Emi Kane, et les Tablettes de Jade. Chapitre 5 partie 2

Tous droits réservés par Joëlle JEAN-BAPTISTE

Emi Kane et les Tablettes de Jade.

Chapitre N°5 partie 2

La déroute

 

Dans la bibliothèque Amaterasu, Madame Izumi, la gouvernante, se précipita vers Emi Kane évanouie au sol, en lui tapotant la joue.

-         Ma petite, réveille-toi !

Gen Hayao Kazuhisa s’approcha d’Emi Kane, et lui prit le pouls.

- Il est faible.

-Mettez-la sur le canapé ! Ordonna Tora Ryūku aux soldats qui venaient d’entrer.

Deux gardes s'empressèrent d'obéir, tandis qu'un autre lui appliqua le masque sur le visage.

-         Non, intervint la gouvernante en le repoussant.

Mais le garde insista. Il mit une lotion dans le creux du masque et l’appliqua sur le visage d’Emi Kane.

-         Emi ! appela la femme en lui secouant l’épaule.

-         On lui mettra des cousins pour la soulager pendant le voyage, annonça le seigneur en regardant le Gokenin, qui approuva.

-         C’est incroyable ! S’insurgea madame Izumi en colère. Comment pouvez-vous être aussi cruel en soumettant un tel traitement à des enfants ? S’insurgea-t-elle.

Le seigneur Ryūku ignora sa question et se tourna vers le Gokenin.

-         Cher ami, veuillez contenir vos serviteurs, où je me verrai obliger de les dresser moi-même !

-         Oh ! S’offusqua la gouvernante.

-         Madame Izumi, répondit gêné,  le Gokenin, je vous prie de quitter cette pièce tout de suite et d’accélérer les préparatifs pour notre départ imminent.

La femme quitta la salle en maugréant.

Ensuite, ils s’installèrent autour de la table et le seigneur lui dévoila en détail le but de leur voyage.

 

Pendant ce temps, dans l’auberge du Cygne vert, Amasu Kiwa, écoutait attentivement sa fille, Sae Kiwa, qui au bout d’un moment, commença à bailler.

- Tu es très fatiguée par toutes ces perturbations. Tu iras prendre ton repas et tu te coucheras plus tôt, d’accord ?

- Oui maman.

- Tu as eu beaucoup trop d’émotions. Il faudra te reposer, et dès demain, j’irai voir le maître archiviste de la bibliothèque Amaterasu, pour lui expliquer que je refuse que tu participes à tout cela. Ne t’en fait pas ma chérie.

Peu après, l’enfant prit son repas dans la cuisine déserte de l’auberge. Elle réchauffa de la soupe. Elle ne termina pas son bol d’Omisoshiru(1), qui avait un goût amer. Elle mangea une pomme,  et préféra monter se coucher.

Sae Kiwa dormait pendant quelques minutes, lorsqu’elle eut l'impression d'avoir encore faim. Elle se leva, retourna à la cuisine et se dirigea vers le buffet.

Elle ouvrit des bocaux contenant des graines de tournesol et de maïs grillés. Elle en prit une poignée de chaque, les déposa dans une assiette et commença à les croquer. Elles étaient délicieuses.

Elle s’étonna de voir l’habileté avec laquelle elle pouvait casser des noix.

Ayant un doute, elle se précipita vers un miroir, ouvrit la bouche et remarqua deux dents légèrement plus longues que les autres.

-         Qu’est-ce qui m’arrive ? C’est étrange de voir ces dents pousser.

C’est certainement normal, pensa-t-elle en n’oubliant pas d’alerter sa mère dès le lendemain matin.

Elle s’endormit, rassurée.

 

A la bibliothèque, les deux hommes terminaient leur discussion, lorsqu’un bruit les dérangea.

-         D’où cela provient-il ? S’étonna le maitre de la bibliothèque.

Quelle était cette forme camouflée qui semblait collée au plafond ?

Une ombre noire se mouvait.

Les hommes regardèrent et virent avec stupeur une énorme mante religieuse qui maintenant essayait de se cacher derrière un rideau.

 

-         C'est Muyu Hina ! Regardez la transformation de cette pauvre apprentie, dit d’une voix émue, le maître de la bibliothèque en se cachant derrière une chaise.

Soudain, le Gokenin se précipita vers son livre, pour chercher une incantation.

-         Votre ouvrage sur les sculptures maléfiques ne sert à rien maitre Gen Hayao Kazuhisa, s’écria le seigneur qui se réfugia vers la porte d’entrée pour essayer de l’ouvrir. Il s’en voulait d’avoir donné l’ordre à ses soldats de les enfermer.

-         Ne criez surtout pas, conseilla le Gokenin. Elle est capable de nous attaquer.

 

La mante religieuse à la tête triangulaire les regardait avec ses yeux aux grosses facettes.

Muyu Hina avait très faim. Soudain, elle suivit un papillon qui survolait la pièce depuis un bon moment. Elle en profita pour plonger sur lui. Mais celui-ci s’envola par la fenêtre entrouverte. Avec ses bras chargés de piques, Muyu Hina se dirigea vers la fenêtre, l’ouvrit.

La grosse mante religieuse les regarda une dernière fois. Ils restèrent horrifiés de voir que sa tête pivotait à 180 degrés.

Puis, elle s’échappa par la fenêtre et sauta dans le vide.

Le seigneur voulu l’empêcher de partir.

-         Quel malheur ! Gardes ! Rattrapez-la !

Les soldats s’engouffrèrent dans la pièce.

 

 Certains descendirent par l’échelle pour courir dans le jardin de la bibliothèque à la recherche de la mante religieuse. La nuit était tombée et ils ne distinguaient plus rien.

 Le Seigneur Tora Ryūku tenta d’agir en ouvrant un coffret. Il prit une longue chaine et entoura la cheville d’Emi Kane qui dormait toujours.Il tourna une clé dans une petite serrure.

-         Au moins, celle-ci ne s’échappera pas !

 

La gouvernante, madame Izumi, entra en trombe dans la salle, et regarda la nouvelle entrave placée aux pieds poilus d’Emi Kane.

-         Que c'est-il encore passé ? Demanda-t-elle stupéfaite.

 

 

(1)             Bol d’Omisoshiru. Bol de soupe.