Chapitre N°3 L’étrange similitude

Conte n°6 : Roséa et Oléander, à la recherche
du fabuleux Blason de la Manticore.

(Publication partielle)

Tous droits réservés par Joëlle JEAN-BAPTISTE

 

Chapitre N°3

                                                                                                       L’étrange similitude


-               Ne criez pas madame Lindors ! Je suis Bethany Gillian,  votre domestique. Désolée de vous avoir fait peur.

Irmine Lindors appuyée contre le mur, respira bruyamment et prit dans la poche de sa robe un aérosol qu’elle porta à sa bouche.

- Qu’avez-vous sur votre visage ?

- Je porte une crème contre les abeilles noires. J’étais au fond de votre propriété, et je récoltais le miel dans la ruche. Nous possédons un élevage apiculture.

-               Je l’avais oublié, mais je ne m’attendais pas à votre présence.

-               J’ai pourtant sonné, avant d’entrer par la porte derrière la maison, comme je le fais souvent.

-               La clochette que nous entendions c’était donc vous ?

-               Oui madame. Je possède une clé pour rentrer dans la porte-arrière de la maison.

Irmine ouvrit la porte et demanda.

-               Expliquez moi d’où viennent ses horloges, vous qui connaissez les lieux ?

Étrangement, la domestique hésita, puis, elle entra regarda le guéridon et s’approcha rapidement en s’écriant.

-               Vous avez trouvé le manuscrit des Lindors ? Il était très recherché et parait-t-il, tout ce qui y est écrit est véridique, c’est ma mère qui me l’avait raconté. Il contient les mémoires du manoir.

-               Puis-je continuer la lecture ?

Irmine Lindors regarda l’heure.

- Certainement après le repas de midi, on continuera. Je dois travailler, répondit Irmine qui voulait reprendre sa respiration.

-               Volontiers madame, dit la domestique en se dirigeant vers à la cuisine.

 

Irmine s’installa dans une large pièce jouxtant la terrasse, pour peindre sa nouvelle toile. Puis, vers 12 heures, elle entendit la cloche du repas sonner.

-               Votre repas est prêt, madame.

-  Je le prendrai sur la terrasse.

- Bien Madame.

Sa domestique lui apporta sur un plateau son déjeuner et le déposa sur la table de la terrasse ensoleillée. Irmine Lindors se restaura contente d’admirer le beau jardin fleuri. Après le déjeuner, la gouvernante prépara le thé, ensuite, elles montèrent dans la chambre testamentaire pour continuer la lecture du manuscrit.

La gouvernante s’installa en face d’elle. Puis d’une voix grave, poursuivit le récit.

« Trente minutes plus tard, le carrosse franchissait un portail grisâtre et dépareillé.

-               Il arrive ! S’écria joyeusement la jeune Laura en dévalant les escaliers.

Les visiteurs descendirent du carrosse, alors que la pluie avait cessée.

Maître Korad Crocvil frappa à la porte.

L’instant d’après, surpris, il recula en voyant la petite fille.

- Oh ! Je t’ai enfin retrouvée ! Bredouilla-t-il. Est-ce bien l’habitation des Lindors ? Demanda Maitre Crocvil, le visage tendu à la jeune fille.

- Oui monsieur.

- Qui avez-vous trouvé ? Questionna Édouard Gunvor, inquiet.

L'homme voulut répondre quand ils entendirent

- Laura, combien de fois t’aies-je-dis de ne jamais ouvrir la porte, sans avoir demandé qui c’était ! Tempêta sa mère fâchée.

- Je voulais rejoindre papa !


Qui êtes-vous ? Demanda-t-elle.

- Est-ce bien ici que je dois remettre mes informations officielles ? Je suis Maitre Korad Crocvil. J’ai de bien tristes nouvelles à vous annoncer, et je...

- Bonjour madame Lindors, coupa plus adroitement un homme élégant. Je suis Édouard Gunvor, un ami de monsieur Steven Craigne qui a bien connu votre mari en Inde. Je viens aussi vous apporter des nouvelles des Indes de mon ami. Pourrions-nous nous entretenir avec vous ?

- Bien sûr messieurs, entrez.

Elle appela sa domestique pour garder sa fille, puis, ils entrèrent dans le salon, où un feu de cheminée crépitait.

