Conte N°8. Emi Kane et les Glycines sacrées du Shogunat. Chapitre N°4 Le Lo Shu, le carré magique. Partie 2

 

Emi Kane et les Glycines sacrées du Shogunat

Tous droits réservés par Joëlle JEAN-BAPTISTE

Chapitre N°4

Le Lo Shu, le carré magique Partie n°2


 

Tremblante de peur, allongée dans  l’ancienne salle de réfection des manuscrits de la bibliothèque Amaterasu, la petite apprentie Donna Lingfug, regardait sa cheville qui commençait à enfler.

Que lui avait fait cette sorcière ? Une marque qui ressemblait à un poinçon,  était maintenant imprimée sur son pied.

-         On dirait de la cire, cela a brulé ma peau !

Donna rampa vers une petite étagère,  faite en acier. Elle se souvenait d’avoir un jour entreposé de vieux coupe-papiers. Elle en trouva un ébréché, se redressa et commença lentement à couper ses liens.

Ensuite, elle chercha de quoi se défendre. Elle trouva une planche vermoulue, dans  une caisse en bois. Elle tira dessus et attendit patiemment derrière la porte, l’arrivée de Fumi Chiko.

-         Qu’est-ce que cette femme m’a mis dans la peau ?

Des pas retentissaient, quelqu'un  s'approchait. La porte s’ouvrit et Donna vit surgir devant elle, une forme portant un masque avec un visage atrocement déformé par une grimace. Elle arracha le masque d’un coup de planche et fut surprise de se retrouver en face d’un kappa, un monstre doté d’une bouche en forme de bec, et des cheveux éparses encerclant son crâne chauve.

Horrifiée, la nippone le repoussa avec sa planche de toutes ses forces en hurlant :

-         Non ! Tu ne me mangeras pas !

Puis, elle s’enfuit en prenant l’escalier de secours, pour fuir le monstre qui avait la réputation de dévorer les enfants.

 

Pendant ce temps, Emi Kane discutait âprement avec le soldat, tout en réfléchissant. 

-         Vous allez enfiler tout de suite ce vêtement ! Ordonna-t-elle en lui montrant un tissu orange.

-         Quoi ? S’étonna Gin Teruki, en regardant stupéfait le kimono que la fille venait de poser sur le lit.

-         Et mettez cette cape sur vos épaules.

-         Quelle honte, je ne vais pas m’habiller avec des vêtements de femme !

-         Et pourquoi pas ? Riposta Emi Kane hors d’elle.

Le soldat réfléchit. Décidément, elle me prend pour un imbécile. Après m’avoir assommé dans l’infirmerie, cette démente veut me tourner en ridicule et m’humilier devant les soldats de ma garnison.

-         Et si on faisait le contraire ? De toute façon vous avez besoin de moi pour quitter la bibliothèque.

Emi Kane ajusta son armure.

-         Il faudra me faire confiance. Si vous souhaite sortir d’ici, je peux vous aider. De toute façon, si mes chefs me trouvent dans cette tenue scandaleuse, ils ne le supporteront pas, et m’élimineront.

Soudain, il s’approcha du sabre qu’Emi dirigeait vers lui pour le menacer.

-         Tuez-moi tout de suite ! Déclara le jeune homme.

-         Vous êtes fou ! Dit Emi en s’éloignant de lui.

Le temps pressait. Elle décida de l’écouter, car elle pensait qu’il allait lui être d’une grande utilité.


Quelques minutes plus tard, ils parvenaient à déjouer les points de contrôles du monastère.

En effet, les cris de Miyu Hina, attira vers elle tous les soldats.

Le Gokenin et les chefs des samouraïs arrivèrent.

-         Je les ai vus partir vers la ville. Ils ont quitté la bibliothèque !

-         Mais qui donc ?

-          Le soldat, accompagné d'Emi Kane.

L’aide bibliothécaire qui venait d'entendre  l'information arriva comme une furie.

-         Par où sont-ils partis ! Cria-t-elle en levant ses poings au ciel.

