Chapitre N°7 Les agents d’Hereford


Tous droits réservés par Joëlle JEAN-BAPTISTE

Roséa et Oléander, à la recherche
 du fabuleux Blason de la Manticore.



Chapitre N°7
Les agents d’Hereford.



Lorsqu’à 16 heures 30, Irmine Lindors revint chercher sa fille, elle la trouva soucieuse, adossée à un arbre en face du «The chained library school » Hereford.
Elle remarqua tout de suite que Roséa n’était pas dans son état normal, car, le visage fermé, elle se tenait à l’écart de ses camarades.
-    Comment vas-tu
ma chérie ? lui demanda sa mère en voulant descendre du 4x4, pour lui faire la bise.
-    Hum.. ! Marmonna sa fille en l’évitant et en  s’installant rapidement sur le siège arrière de la voiture.
-     Comment s’est passée ta première journée d'école ?

Roséa ne répondit toujours pas. Le visage boudeur, elle sortit un ouvrage de son sac un livre et se plongea dans la lecture.
Ensuite, elle dévisagea sa mère dans le rétroviseur, car elle avait constaté que sa voix tremblait légèrement quand elle essayait de lui parler.

Irmine n’insista pas. Tant mieux, pensa-t-elle soulagée, à l’idée de ne pas avoir à faire la conversation. Elle allait pouvoir tranquillement réfléchir aux derniers évènements. Elle restait sous le choc du témoignage de Stephan Gillian attaqué par un essaim d’insectes qu’il n’avait pu décrire, et par la vision des plaies supureuses sur ses membres.
Comment en si peu de temps, des plaques et crevasses ont pu s’imprégner dans sa peau ?


Madame Lindors conduisait le véhicule tout-terrain avec beaucoup de nervosité. Elle fonçait sur les routes étroites anglaises, en se dépêchant de rentrer au manoir pour vérifier quelque chose.

Tout à coup, sirène hurlante, une voiture de police surgit derrière elle, et lui intima l’ordre de s’arrêter.

-    Qu’aie-je fais ?
-    Nous sommes des agents de la police routière, dit l’un des deux hommes, la quarantaine, brun, le visage déterminé, la silhouette athlétique, dont le nom Jim Dirlow, était inscrit sur son badge.
- Madame, vous rouliez dix kilomètres au dessus de la limitation fixée.

-    Non ! Ce n’est pas possible !
-    Oui, madame. Vos papiers s’il vous plaît !
L’autre policier, John Riquest, la cinquantaine, doté d’un certain embonpoint, campé sur ses jambes arquées, regarda les sièges arrière du véhicule et fronça les sourcils.
-    Madame, veuillez sortir immédiatement de votre véhicule ! Ordonna John Riquest, sévèrement.
Irmine s’empressa d’obéir.

-    C’est votre enfant ?
-    Oui, c’est ma fille Roséa. Mais que ce passe t-il ?
-    Où est sa ceinture de sécurité ? Questionna Riquest, mécontent.
Madame Lindors remarque que sa fille ne l’avait pas attachée.
-    Pourtant Roséa l’attache toujours, elle connait mon intransigeance sur la sécurité.
-    Je l’ai fait maman, mais quand tu as stoppé la voiture, le livre est tombé et et j’ai voulu le récupérer.

-    Vous voyez monsieur, elle portait sa ceinture jusqu’au moment de mon arrêt.
-    Madame, nous avons aussi remarqué qu’à un certain moment, vous zigzaguiez sur la file de droite de la route, ajouta Jim Dirlow en sortant un carnet.
-   A droite ?
-    Affirmatif madame, et pendant plusieurs secondes, vous avez roulé à droite de la route.
-    Et alors ?
Les deux hommes se regardaient perplexe.
-    Et alors nous sommes en Angleterre, et la conduite est à gauche ! Appuya Riquest.
-    Euh... oui, bien sûr monsieur l’agent de police. J’ai eu un mauvais réflexe, que j’ai corrigé immédiatement.
-    Dix secondes, madame, dit Dirlow.
-    Dix ?
-    Je suis désolée. Je ne recommencerais plus.
-    C’est évident, puisque nous allons procéder au retrait de permis sur le champ, décida Dirlow.
-    Mais de quel droit ?
-    C’est la loi madame. Celui des forces routières du comté de Hereford. Donc résumons, non port de ceinture de sécurité pour un enfant et conduite sur une autre file, en grande vitesse, confirma John Riquest.
-    Je suis prête payer l’amende, mais ne me retirer pas mon véhicule, insista la femme, dépitée.
-    C’est la loi madame, réitéra l’agent de police, intraitable.

