Le matérieL

 

- MARANTZ PMD660 (enregistreur numérique)

Le MARANTZ PMD660 est un enregistreur numérique léger et maniable alimenté par 4 piles AA pour une autonomie de 4 heures ou par secteur. Ses deux petits micros intégrés sont de bonne qualité et très utiles pour les entretiens. Concernant les branchements micro, il dispose d'une entrée ligne mini-jack, de deux branchements XLR avec alimentation fantôme permettant d'enregistrer en stéréo en 44,1 ou 48Khz. Il offre la possibilité d'enregistrer en format non-compressé WAV (soit une heure trente d'enregistrement pour 1 Go) ou en format compressé MP3 à 128 Kpbs (soit 15 heures d'enregistrement pour 1 Go). Notons que l'on trouve des cartes FLASH de 512 Mo à 8 Go dans le commerce dont le coût est d'environ 30 Euros par Go. Enfin l'enregistreur possède une sortie USB afin de transférer le son stocké sur la carte sous forme de fichiers nommés et datés à l'heure et au jour de la prise de son.

Sur le terrain, il est très pratique permettant d'enregistrer 4 heures durant sur un seul support sans avoir recours à une source d'électricité. Sa légèreté et sa facilité d'utilisation (petit, sangle bandoullière, molette de volume, marqueur, bouton pause/lecture, vu-mètre lumineux, etc.) en font un objet adapté aux déplacements de jour comme de nuit. La qualité et la précision de la prise de son dépendent bien sûre d’un bon micro, mais l’enregistrement en WAV est fidèle au signal qu’il reçoit grâce à son convertisseur analogique/numérique qui semble fiable (en tout cas à l’écoute). Pour les micros électrostatiques, l’appareil dispose d’une alimentation fantôme permettant une meilleure restitution du son. Pour l'audition, il est très pratique par son système de marqueur et de rembobinage numérique. En revanche, l'export des fichiers nécessite un ordinateur ou un videur de carte portable (il existe des disques durs portables alimentés par batterie permettant l'acquisition de cartes à environ 150 euros pour 40 Go).

L'ayant testé en brousse au Mali, cet enregistreur s'est révélé pratique, robuste au climat chaud et humide et résistant aux chocs. Il est tout à fait adapté aux problèmes d'absence d'électricité au village. Pour les cérémonies nocturnes, il n'a posé aucun problème grâce au rétro-éclairage de l'écran et aux diodes luminescentes du vu-mètre. Je le conseille à tous malgré son prix d'environ 660 euros, plus cher qu'un mini-disc mais bien plus prometteur.

Guillaume Duval  

fiche technique 

savoir plus 

............................................................................................................ - Le monopod

Le monopod est un outil extrêment léger, robuste, qui est très utilisé par les professionnels de l’image et de la photo. On peut fixer sur le dessus une caméra, un appareil photo mais aussi une suspension et un micro, ce qui permet de se servir du monopod comme d’une perche. Pour les terrains d’ethnomusicologie il est très pratique puisqu’il va servir pour tout.
Deux inconvenients : même s’il sert sans problème de perche, il reste plus lourd qu’une véritable perche de preneur de son. Le monopod est un outil professionnel et le novice en vidéo s’en rendra vite compte : la stabilité est faible puisqu’il n’y a qu’un pied. Mais ce pied unique permet des mouvements de caméra interessants.

Le monopod présenté ci-dessus coûte environ 75€ mais on en trouve à 40€ et d’autres à 150€.
 
 

 Élise Heinisch

  

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- L’ENREGISTREMENT MULTIPISTES

L’enregistrement multipistes s’avère utile aux ethnomusicologues qui souhaitent transcrire et analyser les polyphonies et polyrythmies complexes qu’ils rencontrent sur le terrain, ce qui est impossible avec un enregistrement conventionnel.

Avant-propos  

Simha Arom est le premier à avoir réfléchit à l’élaboration d’une méthode de transcription et d’analyse des polyphonies et polyrythmies de tradition orale. C’est ainsi qu’il mit au point dans les années 1970 une technique d’enregistrement appelée re-recording. Cette technique consiste à enregistrer, dans un premier temps, le tutti d’une pièce polyphonique et polyrythmique, et à faire rejouer, dans un second temps, chaque musicien à tour de rôle en lui faisant entendre dans un casque le tutti enregistré préalablement. On obtient ainsi un enregistrement stéréo sur lequel se trouve à gauche la partie isolée du musicien, et à droite le tutti que l’on a pris soin de réenregistrer afin de pouvoir transcrire la partie obtenue en fonction de l’ensemble[1].

