Ma voie du juste milieu dans ma vie

La vie de Shakyamuni (Bouddha), selon la légende : Né prince, Shakyamuni a été élevé dans la joie et le confort matériel. Mais, ne pouvant se satisfaire de la poursuite de plaisirs éphémères, il quitte sa famille à la recherche d’une vérité plus profonde et plus durable. Il entre dans une période de pratique ascétique extrême, se privant de sommeil et de nourriture, ce qui l’amène au bord de l’effondrement physique. Ressentant la futilité de cette voie, il commence à méditer, profondément déterminé à comprendre la vérité de l’existence humaine, qui lui a échappé autant dans sa période d’ascétisme que dans sa période d’opulence. C’est à ce moment-là que Shakyamuni s’éveille à la véritable nature de la vie, à son éternité, à sa source profonde de vitalité et de sagesse infinies . Par la suite, dans le but de guider ses disciples vers la même voie du milieu, il enseigne l’octuple voie : huit principes, tels que l’action juste, la parole juste, etc., en vertu desquels chacun peut déterminer son comportement et développer la vraie connaissance de soi.Les individus et les sociétés dans leur ensemble s'orientent souvent vers une conception de la vie à dominante matérielle ou à dominante spirituelle. Les effets négatifs du matérialisme qui envahit le monde industrialisé moderne sont visibles à tous les niveaux de la société, de la destruction de l'environnement à l'appauvrissement de la spiritualité. Toutefois, repousser d'emblée le matérialisme équivaut à l'idéalisme ou à l'évasion et compromet notre capacité à répondre de manière constructive aux défis posés par la vie.

La vie est une réalité difficile à saisir qui échappe aux mots et aux concepts d’existence comme de non-existence. Elle n’est ni existence, ni non-existence, et pourtant manifeste tantôt l’un de ces aspects, tantôt l’autre. C’est l’entité mystique de la Voie du Milieu, réalité unique de toutes choses. Sur l'atteinte de la boddhéité en cette vie, L&T-I, 3.

La poursuite et la recherche du bonheur à travers le matérialisme et l'extrême spiritualité, sont des voies vouées à l'échec personnel. Celles et ceux qui s'attachent au matérialisme ont le désir d'avoir de l'argent et celles et ceux qui s'attachent au spiritualisme ont le désir d'avoir des expériences spirituelles et des états d'extase. On ne peut arriver au bonheur véritable en suivant une de ces deux voies extrémistes. Depuis longtemps, je rejette, dans ma vie, ces deux extrêmes naturellement sans avoir eu connaissance de ces enseignements.

Le bonheur véritable est un état très simple : il n'y a pas de voie à suivre, car pour celui qui n'a pas de désir, pas de préférence, pas d'image du bonheur, tout ce qui se manifeste apparaît comme ayant la nature de la félicité pure, comme manifestant la gloire du Divin. Les quatre nobles vérités de l'enseignement du Bouddha nous disent que la souffrance et le bonheur existent vraiment, qu'ils ont pour origine l'attachement à l'histoire personnelle, qu'il existe une voie pour en sortir, que cette voie est la pratique du dharma.

Toujours selon l'interprétation des enseignements de Bouddha ; l'éveillé contient tout, y compris l'espace et le temps, et il est le cœur de toute chose, l'âme de toute chose. Etant à la base de tout, il ne peut pas être affecté par l'apparition ou la manifestation de quoi que se soit. Il vit dans un temps qui précède le moment où le Vase qui contient le bien et le mal, ce qui est moi et ce qui n'est pas moi, le monde intérieur et le monde extérieur, etc, se brise, et où les différentes choses qu'il contient sont séparées les unes des autres. C'est exactement l'impression que j'avais quelques mois avant mon expérience d’ éveil et que j'appelle la clairvoyance. Avec la reprise du zyprexa, cette camisole chimique, j'ai perdu la plupart de ces sensations progressivement. Je n'ai plus que le souvenir de cet état d'être éveillé et le ressenti des émotions, ainsi qu'un résiduel dans ma compréhension en l'approche de la nature et de l'être humain. Cette harmonie avec la nature, cette compréhension des liens de l'espace et du temps, ne sont plus que des souvenirs auxquels je me rattache aujourd'hui car elles m'ont fait approcher de près ce qu'est le bonheur véritable, la plénitude dans la vie. La sensation d'avoir accès pendant tout l'été 2012 à une autre dimension. Cette lumière du grand tout illuminant mon sombre chemin. Désormais la voie est plus claire.

Les éveillés, ceux qui manifestent la nature de l'éveillé, ce que j'ai vécu comme expérience, sont eux aussi complètement dépassés par la réalité, par ce qui est ici et maintenant. Mais contrairement aux gens ordinaires, ils acceptent d'être complètement dépassés par la réalité. Ils disent oui de tout cœur à cette impression que le réel est infiniment fort et que eux sont infiniment faibles, ils immergent totalement dans cette réalité qui nous dépasse. Dans le monde matériel, on nous enseigne depuis tout petit d'être forts en tout et tout le temps afin d'avoir une place dans ce monde. Par contre dans le monde spirituel, il faut accepter ce sentiment d'infinie petitesse que nous ressentons quand nous nous confrontons à la réalité. La religion n'est qu'une simple protection pour ne pas nous confronter à ce qui est. La loi qui régit le monde matériel est donc le contraire de celle qui régit le monde spirituel. Il s'agit là des deux extrêmes qu'il s'agit de rejeter pour vivre le bonheur. Mais mon questionnement, mon objectivité, sont les mêmes, existe-t'il une force surnaturelle, un Père créateur ou simplement ces événements ne sont que la manifestation de troubles du psyché chez moi ?

