Camp planétaire : un danger bien réel - Organisons la révolte, Yves Michel, 2016. extraits du livre en téléchargement libre. Critique du livre par Gaël Giraud :

" Car, comme vous le pressentez, il existe des “solutions”, hors de l’impasse physique vers laquelle nous avançons résolument et qui consiste à faire assumer la “facture écologique” par les plus pauvres (50% de l’humanité, qui ne possède à peu près rien) afin d’aider les autres à traverser cette épreuve sans trop de souffrance. Le grand camp planétaire vers lequel nous évoluons (cf Giorgio Agamben et Denis Dupré) est une illustration de cette tentation terrible"
  

 Livre en copyleft : version gratuite et libre de diffusion et utilisation.

Effondrement - choisir la violence ou la révolution
Denis Dupré et Véronique Métay
Jouquetti Libre éditeur, 2018.

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Effondrement

Choisir la violence ou la révolution


Face à l'effondrement, pourquoi il faut passer des vaines protestations ... à la révolution

Depuis vingt ans, dans des journaux grand public, j’ai publié une centaine d’articles… parce que je me sentais interpelé par ce qui m’apparaissait des urgences. Il était question de participer à la réforme de nos manières de faire et de vivre ensemble.

Aujourd’hui, je regroupe tous mes articles pour regarder la cohérence et l’évolution du cheminement de ma pensée. A leur relecture, je pense que ces combats pour des réformes n’ont plus d’utilité face à l’effondrement certain de notre société. Nos protestations sont vaines…Parce que les réformes désirées ne sont pas radicales et parce qu’elles ne se donnent pas les moyens de bousculer nos systèmes économiques et sociaux basés sur la compétition.

En effet, depuis 50 ans, malgré les alertes, nous n’avons rien changé à nos pratiques, nous avons mondialement poursuivi le business as usual[1]. Aujourd’hui nous suivons un scénario où la population mondiale va croître jusqu’en 2030 pour diminuer ensuite très rapidement et évidemment de façon très violente, jusqu’à ce qu’elle puisse être adaptée à une planète ravagée. L’effondrement est lié en particulier à notre système d’organisation basé uniquement sur la compétition et à nos désirs insatiables.

L’effondrement est devant nous.

Les effets de l’effondrement sont aggravés parce que nous n’attachons plus de valeur à ce qui nous permet de faire société.  Aristote expliquait que celui qui ne peut pas vivre en société, ou qui n’a besoin de rien parce qu’il se suffit à lui-même, ne fait point partie de l’État ; c’est une brute. Nous sommes devenus des brutes, ou en voie de le devenir.

Nous avons fabriqué nos solitudes et il nous faut ensemble reprendre le pouvoir sur nos vies.

Ce recueil d’articles au goût d’autobiographie appelle à une révolution.


[1] Continuer les pratiques d’organisations du commerce mondial et des institutions sans en changer malgré les alertes sur la toxicité du système en vigueur.


Des protestations à une révolution

Trois angles de vue m’ont conduit à évoluer des protestations réformistes vers une nécessaire révolution.

D’une part, j’ai constaté notre perte de souveraineté.

Je me suis opposé à la proposition de la Constitution Européenne en 2005 pour deux raisons : elle contraignait les états à un budget militaire en progression et elle empêchait toute régulation des marchés  ([3]).  Le mépris du résultat du référendum a mis en lumière le peu de considération par nos "représentants élus" des votations populaires. Imbus de leur mandat dont ils font profession, ils considèrent  les fonds publics qu’ils ont à gérer et les habitants qu’ils sont censés représenter, comme leur propriété et ne rendent aucun compte des uns aux autres.

En 2009, alors que le Président Sarkozy pose des jalons pour prendre le contrôle des pouvoirs, des contrepouvoirs et des urnes, j’exprime mon inquiétude face aux dérives manifestes de notre système démocratique français ([8]).
La souveraineté comme moyen de résilience face aux crises qui se succèdent et se préparent, me semble évidente. Pourtant, il m’apparait clairement en 2015, que la grosse machine Europe ne laissera jamais les états nations reprendre leur part de souveraineté   ([46]).

D’autre part, j’ai analysé que la possibilité d’autonomie locale disparaissait parceque les biens vitaux qui deviennent rares n’allaient pas être préservés ou allaient être privatisés.