- J’ai cru comprendre que vous ne venez pas pour la même raison ?

- En effet, commença, maitre Crocvil. Votre époux a été retrouvé.

- Oh quel bonheur !

- Mort...

La joie et l’espoir de la femme s’estompèrent.

Quelle brute, pensa Gunvor en voyant la femme s’effondrer dans un fauteuil. Il alla la réconforter.

- Il a été retrouvé mort depuis quand ? S’étonna Édouard Gunvor.

- Depuis un mois.

- Mais il a disparu depuis huit mois, dit la femme en gémissant. Alors où était-il ?

- Avez-vous des preuves de cette information ? Demanda Gunvor.

- Oui, le corps se trouve à la morgue de l’hôpital St Thomas' Hospital de Londres. Vous devriez dès demain aller reconnaitre sa dépouille !

- Monsieur, vous ne pouvez pas parler de cette façon de l’époux de madame, s’offusqua Gunvor.

- Votre époux madame, doit énormément d’argent à notre société, et l’échéance arrive bientôt à son terme avec les intérêts. Si dans huit jours, la société n’est pas remboursée, nous serions contraints de procéder à la liquidation de vos biens.

- Et à combien s’élève cette créance ?

Il lui tendit une attestation et précisa.

- Vous devez signer le document pour confirmer cela.

L’homme, tel un rapace, avait sournoisement fait l’inventaire des biens familiaux.

Aussitôt après avoir lu l’acte, la femme l’évanouie.

Édouard Gunvor, intrigué, feuilleta le document et s’écria

- C’est immonde, je n’en crois rien, monsieur Crocvil de tout cela, car je possède moi même un acte, et posté de Bombay.

- Quoi ? Hurla l’homme en se levant. C’est impossible ! Faites voir cela !

Il se trouvait dans un grand embarras.

- Je vais devoir en parler à mes associés. Je ne comprends pas ce papier. Il faudra certainement l’expertiser.

- Je suis moi aussi un homme d’affaires et je sais parfaitement reconnaître les aberrations.

- Peu importe madame, je pense que vous devriez venir reconnaitre le corps du défunt, et vous aurez ainsi la preuve de ce que j’avance! Dit t-il en maugréant.

- Veuillez quitter sur le champ le foyer de cette famille !

- Mais de quel droit ? Se plaignit homme qui se leva.

Puis, voyant qu'il n'était plus, le bienvenu, il salua brièvement la femme, et se dirigea vers la sortie.

- Mon cocher va vous conduire à la gare la plus proche ! Proposa Gunvor qui n'avait pas l'intention de le raccompagner personnellement.

Alors, il sortit rapidement de la maison.

Laura avait tout entendue et pleurait dans le hall.

Une servante appela l’enfant.

Madame Lindors effondrée remercia Gunvor, de son intervention. Ils parlèrent longuement de son ami, militaire, partit aux Indes, et il lui transmit des courriers qu’il venait de recevoir de son mari.

- Ces lettres se trouvaient bloquées dans une boîte en fer, dans un entrepôt d’épices. Et son propriétaire vient de me les transmettre.

La femme trembla en prenant les lettres. Émue, elle pensait qu’elle devrait certainement faire le deuil de son époux.

Elle subit un autre choc, lorsqu’elle entendit.

- Voici la lettre qui prouve que votre mari n’est peut être pas mort ! »


La domestique Bethany Gilliam, satisfaite, termina la lecture du chapitre et tourna la page pour poursuivre le récit. Elle regarda madame Lindors au visage livide, qui restait perplexe. Celle-ci lui déclara.

-               Bethany je crois qu’on va en rester-là. Ce récit me gène car il ressemble à un de journal intime, et je ne souhaite plus le parcourir.

-               Oui madame, répondit la domestique, à contrecœur.

-      Voilà une bien étrange similitude d'âges entre les femmes Lindors et les enfants, dit tristement Irmine.

Donc, je vais faire venir un architecte pour démurer cette façade car le manuscrit y est relié.

-               Bien madame, je vous comprends, ajouta la femme déçue. Mais qu’allez-vous faire de l’ouvrage ?

-               Merci pour la lecture Bethany, j’aviserai par la suite.

Soudain, elles entendirent une clochette sonner. Un visiteur venait d’entrer dans le manoir.



La suite du conte avec le chapitre°4, le samedi 12 novembre




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