Chapitre n°5 La confrontation 2/2

Tous droits réservés par Joëlle JEAN-BAPTISTE

 

                                     Emi Kane et les incantations du Shogun d’Edo


Chapitre N°5

La confrontation

                                                                                                       2ème partie


 

-  Pendant que tu dormais, j’ai verrouillé toutes les pièces de ton petit logis. Alors, cela ne sert à rien de me fuir.

 

L’homme musclé, était impressionnant. Son visage noirci, recouvert de bandes noires, le rendait quasiment indécelable, la nuit.

 

Je dois absolument me défendre contre ce soldat, pensa le petit marchand terrifié.

-  Comment avez-vous fait ?

-          Tu le comprendras bientôt. Nous partons maintenant !

-  Non, je refuse !

-  Tu veux que j’emploie la force ?

 

Soudain, l’air menaçant, l’homme mit la main dans son sac. Jun s’attendait à le voir ressortir une arme. Mais, il vit que le samouraï brandissait devant lui, un Rahu (1).

-  Gare à toi, si tu ne m’obéis pas immédiatement !

Jun éclata de rire.

-  Vous pensez m’impressionner avec ce bol ? C’est raté !

L’objet scintillait dans la main du guerrier.

-  Je ne vous suivrai pas, confirma le marchand.

 

Le samouraï prit dans un tonneau une louche d’eau, remplit délicatement le bol, le but lentement tout en regardant méchamment Jun. Puis, il ferma ses yeux en récitant une phrase cabalistique.

Aussitôt, les pieds du petit marchand furent ligotés. Il tomba sur le sol en s’écriant :

-  Comment avez-vous fait ?

-  As-tu compris qu’il ne sert à rien de t’échapper ? Ou alors, il te poussera des cornes sur la tête, et tu cracheras des serpents !

C’est un forcené qui a de puissants pouvoirs, se dit-il. Je vais faire ce qu’il me dit, et à la première occasion je m’échapperai, pensa le marchand terrorisé.

- Alors, tu va me suivre sans résistance ?

-  Oui, répondit Jun résigné. Puis-je prendre des affaires avec moi ?

-  Non ! Tu ne partiras qu’avec les habits que tu as sur toi.

Il lui jeta un vêtement au visage en disant : tiens, mets ta veste.

 

Pendant que le samouraï débloquait l’ouverture des portes, afin de gagner du temps, Jun lui suggéra :

-  On ne peut pas partir sans emporter de quoi manger ? Ma tante à des petits gâteaux dans un bocal, êtes-vous d’accord pour les apporter ?

Le samouraï hésita :

-  Dépêche-toi. Si tu cris pour alerter les environs, je ne donne pas chère de ta peau.

-  Je ne crierais pas monsieur.

 

L’homme sortit de sa pochette une cordelette, la plaça au-dessus du raku et la fixa à un pied du gamin. Tout à coup, comme une laisse, elle s’enroula à sa cheville.

-  Comme cela tu ne te sauveras pas ! De mon coté, je dois préparer mon matériel. Nous avons une longue route à faire. On partira à l’aube.

 

Le samouraï se dirigea vers un établi au fond de la cour, et trouva tout le matériel nécessaire pour aiguiser ses lames.

 

Pendant ce temps, Jun dans la cuisine essayait en vain de se déplacer.

Il ne pouvait aller au-delà de la pièce. Il prit des biscuits, des fruits et les plaça dans un sac.

Il regarda par la fenêtre.

Le samouraï s’activait dans la cour.

Jun en profita pour détacher ses liens, mais, la cordelette le serrait davantage. Alors, avec beaucoup de difficultés, il prit un couteau dans un tiroir et tenta de couper le cordon, qui se solidifiait au contact de la lame.

Des traces verdâtres restèrent imprégner sur sa jambe. Il essaya à proximité de sa cheville, mais, le même résultat apparut.

-  Il prit une boîte d’allumettes, en craqua une sous la cordelette qui devint subitement violette.

-  C’est incroyable ! Qu’est-ce que c’est, ce produit ?

Au moment où il en allumait une seconde, il sentit que le samouraï, en tirant trois fois de suite sur la ficelle attaché à son pied, voulait le faire revenir.

Jun désespéré, prit dans un tiroir une feuille de papier et de l’encre, et écrivit. « Un samouraï m’emmène dans le Tokaido, jusqu'à Kyoto. Il faut parler à Emi Kane Aidez-moi. !

 

Brusquement il eut une idée, mais il avait peu de temps pour la réaliser.

 

Ne le voyant pas apparaitre, l’homme revint dans la cuisine, juste au moment ou le petit marchand en ressortait.

L’enfant sursauta car le samouraï avait changé son apparence.

Son maquillage noir avait disparu Il portait la veste bleu foncée avec des carreaux blancs. Furieux, il sera sur sa tête un foulard blanc à point bleu foncé.

-          Heu. J’ai pris beaucoup plus de temps, car je voulais emporter des fruits, dit Jun en montrant un sac à bandoulière.

 

Le samouraï, pas convaincu, bouscula l’enfant, regarda vers le buffet et trouva sous une assiette un papier qui dépassait.

-          Mais, tu as pris du temps pour écrire ce message ? Ha! Ha! Emi Kane ne pourra pas t'aider, ni ta famille ! Et je vois que tu as essayé de t’enfuir, ajouta l’homme mécontent, en regardant la corde colorée de vert et de violet.

 

Il se précipita vers lui.

-  Ne me tuez pas ! cria le petit marchand en se protégeant le visage de ses mains.

Le guerrier le serra contre lui et lui chuchota à l’oreille, si jamais on te questionne à mon sujet, pendant notre voyage, tu répondras: « Je suis le fils de cet homme et je m’appelle Jun Hidenori. C’est compris ?

- Oui monsieur.

-  Oui qui ? Dis t-il en lui tordant le bras.

-  Oui père, cria l’enfant.

Ensuite, l’homme froissa la lettre, la jeta dans le feu de cheminé, avant de l’éteindre.

- J’ai le droit de dire ou je vais! Se rebella t-il.

Le samouraï ne répondit pas.


Puis, il ferma la porte de l’habitation.

Jun Wataru se retourna une dernière fois vers sa maison. Je ferais tout pour revenir chez moi.

Ils partirent avant l’aube en direction du pont de Nihonbashi.

 

 

En prenant la route qui menait au Tokaido, Jun semblait un peu rassuré. J'espère qu'ils arriveront à me retrouver.

 

Il souleva et posa sur son épaule, un bâton muni de deux paniers d’osiers.

-         Prend celui là et suis-moi ! Ordonna t-il.

 

Qui allait le reconnaître dans un déguisement de marchands de poisson ?

 

(1).Rahu : c’est un bol en céramique.



Fin de la publication en exclusivité des chapitres N°1 au Chapitre N°5 du conte fantastique,

Emi Kane, et les incantations du Shogun d'Edo.

Les 37 chapitres sont réservés à l’édition.

 


Le conte fantastique est réservé pour l'édition. Merci de votre fidélité.







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