qu’ils croient raisonnable, au trésorier.

 

 

La Règle des Veilleurs sera observée selon le double idéal de discipline réelle – sans rigidité excessive – et de liberté intérieure qu’expriment ces deux affirmations de l’apôtre Paul :

« Dieu n’est pas le Dieu du désordre mais de l’harmonie. » (1 Corinthiens ch. 14 v. 33)

« La lettre tue ; c’est l’esprit qui vivifie. » (2 Corinthiens ch. 3 v.6)

 

 

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