Chapitre N°5 Les non-dits

Roséa et Oléander, à la recherche du fabuleux

Blason de la Manticore.

Conte n°6 :

 

Tous droits réservés par Joëlle JEAN-BAPTISTE

 

Chapitre N°5

Les non-dits

 

-   Bethany,  quelqu’un vient d’entrer dans le manoir, dit madame Irmine Lindors, troublée. et ...

-   Vous croyez ?

-   Bien sûr, vous avez tout comme moi entendu la sonnette. Qui peut venir à cette heure ? Demanda-t-elle anxieuse.

- C’est bizarre, répondit l’employée de maison. J’ai pourtant fermé à clé la porte du jardin.

 

Madame Lindors et Bethany Gillian sortirent doucement de la pièce.

Tout à coup, des pas lourds et des bruits sourds se firent entendre dans les escaliers.

 

-   Qui est là ? Demanda la gouvernante en tremblant.

Elles furent surprises de voir au bout du couloir, une grande silhouette sur la dernière marche. Un homme qui portait sur l’épaule une hache étincelante, couru vers elles, en criant.

Les femmes en hurlant, essayèrent de refermer la porte.

Mais l’homme robuste, les bousculèrent et rentra en trombe dans la pièce en brandissant sa machette.

 

 

 

 

Pendant ce temps à l’institut, «The chained library school, l’heure de la récréation approchait. Roséa Lindors avait hâte de pouvoir interroger son nouveau camarade Oléander Bridgman concernant son attitude vis-à-vis de son lieu d’habitation.

 

Quand le professeur annonça la récréation, Roséa suivit aussitôt Oléander. Celui-ci, accompagné d’un de ses amis Clark Gentrys, la distancèrent et s’éclipsèrent dans la cours ouverte sur une partie de la forêt. Ils évitèrent Roséa et se cachèrent derrière un gros tronc d’arbre.

Oléander avait mis son camarade dans la confidence.

-   On l’a semé ? Demanda Gentrys.

-   Oui Clark. Je ne tiens pas à lui dire quoi que ce soit sur cette affaire.

-   De toute façon, sa mère aurait dû l’avertir.

-   Tu crois qu’elle pourra s’échapper ?

-   Je n’en sais rien, mais elle risque de ne pas la croire.

Oléander sentit des petits coups derrière son épaule...

-   Arrête Clark, je sais que c’est toi.

Il se retourna et vit au loin son ami déguerpir, alors que Roséa avait prit sa place.

-   Merci Clark ! Hurla t-il vexé, en sa direction.

-   Oléander, pourquoi ne m’as-tu pas laissé parler ?

- Tu le fais exprès ? Répondit le garçon surpris. Ne connais-tu pas la terrible légende du manoir de Wye ?

-   Heu, ...non.

-   Tu es arrivée quand ?

-   Avant-hier, pourquoi ?

-   Et alors dans une semaine aura lieu la cérémonie du souvenir.

-   Lequel ?

-   As-tu des serviteurs au manoir ?

-   Oui j’ai une employée de maison.

-   Alors, c’est elle qui doit t’informer de la situation.

-   Quelle situation ?

- C’est étrange qu’elle ne l’ait pas fait. Mais ne dit surtout à personne où tu vis, c’est un conseil amical que je te donne.

-   De quoi s’agit-il ?

-   Ce n’est pas à moi de te révéler tout cela, répondit le jeune garçon embarrassé.

-   Oléander !

-   N’insiste pas, je n’ai pas la bonne version du drame.

-   Mais de quel drame ?

-   Demande-le à ta mère.

Il s’éloigna et reviens vers elle aussitôt.


-   Au fait, un dernier petit conseil, pour ton dossier administratif d’Hereford inscrit l’adresse de ma propriété, le cottage de Wye, et donne l’adresse du manoir au siège social londonien de l’école.

-   Pourquoi ?

-   Ta mère doit le savoir, si c’est son manoir pardi !

 

La récréation se termina.

Roséa troublée, par ces non-dits, suivit les autres cours absorbée dans ses pensées.

 

Une professeure entra dans la salle pour leur annoncer une bonne nouvelle.

-   Nous allons pouvoir assister à la cérémonie d’Hereford qui aura lieu dans trois jours.

-   C’est merveilleux ! S’exclamèrent les élèves.

-   En quoi cela est-ce merveilleux ? Demanda Roséa à une autre élève.

Celle-ci resta bouche bée. Puis lui intima le silence pour qu’elle puisse suivre ses cours.

 

Quand arriva le moment du déjeuner à la cantine, Oléander s’installa à une table opposée, en ne voulant visiblement pas s’attarder auprès d’elle.

-   Il m’évite, depuis qu’il sait que j’habite le manoir de Wye. C’est d’un ridicule...

 

Tout en portant son plateau de repas, elle réfléchissait..., s’il décampe en me voyant, tous les autres élèves, feront de même si ils connaissent mon lieu d’habitation.

 

Roséa fut très heureuse, d’entendre des jeunes filles la solliciter à leur table.

-   Roséa, vient t’assoir avec nous !

-   Nous avons une chance inouïe car nous possédons un bien précieux dans notre ville ?

-   C’est lequel ? Demanda Roséa.

 

Elles s’arrêtèrent de manger et la regardèrent étonnée. Puis, une des filles éclata de rire !

-   Bien jouer Roséa, tu as failli nous faire marcher.

-   Tu ne serais pas entré dans l’institut si tu ne savais pas son histoire.

-   Bon appétit, s’écria Diamanta Mansholt. Et à notre prochaine cérémonie morbide !

- Oui la prochaine sera morbide ! Dirent les filles en riant.

 

Très joyeuses, elles levèrent leur verre de jus en même temps.

- Ha ! Ha ! Ha !

 

 

Roséa frissonna et se tut, ne voulant pas froisser ses nouvelles relations. Elle avait bien l’intention de connaitre la vérité sur l’origine de l’institut, et de la prochaine cérémonie, qui semblait funeste.






 

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