Chapitre N°6 Les secrets du manoir de Wye

Tous droits réservés par Joëlle JEAN-BAPTISTE

 

Roséa et Oléander, à la recherche
 du fabuleux Blason de la Manticore.

 

 

 

Chapitre N°6

Les secrets du manoir de Wye

 

 Dans le manoir, l’homme hurla, puis, soudain, lâcha sa hache en se précipitant vers Bethany Gillian et Irmine Lindors.

-   Aidez-moi! Les abeilles, sont devenues folles !

-   C’est toi Stephan ?

- Vous connaissez cet individu ? S'étonna la maîtresse du manoir.

- C'est mon mari. Je ne l’ai pas reconnu, déclara sa femme Bethany, en lui ôtant sa capuche mise de travers.

 

Stephan Gillian portait des marques rouges au visage. Il essaya de les gratter.

- N’y touche pas! Intervient sa femme.

-   Elles m’ont aveuglé.

- De qui parles tu ?

- Des abeilles ! Mes pieds me font mal aussi. Je ne peux plus marcher.

- Allons dans le salon, nous le soignerons, recommanda madame Lindors à Bethany Gillian, qui trouvait les propos de son mari incohérents.


Elles soulevèrent l’homme et descendirent lentement le grand escalier, pour l’allonger dans le canapé.

 

-   Je me suis protégé comme je pouvais. Excusez-moi de vous avoir effrayé. Je ne me suis pas rendu compte de ce que j’avais dans les mains.

-   Qu’est il arrivé?

-   J’ai entendu du bruit dans le cabanon, où je range mon matériel de jardinage. En entrant, une odeur nauséabonde y flottait, je me dirigeai vers le fond, et soudain, de grosses abeilles sortirent de leur ruche et se précipitèrent vers moi. J’ai retourné ma capuche, mais la porte resta coincée. J’ai saisi la hache dans le tiroir, et pendant que je fracturais la porte, les grosses abeilles me piquèrent. Une force me retenait dans la cabane et j’ai été comme aveuglé.

Il essuya son front avec sa manche sale.


-   Je suis tombé et j’ai frappé l’animal qui m'attaquait à terre. Lorsque je parvins à faire céder les gongs, j'ai ressenti une forte douleur au mollet.


Essoufflé encore, il respirait bruyamment. 


-    Alors, je suis venu vous voir, dit l’homme en soufflant fort.

 

-   Je vais chercher la trousse de soins dans la pharmacie, dit madame Gillian en s’éloignant.

-   Et appelez le docteur de la région ! Conseilla madame Lindors.


-   C’est avec beaucoup de difficultés que j’ai pu sortir du cabanon. Mes bras couverts de piqûres me font toujours mal.

-   Avez-vous vu clairement les abeilles ? Demanda Irmine, intriguée.

-   Non, j’ai distingué des formes, dans le noir, beaucoup plus grosses d’ailleurs.


Il s’allongea dans le canapé de la salle. Son visage bourru était rouge. Il soufflait comme un bœuf.

 

Pendant ce temps, Irmine releva l’ourlet du pantalon de l’homme, et eut un réflex de répulsion en voyant ses chevilles bleuâtres, et enflées.

 

-   Calmez-vous, dit-elle doucement en enlevant les chaussures du garçon.

Sa femme revint avec une paire de ciseaux. Irmine, découpa les pans du pantalon et examina la blessure à la cuisse.

Un liquide y dégoulinait.

-   Qu’est-ce que c’est ? S’écrièrent en même temps les deux femmes, alors que l’homme s’évanouissait.

 

-   Des abeilles ne peuvent pas avoir fait cela !

-   Pas en si peu de temps, s’exclama ! Madame Gillian.


 

Les nuages s’accumulaient dans la plaine du manoir de Wye. En attendant le médecin, Irmine Lindors regarda par la fenêtre de la cuisine en buvant une tasse de thé. Son regard se porta vers le cabanon. En se penchant vers la droite, elle vit sa porte défoncée, baillant sur un trou noir, d’où sortait une ribambelle d’insectes.

 

Irmine Lindors ne supportait pas la vue de la jambe blessée. Le liquide qui s’en dégageait ne présageait rien de bon. Elle avait laissé la femme au chevet de son mari. Celle-ci fit irruption dans la cuisine.

-   Il dort maintenant. Je lui ai placé une serviette humide sur le front, il a de la fièvre.


 Irmine lui servit une tasse de thé.

-   Buvez, cela va vous apaiser aussi.

La femme essuya une larme, but une gorgé de thé, et déclara :

-   Je n’avais jamais vu mon époux aussi angoissé. C’est quelqu’un de très paisible, qui panique rarement.


Irmine Lindors posa sa main sur la sienne pour la réconforter. Mais la domestique, lui agrippât soudainement sa main, la serra et lui dit tout bas.

-   Des choses étranges se développent depuis quelques temps dans nos campagnes.

-   Quoi donc ? De quelle nature ? Demanda Irmine qui voulu relâcher la pression de sa main.

La domestique la lui serra plus fort, et continua.

-   Dans plusieurs fermes, les vaches produisent peu de lait. Et certaines, dans notre ferme depuis trois jours, dit la femme en regardant par la fenêtre, les yeux ahuris.

-   Que leurs arrivent t-ils ? Demanda Irmine.

-   Dans les poulaillers des alentours, les poules pondent de en moins. Et dans le notre, elles ne pondent plus du tout.

-   Les bêtes sont peut-être stressées, à cause de la peine lune, observa Irmine Lindors, qui ne ressentait plus ses doigts.

-   C’est très mauvais signe, signifia la femme. Il faut que vous sachiez la vérité sur le manoir....


-   Madame Gillian ? Appela quelqu'un en franchissant le seuil de la porte d’entrée.

-   C'est le docteur ! Dit Irmine Lindors, qui regrettait de n'en savoir plus sur le manoir. 

Bethany regardait toujours vers la fenêtre.

-   Voulez vous enlever votre main ! Se plaignit Irmine en essayant de desserrer l’emprise.

-   Oh, pardon madame, dit la femme en la lâchant prestement.

Elle se leva rapidement pour accompagner l'homme auprès de son époux.

 

Le docteur Carl Elinguer, la cinquantaine, revêtu de sa blouse blanche, se dirigea droit vers le malade. Il portait un monocle et un stéthoscope autour du cou. Il retroussa ses manches, et prit le pouls du malade.

 

-   Avez-vous placé un produit sur les blessures de votre époux madame ? Demanda le docteur Carl Elinguer tout en en enfonçant une aiguille dans le bras du malade.

-   Non, point du tout, docteur.

-   Du sang violet clair ?

Sans répondre, le docteur sortit de sa mallette en cuir, des lunettes à double foyer, et examina les jambes.

-   C’est la morsure d’un animal venimeux ! Et les symptômes secondaires m’inquiètent, ajouta l’homme en soulevant les paupières de Stephan Gillian.

-   Contactez immédiatement une ambulance ! Hurla-t-il.




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