J'aurais aimé en parler avec un moine bouddhiste compétent mais je n'en ai pas trouvé à Brest. Ces recherches documentaires sur les enseignements de Bouddha dont je vous fait partager des extraits me sont d'un grand secours pour comprendre mon vécu. Cette dualité me pèse un peu quand même, sachant que je n'aurais la réponse définitive qu'après ma mort physique sur terre.Donc je garde toujours ce recul sur moi même et ces événements même si désormais j'ai trouvé en moi les forces de vivre une nouvelle philosophie de vie. Cette philosophie se ressent désormais dans mes dessins à l'encre de chine épurés et faisant ressentir la plénitude de l'âme universelle. Et c'est pour cela que je ne quitterais pas pour le moment, malgré l'insistance d'Armorique Habitat mon bailleur, mon appartement et surtout mon jardin, source d'inspiration au printemps et en été. Mais surtout pendant cette période où j'étais éveillé j'ai ressenti toute la bénédiction de ce jardin sur moi-même. Ce jardin me renvoie tous les jours ces émotions de bonheur que j'ai vécu en printemps-été 2012.

D'après la médecine, j'ai vécu un doux délire avec des comportements irrationnels et non adaptés à mon environnement social nécessitant des hospitalisations et la reprise du zyprexa. C'est peut-être vrai en un sens, j'avais des idées délirantes mais ma sensibilité était exacerbée et mon expérience bien réelle. Je n'oublierais jamais ce sentiment hors du commun que j'ai vécu, la clairvoyance, la compréhension de l'espace temps et les émotions qui en ont découlé, c'était le vrai bonheur. Un bonheur pur comme un diamant. Je souhaite à tout le monde de vivre ces instants de pur bonheur. Mon traitement à vie d'antipsychotique m'empêchera d'avoir de nouveau cette expérience d'être éveillé, j'en ai fait mon deuil. Mais peut être pas, l'important c'est de l'avoir vécu quelques mois afin d'accéder à la noble vérité sur notre place dans la nature, l'univers et l'espace temps. Tout est affaire, dans l’infiniment grand comme dans l’infiniment petit, d’énergie. Et n’est ce pas cette énergie qui fait fonctionner notre cerveau.

Avec ce questionnement je suis tenté d'apporter une probable réponse, suite à mon expérience personnelle, et au sens même des enseignements de Bouddha : Il n'y a pas de vie éternelle au sens où on l'entend en général, à savoir vivre à jamais sous telle ou telle forme ; mais il est par contre possible d'exister hors du temps. Le paradoxe c'est que c'est en étant totalement présent, totalement incarné dans ce qui est ici et maintenant, que l'on échappe au cycle des réincarnations au sein de l'espace temps.

Non, je ne suis pas devenu un gourou, voir un illuminé au sens péjoratif, je garde les pieds sur Terre, mon questionnement et mon sens de l'autocritique sur ces événements et les réflexions qui en découlent. Mais c'est ici que réside, désormais, mon humble voie, par la formalisation de cette philosophie de vie, et cela me guide désormais sur mon chemin, malgré les limites de mon handicap psychique, les médicaments et ma place en ce monde. Mon esprit reste confronté à une enveloppe charnelle malade qui me donne des limites dans la plénitude de son existence présente avec le traitement médical.

Cette philosophie, proche également de celle formulée par Aristote, confortée par mon expérience de vécu de 2012, m'aide à surmonter mon handicap, ma maladie. Et même si cela reste difficile à accepter, mon traitement, puisque je ne pourrais plus accéder à ce bonheur ultime sans qu'il y soit mêlé un doux délire que je distingue bien aujourd'hui avec une année de recul. Mais contrairement à mon expérience paranormale des années 90, ce mur de verre qui se brise à mon passage, cette nouvelle expérience me laisse à penser que c'est enfin un heureux présage pour ma vie future, celui de savoir que je suis désormais sur la bonne voie. Et de conclure par cette définition : Le bouddhisme offre une philosophie de vie ouverte à tous, qui se manifeste au quotidien par un comportement empreint d'humanisme. Le respect de la dignité de la vie ainsi que le dialogue en constituent les valeurs fondamentales. C'est un enseignement d'espoir, qui se traduit par une action bienveillante envers autrui et créatrice de valeurs dans la société.

Je rejette, donc, toutes les religions des hommes, christianisme, islamisme, … Elles n'ont apporté que de la discrimination, de l'intolérance, des dictatures, des guerres, des morts... sur leurs passages en ce monde depuis l'histoire de notre civilisation et encore aujourd'hui ! Mais je ne rejette pas la spiritualité. Avec mon expérience personnelle, la philosophie bouddhiste me convient d'autant plus que les bouddhistes en France ont été les seuls à ne pas condamner « le mariage pour tous » en particulier et l'homosexualité en général. (...)

Fabien Le Bihan

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