Sur la Sunshine Coast

Ma 15/09/09


Réveil au bord de Porpoise Bay avec le décollage des premiers hydravions.

Hervé aimerait prévoir une plongée dans les prochains jours. Alors c'est vite vu, il vaut mieux filer directement à Powell River.

Directement est, en fait, un peu prétentieux puisqu'on mettra une bonne partie de la journée à atteindre cette destination.

Tout d'abord, il nous faut prendre à nouveau un ferry à Earls Cove à une trentaine de kilomètres d'ici. Virage après virage, la route 101 tournicote à tel point autour de la côte qu'on finit par ne plus savoir si l'étendue devant nous est un lac, un inlet ou la mer… Une heure est une bonne moyenne pour faire le trajet !

Ici c'est probablement un lac ! Quel calme !


 

Ensuite il faut attendre le ferry. Une heure d'attente (le prochain est à dix heures) suivie d'une heure de traversée sur une mer d'huile entre terre, mer, îles et îlots.






Débarquement à Saltery Bay : son aire de pique-nique en bord de plage est parfaite pour combler un petit creux.

Voilà Powell River, son Starbucks, son Safeway, sa bibliothèque avec accès internet… trois nouvelles excuses pour s'arrêter.

C'est ainsi que l'heure tourne. Il est seize heures quand nous sortons du club de plongée avec la confirmation qu'Hervé pourra passer la journée du lendemain sous l'eau. Il paraît qu'ici on peut voir des poulpes géants ! A suivre !

Bon, cela chamboule un peu notre programme. Nous décidons de ne pas poursuivre jusqu'au parc provincial de Okeover Arm mais de rester à Powell River pour la nuit, plus pratique pour l'organisation du lendemain. Nous sacrifions aussi Savary Island (aussi appelée "Hawaï of the North") initialement prévue.

Willingdon Beach Campsite offre des emplacements en front de mer. Certes, on est un peu les uns sur les autres, camping privé oblige, mais directement sur la plage.

Willingdon Beach Trail (2,5 kilomètres A/R) nous apprend tout sur l'histoire de l'exploitation du bois dans la région et le sentier est bordé d'arbres centenaires remarquables.


 

Le meilleur moment de la journée est à venir : devant un feu, les pieds presque dans l'eau, nous dégustons nos épis de maïs grillés en contemplant la mer !

 

 

Me 16/09/09


Le ciel est bien nuageux, ce matin, mais cela fait deux jours que la journée commence ainsi avant une amélioration significative vers midi.

Aujourd'hui, c'est jour de relâche pour notre maison roulante. Le club de plongée est à deux kilomètres, nous faisons le trajet à pied.

A peine arrivés chez Alpha Dives, voilà les premières gouttes… qui se transforment rapidement en averses sérieuses. Par conséquent, pas de regret d'avoir déprogrammé Savary Island ! Quant à plonger sous la pluie, cela a, paraît-il, un certain charme !

Je laisse alors Hervé préparer son équipement… et je me prépare à une journée d'intérieur !

Sous des trombes d'eau, je cours jusqu'à la bibliothèque. C'est la journée idéale pour s'y attarder et consulter les nouvelles fraîches de mon forum préféré. Une forumeuse en ligne (qui se reconnaîtra) me fait un petit coucou !

La pluie ne cesse pas. Tant pis ! Sous ma cape de pluie, je cours jusqu'à la roulotte écrire et bouquiner jusqu'au retour d'Hervé.

14 h 30 : le voilà... enchanté de ses deux plongées… mais légèrement contrarié car le petit appareil photo (manipulé par notre fille avant le départ) n'a pas voulu prendre le nombre de photos escompté.

Pressé de résoudre le problème, il s'acharne sur l'appareil et, dans un moment d'inattention, supprime toutes les photos prises sous l'eau !

Alors il ne lui reste plus qu'à vous raconter… en joignant à son récit des photos prises lors d'une autre plongée, quelques jours plus tard.

 

"La plongée se fait avec un moniteur gallois. Il se renseigne succinctement sur mon passé de plongeur et nous voilà partis vers Saltery Bay, à Mermaid Cove exactement.

Il pleut !

Mon guide revêt une combinaison étanche sur une barboteuse en duvet. Moi, j'ai droit à une "sept millimètres" humide. Bouteille alu et seize kilos de lest autour de la taille.

Je découvre alors pour la première fois les fonds du Pacifique Nord.

En surface, les particules sont nombreuses, la visibilité ne dépasse pas cinq mètres l'eau est à 14°.

Au fur et à mesure de la descente, la visibilité s'améliore, l'eau devient cristalline mais plus fraîche (10°), révélant enfin les beautés particulières des mers froides.

Il fait sombre, j'ai l'impression de faire une plongée de nuit… de pénétrer dans une cathédrale déserte… dans un monde oublié.



    
 Des poulpes géants se recroquevillent dans les failles.

Des étoiles de mer de toutes formes et de toutes couleurs disputent la place aux anémones géantes d'un blanc pur.









      
      
De gros crabes s'étreignent, c'est la saison des amours…



Lentement, des Lingues se faufilent entre nous et des Sébastes hérissent leurs épines dorsales.




Je n'ai pas mon masque de vue, je ne peux pas contrôler ma profondeur.



Retour à la surface après quarante minutes d'exploration.

Il pleut toujours, je suis gelé.

L'équipement est si lourd que j'ai du mal à me traîner jusqu'aux douches… froides. L'ensemble du matériel et de l'eau embarquée doit frôler les cinquante kilos.

C'est en chaussant mes lunettes que je vois avec surprise que nous avons atteint 142 pieds (47 mètres) !

La deuxième plongée, une heure plus tard, est plus courte et moins profonde. Je fais connaissance avec la sirène (Mermaid) de bronze de deux mètres posée sur le fond avec des anémones blanches en guise de cheveux, d’où le nom du site.

Toutes ces images, fixées à travers l'objectif puis perdues, sont autant de souvenirs inoubliables."

 

La fin du récit marque aussi le retour du soleil. Profitons-en pour sortir le camping-car et faire une petite incursion jusqu'à Powell Lake (à l'extérieur de la ville).

C'est l'occasion de voir si ce lac a quelque chose en commun avec son homonyme en Arizona… et de profiter d'une petite amélioration pour faire quelques pas sur un tout petit bout du Sunshine Coast Trail, long de 180 kilomètres.


 

C'est aussi ici que nous avons repéré un restaurant pour ce soir, "Shinglemill Bistro". Une table avec une belle vue sur le lac, une bonne impression à première vue, vite démentie par la qualité des plats, une papillote de saumon très fade et une portion de halibut (flétan) ridiculement petite ! Pour le dessert, allons voir ailleurs !

 

C'est finalement dans notre maison roulante que nous prenons notre dessert pendant que le soleil couchant met le feu aux nuages !