Conte N°8. Emi Kane et les Glycines sacrées du Shogunat. Chapitre N°5. La méprise Partie 2

Emi Kane et les Glycines sacrées du Shogunat

Tous droits réservés par Joëlle JEAN-BAPTISTE

Chapitre N°5 Partie n°2

La méprise

Le maitre archiviste Gen Hayao Kazuhisa, faisait les cent pas dans son bureau. Puis, il stoppa net devant les fenêtres donnant sur les jardins de la bibliothèque Amaterasu. Le Gokenin observa les soldats du shogun éparpillés dans les jardins de la bibliothèque Amaterasu à la recherche des fuyards.

C’est insensé. Depuis que cette Emi Kane est présente dans les rangs des apprentis, il se passe toujours des embrouilles ici, pensa-t-il, en se dirigeant vers le coffret vide. Les derniers rayons du soleil réchauffaient la pièce.

 L’heure de la remise du Lo Shu approchait.

Se serait-il trompé sur la responsabilité d’Emi Kane ? Il avait écouté attentivement les dires de la nouvelle aide bibliothécaire Fumi Chiko, mais, le fait d’avoir trouvé le morceau du kimono dans les décombres les avait menés à la piste de la jeune apprentie.

Il regarda le coffret vide dans lequel il espérait revoir son précieux Lo Shu. Aux yeux de l’empereur, et de ses associés, il allait passer pour un incapable et risquait de perdre son poste de directeur de la bibliothèque Amaterasu.

D’ailleurs, son poste ne comptait plus maintenant, c’était surtout la bataille, qui se tramait dans l’ombre. Il était inquiet des conséquences de son imprudence. Il venait de renvoyer ses hôtes venus lui apporter la cargaison de tortue.

Le seigneur Kanemort ne devait pas apprendre la perte du Lo Shu.

Il décida de quitter son bureau. Il ne voulait pas se trouver dans les parages au moment où Emi Kane ou une autre personne viendrai remettre le Lo Shu.

Il se dirigea vers l’atelier de travail des apprenties, dans l’espoir d’une nouvelle création qui masquerait la perte de l’original Lo Shu. Face à Kanemort, il devait gagner du temps.

 

Accroupie dans caveau, Donna Lingfug s’attendait à subir une épreuve terrible. Revoir un kappa ne la rassurait pas. Peut-être voulaient-ils la manger ?

Sa plie jaunâtre s’était asséchée.

Elle tenait à la vie plus que tout et avait bien l’intention de se battre. Elle serra dans son poing le mini Lo Shu et ferma les yeux en pensant très fort à ses parents. Puis, elle se souvient d’une histoire sur les propriétés du Lo Shu.

Le loquet résonna et la lourde porte en fer s’ouvrit en grinçant. Un bruit de clapotis d’eau s’entendit lorsque qu’un kappa entra.

-        Je veux vivre ! Je suis des vôtres ! Pensa Donna, accroupie face à la paroi.

Le kappa au visage hideux, la retourna brutalement et fit un geste de recul et la regardant surpris. Puis, soudain hurla !

-        Elle n’est plus là ! Alerte !

Donna se rapetissa au fond de la pièce sombre quand

un autre kappa, plus imposant pénétra dans la pièce. Il se dirigea droit vers elle.

Furieux, il demanda.

-        Comment as-tu pu être enfermé à sa place de notre prisonnière ?

Donna remarqua qu’il ne la voyait pas, mais ils la prenaient pour un dès leur.

-        Euh ! ...Elle a voulu un peu d’eau et j’ai été distrait car mal fermé la porte. Au retour, elle m’a enfermé.

-        Cela s’est passé quand ?

-        Il n’y a pas dix minutes.

-        Et pourquoi n’a tu pas crié ?

-        Je l’ai pourtant fait mais le cachot est si profond, et les murs si épais, que vous ne m’avez pas entendu, inventa Donna.

-        Elle est partie par la tranchée nord !

Les deux kappas coururent rapidement dans la direction qu’elle avait indiquée. Soulagée, Donna regarda ses mains. Elle n’avait pas changé d’apparence.

Alors, elle ouvrit son poing et vit une lumière rouge qui éclaira la pièce. Elle en était persuadée, le mini Lo Shu l’avait protégé.

Elle se redressa et s’engagea dans les canaux humides aux parois trouées du territoire des kappas.

Le mini Lo Shu lui avait donné l’apparence d’un kappa, mais elle n’était cependant pas rassurée. Elle se regarda dans une grosse flaque d’eau. Aucun changement sur son apparence n’apparaissait.

Elle sortit par une trappe et se retrouva dans le jardin de la bibliothèque. Elle devait se camoufler, car, elle était trop faible pour s'exposer. Soudain, au détour d’un chemin, elle tomba sur un attroupement. Elle se dissimula dans un buisson et regardant les individus.

-        Oh ! C’est la princesse Lou Xiap !

Elle observa la peur dans les yeux d’Emi Kane et décida d’agir.

Elle s’écria.

-        Princesse Lou Xiap, je suis votre meilleure amie, la princesse Moe Bara.

Puis, elle sortit du buisson.

La princesse regarda la forme qui s’approchait et sourit soudain.

-        Princesse Moe ? Les soldats la saluèrent.

-        Je suis si contente de vous savoir dans la bibliothèque Amaterasu, dit Lou en se jetant dans ses bras. Je pensais que vous étiez au château du Shogunat.

-        Et moi qui vous croyais au marché des vaisseliers de cristal.

-        Je voulais y aller, mais j’ai fait un détour.

-        Moi aussi, car des bruits courent sur certains évènement qui ont eu lieu dans cette bibliothèque.

Emi Kane ravit remercia le ciel de cette apparition providentielle.

Elle examina la princesse Bara, ses longs cheveux noirs, découvraient un visage avenant. Sa robe aux feuillages argentés lui allait parfaitement. Cependant, quelque chose la gênait dans cette apparition soudaine. Il y avait comme une méprise.

-        Qu'ils sont beaux, les oiseaux qui t’accompagnent ! Déclara la princesse, en observant des volatiles se déployer dans le lac.

C’est étrange, dit le soldat à Emi Kane.

-        Je ne vois qu’une belle femme salement amochée à la jambe.

-        Moi aussi ! Répondit Emi en regardant le poinçon rougeâtre ensanglanté.

Ainsi, les soldats et la princesse ne semblaient voir que ce qui a été annoncé.

Gin Teruki lui murmura tout bas.

-        C’est l’effet du Lo Shu. Elle possède le mini Lo Shu.

-        Il y en avait un autre ?

-        Oui. Je m’en suis débarrassé. C’est ce que la princesse Lou cherchait.

-        On devrait en profiter pour tirer avantage de la situation.

-        Quel est l’effet de durée de la vision.

-        Peu de temps je le crains, marmonna tout bas le soldat.

Allons à la bibliothèque, je dois m’entretenir avec le Gokenin. La princesse Bara s’approcha d’Emi Kane et proféra.

-        Qui est cette fille ? Pourquoi lui avoir entravée les mains ?

-        Ce n’est qu’une intrigante et mais au fait, dit la princesse Xiap en regardant son amie claudiquer.

-        Quoi donc ? Demanda Bara inquiète.

-        Mais ma chère, vous êtes blessée ? Et comment êtes-vous venir ici, je ne vois pas votre garde, demanda soudain la princesse Lou Xiap, en regardant anxieuse autour d’elle.

La princesse Bara ne savait pas quoi répondre. Paniquée, elle regarda Emi Kane, puis, s’évanouit en tombant dans ses bras.


Suite des chapitres 6 et 7 le 28 décembre.