Robert Maistriau - vie - oeuvre

Robert Maistriau, né le 13 mars 1921, est un héros de la Résistance belge. Son acte premier de résistance a été une opération téméraire contre un convoi de déportation pour Auschwitz, avec ses camarades Youra Livchitz et Jean Franklemon, le soir du 19 avril 1943. Cet acte courageux est relaté dans le livre "Rebelles silencieux" de Marion Schreiber(en original allemand "Stille Rebellen"), le livre "Het XXste Transport naar Auschwitz - de ongelijke strijd op leven en dood” de Marc Michiels et Mark Van den Wijngaert (en néerlandais),

               

dans de nombreux articles de presse, sur les pages Wikipédia concernant Robert Maistriau et le 20ème convoi de déportationainsi que dans le film "Transport XX to Auschwitz"(voir ici la bande annonceet le film).

Il a par la suite été responsable du recrutement au sein du Groupe G de la Résistance et a participé à d'autres actes contre l'envahisseur, avant d'être fait prisonnier, au printemps 1944, et interné dans des camps de concentration allemands jusqu'en avril 1945.

En reconnaissance officielle de ses actes de bravoure, Robert Maistriau a reçu maintes décorations militaires ainsi que notamment les titres de « Juste parmi les nations », de Docteur honoris causa de l’Université Libre de Bruxelles et de Citoyen d’honneur des communes belges de Boortmeerbeek et de Woluwe-Saint-Lambert.

 

Robert Maistriau mérite de rester dans les mémoires comme un homme d'un courage exemplaire, au service du droit le plus élémentaire de l'être humain, celui à la vie.

 
Robert Maistriau a poursuivi, après la guerre, après les camps de concentration, son héroïsme humaniste par d'autres voies: en 1949, il a émigré au Congo, dans la région de Kikwit, à 500 km à l'est de la capitale Kinshasa, et il y a exercé plusieurs métiers: gérant d'une huilerie, commerçant, mais sa réputation, encore aujourd'hui, vient surtout de son rôle de "maître cantonnier", responsable de l'entretien et de la réparation des pistes de sables sur plusieurs centaines de kilomètres autour de Kikwit et très estimé pour l'exécution parfaite de cette tâche.

 

En 1963, Robert Maistriau a initié un élevage de bétail sur le haut plateau de Feshi, à environ 200 km de piste au sud de Kikwit, dans une savane dénudée, et a ainsi commencé à procurer de la viande et des emplois à des dizaines de bouviers. Autour de ses kraals naissaient de petits hameaux. Son troupeau de bovins allait compter, au début des années 90, presque 4.000 têtes, une formidable base de subsistance pour lui et la communauté locale vivant de ce cheptel. Par grand malheur, cette fortune a été presque entièrement perdue dans les troubles des années 90.

 

Cependant, dans les années 70 déjà, Robert Maistriau - qui voyait les femmes parcourir des kilomètres pour trouver du bois de cuisson - avait entrepris de constituer sur cette savane une forêt qui allait s'étendre finalement sur plus de 200 ha, procurer ainsi du bois de cuisson et de construction à la population et constituer de surcroît une oasis de fraîcheur et de verdure propice au retour de certains oiseaux et insectes ainsi qu'à l'apparition de nombreux autres végétaux. La plantation de Robert Maistriau allait de cette façon se transformer en forêt naturelle. Il avait judicieusement appelé sa création "Bois Fleuri".

 

À la fin des années 90, Robert Maistriau a dû, accidenté et malade, quitter le Congo, "le pays de son cœur", comme il disait. Il a senti la nécessité de confier à autrui sa grande œuvre congolaise, mais n'a pas trouvé de preneur, ni dans le domaine commercial ni dans celui des ONG et instances publiques contactées (notamment WWF, Greenpeace, OXFAM, gouvernements bruxellois et wallon).
 
Ainsi, une dizaine de ses amis et connaissances, Européens et Congolais, se sont constitués en février 2005 avec lui en Société de personnes à responsabilité limitée (SPRL) de droit congolais, la Société Robert Maistriau qui a reçu ses concessions d'une superficie totale d'environ 4.000 ha, avec les objectifs de
  • préserver la forêt, une réussite écologique évidente, contre l'incendie et le pillage et de l'agrandir par de nouvelles plantations,
  • reconstituer, du moins partiellement, l’ancien cheptel de bovins,
  • maintenir l'école primaire créée et financé par Robert Maistriau et gratuite pour les enfants des travailleurs comme pour ceux des villages des environs,
  • financer ces activités par une exploitation prudente de la forêt et par la vente des bois sciés dans la ville de Kikwit,
  • apporter à Robert Maistriau un supplément à sa pension, qui était à l'époque très maigre.
Si la Société Robert Maistriau a réussi à atteindre les trois premiers objectifs et à continuer de cette façon le projet agro-pastoral de Robert Maistriau, les deux derniers objectifs n'ont pas pu être réalisés, à cause des difficultés techniques, notamment de circulation, mais surtout à cause du manque de pouvoir d'achat de la population de Kikwit.
 
Ainsi, au décès de Robert Maistriau, en septembre 2008, les difficultés de financement de Bois Fleuri faisaient planer une ombre menaçante sur l'œuvre de sa vie.  Menace que la Fondation Robert Maistriau, créée début 2011, à voulu écarter.