Chapitre n°5 La confrontation 1/2

Tous droits réservés par Joëlle JEAN-BAPTISTE

 

Emi Kane et les incantations

du Shogun d’Edo

Chapitre N°5

La confrontation

1ère partie

 

Pendant ce temps, Jun Wataru s’apprêtait à s’endormir, lorsqu’il entendit un son continu, en provenance de la cuisine. Il mit son polochon sur sa tête, mais le bruit continuait toujours.

Il se rappela que sa tante et son oncle étaient partis et ne reviendraient que tard dans la soirée. Il se leva et à travers le paravent de la cuisine, vit une ombre.

-        Vous êtes de retour ? Comment va ta sœur, chère tante ? Demanda Jun.

En entrant dans la pièce il sentit une odeur de souffre.

-        Elle va très bien, répondit une voix grave qui lui donna immédiatement la chair de poule.

L’homme gobait des olives et recrachait les noyaux dans un seau à un mètre de lui.

Voila d’où provenaient les bruits.

Le samouraï au visage bariolé de traces noires, l’observait au fond de la pièce en souriant.

Jan stupéfait, porta la main à son cou en se rappelant la dernière fois qu’il l’avait attaqué.

 

-        Comment êtes-vous rentré ici ? Et qui vous a donné mon adresse ?

-        Que tu es sot ! Tu crois que nous sommes seuls ici ?

-        Vous avez tendu un piège à ma famille pour les éloigner ?

Le soldat souriait de plus bel.

Jan voulu faire demi-tour pour quitter la pièce.

-        Je te déconseille tout mouvement petit !

Paniqué, le marchand désirait s’enfuir, mais, en touchant la porte il sentit un courant lui traverser la main.

-        Aie ! Hurla-t-il, en se tenant les doigts.

Il venait de ressentir une vive douleur.

-        Je t’avais prévenu ! J’ai sécurisé cette pièce.

-        Comment avez-vous fait ?

-        J’ai utilisé une technique de guerre, car tu as pris la mauvaise habitude de te sauver, en me voyant. Si tu franchis la porte, alors tu risques d’avoir encore plus mal !

-        Que me voulez-vous ?

-        Je vais t’emmener avec moi car tu me seras très utile. Tu vaux maintenant de l’or !

-        Je ne suis qu’un marchand de fruits, et je n’ai pas de valeur.

-        Tu en as un. Ton esprit ! As-tu oublié que tu as lu les lettres qui ne t’étaient pas destinée !

-        C’était très facile de retrouver ton domicile, petit. Tu as pris tes aises sur le pont Nihonbashi. Je t’ai vu discuter plusieurs fois avec cette Emi Kane.

-        Vous nous connaissiez !

-        Qu’est ce que tu crois. Prépare un baluchon, on a de la route à faire !

-        Je ne partirai pas !

-        Nous allons voyager mon bonhomme en partant de Kyoto à Edo.

-         C’est la route du Tōkaidō !

-         Oui, nous sommes obligés de l’emprunter.

-  C'est un endroit dangereux, dit l'enfant angoissé.

- A qui le dis-tu? Je dois te dire une chose très importante. Il y a de nombreux points de contrôle. Ne t’avise  surtout pas à alerter des personnes de ma présence.

-         Qu’allez-vous me faire si je refuse ?

-         Rien. Si seulement tu tiens à tes deux oreilles !

 

 

A plusieurs kilomètres, las d’attendre les renforts demandés par son patron, le maître archiviste de la bibliothèque Amaterasu, Emi Kane s’approchait du pavillon de thé, quand elle le vit accompagné du maître du thé, Zen Dai Daichi. Ils discutaient sous un saule pleureur.

Surprise en entendant des éclats de voix, elle eut le réflexe de se cacher derrière le pavillon de thé, et observa l’effervescence déclenchée par l’arrivée des soldats les armées du daïmyo Yoshikuni Date et ceux des Tokugawa.

Elle écouta attentivement les conversations, en se demandant pourquoi le maître archiviste n’avait pas révélé qu’il connaissait le samouraï ?


-        Ce raku est un objet sacré ! Annonça le grand maître du thé.

-        Nous sommes persuadés qu’il est entré ici?

-        En avez-vous des preuves ? Demanda l’archiviste inquiet.

-        Oui maître, nous avons trouvé une partie de son armure enfoui dans un buisson à l’extérieur de la bibliothèque et des traces de sang sur les végétaux de l’autre coté.

-        Où est le maître de ce lieu.

Tous les yeux se braquèrent sur l’archiviste qui se sentit tout à coup bien petit.


-        Il est donc entré ici !

-        Allons discuter dans le pavillon de thé proposa le maître du thé, lorsque des gouttes de pluie commencèrent à tomber.


Quand les hommes s’éloignèrent, Emi Kane voulu se relever, lorsqu’elle fut plaquée durement au sol.

 

 

 

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