En 2007, je me suis présenté aux élections législatives (site de candidature 2007) mû par un désir : que les hauts alpins puissent se donner les moyens d’assurer les solidarités et  gèrent ensemble, avec plus d'attention, les biens vitaux (eau, nourriture, énergie) dont la raréfaction devenait visible. Bien que l’Etat ait alors assuré au candidat indépendant que j’étais, un minimum légal de lieux et de moyens d’expression, les résultats m’ont montré que mes préoccupations n’étaient pas encore celles des électeurs. 

Enfin, j’ai compris que nous fonctionnons comme dans un camp.
L’année 2016 est une période personnelle d’angoisse face  aux réalités que je vois se  généraliser dans le monde. Je l’analyse peu à peu comme  un type de fonctionnement de camp. Comme dans tout camp de travail, je peux dénombrer ceux qui pillent, repérer les zélés qui servent les puissants et observer les dociles qui laissent faire.

En France, le principe du camp est en voie de banalisation...nous nous y habituons sans résister ([78]). Nous pourrions adopter une gestion démocratique intégrée du capital, du travail et des ressources naturelles ([84]). On en est loin. Sur la planète Titanic, il nous faut prendre, maintenant ou jamais, les commandes  ([86]).

Mais l’oligarchie qui nous mène n’a pas intérêt à  perdre le pouvoir et se développent des moyens plus ou moins insidieux pour contenir, voire réprimer,  toute tentative populaire de reprise du pouvoir.

Cette confrontation est de longue date. Prévoyante, la déclaration de 1789 avait inscrit comme un droit, celui de résistance à l’oppression. En 1793, l'insurrection est affirmée, pour le peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. Mais en 1810, sera mis en vigueur le Code Napoléon qui prévoit de punir les insurgés. En 1992, la loi française est même devenue  encore plus répressive ([93]).

Pourtant je suis certain que les contestations, sans volonté de reprendre le pouvoir sur nos vies, sont inutiles. Alors??? Laisser faire???

Si je ne crois plus à la force de nos protestations, je crois à la nécessité de notre révolution.

Une révolution?

Cette révolution doit commencer par nommer la perversion d’une société déshumanisée et dénoncer la compétition et l’égoïsme comme ses causes principales.

Ceci est fait dans les livres-références des religions comme je l’ai découvert avec le groupe "Bible et économie"  ([89]).

Cette révolution doit affirmer la bienveillance et la coopération comme valeurs positives.

Cette révolution a besoin de préparatifs… et nous avons tout à apprendre des expérimentations  en petites communautés, des modes de décisions démocratiques, pour parvenir à ceux que nous voulons voir réaliser.

Mais doit aussi venir la mise en accusation en actes  des responsables de la mauvaise gestion actuelle face à la crise climatique ([96] et [98]).  

 

Je constate que quelques dizaines de millions d'humains (0,01% de la population mondiale) décident de l'organisation de ma vie et de la vôtre. Le plus souvent, ils détruisent les ressources naturelles et accentuent le contrôle sur nos comportements. L’effondrement écologique et humain de notre monde m’apparait inévitable. Certains sont conduits à nier le collapse ou à l’accélérer et l’amplifier pour maintenir leurs ilots d'opulence. Ils peuvent imaginer réussir parce que leur monde est devenu un monde à part du nôtre ([86]).

Le philosophe Anders  m’a aidé à comprendre :

« En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté. Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur. L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu. Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutiennent devront ensuite être traités comme tels. »

Anders G., L’Obsolescence de l’homme, Ivrea, 2002.

L'effondrement est certain et la seule issue pour en réduire l’impact et la violence est de reprendre le pouvoir sur nos vies. C'est ce que je nomme la Révolution de la dernière chance.

Micah White un des créateurs du mouvement « Occupy Wall Street » après la crise de 2008 a analysé les raisons de l’échec de la mobilisation « Occupy Wall-Street ». Selon lui,  dans les protestations, il y a ceux, en grand nombre, qui protestent dans la rue sans penser prendre le pouvoir et ceux, encore minoritaires, qui envisagent de prendre le pouvoir. Ce ne sont que ces derniers qui peuvent changer le monde. Il faut du temps pour que les consciences s’éveillent pour reprendre le pouvoir:

"We are waiting for you.

A great mission rest on your shoulders. I know you did not choose to be born under this shadow of a collapsed earth, at a time of unrest. Remenber that without our present faith in your future coming, civilization will slide into the madness of consumerism. I do not know how long we must wait for you. We shall prepare for you to emerge like lightening."[1]

Micah White, "The end of protest - a new playbook for revolution", 2016, Knopf.