Irmine confuse, plaqua ses mains sur son visage.
Comment allait-elle faire pour conduire sa fille à l’école ? Et de plus, elle avait besoin de sa voiture pour se rendre chez ses clients.
-    Où résidez-vous madame ? Demanda Jim Dirlow en consultant les documents du véhicule.
-    Nous habitons au manoir de Wye.

Madame Lindors remarqua un brusque changement d’attitude dans le comportement des deux hommes.

Un des policiers consulta attentivement ses papiers, les regroupa et les lui remit brusquement.
-    Euh... à l’ avenir madame, soyez plus prudente et
-    Jim, on doit continuer notre route, coupa l’autre policier.
-    Oui, tu as parfaitement raison, répondit Jim Dirlow en s’éloignant.
Puis, les policiers s’engouffrèrent dans leur véhicule et démarrèrent précipitamment.

Qu’est ce qui leur prend ? Bredouilla madame Lindors abasourdie.
-    Pourquoi sont-ils partit aussi vite maman, sans nous dire au revoir ?
-    Ils étaient pressés ma chérie.

Silencieuse dans la voiture, pendant une bonne partie du trajet, sa fille demanda soudain

-    Dit maman, que sais-tu de la terrible légende du manoir de Wye ?
Madame Lindors freina la voiture, et se gara sur le bas-côté de la route.
-    Qui t’a raconté qu’il y avait une légende ? Et en plus terrible ? Balbutia-t-elle en regardant dans le rétroviseur intérieur de la voiture.

Installée sur le siège arrière, Roséa manipulait une enveloppe. Elle la pliait, et la dépliait aussitôt.

-    C’est Oléander Bridgman, un camarade qui me l’a dit.  Et à l’école, j’ai dû cacher le fait que nous vivons au manoir.
-    Plus rien ne m’étonne. Ma chérie, je crois que le manoir dans lequel nous vivions est la source d’étranges phénomènes.
-    Lesquels ?
Madame Lindors voulu lui parler des abeilles et des animaux qui possédaient un comportement étrange, puis soudain elle se tut.
Elle n’a que douze ans, et elle aura très peur, si je l’affole avec ces histoires, qui ne sont peut-être que des sornettes.
Irmine changea de conversation.

-    Dis-moi, que tiens-tu dans tes mains ?
-    C’est un pli que j’ai trouvé, après la récréation à l’école, posé sur ma table. Il y a ton nom inscrit dessus.
-    Sa mère voulut ouvrir l’enveloppe, mais sa fille lui déclara
-    J’ai faim, maman.
-    Très bien ma chérie, nous rentrons.
-    Quand répondra tu as mes questions sur le manoir ?
-    Après le repas de ce soir, promit sa mère, qui rangea l’enveloppe dans la poche de sa veste.

En arrivant, devant le manoir de Wye, elles descendirent de la voiture puis observèrent les dépendances. Une fumée noirâtre se dégageait dans le ciel  sombre.
-    Maman qu’est-ce que c’est ?
-    Cela vient du jardin, s’écria madame Lindors.

Sans se douter du danger qui les attendait, elles se précipitèrent vers celui-ci.



Fin de la publication en exclusivité des chapitres n°1 au chapitre n°7 du conte:

Roséa et Oléander, à la recherche
 du fabuleux Blason de la Manticore.

 

Le conte fantastique est réservé pour l'édition. Merci de votre fidélité.

 






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