2. Du muet au parlant

Le monde de Chaplin et surtout celui de son personnage Charlot est celui du muet. Cependant, avec l'arrivée du parlant, Chaplin a dû faire un choix et opérer un passage du muet au sonore, puis au parlant. C'est dans Les Lumières de la ville que Chaplin débute ce passage au sonore. Il utilise une bande son qu'il a lui-même composée et quelques effets de bruitage. Cependant, comme le dit Michel Chion, il s’agit tout de même d’un « véritable manifeste pour la défense du muet ». Le bruitage se veut un pied de nez au parlant. Les Temps Modernes est musicalisé à 90 %, mais reste muet, Chaplin continuant d’avoir recours aux cartons pour les dialogues. Cependant, les intrusions de sons réalistes se font de plus en plus nombreuses : sons de machines, mais surtout, apparition de voix.
Dans Le Dictateur, même si le film est presque entièrement parlant et renonce définitivement aux cartons du muet, Chaplin ne renonce pas encore au langage de la pantomime. De surcroît, il s’agit du film où la « question du discours, de la parole retransmise est posée avec la plus grande virulence »
Pour compléter sa transition au parlant, Chaplin a dû renoncer au personnage du vagabond C’est donc la mort d’un personnage, mais également la mort définitive du muet.