Mais il ne suffira pas de prendre le pouvoir. Les mutineries qui conduisent à mettre à la cale le capitaine du navire, doivent au préalable mettre d’accord les insurgés sur la destination qui sera le nouveau cap. Impréparées, les mutineries conduisent inéluctablement à des querelles et un avenir souvent pire que celui offert par le tyran-capitaine. Il ne faut pas sous-estimer que le cap du néolibéralisme est aimanté vers une force puissante qui donne le nord : les désirs de chaque individu. Face à cette idéologie, il nous faut développer une analyse de nos buts, définir notre idéologie qui incitera à suivre un autre cap. Mettre cap au Sud au lieu de  cap au Nord. Remplacer la boussole des désirs de chacun par celle des besoins du collectif, sans pour autant nier les valeurs des individualités. J’ai développé quelques pistes  dans mon livre  "Camp planétaire : un danger bien réel - Organisons la révolte" (éditions Yves Michel ici).


Face à l’effondrement : reprendre du pouvoir sur nos vies

Ainsi, depuis 20 ans, j'ai participé à diverses protestations : contre l'évasion fiscale, pour la transition énergétique, pour mettre la finance et l'économie au service de tous, pour une agriculture protectrice de la vie et des paysans, pour remplacer l'oligarchie par un système démocratique ...

Selon moi, aujourd’hui, ces protestations sont  des défaites qu'il s’agit de reconnaitre pour repenser l'action :

1. La protestation pour éviter un dérèglement climatique incontrôlable conduisant à des manques des biens vitaux (eau, nourriture) est un combat perdu. Il a désormais pour leaders, non des partisans de la décroissance, mais des chantres de l'hyper technologie proposant une fuite en avant dans laquelle les solutions portent en germe les futurs problèmes. Très largement le "green-washing"  des entreprises et les petits gestes de bonne conscience des citoyens ont pris le pas sur une écologie globale et politique.

2. La finance au service d'une économie qui serait elle-même au service de tous est un vœu pieux face à la cupidité et aux destructions de la nature qui sont les moteurs de l'économie des gagnants.

3. L'évasion fiscale a pris un essor incontrôlable où les pratiques à peine voilées des décideurs et la complaisance des politiques contredisent ouvertement les grands discours volontaristes.

4. Les sociétés s’attribuent aujourd’hui le titre de démocraties, lorsqu’elles accordent des libertés de mœurs aux populations. Nos « démocraties »  laissent petit à petit place à des régimes où certaines libertés sont troquées contre des sécurités aussi rassurantes qu'illusoires et provisoires. Les techniques d'espionnage globalisées permettent de totalement contrôler et les individus et  les insurrections possibles. 

Chaque protestation se révèle vaine ... et la lutte continue mène à l'épuisement.
Ceux qui veulent réformer le système, ne peuvent aboutir à  modeler un monde qu'ils jugeraient plus souhaitable parce qu’ils ne désirent aucunement prendre le pouvoir.  Ils doivent donc se contenter des miettes quand les seigneurs avec lesquels ils négocient sont de bonne humeur ou ont peur d'une révolte. La perversion est même bien subtile quand les acteurs de ces protestations, vivent d’elles.

Les combats reprendront du sens quand il ne faudra plus "lutter et s'épuiser contre" mais "construire ensemble" afin de reprendre du pouvoir sur nos vies.

Accepter les réalités de l’effondrement me semble un préalable majeur et il importe de comprendre quels sont les écueils sur laquelle une révolution peut s’échouer.

Comment a-t-il été possible que nous soyons arrivés aux limites de la croissance ?

D’abord parce que nous ne voyons plus rien de sacré dans la nature. Elle n’est aujourd’hui, pour la plupart d’entre nous, qu’un objet soumis à nos innovations techniques. Or, ce mythe moderne, cette innovation technologique sacralisée, exige toujours plus de destruction des conditions qui permettent la vie.

Ensuite parce que nous défaisons les institutions qui nous soudaient. L’individualisme vénère en particulier deux dieux, le marché et la propriété privée. Tout doit pouvoir être vendu. Tout doit pouvoir devenir propriété privée. Nous cessons de nous préoccuper de la survie des plus faibles et de l’intérêt à long terme du collectif.  

Un néolibéralisme ravageur conduit rapidement à deux humanités dont les avenirs seront séparés sur une planète en grande partie ravagée.

Seule une révolution permettra, à la condition du partage et la gestion commune et astucieuse des ressources limitées, d'éviter la guerre de tous contre tous qui commence.

Pourtant, avouons-le, le mot révolution n’est pas connoté positivement… Pour beaucoup,  son sens premier est remplacé par l’idée d’une prise de pouvoir dans la violence. Et l’adjectif révolutionnaire quand, il ne sert pas de qualificatif  publicitaire galvaudé, est dans nos imaginaires, synonyme de sanguinaire, au mieux d’utopiste marginal. Si la réforme semble une voie douce, la révolution parait être celle des violents.

