Emi Kane, et les Tablettes de Jade. Chapitre 4 partie 3

Tous droits réservés par Joëlle JEAN-BAPTISTE

Emi Kane et les Tablettes de Jade.

Chapitre N°4 partie 3

La métamorphose


Installé dans son appartement de la bibliothèque Amaterasu, Tora Ryūku entendit frapper à sa porte.

Il rangea rapidement ses affaires et permit au soldat d’entrer.

-        Seigneur Tora Ryūku, des cris ont été entendus dans la salle des prisonnières.

-        C’est parfait, répondit le shogun en se retournant vers le garde, avec un large sourire.

-        Vérifiez qu’elles aient bien prit leur bain, et prévenez-moi ensuite, ordonna-t-il.

Le soldat eut une hésitation, puis referma la porte.

Pendant ce temps, Jun Wataru courrait dans la campagne pour rejoindre son foyer.

Il arriva en sueur dans la demeure de sa tante Arisa Wataru.

-        Qu’est-ce qu’il y a Jun ? On dirait que tu as vu un fantôme, lui demanda-t-elle intriguée.

-        C’est à la bibliothèque… il y a des transformations dues aux sculptures d’argile du seigneur Tora Ryūku.

-         Le lunatique d’Edo est revenu ? Demanda sa tante épouvantée en se précipitant vers lui. Elle le prit par les épaules et le secoua.

-        Depuis quand ? Est-ce qu’il t’a vu ?

-        Non, je ne crois pas. Mais, il doit repartir bientôt avec Emi Kane et Miyu Hina.

-        Ne retourne plus là-bas, on ne peut plus rien pour elles. Va dans ta chambre immédiatement.

-        Mais je..

-        Immédiatement ! S’écria la femme.

Elle ferma les volets de sa maison. Puis, elle ouvrit un livre de prières, et commença psalmodier à haute voix en attendant le retour de son mari.

 

 

Tremblante de peur, enfermée dans une salle de la bibliothèque, Miyu Hina observait deux tiges verdâtres, entourées de cheveux noirs, pointées au-dessus de sa tête.

-        Tu à l'air d'une diablesse ! S’écria Emi Kane en rentrant sa tête dans la baignoire.

Miyu attrapa ce qu’elle prenait pour des cornes, et constata qu'elle tenait des antennes souples. L’apprentie  s’approcha du miroir et discerna deux yeux foncés dans les orbites, entourés de  paupières olivâtres.

-        Quel horreur ! Je me transforme en une vraie mante religieuse ! Emi au secours !

-        Oh, arrête de te plaindre. Ne vois-tu pas que ma situation est bien plus horrible que la tienne ?

-        Tu crois ? Fit mine de contredire  son amie.

-        Oui, je deviens un singe qui pue ! Répliqua Emi furieuse.

Elle ressortit rapidement de la baignoire pour reprendre sa respiration et en profita pour empoigner une des lotions que le soldat avait agencées à son intention. Elle s’en aspergea le corps. Aucune mauvaise odeur ne s’était dissipée. Cependant une grande quantité de poils lui couvrait maintenant le corps.

Pendant ce temps, Miyu Hina prit dans un tiroir une large serviette, et l'enroula autour de sa tête. Elle fut soulagée de pouvoir facilement dissimuler ses antennes.

Un soldat frappa à la porte, et pénétra dans la pièce en se masquant le nez avec une échappe. Puis, il regarda le visage de Miyu Hina et sans montrer son dégoût, il lui annonça :

-        Mademoiselle Hina, vous devrez prendre un bain tout de suite, dans votre partie réservée. Voici une lotion à appliquer sur votre peau après l’ablution.

-        Et si je ne la prends pas ?

-        Des insectes seront susceptibles de vous manger !

Puis, il s’en alla rapidement.

 

Prise de panique, Hina se dirigea vers son paravent, fit le tour et aperçu qu’il y avait très peu d’eau. C’était une sorte de terrarium, avec des touffes d’herbes, du sable et de la terre tout au fond.

Elle entra à l’intérieur en écartant deux plantes vertes, s’allongea et se gratta le dos sur un petit rocher qu’elle découvrit au fond. Au bout d’un moment, elle se sentit si bien qu’elle s’assoupit.

Un soldat entra et versa de l’eau chaude dans le bain d’Emi Kane qui se prélassait. Puis, il vaporisa une senteur dans le terrarium de Hina.

Après son départ, un bruit familier sortit Emi Kane de sa somnolence. L’apprentie quitta le bain, attrapa un peignoir  et s’emmitoufla dedans.

La jeune fille pensait voir Jun Wataru remonter par l’échelle et fut pétrifiée de constater que le maitre archiviste de la bibliothèque en personne entrait par la fenêtre.

-        Maitre Gen Hayao Kazuhisa ? Quelle surprise ! S'exclama Emi Kane en faisant la révérence.

Celui-ci eut un haut-le-cœur en la regardant.

-        Emi Kane ?

-        Oui, c’est moi. Comment avez-vous fait pour grimper sur l’échelle ?

-        Voyons Emi ! Je te signale que j’ai l’habitude de consulter des ouvrages en faisant de pareille acrobatie dans les allées de notre grande bibliothèque, répliqua le Gokenin vexé.

La jeune fille se sentait stupide d’avoir posé cette question.

Madame Senami Izumi le suivait et rentra dans la pièce.

 

Emi remarqua qu’ils observaient avec dégout les longs poils apparus sur ses jambes.

-         C’est phénoménal ! Que s’est-t-il passé ici ? Questionna la femme.

-        Nous subissons une transformation, se plaignit la fillette en se grattant le torse.

-        J’ai des puces qui ne partent pas comme cela, expliqua-t-elle.

-        Alors ne perdons pas de temps, intervient le Gokenin. Il déplaça une commode et la plaça devant la porte.

 

Madame Izumi sortit un encensoir de sa poche, et brûla des bâtons terreux.

-        Emi Kane, retournez dans votre bain ! Conseilla la femme inquiète.

-        Madame Izumi, surveillez l’entrée de la salle, et prévenez-moi si vous entendez des pas venant dans notre direction.

-        Oui vénérable maitre.

-         D’ici cinq minutes, j’aurai bientôt terminé. Il ne faut pas que je sois dérangé !

 

Gen Hayao Kazuhisa  s’agenouilla et se couvrit la tête d’un voile blanc. Puis, pendant que l’encens brulait, il commença à réciter une longue formule inscrite dans le livre qu’il avait apporté de la bibliothèque : « Les facultés des sculptures maléfiques ».

 

Après quelques instants de cérémonial, la porte s’ouvrit brutalement en propulsant la commode et en faisant tomber la gouvernante. Madame Izumi se retrouva allonger à même le sol.

Les soldats du shogun firent irruption entrèrent dans la pièce.

 

Le seigneur Tora Ryūku mécontent, fit son apparition. Il souleva rudement le voile, et découvrit la tête aux cheveux ébouriffés de Gen Hayao Kazuhisa.

-        Que signifie tout ce bazar ! Hurla le shogun en colère.

 

Le maître de la bibliothèque Amaterasu resta pétrifié.