-         Par le portail, déclara Miyu Hina qui se souvenait d'une charrette sortant des cuisines deux heures auparavant, venue ravitailler la bibliothèque en marchandises.

 

Ainsi, pendant qu’elle faisait diversion, Emi Kane et le soldat s’échappèrent.

Gin Teruki se dépêcha de courir avec Emi qui se garda cependant de lui montrer sa cachette secrète.

Ils arrivèrent dans le jardin, où, au même endroit où une dispute avait eu lieu, d’après les dires de Donna Lingfug.

Il regarda Emi qui reprenait son souffle. Elle semblait gênée.

-         Qu’allait-elle lui demander ?

Puis, elle annonça fermement.

-         Vous devriez nager dans le lac.

-         Comment ? S’étonna le jeune homme.

-         Il faut que vous me retrouviez un objet qui a été jeté hier soir dans le lac. C’est un Lo Shu !

-         S’il est tombé dans l’eau, il doit être endommagé.

-         Vous m’aviez promis de ne pas me poser de questions ! Reprocha la nipponne.

Gin Teruki obtempéra, s’élança dans l’eau, mais, après plusieurs plongeons, il ne remontait toujours pas à la surface.

Au fond, du lac,  Gin trouva le Lo Shu, coincé entre une racine de lotus. Une petite chaine dorée l’intrigua. Il tira dessus et vit apparaitre soudain un deuxième Lo Shu identique au premier !

Que c’est étrange !

Il connaissait le prix de sa trouvaille et en plaça un sous sa chemise.

Alors, Emi Kane inquiète l’appela.

Le soldat remonta enfin avec l’objet convoité et le donna à la princesse.

Il avait tenu, parole.

Puis il nagea jusqu’à la berge.

-         Voilà, Emi Kane votre trésor !

 

Dans un palanquin en bois, transporté par quatre porteurs, la princesse Lou Xiap s’étira sur ses cousins moelleux. Elle avait hâte d’arriver à la bibliothèque Amaterasu dont elle voyait la prestance, près d’une plaine fleurie, bordant un lac.

La princesse, fille d’un daimyō influent, et fiancée à un  prince du shogounat, était bien décidée à reprendre ses biens. La jeune princesse de seize ans donna l’ordre d’arrêter le palanquin, et en sortit pour se dégourdir les jambes.

Il s'arrêta le long d’un coup d’eau. Elle démêla sa longue chevelure blonde. Ses cheveux intriguaient aux palais du shogunat. On reprochait à ses parents de n’avoir pas la même tignasse qu'elle. Elle était comparée à une princesse étrangère. Pour sa sécurité,  ses parents décidèrent  de l’éloigner de peur que l’influence de Kanemort ne soit trop virulente.


-         Je vais me baigner, annonça-t-elle à  un garde qui faisait partie du cortège.

-         Nous surveillons les alentours, princesse Xiap. Mais ne tardez pas nous allons être en retard.

-         Veuillez garder vos réflexions pour vous ! Répondit-elle, agacée. J’arriverai quand il le faudra.

-         D’accord princesse, cela n’était qu’une réflexion et

-         Taisez-vous !

Le samouraï qui ne voulait pas contrarier  la princesse, obéit.

-         Dans trente minutes, je serai de retour.

-         Oui Princesse, répondit l’homme en faisant une révérence.

Elle s’en alla, en le dévisageant avec froideur.

Un autre soldat s'approcha.

-         Que lui est-il arrivé cette fois-ci ? Elle a perdu une barrette ?

-         Non, un autre caprice. Notre Princesse va se baigner dans le lac.

Pensive, Lou arriva dans un endroit fleuri et reconnut l’endroit où la veille au soir elle avait fait tomber l’objet sacré, le LO SHU.

Elle décida d'agir, et se dévêtit. Ce fut en sous-vêtements qu'elle commençait à se glisser dans l'eau.

Soudain, elle entendit du bruit. Alors, rapidement, elle se cacha dans un okarikomi.


A l'intérieur du gros buisson, elle vit deux silhouettes s'approcher (...)


 Suite avec le chapitre n°5, le 2 novembre 13.