Chapitre n°4 Les mystères du lac


Zahéra, la petite bohémienne

au Royaume de la Chakra

 

« Tous droits réservés par Joëlle JEAN-BAPTISTE »

Chapitre n°4

Les mystères du lac



Zahéra Floricel arriva près du lac, où la lune miroitait dans l’eau.
Elle se souvenait des bains de minuit de l’année dernière, pris en compagnie de sa mère, Natalia. Elle se déshabilla, posa ses vêtements sur un gros rocher, trempa ses pieds dans l'eau tiède du lac, et soudain plongea.

Se baigner, en été dans les eaux calmes du lac de Côme la ravissait.
Pendant qu’elle nageait en faisant quelques brasses, elle ne se doutait pas de ce qui se passait sur le rivage.
Une grande silhouette biscornue, fouillait ses vêtements.

Zahéra, heureuse et détendue, se laissa transporter par les flots. Elle arriva près d’un petit îlot, quand, tout à coup, une lumière scintillante au fond du lac, attira son attention. Elle aspira l'air, bloqua sa respiration, et plongea en direction des reflets lumineux.

Elle nagea à toute vitesse et arriva devant l’épave d’un grand navire, où des rayons étincelants filtraient à travers les hublots.
Soudain, elle entendit une musique harmonieuse, fascinante, et reconnut les instruments utilisés. Comment était-ce possible sous l’eau, de pouvoir entendre aussi bien des violons et des guitares, qui répandaient cet air mélodieux ?

Zahéra commençait à manquer d'air. Elle remonta rapidement et rejoignit la rive. Elle s'habilla, mais ne trouva pas son dessert qu'elle avait placé sur un petit rocher.
Elle s’en inquiéta. Il n'a pas pu disparaître ainsi ?
Elle regarda au pied du rocher, et ne vit qu’un beau morceau de tissu grand comme un mouchoir.
- Ou est passé mon dessert que j’avais laissé sur le rocher ?

Elle scruta les alentours, en écoutant le croassement des grenouilles et le chant des grillons.
Au loin, les cloches d'une église sonnèrent deux coups.
- Il est deux heures du matin, et je dois travailler à l’aube.
Elle rentra rapidement au campement en faisant un détour par la lisière de la forêt pour ramasser quelques morceaux de bois.
Arrivée dans sa roulotte elle plaça dans le coffre vide, le tissu et le bois récupérés.
Épuisée, elle se mit au lit et s'endormit en pensant à la lumière étincelante et à la musique sous le lac de Côme.

Il était six heures du matin lorsque qu’on cogna à sa porte. Zahéra avait peu dormi, elle mit du temps à se lever.
On frappa de plus en plus fort.
- Si tu ne viens pas m'ouvrir c'est mon père qui viendra te faire bouger, fainéante !
Zahéra reconnut la voix de Digna sa cousine, et se leva aussitôt.

Digna lui tendit la liste des tâches à effectuer pour la matinée. Puis, ne pouvant plus se contenir, elle se dirigea brusquement au fond de la roulotte.

- Alors, il paraît que tu vas monter ton spectacle de Mario-Fête?
- C’est toi qui as prévenu ta mère !
- Tu ne réussiras jamais à le faire. Tu n’as plus tes parents et je vais dès maintenant confisquer tes marionnettes.
Avant que Zahéra n’ait eut le temps de protester, Digna ouvrit précipitamment le coffre.
Elle se détourna horrifiée, les mains sur son visage, et poussa brusquement le couvercle, bouscula Zahéra et s'enfuit de la roulotte en hurlant.
- Bon débarras, pensa Zahéra. Mais qu'est-ce qui a pu la faire fuir comme cela ? Il n’y a rien d’extraordinaire dans mon coffre ?
Elle voulu vérifier, lorsqu’ elle entendit un rugissement.
- Zahéra ! Où est cette petite vermine !

Son oncle surgit derrière elle, en la menaçant d’un long couteau.
- Petite hypocrite, t’as fais peur à ma fille adorée. Ouvre tout de suite ce coffre ou je t’étripe !

La petite bohémienne obéit en tremblant, et souleva doucement le couvercle du coffre.

    Doncho regarda à l’intérieur en même temps qu’elle.
Bouches bée, ils virent que le coffre était rempli. Il contenait, quatre paniers et une corbeille en osier, posés sur des tissus usagés. Des brindilles d’osiers les recouvraient partiellement.
- Mais, Digna m’a dit qu’elle a vu un gros serpent, grogna Doncho gêné.
- Elle a du confondre avec les branches d'osiers, répliqua timidement Zahéra.
Doncho ressortit en secouant la tête et brailla.
- Dépêche-toi de venir faire ton boulot….
Zahéra interloquée, ne comprenait absolument rien.
- Où donc sont passées mes marionnettes, les bouts de bois et le tissu ? Qui avait tressé ces objets ? C’est un coffre magique !
Après être restée en admiration devant tous les paniers tressés, Zahéra fit sa toilette et s’habilla.
Ensuite, elle consulta la liste de travail à effectuer. Elle devait premièrement, préparer le petit déjeuner de la famille, puis, laver le linge et le faire sécher. Elle sauta de joie à l’idée d’aller au lavoir près du lac

Elle se rendit dans la roulotte de sa tante, anxieuse à l’idée qu’elle découvre la nourriture qu’elle avait subtilisée la veille. Après quelques minutes de travail en sortant de la cuisine, elle surprit une conversation.

Digna en état de choc était allongée sur le divan du salon, Drusilla, à côté d'elle la consolait.
- Ma chérie, tu n'iras pas à l'école aujourd'hui. Mange un peu et repose-toi ma douce.
- Je n’ai pas très faim ce matin, répondit Digna.
- J’ai vu que tu avais eu bon appétit hier soir ma chérie, lui dit sa mère.
Digna ferma les yeux, sans répondre.

C’était très bien, car Drusilla croyait que sa fille Digna avait mangé les restes du repas d’hier. Elle n’avait donc plus rien à craindre, pour l’instant.
- Maman, je ne veux plus la voir.
    - Ne t'inquiète pas, lui répliqua Drusilla, Zahéra ne viendra pas avec nous à l'étranger. Nous nous débarrasserons d’elle bien avant.
-    Comment tu feras ?
-    Ton oncle va m’aider. Dans une semaine, elle ira certainement rejoindre ses parents !
-    Mais ils sont morts !
-    C’est bien cela. Pourquoi la séparer d’eux ! Ajouta sa tante cyniquement.
-    Est-ce que je pourrais récupérer sa roulotte, réclama Digna.
-    Oui, mon ange et tu auras en cadeau tous ses effets personnels. Enfin, pas les loques qu’elle porte bien sûr.
-    Alors il ne restera pas grand-chose.
-    En effet, dit sa mère. D’ailleurs est ce qu’elle vaut quelque chose ?
-    Non rien ! S’écria Digna en riant.
-     Ah ! Ah ! Ah !
Subitement, elles éclatèrent de rire.

En entendant ses mots cruels, Zahéra s’éloigna tristement de la roulotte en direction du lac de Côme, avec son gros panier de linge à laver.

- Ils veulent m'abandonner. Pourquoi me détestent t-ils tant ? Se demanda-t-elle, peinée.








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