J’affirme pourtant que se contenter des  réformes  conduira à bien plus de violences ... que permettre une révolution.
Depuis trente ans, des réformes sont en œuvre et on en voit aujourd’hui les fruits positifs.

Sont devenues audibles et même « à la mode » des réformes de nos modes de pensées. La sobriété et l’empathie sont des concepts mis en valeur et parfois en action (Mathieu Ricard, Pierre Rabhi, Pablo Servigne).

Nos institutions ont, elles aussi, engagé  des réformes. Aux entreprises, certains  fixent comme vocation d’être plus responsables, plus vertes, plus sociales, etc. Au sein des gouvernements, certains parviennent à orienter des plans à long terme pour piloter l’économie (plan B de Lester Brown, Nicolas Hulot).

Mais les évolutions concrètes des institutions et des pensées  seront lentes et les changements nécessaires sont ultra urgents. L’effondrement qui vient est la pire des violences : durable.

Le journal The Economist qui fait partie de ceux qui soutiennent les thèses libérales actuelles du monde des affaires, affirmait en janvier 2018 que, suite au changement climatique et à la prolifération des bidonvilles et de camps, les guerres civiles comme aujourd’hui en Syrie seront dans vingt ans admises comme des banalités ordinaires, même au sein de nos démocraties riches. Selon lui,  seule une fraction riche et armée de la population pourra espérer s’en protéger. Pour The Economist, l’effondrement est certain et inévitable. Pour s’y préparer, il préconise d’accumuler les armes quitte à accroitre les risques pour les autres.

The Economist décrit un monde futur en effondrement. Un monde, cela va sans dire, toujours organisé par les très grandes entreprises au service de quelques actionnnaires. La violence de ce monde futur est-elle moins effrayante que celles induites par une révolution qui remettrait en cause cette organisation ?

Effectivement, il s’agit d’opérer un retournement, un renversement.  Aujourd’hui nous subissons la violence de l’inégalité dans les décisions de production, dans la participation à la production et dans la participation à la consommation.

La révolution n’empêche pas l’effondrement, elle en limite les effets destructeurs sur les sociétés et les individus.  Certains sont déjà acteurs de cette révolution.

La voie indienne de Vandana Shiva propose une lutte radicale contre les multinationales, en gardant un cap politique pour la possibilité d’autonomie du paysan par la maitrise des semences et le rejet de la chimie.

La voie de la décroissance suppose aussi un projet politique de reprise du pouvoir sur les décisions collectives et la mise en cause des institutions nuisibles (Ellul, Illich, Catoriadis, Charbonneau). L’endettement généralisé comme la propriété privée démesurée vérouillent juridiquement toute libération de la domination actuelle et future.

Si la révolution qu’il nous faut engager,  est violente, c’est pour nos façons de vivre : il nous faut accepter une grande égalité dans le travail et dans les revenus ainsi qu’une décroissance forte.

Ce qui nous empêche aussi d’envisager cette révolution est la propagande du système qui nous gère. Le total remplacement de la réalité des faits par le mensonge a déjà conduit à la destruction de l’établissement de nos repères dans le monde réel, comme l’écrivait Hannah Arendt dans « L’origine du Totalitarisme ».

Aujourd’hui,  dans un monde qui fonctionne comme un camp d’où nul ne peut s’échapper, un camp dont le but est de remonter les richesses pour le profit de quelques uns, le mensonge permanent est l’outil d’une pacification fictive.  Ce totalitarisme est dirigé, non par l’état mais par les très grandes entreprises. L’organisation néolibérale exclut  toute possibilité de retournement vers plus d’égalités, toute possibilité de révolution, même en rêve.

Quand il me parait  que le temps nous est compté pour reprendre le pouvoir sur nos vies, j’ouvre le livre de Micah White et  je relis la dédicace qu’il y a tracée.  

"To Denis, Never give up!"

Je la partage avec vous. Never give up !




[1] « C'est vous que nous  attendons. Une grande mission reste à votre charge. Je sais que vous n'avez pas choisi de naitre à l'ombre d'un monde qui s'effondre, en une époque agitée. Souvenez-vous que sans notre certitude en votre arrivée prochaine, la civilisation s'engloutira  dans la folie du consumérisme. Je ne sais pas combien de temps nous devrons  vous attendre. Nous aurons tout préparé pour que vous émergiez comme un éclair.»