Les avancées technologiques dans le domaine de l’enregistrement ont permis de progresser en matière d’équipement et de méthode. Dans les années 1990, certains chercheurs ont ainsi réactualisé le matériel du re-recording en passant du Nagra au DAT, « plus léger, facile et rapide à manier » (Olivier 1995 : 113). Plus récemment, un petit nombre d’ethnomusicologues s’est tourné vers un dispositif d’enregistrement multipistes, certes, plus imposant que le DAT, mais plus simple d’utilisation. Un tel équipement offre surtout de nouvelles perspectives en matière d’expérimentation [2]. L’objet de ce texte n’est pas de présenter les avantages ni les inconvénients du « multipistes » par rapport au re-recording, mais de décrire le matériel et la procédure d’enregistrement liés à cette nouvelle technique.

Equipement

                                                                                                                         Lors de mon dernier terrain effectué chez les Maale d’Ethiopie méridionale, en 2006, dans le cadre du programme de l’UNESCOMusiques, danses et instruments traditionnels d’Ethiopie : un inventaire systématique, j’ai procédé à l’enregistrement multipistes d’un grand nombre de pièces polyphoniques. Le matériel que j’ai utilisé comprend les éléments suivants : 

-   un groupe électrogène Subaru Robin RGX 2900

-   un régulateur de tension MGE UPS Pulsar EXtreme 700 C (490 Watt – 700 VA)

-   un bloc parafoudre 5 prises MGE UPS Protection Box 5 TEL@ +TV  

-   une interface 8 pistes Presonus FirePod Firewire

-   un ordinateur portable PC Hewlett Packard Pavilion dv1000

-   huit micros serre-têtes Apex 270

-   un logiciel Cubase SX3. [3]


Procédure d’enregistrement 

                                                                                                                             Le schéma ci-dessous représente le dispositif d’enregistrement multipistes. Dans ce schéma, les connexions entre les différents appareils sont représentées en couleur. Quant à la technique d’enregistrement, elle est expliquée dans le guide d’utilisation de Cubase. A noter que, pendant l’enregistrement, on peut changer le volume de chaque micro de deux façons différentes : avec les huit régulateurs de volume de l’interface ou avec ceux du logiciel Cubase. 

                                                                                                                                         Ce logiciel permet de visualiser chacune des pistes enregistrées en format wave sur des lignes séparées, mais synchronisées (voir la photo ci-dessous). Il est alors possible d’écouter les pistes ensemble ou de manière isolée, ce qui facilite grandement la transcription et l’analyse. On peut également ajouter des pistes supplémentaires si le nombre de parties à enregistrer est supérieur à huit. Il est enfin aisé de retravailler le son de chaque piste, comme par exemple augmenter ou baisser le volume d’une partie, et ce, même après l’enregistrement.  

 

Conclusion

Quoique imposant mais facile à utiliser, ce dispositif offre la possibilité de collecter en peu de temps un grand nombre de pièces polyphoniques et polyrythmiques transcriptibles et analysables. Autre avantage appréciable, les enregistrements ainsi obtenus sont de bonne qualité et l’on peut facilement ajouter, enlever ou retoucher chaque partie enregistrée.

  



[1] Ce sujet est traité de façon détaillée dans les articles de Arom (1976) et Olivier (1995).

[2] Voir le travail de Fabrice Marandola (2003) qui, jusqu’à présent, est l’un des seuls ethnomusicologues à avoir utilisé le « multipistes » sur le terrain.   

[3] Attention, le logiciel Cubase LE fournit avec l’interface Presonus Firepod ne peut enregistrer plus de quatre pistes simultanément. 

Références

Arom, Simha – 1976, The Use of Play-back Techniques in the Study of Oral Polyphonies, Ethnomusicology 20 (3) : 483-519.   

Marandola, Fabrice – 2003 (non publié), Les polyphonies vocales des Pygmées Bedzan du Cameroun : une approche expérimentale du système scalaire, thèse de doctorat (université Paris IV), 2 vol., 489 p.

Olivier, Emmanuelle – 1995, A propos du re-recording, in V. Dehoux, S. Fürniss, S. Le Bomin, E. Olivier, H. Rivière & F. Voisin (éds.), Ndroje Balendro. Musiques, terrains et disciplines, Editions Peeters, Paris : 111-118.

Liens et informations complémentaires

http://www.jukeboxltd.com/index.html 

http://fr.audiofanzine.com/produits/tests/index,idproduit,34188,mao,presonus_firepod.html


 
Hugo Ferran


 

 

 

 

 

 

 

 

 

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